Les portraits du père jésuite Paul Le Jeune, confusions et conversions...
1665 René Lochon BNF

Le manuscrit de Maxime Préaud.

Les informations de cette notice proviennent de la collaboration exceptionnelle de Maxime Préaud (conservateur général honoraire chargé de la réserve du département des estampes et de la photographie à la BNF) qui nous a gracieusement fourni copie de ce texte non publié.

Préaud PRL — Préaud, Maxime, « Pierre [1651-1725] et René [1619 ou 1620 - 1674 ou 1675] LOCHON », Manuscrit inédit pour l'Inventaire du fonds français [estampes de la Bibliothèque nationale de France (voir IFF)], Fichier texte informatique, [3 février 2009], 103 p. au format A4.

Préaud PRL, p. 1, note 1 : « Mes remerciements vont à Madame Marie Pelletier de Chambure-Baguenier Desormeaux. Je me suis en effet appuyé, pour la rédaction de cet inventaire, sur le mémoire d’histoire de l’art qu’elle a réalisé sous mon contrôle en 1994 pour Paris IV-Sorbonne (dir. Alain Mérot), René Lochon. Inventaire de l’œuvre gravé conservé à la Bibliothèque nationale, suivi de Inventaire de l’œuvre gravé de Pierre Lochon, Paris IV, 1994, 279 p. in-4°, dactylogr. (abrégé ci-après en PCBD [Pelletier 1994]) [BNF, Est., YC- 984- 4 ».

Despatin & Gobeli, Maxime Préaud, conservateur honoraire des bibliothèques, historien, graveur (détail). Photographie : source.

Maxime Préaud dresse un catalogue de l'oeuvre du graveur révélant un inventaire exhaustif de sa chronologie, des états et exemplaires, des professions des portraiturés, de la source de leurs physionomies qu'elles soient ad vivum ou d'après d'autres artistes et, finalement, de la provenance de ces collections. Ce voyage au sein de la BNF permet de mieux comprendre et situer le portrait de Le Jeune dans l'oeuvre de son graveur et d'obtenir des réponses à plusieurs des interrogations suscitées par les quelques autres exemplaires connus. Voici comment Maxime Préaud présente ce manuscrit.

« [...] je vous transmets en pièce jointe l'état de la question Lochon tel que je l'ai rédigé il y a quelque temps en vue d'un prochain volume de l'Inventaire du fonds français (qui ne verra peut-être jamais le jour, mais c'est une autre affaire), vous y trouverez des réponses à certaines de vos interrogations. »

Ce manuscrit sur Pierre et René Lochon n'était alors pas entièrement terminé et plusieurs dernières vérifications ou corrections à faire y sont notées. La première page présente le décompte des mots à diverses dates. La dernière indiquée est le 3 février 2009, donc peu de temps avant que Maxime Préaud prenne sa retraite en 2010 (Wikipédia), ce qui lui vaut les hommages des Nouvelles de l'estampe en mai-juin (n° 230) suivis, en novembre, de l'imposant ouvrage L’Estampe au Grand Siècle, Études offertes à Maxime Préaud (Fuhring 2010.11).

La portion consacrée à Pierre Lochon occupe les 22 premières pages, soit la bibliographie, la biographie chronologique, puis la numérotation séquentielle des oeuvres : sujets religieux (1-4), saints et saintes (5-11), confréries (12-13), portraits (14-32), genre (33-34), armoiries (35-37), livres illustrés (38-49). La section consacrée à René Lochon sera étudiée plus en détail ci-dessous (voir Catalogue de l'oeuvre de René Lochon).

Erik Desmazières, Le Bureau de Maxime (FF 223), Etching, aquatint & roulette printed on antique laid paper, 2010. Signed and numbered from ed/50, apart from the folded edition of 75 accompanying the book of essays, Mélanges, published to mark the retirement of Maxime Préaud from the Bibliotèque Nationale. 30.7 x 39.6 cm. Source.

Maxime Préaud, Graveurs du XVIIe siècle, Jean Lepautre, Paris, BNF (Inventaire du fonds français, tome XII, 2e partie), 1999, 335 p.

Maxime Préaud, Graveurs du XVIIe siècle, Pierre Lepautre, Paris, BNF (Inventaire du fonds français, tome XIII), 2008, 382 p.

 

La BNF, ses collections d'estampes, et ses portraits de Le Jeune.

La BNF conserve 5 exemplaires (ou épreuves) de la gravure du père jésuite Paul Le Jeune par René Lochon, soit davantage que toutes les autres sources réunies à travers le monde. Maxime Préaud fournit leurs cotes où le symbole ■ se réfère aux reproductions suivies leurs numéros.

Ed 16 a ■ Cl. 75 B 68 138 ;
N2 ■ Mf. D 187727 ;
coll. Lall. de Betz, 12273, Ne 25, p. 173 ■ Mf. R 25346 ;
Oc 2 a, t. 4, anc. coll. Emigrés ;
SNR- 3, épr. tachée (colle).

Mais, d'où proviennent-ils ? À quelles dates ont-ils été acquis et quel est leur historique ?

Pour répondre à ces questions, en apparence simples, on doit se pencher, brièvement, sur l'histoire complexe de cette gigantesque collection qui « conserve aujourd’hui près de dix millions d’estampes [Mathis GRDE] ». Le site web de la BNF donne accès au Département des Estampes et de la photographie, puis aux Catalogues numérisés des estampes, mais également aux Estampes, photographies, affiches, Catalogues des Estampes et de la photographie, qui fournissent des éléments de réponses, ainsi que ces deux outils de recherches : 1° Estampes et photographie : classement et cotes et 2° Cadre de classement des collections du département des Estampes et de la photographie de la BnF. On doit compléter ces données schématiques par le détail des séries et collections telles que décrites par Bouchot 1895, Le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, Guide du lecteur et du visiteur, catalogue général et raisonné des collections qui y sont conservées.

L'article d'Edmond Pognon (1911-2007), ancien conservateur au département des estampes, « Les portraits au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris » (Pognon 1963), fournit un truculent survol historique datant, cependant, de plus d'un demi-siècle. Il évoque l'intéressant et surprenant concept de "matière", toujours utilisé, sans autres explications, dans le cadre de classement actuel.

« Outre la grande collection générale alphabétique et les collections spéciales, recueils et volumes composant les sous-séries, la série N, nous l'avons dit dès nos premières pages, comporte une masse de portraits non montés, conservés dans des boîtes ou des portefeuilles et qui, ajoutons-le maintenant, ne fait pas l'objet d'un classement vraiment systématique. Cet élément obligé de toutes les séries du Cabinet est appelé la "Matière" [Pognon 1963]. »

On complètera cette lecture par le « Guide de recherche au département des Estampes [Mathis GRDE] » qui donne plusieurs autres sources et références. Ces outils combinés permettent de résumer brièvement les grandes étapes historiques de cette collection.

En 1648, Jacques Dupuy, garde de la Bibliothèque royale, fait étendre aux estampes l’obligation de dépôt instituée en 1537 pour les livres mais, sous Colbert, cette récolte légale n’est que de quelques centaines d’unités.

En 1667, le Cabinet des Estampes est constitué lorsque la Bibliothèque du Roi acquiert les gravures rassemblées par Michel de Marolles : 123 000 pièces dont quelques-unes provenaient de Claude Maugis, d'autres de Delorme, etc.

Le premier portrait de Le Jeune se trouve dans ce fonds auquel Préaud se réfère par la cote Ed 16 a. La lettre E se réfère aux graveurs et photographes, Ed aux graveurs français des XVIe et XVIIe siècles.

Ed 16 est un recueil de l'abbé de Marolles renfermant des oeuvres de Th. J. Van Merlen, Grignon, Mich. Van Lochon, Le BLond, Ganière, Jaspar Isac, (quelques pièces de Larmessin ont été mises aux suppléments en 1810), Jean Picarl, etc.

Ed 16 a contient l'oeuvre de René Lochon.

Mais on retrouve également ce graveur sous la cote Ed 17, recueil formé par l'abbé de Marolles, renfermant des oeuvres de : J. Frosne, René Lochon, C. Charpignon, Grignon, Langot, De la Roussière, F. Brunner, J. Briot, C. Goren, Cl. Goirand, P. Firens.

Pour connaître la date d'acquisition de ce premier portrait de Le Jeune, il faudrait savoir quand a été instituée la cote « Ed 16 a », ajoutée entre les recueils 16 et 17 provenant de Marolles, tout en documentant la date où cette pièce y a été versée...

L'historique antérieur de ce portrait de Le Jeune demeure donc inconnu.

Ed 16 a ■ Cl. 75 B 68 138.

Le début du dépôt des estampes de privilège (acte de l’autorité donnant permission d’imprimer et protégeant le droit des auteurs) date de 1672. Le don, en 1712, de Nicolas Clément, un garde du Cabinet, ajoute environ 18 000 ou 25 000 portraits classés méthodiquement. L'année 1716 voit l'entrée des collections formées par Roger de Gaignières et données au roi en 1711. Les dessins de botanique de Gaston d'Orléans, série J, sont acquis en 1718. L'acquisition de la collection d'estampes de maîtres du Marquis de Beringhen se fait en 1731, soit près de 90 000 pièces sur toutes les questions d'iconographie et d'histoire. Des dessins de tombeaux, de monuments divers et pièces topographiques passèrent au Cabinet des Estampes en 1740. Le conservateur Hugues-Adrien Joly, lors de son mandat de 1750 à 1792, implémente son cadre de classement des portraits sous l'ancienne lettre L.

