CIHA London 2000.
Thirtieth International Congress of the History of Art
Art History for the Millenium: Time.
Section 23
Digital Art History Time
London, 3-8 September 2000
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Julien Mahoudeau <jmahoudeau@hgaweb.net>,

Doctorant, Chargé de mission pour la numérisation du patrimoine et les systèmes cartographiques.

Étudiants en histoire de l'art et nouveaux réseaux.

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Les technologies de l'information en réseau permettent aujourd'hui d'envisager les rapports d'apprentissage d'une manière nouvelle dans notre société. L'histoire de l'art et l'archéologie n'échappent pas à ce mouvement. Transmettre facilement des contenus structurés, utiliser des banques de données d'images en ligne pour illustrer un cours, trouver d'innombrables documents, bibliographies, consulter des encyclopédies, tout cela est aujourd'hui à la portée de tous. Dans les rapports d'enseignement, la question est désormais posée des nouvelles méthodes de travail, et l'enjeu n'est autre que celui de la formation d'une nouvelle génération de professionnels : les historiens de l'art, archéologues, documentalistes, conservateurs ou gestionnaires qui auront en charge le patrimoine au XXIème siècle. Possèderont-ils les clefs pour exploiter toute la puissance promise par l'informatique documentaire et de réseau ?

La réflexion que nous voulons mener ici prend son origine dans une aventure personnelle : à partir de la mise en ligne d'un travail de monographie de 2ème cycle de l'Ecole du Louvre (Muséologie), un site Internet dénommé " HGAweb, Histoire Générale de l'Art sur la toile " a été créé. Il a été à la base de nombreuses autres activités développées grâce aux contacts qui ont suivis la création du site. Une expérience personnelle d'utilisation de l'Internet qui a conduit l'étudiant que j'étais à être webmestre de la partie " Méthodes de l'histoire de l'art " du site de l'AWHA, à entrer en contact et rencontrer de nombreux historiens de l'art, enfin à développer des recherches sur l'information patrimoniale et culturelle numérique.

Mais au delà de cette aventure personnelle, il s'agit de relever certaines questions relatives à l'implication des technologies de l'information dans l'enseignement en histoire de l'art et de dégager des pistes de réponses.

 

Quel est le contexte ?

C'est celui d'une société où l'apprentissage peut désormais se faire toute sa vie durant. Les nouveaux réseaux de la connaissance, accompagnés des évolutions techniques, participent d'un véritable bouleversement de la sphère de l'éducation. Il n'est pas besoin d'insister sur cet aspect que plus personne aujourd'hui ne songe à contester.

Le contexte est aussi celui d'un vaste mouvement de réflexion et d'une intense période d'activités et de projets. En effet, on constate de nombreuses expériences d'utilisation des nouvelles technologies dans la sphère de l'enseignement. Au chapitre de l'histoire de l'art, l'AWHA a vu récemment la constitution de groupes de réflexion autour de l'enseignement à l'aide des technologie numérique et de réseau.

D'autre part, le contexte est celui d'un nombre de plus en plus important d'étudiants utilisant les nouvelles possibilités de travail pour mener leurs études à bien, et donc du développement de nouveaux comportements (consultation de banque de données, cours en ligne, ressources, échange d'informations, mais aussi possibilités de publication de travaux étudiants, etc.). L'Internet est en train de devenir la source majeure d'informations accessibles en histoire de l'art.

Ces possibilités nouvelles ne vont pas sans poser un certain nombre de questions qu'il faudra bien s'attacher à débattre. Il en est ainsi de la question de la publication des travaux de 3ème cycle (Diplôme d'Etudes Approfondies et thèses de doctorats), qui représentent une activité de recherche importante et aboutissent à des quantités considérables de travaux le plus souvent de qualité et méconnus. De telles publications sur l'Internet sont évidemment souhaitables mais doivent être encadrées pour garantir le respect du droit d'auteur des étudiants et la fiabilité des travaux publiés. En cette matière, des exemples existent qui nous viennent du Canada, où l'on réfléchit depuis longtemps dans certaines universités à des systèmes de publications des thèses.

