54e cours - LAVIGNE Pierre

Pierre Lavigne est un admirable dessinateur.
Il a terminé son cours en 1965.
S'il l'a entièrement fait au séminaire, il y serait donc arrivé en 1957.


En janvier 1962 il signe un texte dans L'Aiglon :
Pierre Lavigne, II Arts B, « Activités au Centre d'art », p. 4.

Les titres des articles étaient alors dessinés.
Celui-ci n'est pas signé, ni les autres de ce numéro.

Par contre, celui de la « une » est signé Pierre Boudreau.


L'Aiglon de février 1962 donne les noms de 6 dessinateurs :
Pierre Boudreau, Pierre Lavigne, Jean-Guy Goyer,
Claude Lefèvre, Philipps Suys, Daniel Beauchesne.

Mais qui est l'auteur du dessin de la « une »
de ce numéro spécial consacré aux finissants du 51e cours ?


C'est Lavigne qui signe la « une » d'avril 1962,
qui a servi de « cadre » à la page Cinéma de ce site.

L'équipe des dessinateurs est la même qu'en février.


Et toujours la même en mai-juin 1962.

Mais c'est Pierre Lavigne qui signe la « une ».

Ce numéro est le dernier à présenter les titres d'articles dessinés !


L'Aiglon de la rentrée automnale, du 22 septembre 1962,
contient une riche et abondante illustration par Pierre Lavigne
d'une qualité supérieure aux précédentes.

La caustique « une » présente le SSJ comme une prison,
où le « comité d'accueil » aide le petit nouveau
à traîner son gros boulet de « 8 ans ».
Voir aussi la caricature du numéro suivant sur le même thème de la prison.
Mais quel est cet « article 93 » affiché au mur ?

Une fonction de plus à sa palette,
Pierre Lavigne assume l'importante tâche de
« directeur technique » à la radio étudiante RS2.

Ce qui nous vaut ce savoureux rébus en p. 12.

Pour couronner le tout, ce faste numéro présente en p. 18
la première planche d'une bande dessinée,
intitulée « C'est le temps d'être dans la lune... ».

Voir aussi la deuxième planche...


La percutante caricature à la « une » du 10 octobre 1962
fait suite à celle du numéro précédent sur la « prison ».


Le numéro spécial sur l'ONU du 27 octobre 1962 évoque encore un autre aspect...

« M. Pierre Lavigne a mis à profit ses grands talents d'architecte et a
conçu les plans de 18 kiosques différents représentant chacune des organisations dont
les N.U. sont responsables. C'est donc dire que nous verrons du grandiose. Depuis
près de deux mois, les 20 membres de notre club travaillent activement à réaliser
ces chefs-d'oeuvre d'architecture qui coûteront environ $250.00 »

Est-ce que quelqu'un en aurait conservé des photos ?


À la « une » du 7 novembre 1962 Pierre Lavigne transforme
visuellement l'enjeu économique des Caisses populaires...

Avec un côté carabin évident tourné vers les plaisirs illicites...


Plaisirs illicites explicites encore amplifiés...!
À la « une » de décembre 1962.


Un magnifique cadeau en rare couleur
pour la « une » du numéro de Noël 1962.

Et la deuxième planche de la BD (voir aussi la première planche)
dont le « à suivre » ne sera jamais réalisé (voir ci-dessous).


Pierre Lavigne remet, « avec regret », le 9 janvier 1963,
sa démission à titre de dessinateur à L'Aiglon.

« "Aiglons" a à déplorer la perte d'un de ses membres; il s'agit en l'occurence
de M. Pierre Lavigne dont nous avons vu si souvent les dessins humoristiques
en première page du journal. C'est avec regret que mercredi, le 9 janvier, il nous
a donné sa démission par écrit. Nous lui devons tous beaucoup de reconnaissance
pour ses pages couvertures et sa bande illustrée dont nous n'aurons peut-être jamais
la suite! »

La « une » du numéro de janvier 1963
est donc l'oeuvre du mystérieux « eric »...
Qu'il reste à identifier...!?
Mais qui a fait long feu...
La thématique d'affontement Profs Étudiants
a provoqué un tollé dans le numéro suivant...


La véritable relève de dessinateur à L'Aiglon
échoit à Gilles René (54e)
à compter de la « une » du 15 février 1963.

À la lecture de ce numéro, on peut se demander
si le départ de Pierre Lavigne n'était pas forcé ?