L'année 1753 voit l'arrivée d'un second exemplaire du portrait de Le Jeune avec le don de la collection Lallemant de Betz, appellée à tort d'Uxelles, soit environ 15 000 pièces de topographie et de portraits en 78 volumes reliés en basane.

Michel Joseph Hyacinthe Lallemant de Betz (1693-1773) était fermier général et collectionneur. La Série des Portraits contient 30 volumes. Un inventaire de ces 13 500 estampes a été dressé par Flandrin 1903 qui donne un intéressante notice de présentation et répertorie brièvement celle de Le Jeune :

« Ne. 25. 12273. - Id. [Portrait] du R. P. Paul Le Jeune, de la Compagnie de Jésus. - Gr. et édité par R. Lochon, en 1665. 173 [Flandrin 1903, p. 568] ».

L'historique antérieur de ce portrait de Le Jeune demeure donc inconnu.

coll. Lall. de Betz, 12273, Ne 25, p. 173 ■ Mf. R 25346.

Plus de 20 000 pièces sur l'histoire de France, classées chronologiquement, sont données par Fevret de Fontette en 1770 ; ces recueils ont été augmentés pour former le noyau de la collection générale d'histoire de France. La même année Bégon donne 24 746 pièces représentant près de 77 000 livres. En 1775, à la vente de P. J. Manette, 12 504 estampes sont acquises moyennant 20 063 livres. L'acquisition de 12 volumes de plantes dessinées par les frères Prévost, pour M. Roussel fermier général, se fait en 1782, suivie par celle de 728 pièces de Rembrandt, moyennant 24 000 livres, à la vente du peintre Peters en 1784. Des acquisitions diverses se font à la vente du duc de La Vallière, moyennant 11 444 livres 10 sous, en 1784. Les 6 volumes des recueils exécutés pour le maréchal de Richelieu concernant les modes, acquis en 1789, renferment des échantillons d'étoffes et de soierie du plus haut intérêt (1680-1750).

Le troisième portrait de Le Jeune pourrait avoir fait son entrée dans les collections lors des confiscations révolutionnaires en 1789-1799.

• Fonds de diverses congrégations.
• Abbaye de Saint-Victor, dont la collection du conseiller de Tralage : 33 000 estampes de mythologie et de topographie.
• Estampes réunies par les jésuites de Cologne.
• Dépôt, dit des Capucins, fait en brumaire an VII : livres à figures divers.
• Dépôt, dit de Versailles, en germinal an V, comprenant la plupart des ouvrages d'art ayant fait partie de la Bibliothèque du roi à Versailles ; ces livres à estampes et ces recueils formaient plusieurs séries ; ils provenaient également des frères du roi, de la reine et de Mesdames Adélaïde et Victoire.
• 52 volumes du ministre Bertin renfermant d'inestimables pièces dessinées en Chine par des artistes indigènes.
• Collections de nombreux émigrés.

Est-ce de là que provient ce portrait de Le Jeune coté « Oc 2 a, t. 4, anc. coll. Emigrés » ?

Le cadre de classement libelle ainsi cette cote : « O - Costumes et mœurs » et « Oc Costumes religieux », mais ne fait référence ni aux jésuites ni aux émigrés ! Cette cote se ramifie encore à 2 a et 2 a d pour les costumes religieux masculins. L'historique antérieur de ce portrait de Le Jeune demeure donc inconnu.

Oc 2 a, t. 4, anc. coll. Emigrés.

Les acquisitions se poursuivent durant la première moitié du XIXe siècle : pièces rares à la vente St-Yves (1805) ; 2 750 pièces dessinées et de divers manuscrits provenant de Robert de Cotte (1811), ancien architecte de la Bibliothèque royale ; 2 831 estampes à la vente du sieur Silvestre (1811) ; 1 408 dessins, d'après les monuments byzantins recueillis par Millin en Italie (1819) ; 7 470 pièces provenant de l'abbé de Tersan et de la collection Morel de Vindé (1820) ; vente de Vivant Denon, entre autres 1 574 pièces de Callot, et divers incunables de la lithographie (1827) ; 3 pièces rares du cabinet Revil, moyennant 5 243 f (1833) ; vente par M. Laterrade de 19 914 pièces sur la Révolution française (1845) et nouvelle cession de 14 000 p. par le même (1863) ; don par M. Jecker de 48 pièces gravées aux XVe et XVIe siècles qui n'étaient pas encore au département (1851).

En 1854 le cabinet compte 90 000 portraits. La collection connaît alors un tournant majeur par l'acquisition de la collection Debure : 65 000 portraits, classés alphabétiquement, qui forment le noyau principal de la collection actuelle. L'ancien cadre de classement "méthodique" des portraits, établi sous l'ancienne lettre L par Joly au XVIIIe sièlce, est changé pour la série N avec un classement par ordre alphabétique à la fin du mandat du conservateur Jean Duchesne aîné (1839-1855).

C'est donc sous cette toute nouvelle cote N2, établie en 1854, que l'on retrouve un quatrième portrait de Le Jeune dont l'historique antérieur n'est pas connu. Le format N2, le plus ordinaire, s'applique aux portraits in-8°, in-4° et petit in-folio.

N - Portraits et iconographie biographique
N Portraits - Collection générale - Recueils factices.
• N2 35x50 cm, 1436 volumes, soit environ 200 000 pièces.
• N3 48×63,5 cm, 70 volumes, environ 10 000 pièces.
• N4 54,5×80 cm, infime proportion des collections.
• N5 et N6 les formats gigantesques.

C'est également à ce moment là que le second portrait de Le Jeune, faisant partie de la collection Lallemant de Betz acquise en 1753, est renuméroté sous sa cote encore en vigueur aujourd'hui : Ne. 25. 12273 (voir ci-dessus).

Selon Pognon 1963, la série N des portraits se compose essentiellement : d'une grande collection générale en reliures à feuillets mobiles, ouverte en permanence aux insertions nouvelles ; de collections fermées à toute insertion, générales ou spéciales, de recueils fixés dans l'état où ils sont entrés, et de volumes (livres à images, albums, suites diverses) qui sont conservés tels qu'ils sont sortis des mains de l'éditeur ; d'une masse considérable de portraits de toutes sortes conservés, sans montage ni reliure, dans des boîtes ou des portefeuilles.

N2 ■ Mf. D 187727.

On trouve également des portraits dans d'autres séries non indexées : histoire, costumes et moeurs, un peu partout, mais surtout dans les œuvres des graveurs (cote Ed), qui ont au cabinet la priorité sur les autres séries. En outre, une masse de portraits non montés, conservés dans des boîtes ou des portefeuilles et qui, ajoutons-le maintenant, ne fait pas l'objet d'un classement vraiment systématique.

- Na (portraits français)
- Nb (Italie, Espagne, Portugal)
- Nc (Allemagne, Pays-Bas, Suisse)
- Nd (Angleterre, nord, régions lointaines)
- Ne (collections générales telles que Laruelle et Lallemant de Betz)
- Nf (collections concernant des catégories particulières de personnages)

La deuxième moitié du XIXe siècle voit la poursuite de l'accroissement des collections : acquisition de la collection d'Achille Devéria (1858), 113 000 pièces dont quelques-unes fort curieuses pour l'histoire de la lithographie, dessins, étoffes, etc. ; pièces dessinées ou gravées conservées jusque là dans d'autres bibliothèques (1861), dont une grande partie des dessins originaux ; donation Hennin (1863), 14 807 pièces du plus haut intérêt pour l'histoire de France, conservées dans leur classement d'origine et reliées ; don par M. A. Raffet fils (1869 à 1891) de 3 814 dessins originaux, croquis, lithographies rares, eaux-fortes ou fumés et calques, d'après Raffet ; acquisition de la collection de Loynes (1880), catalogues d'expositions, critiques, etc., réunis et groupés en 56 volumes, en tout 2 069 pièces imprimées ou manuscrites ; don par M. Gatteaux (1881) de pièces gravées par Raimondi, Marco Dente, etc., bois italiens et allemands du XVIe siècle ; don par M. Auguste Barbier (1881) de 1 360 lithographies depuis les origines de cet art en France ; acquisition (1881), moyennant 40 000 fr., d'un album contenant 135 planches gravées sur bois en France au XVIe siècle ; don par M. Edouard Fleury (1885) de 11 443 pièces diverses, dessins et gravures concernant le département de l'Aisne.

Depuis la création de la série N, en 1854, les collections se sont tellement accrues que le nouveau conservateur Georges Duplessis, dont le mandat débute en 1886, ajoute à l'ordre de classement alphabétique des portraits des suppléments pour les pièces ajoutées sous la nouvelle nouvelle cote SNR.

