Les fontaines de l'UQÀM s'assèchent

 

 
texte de David TARDIF, étudiant au baccalauréat en histoire de l'art, novembre 2004
édité par Robert DEROME

Les chutes d'eau sur le campus de l'UQAM sont dans un état lamentable. Sur cinq, seulement deux fonctionnent d'avril à novembre. Deux fontaines sont localisées à l'extérieur : une près du clocher ; l'autre dans le jardin intérieur au centre des pavillons Athanase-David, Sciences de la gestion, Centre Pierre-Péladeau et Design. Les trois fontaines avec des œuvres d'art sont illustrées ici.

Plaintes de gens mécontents, problèmes d'ordres techniques, itinérants qui se réfugient autour d'elles, autant de causes qui ont donné la mort aux fontaines uqamiennes. La direction ne semble pas envisager de solutions pour les remettre en marche, en laissant ces lieux de tranquillité à l'abandon ou en les réaménageant carrément pour d'autres occupations.

Normalement, à cette période du mois de novembre, l'eau doit être retirée des bassins pour éviter le gel des conduits. Pourtant, cette année, ils ont été vidés bien avant la fin de l'automne. Lorsqu'ils sont hors fonction, ils sont cachés par des contre-plaqués de bois et se fondent dans le paysage.

La chute d'eau située dans la cour extérieure du pavillon Hubert-Aquin, est l'une des plus grandes de l'UQÀM. Elle s'intègre à l'architecture et embellit ce havre de paix pour ceux qui veulent prendre une pause. Or, depuis la fin septembre, la fontaine est complètement inactive. La directrice de l'entretien des composantes architecturales, Odette Béliveau, explique que la paroi s'est brisée et qu'il n'était plus possible de la faire fonctionner, vu les dégâts causés par l'eau, qui s'écoulait au niveau métro. Elle confirme qu'elle sera réparée et remise en fonction au printemps 2005.

Quant à celle du pavillon Judith-Jasmin, située sur la grande place, elle est complètement recouverte d'un contre-plaqué. Pour Serge Beaumont, artiste ayant conçu l'œuvre composée de trois sculptures sur cette fontaine, « l'endroit était un lieu pour redonner vie au béton, en lui donnant un espace de végétation. » Depuis plusieurs années, le bassin d'eau s'est reconverti en estrade utilisée lors de conférences et d'activités diverses.

L'agente à la recherche de la galerie d'art de l'UQÀM, Audrey Genois, explique que la fontaine extérieure du pavillon Thérèse-Casgrain est aussi arrêtée. Cette dernière, qui est une sculpture de l'artiste Andrew Dutkewyck, était devenue un lieu de rencontre pour les itinérants, qui venaient s'y laver. Cela causait, selon elle, des désagréments pour la communauté uqamienne.

Un professeur au département d'histoire de l'art, Robert Derome, croit que les chutes d'eau sont des composantes indissociables des infrastructures et donnent à l'architecture d'un bâtiment sa touche de nature : « le château de Versailles, sans ses fontaines, ne serait plus Versailles. »

 


Art public à l'UQÀM