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En présence des anges
Art religieux et dévotions populaires

©Professeur Robert Derome
Département d'histoire de l'art, Université du Québec à Montréal.


L'Agonie au jardin des oliviers.

L'ange très présent de cette composition pourrait être Gamael qui accompagne Jésus dans son Agonie au Jardin des Oliviers.


11. Québec et Montréal, Atelier d'Antoine Plamondon (1804-1895), François Matte (1808 ou 1809 - 1839) et Théophile Hamel (1817-1870), L'Agonie au jardin des oliviers, vers 1836-1840.

Huile sur toile.  227 x 172,5 cm. Collection des RHSJM, 1986.x.456.
avant restauration
après restauration

Antoine Plamondon dut obtenir la commande de ce tableau vers 1836-1840. Durant cette période il peignit et exposa son Chemin de Croix commandité par les sulpiciens pour l'église Notre-Dame de Montréal. Le Musée des beaux-arts de Montréal conserve six des quatroze tableaux originaux. Les hospitalières entretenaient des liens étroits avec les sulpiciens, par exemple avec Jean Thavenet qui s'était occupé de leur gestion financière, mais aussi avec l'abbé Roque dont les religieuses conservent un très intéressant portrait peint en 1836 par Jean-Baptiste Roy-Audy.

Guido Reni
François de Poilly
Antoine Plamondon
à l'Église de Neuville

Ce tableau illustre le même thème que la première station du Chemin de Croix dont le tableau est perdu. La composition provient d'une gravure de François de Poilly d'après Guido Reni. Plamondon a repris ce sujet dans une autre toile peinte en 1882 pour l'église de Neuville. La version de Neuville suit de près le modèle copié mais en le ramenant à une composition horizontale qui élimine le ciel. La version de l'Hôtel-Dieu respecte le format vertical mais simplifie la composition en éliminant la volée d'anges et en remplaçant les disciples endormis par des feuillages. Plamondon travaillait alors avec deux apprentis engagés en 1834, François Matte jusqu'en 1838 et Théophile Hamel jusqu'en 1840. La restauration récente du tableau a permis de rendre visible leur travail de report sur la toile par la technique de la mise au carreau. Les mains du Christ et son visage sont plus habilement peints que le reste de la composition.

Cette oeuvre fait partie d'un ensemble de huit tableaux qui décoraient l'ancien hôpital et monastère de la rue Saint-Paul (illustration de l'aquarelle de John Drake) avant le déménagement de la communauté sur l'avenue des Pins. C'est le premier de la série à être restauré et nous attendons avec intérêt la remise en état des autres. Ces tableaux se présentent par paires selon leurs dimensions, ce qui laisse suggérer des emplacements appropriés, peut-être en regard ou en symétrie.

Les deux plus grands, de format vertical. L'Agonie au Jardin des Oliviers de l'Atelier d'Antoine Plamondon. La mort de saint Joseph avait été attribué à Louis Dulongpré par Gérard Morisset ; des recherches récentes par Soeur Nicole Bussières et Richard Roy pourraient nous permettre de dater ce tableau vers 1838.

Deux grands, de format carré : Saint Augustin peut-être de l'Atelier d'Antoine Plamondon ou de Jean-Baptiste Roy-Audy, et La mort de Saint François Xavier exécutée par Joseph Légaré.

Deux moyens, de format rectangulaire : Saint Louis et Saint Ignace.

Deux petits, de format rectangulaire : Le Sacré-Coeur de Jésus adoré par les anges, exposé ci-contre, et Les instruments de la passion du Christ.

 

Bibliographie : Béland, Mario (sous la direction de), Paul Bourassa, Laurier Lacroix, John R. Porter, Didier Prioul, Mary Allodi, Victoria Baker, Denis Castonguay, Joanne Chagnon, Lydia Foy, Gilbert Gignac, Yves Lacasse, Eva Major-Marothy, Denis Martin, Stanley G. Triggs, La peinture au Québec, 1820-1850, nouveaux regards, nouvelles perspectives, Québec, Musée du Québec / Les publications du Québec, 1991, 608 p.. Lacasse, Yves, Le chemin de croix de l'église Notre-Dame de Montréal, Exposition présentée du 3 février au 1er avril 1983 au Musée des beaux-arts de Montréal, Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, 1983, 111 p.. Lacasse, Yves, « La source gravée de "L'Agonie au jardin des Oliviers" d'Antoine Plamondon (1804-1895) », Annales d'histoire de l'art canadien, vol. 10, n° 1 (1987), p. 42-47.


Page créée le 4 décembre1997.

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