SNR - Suppléments non reliés
SNR Oeuvres d'artistes français et étrangers - suppléments non reliés

On y trouve un cinquième portrait de Paul Le Jeune par René Lochon sous cette mention donnée par Maxime Préaud : « SNR- 3, épr. tachée (colle) ». Son historique antérieur est inconnu.

SNR- 3, épr. tachée (colle).

À l'accroissement des collections par le dépôt légal, s'ajoutent de très nombreuses collections particulières : collections historiques du baron de Vinck ; legs par M. Auguste Armand (1889) de 19 410 photographies, dessins, etc., formant une histoire générale de l'art ; acquisition de la collection formée par l'architecte Destailleur (1890), moyennant 30 000 fr., de 1 328 dessins en six volumes in-fol. relatifs à l'histoire et à la topographie de Paris ; acquisition (1893), moyennant 15 554 fr., de trois épreuves rares à la vente Holford, un Bocholt, un Rembrandt et un Nanteuil. En 1941, on crée un répertoire sur fiches.

Le manuscrit de Maxime Préaud, section des portraits de René Lochon, se réfère également à ces anciennes collections...

En outre, le Fichier des portraits du département des Estampes et de la photographie donne, à la lettre L, ces portraits de Le Jeune...

« Lejeune, Paul (1591-1664) Portraits de Paul Lejeune, R. P., jésuite (....-1664) N-2 (LEJEUNE, Paul) Collection générale des portraits Microfilmé. » Répertorié par Maxime Préaud.

« Lejeune, Paul (1591-1664) Portraits de Paul Lejeune, R. P., jésuite (....-1664) NE-63 (107)-FOL (p. 15) Collection Laruelle Microfilmé. »

La collection Laruelle n'a pas été répertoriée par Maxime Préaud : il s'agit donc d'autres graveurs que Lochon. Elle contient « 30 000 portraits de femmes [Pognon 1963] » et semble peu étudiée si on en juge d'après cet appel à candidatures de bourses...

« Bourse de recherche Fondation L'Oréal sur l'art de l'être et du paraître 2012-2013 [...] Pistes de recherche à la Bibliothèque nationale de France [...] Des collections spécifiques peuvent également être l'objet d'études approfondies, comme [...] la collection Laruelle (département des Estampes et de la photographie) [source]. »

Y trouve-t-on vraiment un sixième portrait de notre jésuite par un autre graveur ?

Ce bref historique permet de déduire, ou d'induire, le parcours des cinq portraits de Paul Le Jeune par René Lochon conservés à la BNF. Des recherches approfondies, sur place, permettraient peut-être d'en apprendre davantage ?

Portraits de Paul Lejeune, R. P., jésuite (....-1664) NE-63 (107)-FOL (p. 15) Collection Laruelle.

 

Légende, transcription, calligraphie et typographie.

Transcription de la légende par Maxime Préaud.

48. Le Jeune (Paul), missionnaire jésuite, 1665.

En buste de trois quarts à g., revêtu de l’habit de son ordre, dans un ovale dont le fond est fait de tailles croisées, devant un fond rectangulaire horizontalement strié.

Sur la bordure de l’ovale : LE REVEREND PERE PAVL LE IEVNE DE LA COMPAGNIE DE IESVS.

Dans la m. inf. : Le R P Pavl le Ievne enflamé d’vn s.t zele pour la conuersion des Jnfideles=sauuages de la Nouuelle France, fut le premier qui / les suiuit dans les bois les frequenta reconut leur humeur, et en aprit leur langue la reduisit en preceptes ;jl n’est pas croyable combien il souffrit de / froid, de chaud, de faim en ses courses dans les rigueurs de plusieurs hyvers et Estez parmy ces barbares qui le plus souuent estoient sur le point de l’asom= / mer, et dont il a êuité miraculeusement la fureur, ce sont les preuues de son ardeur pour l’augmentation de nostre Religion pour la gloire de Dieu ; Jl passa dix-sept ans dans le Canada, d’ou apres auoir fait. grand nombre de conuertions de ces Jnfidelles, il fut rapelé en l’Antienne France son pays / natal pour les affaires de cette Mission, et en être le Procureur, pour l’Jnterest de laquelle il a agi avec soing continuel, jusqu’à ce qu’il rendit / sa bien-heureuse Ame entre les mains de son Sauueur chargé de Merittes et consommé dans les trauaux spirituels le 7.e d’Aoust i664, âgé de 72 ans.

Au-dessous, à g. : R. Lochon faciebat et excudebat, et à dr. : Cum priuilegio Regis. i665. 360 x 272 au c. de pl.

Pour connaître le contexte historique le cette légende,
voir ces sections de la notice de 1665 Lochon OBAC :
Légende et 1925 reproduction par Kenney

Diffusion en plusieurs exemplaires. Et controverse avec les récollets !

Voir également une autre légende, très différente,
étudiée dans la notice 1665 Anonyme AJPF, section Légende : trois transcriptions.

Légende, calligraphie et typographie.

Collaboration de Guy Laflèche.

L'édition de la légende de la BNF est tout à fait correcte, pour ses utilisateurs, les chercheurs qui s'y intéresseront. La plupart de ses fautes de lecture, nombreuses, concernent l'opposition majuscule/minuscule et les accents (âgé de 72. ans, « â » ; jusqu'à, « à ». Il faut plutôt dire, positivement, ce qui suit.

Lire cette nouvelle transcription de la légende du premier état de la gravure de René Lochon a été extrêmement intéressant. D'abord je trouve deux fautes à corriger dans ma transcription. La première est importante pour moi, Nouuelle France s'écrit sans « v ». La seconde est importante pour vous, qui marquez les fins de ligne : il faut lire, en effet, le découpage avec son double tiret (=): l'asom= | mer (fin de la troisième ligne).

Par ailleurs, grâce à la confrontation de cette nouvelle transcription de la légende, je dois procéder à un repentir. Je renonce au S majuscule de souuent. En effet, il apparaît clairement que tous les « s » en tête de mot qui ne sont pas de « grand s » (soit des ſ non barré) sont tous calligraphiés de la même manière, en minuscule (on le voit clairement dans « son Sauveur », la minuscule et la majuscule qui ouvrent les deux mots). Le mot « souuent » s'ouvre donc par un caractère minuscule. Cela dit, les deux « s » minuscules doivent être distingués dans tout le texte de la légende, car ils correspondent à deux caractères typographiques au XVIIe siècle. Mais il faut dire que la distribution des deux caractères n'est pas respectée, ce qui n'est pas notre problème ! C'est précisément une caractéristique de la légende de René Lochon.

Un mot d'abord sur le vocabulaire : « calligraphier », au sens strict et étymologique, c'est un art, l'art de bien former ses lettres.

« CALLIGRAPHIE, subst. fém. CALLIGRAPHIER, verbe trans.
A.− Art de former des caractères d'écriture élégants et ornés [Source]. »

Ici, je l'emploie dans un sens second, ou dérivé, pour désigner le résultat de l'écriture manuscrite cursive par opposition aux caractères imprimés de la typographie.

« TYPOGRAPHIE, subst. fém. IMPRIMERIE
A. − ,,Procédé d'imprimerie dans lequel l'impression est réalisée par des caractères en relief assemblés et mis en page`` (Industries 1986) (abrév. typo). La typographie sera pour nous l'art de l'impression en relief, par opposition à l'impression en creux de la pointe sèche, du burin, de l'eau-forte et de certains procédés photo-mécaniques modernes, par opposition aussi à la lithographie et à ses dérivés modernes comme l'off-set, où l'impression se fait sur une surface plane, mais spécialement préparée (Valotaire, Typogr., 1930, p. 9). La typographie, permettant d'imprimer directement à partir du caractère, conserve à celui-ci sa pureté, ses finesses de dessin et sa vigueur d'expression (Civilis. écr., 1939, p. 10-13) [Source]. »

René Lochon dessine en taille douce les deux types de caractères tout au long de sa légende, avec des règles qui ne respectent ni l'un ni l'autre système. L'exemple le plus simple est l'opposition du petit (s) et du s long (ſ) . Au XVIIe siècle, ce système calligraphique est encore repris par l'imprimerie, avec deux caractères typographiques. Mais, en principe, le s long (ſ) ne se trouve pas isolé, en tête ou à la fin d'un mot, mais seulement dans le corps des mots. Lochon ne respecte pas cette règle de position. D'ailleurs, on peut dire que la calligraphie a ses habitudes (très largement propres à chaque individu), tandis que la typographie a ses règles.

Justement, question calligraphie. Le H majuscule en tête du mot Hyver, n'a rien à voir avec la typographie, mais tient de la calligraphie : c'est la grosseur du caractère minuscule qui en fait une majuscule. Pour moi, c'est très intéressant, car cela signifie que la légende est, certes, typographiée, mais elle est aussi largement calligraphiée.

Dans la légende du premier état, il me semble évident qu'une bonne partie du texte « dessine » des caractères typographiques, tandis que plusieurs lettres sont calligraphiée. Pour prendre un exemple simple, les « i » minuscules obéissent à la « typographie », ce qui donne « j »; tandis que le « i » majuscule est calligraphié.

