Titre : Le Malheureux Magnifique

Les titres de ces deux oeuvres, en plus de partager une forme de sensualité, présentent certaines similitudes.

Pierryves Angers, Le Malheureux Magnifique, 1972, acier et ciment blanc Medusa, H. 3,4 m, Ville de Montréal, Collection Art public, Édifice Alcide-Chaussée, au coin des rues Sherbrooke et Saint-Denis.

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (1869-1937), Symphonie pathétique, 1925, Huile sur toile, 124,8 x 112 cm, Musée National des Beaux-Arts du Québec, achat en 1946 n° 46.05.

Malheureux

Selon le Petit Robert : « Qui est dans le malheur, accablé de malheurs. Voir Éprouvé, infortuné, misérable, pitoyable. »

Le malheur vient en premier dans le titre. Il s'exprime également en premier dans les trois quarts face et latéraux de la plastique de l'oeuvre en ronde-bosse.

Pathétique

Selon le Petit Robert : « Qui émeut vivement, excite une émotion intense, souvent pénible (douleur, pitié, horreur, terreur, tristesse). »

Fait-on référence à la célèbre symphonie de Tchaikovsky ? Vient en second dans le titre, donc bien camouflé (ou intégré) sous les aspects plastiques très sensuels de l'oeuvre.

Magnifique

Selon le Petit Robert : « Qui a une beauté, une somptuosité pleine de grandeur et d'éclat. »

Cet aspect, révélé par diverses composantes plastiques et émotives de l'oeuvre, se voit renforcé par les vues arrières et intérieures de la sculpture. La face cachée de l'être, le plaisir sous le malheur.

Symphonie

Du grec « sumphônia », accord et ensemble de sons, on y réfère à l'harmonie des ensembles d'où le beau émerge. On n'y est donc pas très loin des éléments du magnifique.

Pour résumer

Dans Le Malheureux Magnifique la sensualité est cachée sous la douleur.

Pour résumer

Dans la Symphonie Pathétique la douleur est cachée sous la sensualité.

Pour finir, laissons le dernier mot à l'auteur de l'oeuvre :

« et cette multitude de monde "ordinaire" qui ne cesse de l'aimer parce qu'elle chatouille en eux cet état de désespoir heureux que l'on connait tous. Je sais que cette oeuvre en est une véritable car elle force la réaction et la réflection, elle fait bien son devoir, bien au delà que l'énergie que je lui ai donnée en la créant. Elle dépasse de loin ce que j'exprimais par elle. »
Courriel de Pierre Yves Angers à Robert Derome, le 6 septembre 2009.

web Robert DEROME