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Le Royer de la Dauversière, Jérôme (18 mars 1597 - 6 novembre 1659),
et probablement son épouse Jeanne
de Baugé (après 1603 - 1666).

Ce portrait non daté, peut-être du XVIIe siècle, naguère conservé à l'Hôtel-Dieu de Laval en France, serait le plus ancien connu de Jérôme Le Royer de La Dauversière. Il porte le blason parti du portraituré et probablement de son épouse, au-dessus d'une inscription illisible sur cette reproduction.

À dextre, le blason de Le Royer, tel qu'illustré et décrit par Massicotte : « d'azur, à trois roues d'or ».

À senestre, serait-ce le blason de son épouse Jeanne de Baugé ? À son contrat de mariage, le 23 mars 1621, probablement âgée de moins de dix-huit ans, elle est désignée comme la fille de Me Michel de Baugé, seigneur de Vaillé (ou d’Évaillé), et de dame Marie Aubert, demeurant au Mans en la paroisse de Saint-Pavin de la Cité (Beaulieu 2008.01.16, p. 1-2). La représentation peinte ne correspond pas du tout à cette description de leur blason : « d'argent au sautoir de gueules accompagné de 4 molettes de même, 1 en chef, 2 aux flancs, 1 en pointe ». (Mondoux 1942, p. 31 note 14, référence à : Mère Gaudin, « Recueil des pièces authentiques de l'Histoire de l'Institut des Religieuses Hospitalières de St Joseph fondé à la Flèche en 1636 », manuscrit in-folio, 539 p., localisation non précisée mais dont la première page est reproduite en fac-similé à la p. 29. Daoust 2007.09, p. xliii, donne cette référence : « Recueil des Pièces authentiques », service des archives de la Maison de La Flèche des religieuses Hospitalières de Saint Joseph, La Flèche, France, fin XIXe siècle, photocopie du manuscrit, service des archives de la Maison mère des religieuses Hospitalières de Saint Joseph, Montréal.)

Anonyme, Jérôme Le Royer de la Dauversière, XVIIe siècle ?, huile sur toile, dimensions inconnues, France, Laval, Hôtel-Dieu (Mondoux 1942, p. 29).

Soeur Adèle-Joséphine Grojeau, Portrait de Jérôme Le Royer de la Dauversière (copie d'après le portrait à l'Hôtel-Dieu de La Flèche), 1836, huile sur toile, 71 x 57 cm, Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, 1986.X.122, diapositive Robert Derome, INV-72-PT-02.

Il est tout à fait dans l'ordre des choses que les divers établissements des hospitalières aient voulu obtenir une copie du portrait de leur fondateur, ce qui est le cas du monastère de Montréal avec de multiples reproductions (Artefacts Canada donne quantité de références). Celle-ci, exécutée par une religieuse novice de La Flèche d'après le portrait qui y était conservée, arriva à Montréal en 1836-1837. Le visage, brutalement peint, n'a pas la finesse de l'huile ancienne. Si la reproduction des armoiries est fidèle à l'original, elles ont été mises sur fond noir, indiquant ainsi qu'il s'agit du portrait d'un défunt. À dextre, les roues semblent bien être d'or, alors que les meubles à senestre semblent bien être d'argent.

Sous les armoiries, « OBIIT 6 NOV. 1659 AT 63 », obiit étant la contraction du latin oblivit signifiant « il est mort ». En bas à droite, sous une réparation grossière, en lettres moulées blanches : « JEROME LEROYER SIEUR DE LA DAUVERSIERE. »

« Dans leur extrême satisfaction, nos chères soeurs, [r.h.s.h. de la Flèche] ne nous oublièrent pas, elles nous envoyèrent le 24 février 1837, le portrait de notre vénérée Père [Archives RHSJ, Sr Raymond, 2e volume des Annales de l'Hôtel-Dieu, 1756-1861, manuscrit original, p. 102.] »

Sur un billet collé à l'endos : « Monsieur Jérome le Royez, Sieur de la Doversière, Fondateur des Religieuses Hospitalières de St Joseph, De la flèche, en anjou, Diocese d'Angers, première Maison de l'institut, actuellement Dept de la Sarthe. Décédé le 6 novembre 1659, agé de 63 ans. Reçue de nos Srs de la Flèche, le 22 d'août 1836. »