La preuve : les « i » minuscules sont typographiées « j » en tête de mot (jl = il). En revanche, les lettres « i » majuscules, toujours en tête de mot, sont... calligraphiés, comme on le fait encore aujourd'hui, de sa plus belle écriture (ce que la transcription de la BNF imite avec le grand J, ce qui n'est évidemment pas approprié).

Alors une question au spécialiste : est-ce que les autres inscriptions de René Lochon entremêlent ainsi la calligraphie et la typographie ?

Il faudra encore un siècle pour que les habitudes de la calligraphie, encore souvent vivantes dans l'imprimerie au XVIIe siècle, notamment la distribution des deux « s ſ », disparaissent de la typographie. On voit ici, que la légende retarde sur la typographie, elle-même encore légèrement « archaïque ». Et, bien entendu, c'est encore plus évident pour la ponctuation, l'orthographe et la syntaxe.

J'insiste sur le fait que ce ne sont pas là des défauts qu'on puisse reprocher à René Lochon. C'est au contraire un état de fait qui doit largement caractériser l'« écrit » dans l'iconographie, comme on a aussi de très nombreuses variations à cet égard dans les divers types d'écrits.

Cela dit, peut-être pourrez-vous en tirer profit pour évaluer l'insertion de l'écrit dans la gravure : je ne peux que suggérer une piste d'analyse, car je ne pourrais pas la suivre facilement.

 

Catalogue de l'oeuvre de René Lochon.

La portion consacrée à René Lochon occupe les pages 22-103 , soit 80% du manuscrit. Maxime Préaud y fournit une biographie chronologique (p. 22-28), solidement documentée, sur la vie et la carrière du graveur qui constitue un fabuleux apport historiographique. Ces données ont été intégrées à notre texte Le graveur René Lochon (1619 ou 1620 - 1674 ou 1675) faisant partie de la notice 1665 Lochon OBAC.

La BNF conserve 238 oeuvres de René Lochon. Plus de la moitié (54%) proviennent de livres illustrés, peut-être une base importante de ses revenus, où on retrouve six portraits que nous incluons dans notre étude de ceux-ci. La catégorie « portraits » regroupe ceux en planches individuelles dont celui de Le Jeune : ils représentent près du tiers (29%) de sa production. Les sujets religieux (10%), les ex-libris (6%) et les divers (2%) y sont donc les moins nombreux.

La collection de la BNF est donc très complète puisque seulement 4 oeuvres, documentées en bibliographie, n'y sont pas représentées ; ainsi que quelques autres relevées dans notre biographie de Lochon. La renumérotation séquentielle des pièces étudiées n'est pas complètement terminée, tel que noté : « rechanger tous les numéros [p. 28] ». Ce manuscrit contient nombre d'informations détaillées exceptionnelles qui permettent une analyse très fine de l'oeuvre gravé de René Lochon.

Les notices des 74 portraits par René Lochon conservés à la BNF représentent toutefois beaucoup plus d'exemplaires conservés si l'on considère leurs divers états.

René Lochon d'après François Chauveau (1613-1676), Prédication, papier taille-douce, 1676, 216 mm x 164 mm au trait carré, montage 500 x 325 mm, Nancy, Musée des beaux-arts, TH.99.15.2439.

Préaud PRL (p. 77-78) identifie ainsi cette illustration de livre : « 89-93. Titre-front. et illustrations pour : Godeau (Antoine, évêque de Vence), Les Tableaux de la pénitence, Paris, Augustin Courbé, 1654, in-4°. [...] 92. 4. Les Ninivites. Sixième tableau. A g. le prophète Jonas harangue la foule massée sur la dr. Derrière lui, une colonne surmontée d’un pélican qui se perce l’estomac pour nourrir ses oisillons ; à l’arrière plan, une ville antique ; dans la m. inf., à g. : F.<???> Chauveau Inue. et à dr. : R. Lochon sculp. 227 x 170 au c. de pl. Impr., D. 5638 ; Impr., D. 7910, 2e édition, 1656. PCBD [Pelletier 1994], 84. Mariette, II, 227 v et 245. »

 

États et exemplaires (épreuves) des portraits.

René Lochon, Félix Vialart de Herse, Bishop and Count of Châlons sur Marne, Engraving, HAM, R7604. Préaud PRL, p. 67, n° 76, l'identifie à Vialart (Félix), évêque et comte de Châlons, relève 5 états et 8 exemplaires de ce portrait à la BNF.

René Lochon, d'après Philippe de Champaigne (1602-1674), HARDVINVS DE PEREFIXE DE BEAVMONT RVTHENENSIS EPISCOPVS, 1667, papier, burin, 32,2 x 25,2 cm, RMBA, Inv 794.1.5132, acquis en 1791, ancienne collection privée Robien Paul Christophe. Préaud PRL, p. 60, n° 62, relève 3 états, dont deux datés « i66j » et « 1664 », et 8 exemplaires de ce portrait de Péréfixe (Hardouin de Beaumont de) à la BNF.

Un état est un changement permanent sur la plaque, ici en cuivre, donnant une image imprimée différente. Ils peuvent être effectués sur une période de temps plus ou moins courte ou longue. Dans l'oeuvre de René Lochon, 65% des personnages représentés n'ont vu la production que d'un seul état de leur portrait. Certains, peut-être plus critiques, exigeants ou d'un plus grand intérêt pour le public acheteur, en ont vu davantage, jusqu'à cinq, mais la moyenne est de 1,6 état par personnage représenté.

La BNF conserve plusieurs exemplaires (ou épreuves) par personnage et par état, ce qui représente 301 exemplaires différents pour les 74 portraits par René Lochon. La moyenne est de 4,1 exemplaires par personnage. Par ses dimensions et sa variété, cette collection constitue un catalogue pratiquement complet de son oeuvre.

 

Formats des portraits.

René Lochon, Amador J.B. de Vignerod, abbé de Richelieu, papier burin, 411 x 330 mm, Rennes, Musée des beaux-arts, Inv 794.1.5127.

Le plus grand portrait relève du sommet du pouvoir avec un parent du puissant cardinal (d'ailleurs illustré dans le livre ouvert) : Richelieu (Amador Jean Baptiste de Vignerod, abbé de), 420 x 330 au c. de pl., ce qui en fait, au minimum, un papier du format atlas jésus de 51 x 33 cm selon la table de Mortet 1925 (voir la section Format de 1665 Lochon OBAC). Second fils de François de Vignerod, marquis du Pont de Courlai, fils lui-même de Françoise du Plessis, sœur de Richelieu. Le Musée des beaux-arts de Rennes donne des dimensions légèrement différentes pour son exemplaire reproduit ci-dessus.

René Lochon, Antoine Guérapin Vauréal (?-1677) conseiller d'état, Estampe, 116 x 70 mm, Versailles LP31 bis.30.1.

Le plus petit portait, avec ses 116 x 70 mm au c. de pl., est celui de Guérapin (Antoine), Chevalier de l'ordre du Roi, comte de Belleval, conseiller du Roi, maître ordinaire en la chambre des Comptes.

Un seul portrait dépasse les 400 mm en hauteur. Un peu moins de la moitié (42%) font plus de 300 mm où se classe celui de Le Jeune. Plus de la moitié (56%) sont beaucoup plus petits. Le portrait de Le Jeune mesure 360 x 272 mm au coup de planche (c. de pl.) ou cuvette, soit la marque laissée par les arêtes de la plaque de cuivre. Seulement deux portraits présentent un format plus grand. Il s'agit donc d'un investissement que l'on pourrait qualifier de somptuaire (voir Évolutions) ! Celui de Bourlon (Charles de), évêque de Soissons, conseiller ordinaire du roi en ses conseils d’états et privés, docteur en théologie de la maison de Sorbonne, fait 360 x 278 au c. de pl., donc seulement 6 mm de plus que celui de Le Jeune sur la largeur.

51 épreuves sur 301 ont été rognées, soit 17%, ou un ratio de 1 sur 6, ce qui est également le cas de 1665 Lochon CStM. Toutefois, 85% ont pu être mesurées au coup de planche. Seulement 4%, dont le coup de planche n'était pas apparent, ont dû être mesurées au trait carré.
Ces données sur les formats sont intéressantes afin de mieux comprendre les dimensions des autres exemplaires conservés du portrait de Paul Le Jeune par René Lochon.

 

Professions des portraiturés.

René Lochon, after Berchet, Portrait of a Bishop, Engraving, 33,7 x 28,4 cm (image), Achenbach Foundation 1963.30.29374.

Préaud PRL (p. 64, n° 71) identifie ce portrait à celui de Dominique Séguier, Évêque d’Auxerre de 1632 à 1637, puis de Meaux jusqu’à sa mort le 16 mai 1659.

La clientèle la plus assidue de René Lochon est constituée par le clergé qui lui commande 36% de ses portraits. Les évêques y occupent le haut du pavé avec 16% de leurs physionomies, 6% de religieuses, 4% d'archevêques et de prêtres, 3% d'abbés et de cardinaux, 1% de doyen, jésuite, moine et théologien. Le Jeune y figure donc en bonne compagnie. La noblesse n'y représente que la moitié des portraits du clergé, les professions libérales et les politiques encore moins.

 

Chronologie des portraits.