Nous le voyons donc, comprendre ces évolutions et y répondre en réorganisant les méthodes d'enseignements devient une nécessité absolue.

 

Quelles sont les potentialités de ces technologies ?

Très rapidement, il convient de voir l'immense potentialité des technologies numériques et de réseau pour l'enseignement en histoire de l'art.

La recherche d'informations, dans une masse documentaire sur l'internet qui croît de façon exponentielle, et qui permet à l'étudiant aussi bien qu'à l'enseignant de préparer ou compléter un enseignement.

 

Dans le domaine de l'image numérique, l'entrée de l'informatique comme support d'enseignement dans les salles de cours permet des développements très importants en termes pédagogiques : illustrer un cours d'histoire de l'art (expliquer une iconographie ou encore la construction de la composition d'une tableau complexe, etc), ou d'archéologie (faire apparaître les différentes phases d'occupations, etc.) avec des plans interactifs, des animations, des modélisations 3D. Au chapitre des supports pédagogiques, on peut imaginer des QCM sur cd-rom ou en ligne venant en soutient à un cours magistral, cette expérience étant dores et déjà menée par certains enseignants.

 

La communication : connaissance des personnes appropriées, correspondances, newsgroup, liste de discussions, association, forum, le champ est vaste et les contacts fréquents pour qui sait utiliser les outils à sa portée. Des outils spécifiquement dédiés aux étudiants existent sur le web dans tel ou tel domaine de recherche en histoire de l'art et archéologie. Des rapports nouveaux sont susceptible de s'instaurer entre les enseignants et les étudiants.

 

Quels sont les objectifs ?

Nous l'avons dit rapidement, l'objectif général est de former de nouvelles générations de professionnels du patrimoine et de la culture qui maîtrisent les nouveaux outils et développent de nouvelles méthodes de travail. Aller chercher de l'information et la gérer, tâche essentielle pour notre domaine d'activité, ne se conçoit plus aujourd'hui comme hier, à l'heure où des quantités considérables de données font désormais du web, de l'Internet et de l'ensemble des réseaux les sources les plus importantes du monde. Il y a désormais plus de deux milliards de pages web, et parmi elles de très nombreuses bases documentaires, bases images, généralistes ou spécialisés, de nombreux projets de bibliothèques digitales évolutives, de système de gestion partagée d'information, etc.

Demain, des applications électroniques nouvelles permettront des développement technologiques inédits, comme par exemple toutes les questions de cartographies numériques et Systèmes d'Informations Géographiques, qui entraîneront des pratiques professionnelles nouvelles. Sans compter que les débits des réseaux seront d'ici à cinq ans probablement 10 fois plus rapide qu'à l'heure actuelle, et permettront de transmettre facilement de la vidéo, des séquences animées, des informations beaucoup plus lourdes. Cette multiplication exponentielle des sources d'informations disponibles ne va pas sans poser de problèmes, le premier d'entre eux étant d'apprendre à se repérer dans un océan d'information. Ainsi peut se développer un axe de réflexion sur la nouvelle visibilité ou au contraire opacité de l'histoire de l'art.

 

Quels sont les besoins ?

Il apparaît évident que les étudiants en histoire de l'art ont besoin de véritables formations en informatique documentaire et de réseau : savoir ce qu'est vraiment l'Internet (un protocole et non un réseau), maîtriser un système d'exploitation et des logiciels, comprendre la différence entre les types d'informations accessibles en ligne (l'information structurée, les bases de données, les thésaurus, les répertoires, les moteurs recherches), distinguer les références documentaires des documents numériques eux-mêmes, utiliser les outils de communication au sein d'une communauté de professionnels, etc .

Mais c'est surtout un besoin d'acquisition de nouveaux comportements et réflexes au regard de l'utilisation des réseaux : il s'agit d'acquérir des méthodologies qui permettent de tirer tout le parti des nouveaux outils. Ainsi, interroger les grandes bases de données en ligne, naviguer dans d'énormes répertoires de ressources, dialoguer en direct avec des spécialistes (conservateurs, bibliothécaires, etc.) ou encore chercher une information très précise, toutes ces opérations nécessitent l'apprentissage de techniques de recherche, et donc l'acquisition de méthodes à même de modifier le comportement. Car aujourd'hui, une interrogation ou une recherche pertinente et complète permettront en quelques heures d'obtenir sur n'importe quel sujet une quantité d'information plus importante et plus souple à manipuler que plusieurs jours de recherche en se déplaçant dans différentes institutions.