Cette gravure de très grande qualité, publiée en 1854, présente un visage d'une grande finesse et permet de mieux voir les détails des meubles armoriés et de lire l'inscription : « OBIIT. 6o NOV 1659 AT 63. » Il s'agit d'un tiré à part des ouvrages publiés par Étienne-Michel Faillon (Faillon 1854, Faillon 1854m, frontispices). Elle a réutilisée, sans les signatures, par Etienne-Louis Couanier de Launay (Couanier 1887, frontispice, plaque 15,9 x 12,2 cm, image 12,2 x 9,2 cm), et sans aucune identification par Henri Béchard (Béchard 1992b, frontispice). Au lieu d'azur, le graveur illustre de sable, ce qui est consistant avec l'usage de la représentation d'un blason après décès et l'utilisation du terme obiit pour oblivit. On distingue bien les trois molettes. ainsi que l'oiseau à l'aile déployée, mais sont-ils vraiment d'argent dans le blasonnement d'origine ?

L. Massard del et sculp.t, Paris, Imp. Dien, R. Hautefeuille, 32, Jérôme Le Royer de La Dauversière, instituteur des soeurs hospitalières de La Flèche, né le 2 mai 1597, décédé le 6 novembre 1659, 1854, gravure, feuille 31 x 20,3 cm, plaque 23,2 x 18,3 cm, image 12 x 9,3 cm, collection Robert Derome.

Léopold Massard (1812-1889) est un graveur bien connu pour son faux portrait historique de Samuel de Champlain (Morisset 1934.06) créé en collaboration avec Pierre-Louis Morin. Il publie, chez l'imprimeur Claude-Marie-François Dien (1787-1865), plusieurs autres composition fictives illustrant les ouvrages de Faillon dont : M.r de la Dauversière reçoit ordre d'instituer une congrégation d'Hospitalières, et d'en établir une maison dans l'île de Montréal en Canada, qui a servi de modèle à plusieurs autres oeuvres soit au monastère de Laval en France ou à Montréal.

M. J. Le Royer de la Dauversière, Fond Aegidius Fauteux (1876-1941), Archives de la Ville de Montréal BM1-5P1055-2.

Petit 2017, couverture.

Cet autre portrait très différent, non daté, avec les mains jointes au-dessus d'une livre et le visage regardant dans l'autre direction, présente également des armoiries dans le coin supérieur gauche qui sont cependant illisibles.

« La source de la photo de Jérôme Le Royer tirée livre de Oury 1991a est : photographe Guy Le boucher (La Flèche, France), à partir d'une peinture des Archives des R.H.S.J. de La Flèche [collaboration de Nicole Bussières, 19 juin 2001]. »

Béchard 1991, couverture.

Oury 1991a, dos de couverture (détail).

Wm. Notman & Son, Armoiries de Monsieur Jerôme le Royer dela Dauversiere, Fondateur des religieuses hospitalieres de St Joseph, 1921, photographie gélatine argentique d'une peinture, copie réalisée pour l'Hôtel-Dieu, 25 x 20 cm, Musée McCord, VIEW-20004.

 


Blason Le Royer :
d'azur à trois roues d'or posées 2 et1.
Source
modifiée avec azur conventionnel.

 

Émile Vézina (1876-1942), Portrait de Jérôme Le Royer de La Dauversière, 1935, hule sur toile, 83,8 x 66,2 cm, Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1986.X.123. Reproduit par : Béchard 1992b, couverture ; Beaulieu 1994, p. 6.

« Portrait de Jérôme Le Royer de La Dauversière, peint spécialement pour cet ouvrage par Emile Zézina », Bertrand 1935, frontispice.

Quelques années avant la célébration du tricentenaire de Montréal, Émile Vézina (1876-1942) peint un nouveau portrait « spécialement » pour une Histoire de Montréal, Tome premier, 1535-1760 (Bertrand 1935, frontispice). Ce n'est plus un portrait funéraire et le blason retrouve ses émaux, mais Le Royer tient à la main un document où on peut lire : « 17 DEC. 1640 Neuve-France Lamy ». Ce sont les titres de propriété de l'île de Montréal, signés par le secrétaire de la Compagnie de la Nouvelle-France ou des Cents-Associés ou du Canada, accordés à Jérôme Le Royer de La Dauversière et Pierre Chevrier, baron de Fouencamps, au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. Le Royer n'a donc alors que 43 ans, mais son visage est identique à celui peint après son décès à l'âge de 63 ans !

 

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