La « liste chronologique des pièces datées » dressée par Maxime Préaud peut être visualisée dans le graphique ci-dessus. Elles s'étalent sur toute sa carrière, depuis 1643 jusqu'à 1773. La période la plus active va de 1650 à 1664, avec une remontée au tournant des années 1670. Il n'y a qu'une seule oeuvre datée de 1665, le portrait de Paul Le Jeune, juste avant une absence de données pour les deux années subséquentes.

Ce deuxième graphique permet de superposer, à l'ensemble des oeuvres datées, les portraits (planches individuelles plus 6 dans des livres) : la majorité portent une date inscrite et quelques autres peuvent être datés. Pour certaines années, la colonne des portraits se rapproche ou équivaut à celle des oeuvres datées.

Étant donné la faible résolution ou qualité de plusieurs reproductions et afin de bien saisir les particularités des portraits, nous focaliserons sur les bustes et visages dont le rendu est souvent plus inégal que la partie décorative, parfois somptueuse, pouvant ainsi faire dévier la perception. Vous obtiendrez une image complète de la feuille gravée en cliquant sur cette image réduite.

Merci de votre collaboration à retrouver les reproductions manquantes...

Anonyme, Julien du Fos (1562-1616), Secrétaire d'Henri IV, 1646, Estampe, 269 x 365 mm, Versailles LP16.79.1. Préaud PRL, p. 46, n° 41, identifie le graveur par la traduction de la signature en grec : Pεvaτoς ό Λoχovlος Tότ εγραψε κ(αι) εγλυψε (René Lochon l’a dessiné et gravé).

1646 — Le portrait de Julien du Fos, au centre d'un arbre généalogie armorié, est daté du jour de l'an 1646, dans un style hiératique, schématique et rudimentaire. Les traces de pliages proviennent-elle de son inclusion dans un livre ?

René Lochon, Louis de Nogaret cardinal de La Valette duc d'Épernon (1593-1639), burin (estampe), 267 x 200 mm, Versailles LP29 bis.25.1. Préaud PRL, p. 102, n° 200, tiré de ce livre : Valdor (Jean), Les Triomphes de Louis le juste XIII. du nom, […] avec les portraits des rois, princes et généraux d’armées…, Paris, Antoine Estienne, 1649, pet. in-fol.

1649 — La Valette serait le seul portrait signé du livre de Valdor, en 1649, où René Lochon pourrait également être l’auteur de quelques autres.

René Lochon, Amador J.B. de Vignerod, abbé de Richelieu, papier burin, 411 x 330 mm, RMBA, Inv 794.1.5127. Préaud PRL, p. 62, n° 65, identifie le livre du cardinal de Richelieu illustré de son portrait : Traité qui contient la méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l’Église, Paris, 1651.

1651 vers — Cet abbé de Richelieu, adolescent, pointe le doigt vers le portrait de son parent le cardinal dans un livre. Il participe encore du style du graveur débutant dans son métier.

Traité de la peinture de Léonard de Vinci, donné au public et traduit de l’italien en français par R.[oland] F.[réart] S.[ieur] D.[e] C.[hambray], Paris, Jacques Langlois, 1651, in-fol.

1651 — Bien que ce portrait de Léonard soit signé par Lochon, les 101 dessins de Charles Errard pour ce livre y ont aussi été gravés par Georges Tournier ou autres.

Léonard de Vinci, Trattato della pittura di Lionardo da Vinci, novamente dato in luce, con la vita dell’istesso autore, scritta da Rafaelle du Fresne. Si sono giunti i tre libri della pittura, & il trattato della statua d Leon Battista Alberti, con la vita del medesimo, Paris, Jacques Langlois, 1651, in-fol.

1651 — Moins habile que celui de Léonard, ce portrait ne figure que dans l'édition italienne de cet ouvrage.

Bienheureux Jean de Montmirail, moine cistercien, seigneur, chevalier et connétable de France (Préaud PRL, p. 57, n° 57).

1653

René Lochon d'après Philippe de Champaigne, Portrait of Antoine Vallot, 1653, Engraving, 344 x 262 mm (trimmed), "Ph. Champaign Pinx.", "R. L. f. A.o 1653 et Restoraviit 1663 8.o Jan.i", and two lines text in Latin: "Magnanimos viden ut spirat Vallotius...", BM, O,5.126.

1653 — Le style de Lochon s'améliore graduellement, mais la représentation demeure figée dans ses portraits de Vallot, Du Lude et Chevreuse.

René Lochon, A Cardinal, Engraving, John Witt Randall, bequest to his sister Belinda Lull Randall gift 1892 to HAM R7601.

1653 vers — Ce visage, et celui de Vallot, utilise des tailles uniques, technique mise au point par Robert Nanteuil et Abraham Bosse, décrite dans le Traité de ce dernier paru en 1653, année où Préaud PRL (p. 46-47, n° 32), classe ce portrait de Du Lude (Gaspard de Daillon), d’après Juste d’Egmont.

René Lochon d'après Justus Van Egmont, Claude de Lorraine (1578-1657), duc de Chevreuse, 1654, Estampe, 356 x 273 mm, Versailles LP20.40.1.

1654

 

René Lochon, Jérôme Bignon (1589-1656), estampe burin, 330 x 260 mm (élt. d'impr.), R. Lochon ad vivum furtim delineavit, sculpsit et excu., BSG EST 87 RES (P.85). Préaud PRL, p. 39-40, n° 19, date cet état « vers 1655 » sur la base de la signature de la version de 1664.

1655 vers — Voir Bignon 1664 et comparaison des deux versions.

René Lochon, Antoine Guérapin Vauréal (?-1677) conseiller d'état, Estampe, 116 x 70 mm, Versailles LP31 bis.30.1.

1655 vers — Deux autres graveurs ayant utilisé la même mise en scène, en 1655, permettent de dater celle-ci de la même année (Préaud PRL, p. 49, n° 39, réf. à I.F.F. Lenfant n° 145 Séguier et n° 146 Servien).

René Lochon d'après la peinture de Blondeau, Simon Legras, aumônier de Louis XIII, évêque de Soissons (1589-1656), Estampe, 323 x 255 mm, Versailles LP32-87(1). Préaud, p. 52-53, n° 47, PCBD, 44. Simon Le Gras fut évêque de Soissons de 1624 jusqu’à sa mort en 1656, année où l’on peut dater la gravure de son portrait par Lochon.

1656 — Délicatesse dans le rendu du visage.

 

René Lochon, Louis-Nicolas Fouquet, fils de Nicolas Fouquet, (mort en 1659), 1656, Estampe, 230 x 165 mm, Versailles LP30-68(2).

1656 — Davantage d'émotion dans ce portrait d'enfant.

René Lochon, Jacques Albert (16..-....), burin, 334 x 265 mm (élt. d'impr.), R. Lochon ad vivum delineabat et sculpebat. 1657, BSG, EST 81-2 RES (P.16). Préaud PRL (p. 38, n° 16) l'identifie à Alibert (Jacques d’), Conseiller au Parlement de Metz.

1657 — Ses portraits sont de plus en plus sophistiqués, notamment celui-ci.

René Lochon, Claude Le Prestre (1611-1694) président de la cinquième chambre des enquêtes du parlement de Paris, burin (estampe), 309 x 201 mm, Versailles LP29 bis.12.1.

1657 — Amélioration notable de la représentation du visage.

René Lochon, Jacques Raoul de la Guibourgère (1589-1661) évêque de La Rochelle, 1657, burin (estampe), 341 x 252 mm, Versailles LP29.98.1.

1657 — Amélioration du modelé.

 

René Lochon d'après Philippe de Champaigne, François de Villemontée (1598-1670) chevalier, seigneur de Montaiguillon et de Villenaux, évêque de Saint-Malo, British Museum, O,5.168. Préaud PRL, p. 68, n° 77 donne un 2e état daté de 1657.

1657 — Le rendu du visage est magnifique.

Bourlon (Charles de), évêque de Soissons, conseiller ordinaire du roy en ses conseils d’états et privés, docteur en théologie de la maison de Sorbonne (Préaud PRL, p. 41, n° 22).

1657 — Voir 2e portrait en 1661.

René Lochon, François Marcou, Engraving, John Witt Randall, bequest to his sister
Belinda Lull Randall gift 1892 to HAM, R7603. Préaud PRL, p. 56, n° 54, le date vers 1657.

1657 vers — Plein de vivacité, mais pose inhabituelle : serait-il borgne ?

René Lochon, Louis Fouquet, évêque comte d'Agde en 1658 (1611-1702), chancelier de l'Ordre du Saint-Esprit, 8 Juillet 1659, burin (estampe) eau-forte, 327 x 248 mm, Versailles LP30.68.1.

1659 — Portrait bien réussi.

René Lochon, A Man, Engraving, John Witt Randall, bequest to his sister Belinda Lull Randall gift 1892 to HAM, R7602. Préaud PRL, p. p. 52, n° 45, l'identifie à Lamoignon (Guillaume de), d’après Robert Nanteuil, 12 août 1659.

1659 — Visage aux modelés durs, magnifique rendu des vêtements et cadre.

