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Divers peizages figures et fortifications
dessinees a la main en lanée 1675

Carnet de dessins attribué à
François de Lajoüe (1656-1719)

texte et photographies par Robert Derome
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Divers éléments permettent de proposer l'attribution à François de Lajoüe (1656-1719) de ce carnet de dessin de 35 feuillets contenant 33 dessins à l'encre sepia conservé dans les Archives des sulpiciens de Montréal. Cet arpenteur-mesureur, maître maçon, architecte-entrepreneur, marchand, bourgeois, ingénieur, est né vers 1656 dans la résion parisienne (Saint-Giruault), fils de Jacques de La Joue, maître chirurgien, et de Madeleine Guérin. François exerca son métier d'arpenteur à Paris avant de s'établir à Québec vers 1689. Ce carnet fut dessiné en 1675 alors que François avait 19 ans, l'âge propice à un tour de France à titre de compagnon ou à titre de militaire. En effet, les nombreux dessins de ce carnet présentent plusieurs paysages variés pouvant provenir de diverses régions de France, des scènes militaires, des forticications ainsi que des paysages imaginaires.

Ces magnifiques dessins illustrent l'art civil du XVIIe siècle tel que fréquenté par les lettrés de cette époque et constituent de magnifiques pendants à l'art du luth pratiqué en Nouvelle-France par leur caractère intimiste et sophistiqué. Leur style souple et précis, intelligent et subtil sont cohérents avec celui de la signature de Lajoüe.

Lajoüe travailla à Québec de 1689 à 1715, ce qui permet d'expliquer la présence de ce carnet ici. Il quitta Québec vers 1715 après avoir confié ses effets aux religieuses de l'Hôtel-Dieu. Une lettre de l'évêque de Babylone daté de juillet 1719 nous apprend qu'il est décédé en Perse. Sa succession vacante eut des prolongements jusqu'en 1743.

Il sied de rappeler ici les interprétations de notre collègue Pierre Mayrand à qui nous sommes redevables de la découverte de ce fabuleux document vers 1969-1970 alors que nous étions jeune étudiant chercheur dans GREDAAQ Groupe de recherches en arts anciens du Québec à l'Université du Québec à Montréal :

Cet extraordinaire carnet de dessins, dans la plus pure tradition de Callot, fut probablement introduit au Canada par un des signataires Belmont ou La Joue, tous deux arrivés de Paris en 1688. Il n'est pas improbable que La Joue en soit I'auteur. Nous ignorons les circonstances de son dépôt au Séminaire de Ville-Marie, mais les rapports avec De Beaucours ne sont pas à écarter. L'originalité de l'écriture par rapport à Callot, malgré des similitudes incontestables, prouve l'art d'un jeune qui maîtrise fort bien ses moyens d'expression. Il s'agit d' un exemplaire tardif de la tradition des petits carnets, mais la vogue des gravures de Callot dans les ateliers parisiens et l'enseignement du dessin dans les écoles d'artillerie expliquent facilement sa persistance. Dans la deuxième édition du Livre des paysages publié par Langlois on lit "Le livre de paysages de Callot propre à la noblesse et aux ingénieurs pour apprendre à dessiner à la plume, avec liberté et en peu de temps". Elle débouchera bientôt sur le grand art des Sylvestre et des Vernet, alors que le dessin du Génie militaire se plie déjà aux nouvelles normes établies par Vauban (1674). Les dessins d'Edimburgh sont la preuve de l'existence d'une véritable école, à partir de modèles et d'exigences communes. Les influences les plus diverses, répertoriées par Ternois [1962], y sont sensibles, composées surtout d'une alliance de formes et de techniques héritées du Midi et du Nord, mêlées à la tradition maniériste et fortement canalysées par Callot.

CALLOT (Jacques) Né à Nancy en 1592, mort en [1635]. Fait un important voyage en Italie où il est mélé aux milieux de Tempesta et de Parigi. Il est de retour à Nancy en 1623. Vers 1629 il est le maître à dessiner de Gaston d'Orléans. Il reçoit une diffusion considérable et forme de nombreux imitateurs dans le style des dessins de Montréal. Il hérite du pseudo-réalisme et de l'illuminisme italien et de la tradition des paysages Néerlandais et Brabançons. Son art reste cependant très personnel et marque profondément le XVIIe siècle en France.

FLAMEN (Albert) Né à Bruges en 1620, mort après 1669. Mal connu il est un spécialiste des petits carnets dont il existe un exemplaire à [la Galerie nationale d'Écosse à] Edinburgh. Les ressemblances avec les dessins de Montréal sont indéniables et il se situe parmi les imitateurs de Callot (Mayrand 1968, p. 14 et 35).

 

Nous vous proposons de naviguer à travers ce carnet folio par folio en utilisant le bouton du noble personnage altier tiré du folio 6 qui vous orientera vers l'avant ou vers l'arrière. Vous pouvez également utiliser le menu de gauche afin d'aller directement à l'une des pages.
 
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