Enfin, une des grandes questions qui devra se poser de manière urgente dans l'enseignement en histoire de l'art est celle de l'apprentissage à l'utilisation pratique des outils d'édition électronique. Car si la sphère purement documentaire et bureautique (Traitement de texte, travaux, thèse) est à peu près maîtrisée par la plupart des étudiants, il n'en est rien des outils qui touchent à l'image (acquisition, retouche, manipulation, édition), de ceux qui touchent à l'édition web et à l'HTML (principe généraux de fonctionnement, outils primaires d'édition). Or c'est la maîtrise de ces outils à grande échelle qui permettra de franchir une étape supplémentaire dans la modification des comportements des professionnels du patrimoine.

Nous n'avons dressé ici qu'un constat général destiné à définir l'environnement de l'implication du numérique dans l'enseignement en histoire de l'art. D'autres questions se posent qui doivent aider à alimenter les réflexions et les avancées dans ce domaine : quels sont les outils, les méthodes et les moyens (financier, matériels, humains et de formation) à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs ? Quels sont les projets d'avenir ? Quelles sont les coopérations nationales et internationales à engager ? Il ne fait aucun doute que nous sommes au début d'une grande évolution des méthodes d'enseignement et de transmission de la connaissance, et l'histoire de l'art doit se donner toutes les chances de participer activement à cette évolution.

Julien Mahoudeau, Novembre 2000

 


Abstract

Comment devenir un étudiant webmestre? - D'HGAweb, site personnel, à l'AHWA-AWHA, site professionnel.


Titre

Comment devenir un étudiant webmestre? - D 'HGAweb, site personnel, à l'AHWA-AWHA, site professionnel.


I- Objectifs :

1- Exposer une expérience personnelle de webmestre en histoire de l'art, basée sur une volonté d'étudiant d'utiliser de manière pratique les réseaux pour diffuser son travail, et aboutissant à une collaboration effective avec des professionnels de l'histoire de l'art.

2- Essayer de définir pour l'avenir les potentialités de l'implication des étudiants en histoire de l'art dans l'utilisation de l 'Internet.


II- Description sommaire :

Le départ de l'aventure : un travail de 2ème cycle à l 'Ecole du Louvre, rédaction d'une monographie sur « L'analyse comparée de l 'Internet scientifique en histoire de l'art ». Celle-ci est mise en ligne dans un site créé à cet effet, HGAweb. De cette diffusion découle de nombreux contacts avec des historiens de l'art, et des propositions de collaborations (gestion du site « Méthodes » de l'AHWA-AWHA, cogestion de la liste de discussion HGA créée par B.Y. Cochain). L'utilisation effective du net en tant qu'étudiant pour produire de l'information conduit donc à une reconnaissance du travail effectué : d'une initiative personnelle à une collaboration active avec des professionnels.


III- Arguments centraux :

Les vrais questions: ce cheminement est-il à la portée de tous les étudiants ? (oui). Les outils de création html sont-ils difficiles à utiliser pour aboutir à ce résultat ? (non). L'histoire de l'art a-t-elle beaucoup à gagner à ce que les étudiants diffusent leur travaux? (oui). Cette diffusion sur le net doit-elle se faire dans le cadre d'une structure reconnue et préexistante ? Si non, quelle est la garantie de qualité du contenu ?

Annexe : Comment référencer son site et augmenter son audience auprès des gens intéressés ?

Quelles implications demande l'activité de webmestre en histoire de l'art quand on est étudiant?


IV- Corrélation avec le thème « Le Temps de l'art numérique » :

Vers une nouvelle pratique en histoire de l'art : une porte entrouverte pour les étudiants. 

  

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Art History Webmasters ASSOCIATION des webmestres en histoire de l'art
Research and Communication Tools in Art History
Outils de recherche et de communication en histoire de l'art
Since November 14, 1997. Depuis le 14 novembre 1997.

 

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