Voir l'éditorial et le long texte par René Perron ptre,
dont voici un extrait où paraît le mot caricature :

« J'ai l'impression que trop souvent on se complaît à définir un professeur comme
un homme dont l'ambition est de "caler" ses élèves, de les assommer, de les mettre K.O.
De là à dire que le Séminaire est une prison, il n'y a qu'un pas, et vite franchi encore.
Voilà pourquoi j'ai souvent été ennuyé de présenter un numéro d'Aiglons à des
amis: déjà la caricature de la page frontispice me rebutait. »

Voir ci-dessus les deux caricatures sur le thème de la prison.


Le dessin à la « une » du numéro spécial
sur les Nations-Unies d'octobre 1963 n'est pas signé.

Pierre Lavigne figure parmi les membres
ainsi que sur les photos (p. 2, 17, 27).


Un an après son départ de L'Aiglon, dans le numéro de mars 1964,
Serge Barrière et Jacques Benjamin publient tout un article sur Pierre Lavigne,
« À toutes les classes, il faut que je fasse un petit dessin...
tous les professeurs y ont passé », p. 6 et 8.


Après un long purgatoire,
Pierre Lavigne revient au crayon et à la « gomme »
dans la nouvelle mouture de L'Aiglon d'octobre 1964.
Le jeu de mots et d'images est tout à fait approprié
après cette longue absence et sa période de clandestinité.
Voir son témoignage.


Les initiales du dessin de la « une » semblent être FD.
Probablement François Dagenais « directeur artistique » de ce numéro spécial
des finissants du 54e cours publié en avril 1965.

Trois membres ont été ajoutés au photomontage du 54e cours dont Pierre Lavigne.

Un feu d'artifice final de savoureuses caricatures...


Épilogue - Est-ce bien le même Pierre Lavigne ?

Soirée Ès Arts - LAURÉATS 2011
Ma culture - Saint-Jean-sur-Richelieu & Région

Passeur culturel : Pierre Lavigne

Le Ministère de la Culture, des Communicaitons et de la Condition féminine du Québec est fier de rendre hommage à Pierre Lavigne, créateur de grand talent qui a su transmettre sa passion pour l’art et qui a grandement contribué à l’émergence de talents et de passions culturelles, en plus d’être un fervent bénévole auprès de divers organismes culturels. Pierre Lavigne a été professeur d’arts plastiques à l’école Beaulieu où il a fondé avec des groupes d’étudiants «Les Glurks», qui ont réalisé des décors de carton spectaculaires avec peu de moyens. En plus de développer chez ses étudiants leur créativité et une vision de la vie où rien n’est impossible, il a alimenté l’esprit critique d’un bon nombre de citoyens par ses caricatures hebdomadaires dans le journal Le Canada Français : de 1982 à 1991, il a réalisé 450 caricatures souvent inspirées par les politiciens de l’époque.

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Je suis bien le bon Pierre Lavigne.

J'ai commencé au Séminaire en 1956 et je me suis joint en philo II avec Richard Greene et Réal Chaput (si ma mémoire est bonne). J'ai dû refaire ma philo car j'ai eu un échec en maths. [Note de RD : donc commencé dans le 53e cours et terminé dans le 54e.]

Bravo pour ton travail. C'est très agréable de revoir cette documentation 50 ans plus tard. J'avais oublié plein de choses,
La suite de la bande dessinée qui aurait dû être publiée a longtemps été dans mon sous-sol dans une caisse de souvenirs avec tous les Aiglons de l'époque que j'avais conservés. Malheureusement le passage de l'ouragan Irène a inondé mon sous-sol (panne d'électricité de 31 heures) et tout a pris le chemin des poubelles.

J'ai quitté le journal à cette époque contre mon gré. L'abbé Dupuis m'a donné le choix de quitter le journal ou le séminaire. Il semble que certaines de mes caricatures (présentées aux profs responsables du journal, mais non publiées, étaient trop provocatrices ou contestataires ou avant-gardiste pour l'époque et ne pouvaient être diffusées hors des murs du collège (car on envoyait des exemplaires dans les autres collèges du Québec et même à des collèges en Europe. Il fallait donc soigner l'image). J'ai quand même continué à créer et diffuser chaque jour des caricatures sur la vie quotidienne sur des cartons format fiches à mes collègues et même à certains prêtres (les abbés Mailloux, Gaboriau, Drouin, etc... par exemple). D'ailleurs, mon conventum, la dernière année, a réalisé une publication dans laquelle on retrouvait deux pages de mes caricatures clandestines.

Plus tard, dans les années 80, j'ai réalisé plus de 500 caricatures (9 ans) pour le Canada-Français de St-Jean.

Merci d'avoir pris le temps de ressortir ces dessins et de m'en faire part. C'est très apprécié.

Pierre Lavigne courriel 30 décembre 2012.

 


Les dessins originaux
qui avaient parfois été troués et abîmés
ont été restaurés avec photoshop.