D'après Nicolas Loir, Harlay de Champvallon (François de) 1625-1695, abbé de Jumièges (1650), archevêque de Rouen (1651), chevalier du Saint-Esprit (1661), archevêque de Paris (1671), duc et pair (1674) (Préaud PRL, p. 49-50, n° 40).

1659

René Lochon d'après Justus Van Egmont (1601-1674), Henri-Jules de Bourbon, duc d'Enghien, puis prince de Condé, fils du Grand Condé (1643-1709), 1660, Estampe, 357 x 276 mm, Versailles LP32-8.

1660 — Modelé dur du visage.

René Lochon, Toussaint Rose (1611-1701), secrétaire "de la main" du Cabinet du Roi Louis XIV, Président de la Chambre des comptes, 1660, Estampe, 332 x 258 mm, Versailles LP31Bis-24. Préaud PRL, p. 44, n° 28, identifie ainsi son nom : Coye (Toussaint Rose, marquis de).

1660 — Portrait bien rendu malgré l'austérité du personnage.

René Lochon, Jacques II de Goyon de Matignon (1525-1598), 1660, burin (estampe) eau-forte, 280 x 300 mm, Versailles LP13.22 bis.1.

1660 — Modelé très dur du visage.

Saint-Brisson (Pierre Séguier, marquis de) Marquis et prévôt des marchands (Préaud PRL, p. 63, n° 67).

1660

René Lochon, Balthazar Phelypeaux de la Vrilliere Abbas, 1667, Engraving, 331 x 254 mm (image), AFGA 1963.30.29377. Préaud PRL, p. 52, n° 46, le date de « i66j » et identifie ainsi son nom : La Vrillière (Balthazar Phelypeaux de).

1661 — La qualité des reproductions ne permet pas toujours de bien juger de la gravure, mais les traits des personnages semblent s'adoucir et gagner en subtilité.

René Lochon d'après Wallerand Vaillant (1623-1677), Jacques Le Tillier, conseiller du roi, chef du trésor royal, receveur des consignations, 1661, Estampe, 345 x 268 mm, Versailles LP31.57.1.

1661

René Lochon, Robert Menteith, frontispiece to his 'Histoire des troubles de la Grande Bretagne', 1661, engraving paper, 280 x 200 mm, 'P. Mignard Pinx. Romæ 1656.' and 'R. Lochon sculpebat 1661.', and nine lines of Latin below beginning 'Hic est, quem legis, et stupes legendo ...' and signed 'Ægid. Menagius.', BM 1863,0214.539.

1661

René Lochon, d'après Philippe de Champaigne (1602-1674), HARDVINVS DE PEREFIXE DE BEAVMONT RVTHENENSIS EPISCOPVS, 1667, papier, burin, 32,2 x 25,2 cm, RMBA, Inv 794.1.5132, acquis en 1791, ancienne collection privée Robien Paul Christophe. Préaud PRL, p. 60, n° 62, relève 3 états, dont deux datés « i66j » et « 1664 », et 8 exemplaires de ce portrait de Péréfixe (Hardouin de Beaumont de) à la BNF.

1661

Lesseville (Eustache de), études à la Sorbonne, évêque de Coutances, aumônier ordinaire du roi Louis XIII, conseiller au parlement.

1661

Bourlon (Charles de), évêque de Soissons, conseiller ordinaire du roy en ses conseils d’états et privés, docteur en théologie de la maison de Sorbonne (Préaud PRL, p. 42, n° 23).

1661 — Voir 1er portrait en 1657.

René Lochon, Jacques Rapine de Sainte-Marie, conseiller du roi et des princes en 1660, 1663,
burin (estampe), 222 x 157 mm, Versailles LP31.62.2

1663

René Lochon, Louis Messier (1576-1664), prêtre, docteur en Sorbonne et curé de l'église Saint-Landry à Paris, 1663, burin (estampe) eau-forte, 329 x 253 mm, Versailles LP36.75.1. Préaud PRL, p. 57, n° 56, relève un état 1er état de 1662 et un 2e de 1663.

1663

René Lochon, Samuel Bochart (1599-1667), 1663, estampe burin, 240 x 168 mm, Samuel Bochartus Rhotomagensis anno aetatis sexagesimo quarto. R. Lochon faciebat 1663, BSG EST 88 RES (P.41).

1663

René Lochon, Louis Doni d'Attichy (1596?-1664), estampe burin, 330 x 254 mm, R. Lochon ad vivum delinea. et sculp. C.P., BSG EST 84 RES (P.9). Préaud, p. 45, n° 29, PCBD, 28. Evidemment très inspirée de l’estampe en sens inverse de Nanteuil en 1663 (Petitjean et Wickert n° 61).

1663

Préaud PRL, p. 64, n° 70, Sarrasin (Jean-François) écrivain, d’après Robert Nanteuil dans Les Œuvres de Monsieur Sarrasin, in-4°, Paris, (1656) édition de 1663 ?

1663

René Lochon, d'après François Simon dit le Petit François (1606-1671), Saint Vincent de Paul (1575-1660), 1664, 0,254 x 0,206 m, Versailles LP29-112. Préaud PRL, p. 69-70, donne trois versions : n° 79 d’après Pierre Van Schuppen non daté ; n° 00 d’après Simon François 1667 ; n° 80 attribution au crayon sur le bas de la feuille, Lochon 1664, qui correspond à celui illustré ci-dessus.

1664

René Lochon, Jérôme Bignon (1589-1656), 1664, estampe burin, 220 x 185 mm (élt. d'impr.), BSG EST 87 RES (P.83). Préaud PRL, p. 40, n° 20, transcrit cette signature « R. Lochon ad viuum deli. i655 et sculpebat i664 ».

1664 — Voir Bignon 1655 et comparaison des deux versions.

Réné Lochon (1636-1675), LE REVEREND PERE PAVL LE IEVNE DE LA COMPAGNIE DE IESVS, 1665, Gravure sur papier auparavant attachée à une autre feuille moderne, feuille 36,0 x 27,0 cm, image 27,4 cm x 22,2 cm, image plus texte 32,5 x 27,0 cm. Source : OBAC, No MIKAN, 2919673 ou pdf.

1665

René Lochon, d'après François Simon dit le Petit François (1606-1671), Saint Vincent de Paul (1575-1660), 1664, 0,254 x 0,206 m, Versailles LP29-112. Préaud PRL, p. 69-70, donne trois versions : n° 79 d’après Pierre Van Schuppen non daté ; n° 00 d’après Simon François 1667 ; n° 80 attribution au crayon sur le bas de la feuille, Lochon 1664, qui correspond à celui illustré ci-dessus.

1667

René Lochon, Charles Morel, chevalier de la Garenne, 1670, papier burin, 223 x 160 mm (gravure), 266 x 190 mm (feuille), Rennes, Musée des beaux-arts, Inv 794.1.5124.

1670

 

Morel (Claude) noble parisien seigneur de Bonrecueil etc. bachelier en théologie.

1670


Hervy (Anne) femme de Claude Hervy, née Rousselet.

Hervy (Claude) conseiller du Roi, Édile de la ville de Paris.

Hervy (Jean) conseiller du Roi, docteur en théologie, pasteur de St Jean.

Morel (Marie) pouse de Gilles Morel, née Depardieu.

1671

René Lochon, Madeleine Lvillier de Ste. Bevve | Institutrice des Religieuses Ur | sulines, et Fondatrice de leur premier Monastere | au faubourg St. Jaques de Paris Decedée le 28e d'Aoust 1630 | +1630 | Madeleine Luillier de Ste. Beuve | Anagramme | Unie a Dieu ell'est mere D'Abeille [1562-1630], fondatrice du couvent des Ursulines à Paris, 1673, gravure, 0,201 x 0,136 m, « R. Lochon [1673] », Versailles LP23.106.2. Préaud PRL, p. 63, n° 68, la date 1673 est ajoutée au 3e état.

1673 — Magnifique portrait.

René Lochon d'après Pierre Mignard (1612-1695), Aligre, Étienne III d' (1592-1677), 1673, Estampe burin, 330 x 260 mm (élt. d'impr.), Stephanus d'Aligre regiorum sigillorum custos. P. Mignard pinxit 1673. R. Lochon sculpebat August. 1673, BSG EST 82 RES (P.9).

1673 — Très bon portrait malgré le personnage représenté. Comparer avec l'épreuve de la BNF (N-2) : état de conservation, numérisation et fiches techniques.

 

Portraits non datés.

Plusieurs magnifiques portraits ne sont pas datés. La comparaison des modelés de leurs visages avec ceux qui sont datés peut toutefois permettre d'évaluer s'ils datent des débuts de sa carrière (modelés plus durs) ou de la période de sa maturité (plus grande finesse du visage conférant davantage de présence et de vivacité au modèle).

René Lochon, Portrait of a man, Print, 323 x 254 mm (image), AFGA 1963.30.32438. Préaud PRL, p. 43-44, n° 27, identifie ce portrait à Contes (Jean Baptiste de) Doyen de N.D. de Paris et vicaire général 1658 ; le 1er état de cette planche par René Lochon (image ci-dessus), a été modifié par I. Frosne (2e état), Lenfant (3e état) et Christo (5e état).

