Académos : mais qui était-il ?

Cette mosaïque, de tesselles en marbre et pâte de verre, mesure 86 cm x 85 cm. Elle représente l'Académie de Platon. Ce grand philosophe est né à Athènes en 428/427 av. J.-C. ; il est mort en 348/347 av. J.-C.. Cette illustration date de la fin du second siècle ou du début du premier siècle avant Jésus-Christ, donc un siècle et demi après le décès de Platon. La mosaïque a été enlevée de son lieu d'origine, la Villa T. Siminius Stephanus à Pompéi (Italie), de la pièce appelée communément Atelier du Bronziste. Elle est conservée à Naples, près de Pompéi, au Musée national d'archéologie (numéro d'inventaire 124545).

Ce que l'on sait sur Académos (Akademos, Academus, Hekademos, Hecademus, et autres variantes) provient du récit de Plutarque, dans ses Vies parallèles des hommes illustres, la section à propos de Thésée.

Le roi Thésée est le fondateur mythique d'Athènes en Attique (Grèce). Il devient veuf, suite au suicide de sa femme Phèdre. Il décide alors d'enlever, avec l'aide de Pirithoos, la plus belle femme du monde. Il s'agit de la toute jeune Hélène, la fille de Zeus (métamorphosé en cygne) qui avait séduit Léda, la femme de Tyndare, roi de Sparte.

Le décor de ce vase attique, un stamnos à figures rouges, représente Le premier enlèvement d'Hélène par Thésée. Thésée mène Hélène au chariot préparé par Pirithoos. La sœur d'Hélène, Phoïbe, assiste à son départ à droite. Au dessus des figures, sont peintes en blanc les inscriptions (presque entièrement effacées) correspondant à leur nom : Thésée, Hélène, Peiri(th)os, Phoiba. Il s'agirait d'une œuvre du peintre Polygnote, vers 430-420 avant J.-C., conservée au Musée national archéologique d'Athènes.

Les frères d'Hélène, Castor et Pollux (aussi appelés Dioscures), partent à son secours et assiègent Athènes. C'est alors qu'Académos sauve la ville, en révélant à Castor et Pollux qu'Hélène se trouve à Aphidné. Ils la récupèrent, pendant que Thésée s'est absenté pour se rendre aux Enfers.

Les Dioscures lèvent alors le siège. Chaque fois que les Lacédémoniens (les habitants de Sparte) envahiront l'Attique, ils épargneront les terres d'Académos. Ces jardins, plantés de platanes et d'oliviers, dans le nord-ouest d'Athènes, lui seront dédiés, à l'endroit supposé être son lieu de sépulture (voir l'emplacement actuel).

C'est en ces lieux, nommés « Académos », que s'établira le philosophe Platon, y fondant son « Académie », telle que représentée (un siècle et demi plus tard) dans la mosaïque en haut de cette page. Ce grand penseur et pédagogue a fait école en Occident, grâce à son « Académie », ainsi nommée en souvenir et en l'honneur d'Académos.

Aujourd'hui, on pourrait avoir tendance à considérer Académos comme un délateur et un traître à son roi. Dans la Grèce antique, la notion de polis ne pouvait toutefois que lui attribuer les qualités de « héros civique légendaire », pour son geste qui a permis de sauver la cité d'une attaque militaire.

Quant à la belle Hélène, devenue l'épouse du roi de Sparte Ménélas, elle sera de nouveau enlevée, cette fois par le prince troyen Pâris, ce qui provoquera la guerre de Troie. Mais c'est là une toute autre histoire...