René Lochon d'après Sève, James Douglas, 2ème Duc de Queensberry et 1er duc de Douvres (1662-1711), noble écossais, burin (estampe), 330 x 255 mm, Versailles LP47.41.1.

René Lochon, Cardinal César d'Estrées, Engraving, John Witt Randall, bequest to his sister Belinda Lull Randall gift 1892 to HAM, R7605. Préaud PRL, p. 47, n° 33, identifie ce portrait à Estrées (César d’), évêque de Laon, d’après Nicolas Bellot.

René Lochon d'après Gilbert de Seve (dit) l'Aîné (1615-1698), Jérôme Grimaldi-Cavalleroni (1595-1685), archevêque d'Aix-en-Provence en 1648, nonce apostolique, Estampe, 325 x 252 mm, Versailles LP32.79.1.

René Lochon, Jacques Mentel (?-1670) médecin à Château Thierry, burin (estampe), 221 x 163 mm, Versailles LP29 bis.62.1.

 

René Lochon, Gertrude More (née Helen More) (1606-1633) bénédictine anglaise, fondatrice de l'abbaye de Stanbrook, burin (estampe) eau-forte, 128 x 075 mm, Versailles LP36.102.6.

René Lochon after Audran who engraved after Anthony van Dyck, Peter Paul Rubens, 1650 (c.), Engraving, 162 x 121 mm, Lettered on the left of the empty scroll with monogram "RL" (in reverse), BM R,4.90. Préaud PRL, p. 62, n° 66, ne date pas ce portrait.

René Lochon after Berchet, Portrait of a Bishop, Engraving, 33.7 x 28.4 cm (image), AFGA 1963.30.29374.

Préaud PRL, p. 64-65, n° 71, identifie ce portrait à Dominique Séguier, Évêque d’Auxerre de 1632 à 1637, puis de Meaux jusqu’à sa mort le 16 mai 1659, relevant un 2e état modifié après son décès.

René Lochon, Portrait of a Bishop, 1657, Engraving, 32,6 x 25,3 mm (image), AFGA 1963.30.29379.

Préaud PRL, p. 65, n° 72, ne date pas ce portrait qu'il identifie à Denis Talon (1628-1698) avocat du roi au Châtelet (1648), avocat général au Parlement de Paris et Conseiller d’État (1652), procureur général au procès de Fouquet (1651).

René Lochon, Jacques August de Thou Conseillier en ses Conseils d'Estat et Privé Président au Parlement de Paris, BM, 1862,0208.212.

Préaud PRL, p. 65-66, n° 73, portrait d’après Daniel Dumonstier. Jacques-Auguste de Thou (1553-1617) a écrit une histoire de son temps. Ce portrait a peut-être servi à une réédition de son ouvrage.

René Lochon, Michel Odieuvre éditeur, Titien, burin (estampe) eau-forte, 173 x 123 mm, Versailles LP12.100.2.

Préaud PRL, p. 66-67, n° 75, identifie ce portrait à Vecelli (Tiziano).

René Lochon, Félix Vialart de Herse, Bishop and Count of Châlons sur Marne, Engraving, HAM, R7604. Préaud PRL, p. 67, n° 76, l'identifie à Vialart (Félix), évêque et comte de Châlons.

René Lochon, Verdelot, marquis de Villiers-Saint-Georges, 1650, burin (estampe), 332 x 260 mm, Versailles LP29.78.1.

Préaud PRL, p. 79, n° 78, ne date pas ce portrait qu'il identifie à Villiers (Gaspard de Verdelot, marquis de).

Anne de Jésus.

Baroni (Pierre).

Charles Borromée (Saint).

Del Sarto (Andrea).

Françoise de Saint Joseph.

Grillet [Adam Billaut].

Holbein (Hans).

Longueville (Henri II).

Louis XIII équestre.

Retz (Jean François Paul de Gondi Cardinal de).

Vincent de Paul (Saint).

 

Certains portraits ont la particularité d'avoir été réimprimés beaucoup plus tard, au XVIIIe siècle (n° 44, 66, 75, ainsi que 00. Del Sarto (Andrea), avec références à Pelletier 1994, p. 73, et Le Blanc 1854, p. 24). Ceux des peintres Vecelli (Tiziano), Holbein (Hans) et Rubens (Pierre Paul), de même format et même présentation, sont annoncés dans le Mercure de France de juillet 1738 : « une nouvelle suite de portraits d’hommes illustres, au nombre de 34, chez Odieuvre, Marchand d’estampes, quai de l’Ecole, vis à vis la Samaritaine ». Ils sont ensuite repris dans le maître ouvrage d'Odieuvre, L'Europe illustre, une suite de 600 portraits de personnages célèbres, accompagnée de textes par Dreux du Radier (Dreux 1755-1765). Michel Odieuvre (1687-1756), d’abord tailleur, ensuite peintre, était un marchand de tableaux et de gravures.

Le portrait de Le Jeune dans la CStM aurait-il pu être imprimé au XVIIIe siècle ?

 

Portrait du cardinal de Richelieu dans son livre « Traitté de la perfection dv chrestien ».

« 198. Titre-frontispice pour : Richelieu (Armand-Jean Du Plessis, cardinal de), Traité de la perfection du Chrétien, Paris, Antoine Vitré.

Le cardinal de Richelieu, d’après Claude Mellan ; agenouillé de profil à g., il présente un livre ouvert à la Vierge et à l’enfant au visage auréolé et apparaissant dans des nuées au milieu de chérubins. Sur la page de dr. du livre : De Perfectio / ne Chris= / tiani / Cardin. / Richelij. Dans la m. inf., à g. : R (à l’envers et collé au L de Lochon) Lochon fe. et à dr. : J. Henault ex. 124 x 78 au c. de pl.

Ed 17, p. 86, anc. coll. Marolles PCBD, 63.

Voir I.F.F. Mellan n 346. Titre-front, pour : Richelieu (Armand-Jean Du Plessis, cardinal de), Traité de la perfection du Chrétien…, Paris, Antoine Vitré, s.d., in 4°. (un état daté de 1647).

La gr. de Lochon est gravée d’après Mellan avec quelques différences : la Vierge n’a plus le voile sur la tête, l’enfant est vu de face, non plus de profil ; il n’y a que quatre chérubins au lieu d’une multitude ; à noter en bas à g. le nuage gravé en spirale à la manière de Mellan.

Nous n’avons pas retrouvé au département des imprimés de la Bibliothèque nationale une édition de ce livre qui aurait eu une illustration gravée par René Lochon [Préaud PRL, p. 101]. »

Le Traitté de la perfection dv chrestien, par l'eminentissime cardinal dvc de Richeliev, a connu de nombreuses éditions répertoriées aussi sous la graphie moderne Traité de la perfection du chrétien. Afin de déterminer si la planche signée par René Lochon, telle que décrite par Maxime Préaud, figure dans les éditions publiées chez Vitré, il importe d'en reconstituer l'historiographie : la plupart des catalogues ne donnent pas la date de publication, pas toujours le numéro de l'édition, et les données bibliographiques sommaires ne sont pas toujours fiables, prenant souvent pour acquis que le livre date de 1646, sans plus de vérifications autres que cette date d'obtention du privilège du roi, sans compter les contrefaçons habituellement in-8 ou in-12 avec des paginations très variables, alors que les éditions authentiques d'Antoine Vitré sont soit in-4 (Richelieu TPC1 et TPC2) ou in-12 (Richelieu TPC3à8) avec des paginations régulières dans les différents exemplaires !

 Date 
 Éditeur 
Édition
 Format 
 Pages 
 Voir... 
1646
Vitré
1e
in-4
414
TPC1
1647
Vitré
2e
in-4
488
TPC2
1648
?
Contrefaçon
in-8
683
1650
 Vitrey 
Contrefaçon
in-12
552
1651
Hénault
en latin
in-12
466
TPC.1651
1651
Smith
Contrefaçon 3e
in-8
414
?
?
Contrefaçon 3e
in-12
512
?
Vitré
3e
in-12
447
?
Vitré
4e
in-12
447
?
Vitré
5e
in-12
447
?
Vitré
6e
in-12
447
?
Vitré
7e
in-12
447
1662
Vitré
8e
in-12
447
1667
Maurry
nouvelle
in-12
444
1671
Maurry
nouvelle
in-12
 432/436 

Tableau schématique de 15 éditions de Richelieu TPC au XVIIe siècle.

TPC = [Richelieu (cardinal de),] Traitté de la perfection dv chrestien...
TPC-c.Date.Lieu = Contrefaçon.
TPC-cN°.Lieu = Contrefaçon sans date avec prétendu numéro d’édition.

TPC.Date.Lieu = Exemplaire daté et légal non publié par Vitré.
TPC.Lieu = Identification imprécise.
TPC0.Lieu = Gravure de Mellan pour les éditions de Vitré.
TPC1à8.Lieu = Éditions par Vitré (la plupart sans dates).

La bibliographie répertorie plusieurs dizaines d'exemplaires sous Richelieu TPC.

« APPROBATION [...] Fait en Sorbonne ce 26. May 1646. C. Morel. Le Moyne. A. Levesqve. M. Grandin [Richelieu TPC1.Ly, non paginé, section Privilege dv Roy, et dans plusieurs autres éditions]. »

« Privilège accordé par le roi à la duchesse d'Aiguillon, pour faire imprimer et vendre le Traité de la perfection du chrétien et autres écrits posthumes du cardinal de Richelieu, son oncle (Paris, 2 juin 1646) ; à la suite, cession et transport de ce privilège par la duchesse d'Aiguillon à Antoine Vitré, imprimeur du roi et du clergé de France, pour l'impression et la vente du Traité de la perfection du chrétien (Paris, 9 juin 1646) ; id., pour « le livre des controverses » (Rueil, 14 octobre 1648 ; cet acte et le précédent signés Marie de Vignerod ;) [Archives municipales et communautaires de Reims. Reims, Marne, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Départements. — Tome XXXIX bis. Reims. Collection Tarbé, Carton XIV. No 22. Source ou pdf.] »

« PRIVILEGE DV ROY. [...] pendant l'espace de vingt ans [...] le 2. iour Iuin, l'an de grace 1646 [...] Et Madame la Duchesse d'Aiguillon, a cédé & transporté son Priuilege pour raison du Livre de la Perfection du Chrestien, a Antoine Vitré, Imprimeur ordinaire du Roy, de la Reyne Regente, Mere de sa Majesté, & du Clergé de France, pour en jouir par luy durant ledit temps, selon qu'il est plus amplement porté par ledit transport, du neufiesme jour de Iuin 1646 [Richelieu TPC1.Ly, non paginé, section Privilege dv Roy, et dans plusieurs autres éditions]. »

« PRIVILÈGE ACCORDÉ PAR LE ROI A Mme D'AIGUILLON LE 2 JUIN 1646. V. p. 354, Ch. XIII. Notre très-chère et bien-aimée cousine la duchesse d'Aiguillon, nous ayant fait remontrer qu'après le décès de feu notre très-cher et très-aimé cousin le cardinal duc de Richelieu son oncle [Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642)], il se serait trouvé dans son cabinet un excellent traité de la Perfection du Chrétien, avec plusieurs autres livres sur divers sujets de piété et autres matières importantes par lui composés, lesquels ayant été lus avec admiration par des personnes doctes et de rare esprit, ils les ont estimés très-dignes de l'incomparable génie de l'auteur, et d'être communiqués au public pour l'utilité indubitable qui en doit revenir à nos sujets... A ces causes, nous lui permettons faire imprimer lesdits livres [Bonneau-Avenant 1879, p. 486-487]. »

Jean Morin (vers 1605-1650), d'après Philippe de Champaigne (1602-1674), Antoine de Vitré (ou Vitray) (mort en 1674), imprimeur du Roi, estampe, H. 319 mm, L. 216 mm, Versailles LP32-114.

Deux rééditions récentes, publiées la même année, se présentent très différemment. Richelieu 2002.Arnoux ne contient aucun appareil de critique scientifique : pas de bibliographie, ni notes, ni références aux manuscrits originaux et leurs frontispices gravés, ni protocoles de transcriptions. Plus universitaire, Richelieu 2002.Morgain (reproduction de la couverture à droite) contient un appareil critique élaboré. La très savante analyse de Stéphane-Marie Morgain, professeur à l'Institut catholique de Toulouse, n'apporte cependant, du fait qu'elle soit purement théologique, aucun élément pouvant être retenu pour l'étude du frontispice gravé qui n'y est ni évoqué ni reproduit. À moins de relever les références à la Vierge (index p. 483) afin de les mettre en rapport avec l'iconographie élaborée par le graveur Claude Mellan (voir la prochaine section ci-dessous) ? Outre la très politique dédicace à la Vierge, puisque le royaume de France venait tout juste de lui être consacré par Louis XIII en 1638 (p. 95, note 1) à l'occasion de la naissance de Louis XIV, Richelieu n'en parle que très peu (p. 89) ! Retenons quelques éléments tirés de la « Présentation [p. 7-34] » signée par Françoise Hildesheimer, conservateur en chef aux Archives nationales et professeur associé à l'Université de Paris I. Se basant sur l'avant-propos, mis en relation avec la biographie de son auteur, elle situe la rédaction en 1636-1639 et la publication posthume en 1646 (p. 9, alors que Morgain donne « 1647 » à la p. 35). Sa présentation des procédés du cardinal, qui s'appuyait sur les travaux d'une équipe de plusieurs collaborateurs et rédacteurs fidèles, est très éclairante (p. 14-15). Nos recherches bibliographiques ont cependant été plus exhaustives (voir ci-dessus le Tableau schématique de 15 éditions de Richelieu TPC au XVIIe siècle) que les siennes, puisque Hildesheimer ne recense que « 9 éditions de 1647 à 1667 (six à Paris de 1647 à 1662, celle de 1667 est rouennaise). Traduction-adaptation latine (par Gorgeü, Paris 1651), avec un Index authorum omnium [p. 19]. » Ni la bibliographie (p. 90), ni les principes d'édition (p. 93), ne donnent référence aux exemplaires originaux consutés et utilisés ou leurs variantes ; le nom de l'éditeur Antoine Vitré n'est pas mentionné (absent de l'index des noms de personnes, p. 483), ni les 4 contrefaçons identifiées ici sous TPC-c.

 


Mellan planche frontispice préliminaire aux 1e et 2e éditions in-4 —

Claude Mellan (French, Abbeville 1598–1688 Paris), Claude Mellan Self Portrait (detail), 1635, Engraving first state of two, sheet 9 x 6 1/4 in. (22.8 x 15.9 cm), plate 8 11/16 x 6 in. (22.1 x 15.3 cm), "CLAVDIVS MELLAN NATIONE / GALLVS PICTOR ET INCISOR / Romae superiorum pm. 1.6.3.5.", Montaiglon p. 363 i/ii, BN XVII.119.172 i/ii, New York, Metropolitan Museum of Art, Harris Brisbane Dick Fund 1917, 17.3.1094.

Dans cette épreuve de la gravure en taille-douce de Claude Mellan (autoportrait ci-dessus à gauche) pour le frontispice de cet ouvrage (Richelieu TPC0.Poi.127000 reproduit ci-dessus à droite), la planche ne présente pas encore l'identification à l'éditeur Antoine Vitré, ni la date de publication, ni le titre dans le livre tenu par le cardinal.

Cette planche, qui illustre les deux premières éditions luxueuses in-4°, n'est pas datée dans certains exemplaires de la 1e édition, mais de 1646 dans d'autres (Richelieu TPC1) ; dans la 2e édition elle est datée de 1647.

« Selon Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIe siècle, 17, Claude Mellan (Bibliothèque nationale, Département des estampes, fig. 346, p. 203), la gravure semble correspondre au 2ème état. Elle n’est pas datée, le faux-titre n’est pas mentionné. En bas à gauche "C Mellan in et s." [collaboration de Florent Palluault et Emilie Chamouleau]. »

Ci-dessous, deux autres épreuves similaires.

Abbeville, musée Boucher de Perthes, cliché 11-549937.

BNF, collection Hennin, tome 35, pièce 3180.


Vitré 1e édition in-4 de 1646. —

Richelieu TPC1.Ly. Voir aussi cet autre exemplaire numérisé Richelieu TPC1.BL. Ainsi que d'autres références à cette 1e édition sous Richelieu TPC1.

Pourrait-on identifier cet exemplaire (Richelieu TPC1.Ly), reproduit ci-dessus, comme étant la première édition ?

« C’est en effet une première édition, in-quarto, luxueuse. Si on se fie à la version numérisée de l’exemplaire de la British Library [Richelieu TPC1.BL], rien ne manque, ni dans les signatures, ni dans les réclames, ni dans les bandeaux et lettrines des feuillets liminaires et du texte, pourtant très particuliers. La seule différence réside dans la place de la table des chapitres, qui, dans l’exemplaire lyonnais, a été reliée à la fin là où dans l’exemplaire londonien, il a été relié juste après l’avant-propos [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

La page titre ne porte pas de numéro d'édition, ce qui est habituellement le cas pour la première ! Elle daterait vraisemblablement de 1646, après l'obtention du privilège de publication en juin. La reliure aux armes de Louis XIV et l'inscription manucrite « ex dono gubernatoris regis 1646 », sur la page titre, corrobore qu'il s'agit de la première édition. Le frontispice se présente tel que décrit par Préaud, ci-dessus, avec la signature de Claude Mellan : « C Mellan in et s ». Le titre du livre tenu par le cardinal se répartit sur quatre lignes et aucun mot n'est scindé : « La | perfection | dv | chrestien | ». L'éditeur est identifié sous l'image, sur une seule ligne, mais sans date de publication : « A Paris, Chez Antoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé. » La majorité des fiches bibliographiques donnent 414 p. à cette 1e édition (Richelieu TPC1).

Les frontispisces de deux premières éditions numérisées en ligne ne portent pas de date gravée (Richelieu TPC1.Ly reproduit ci-dessus ; voir aussi Richelieu TPC1.BL), tout comme cet autre exemplaire (Richelieu TPC1.PU).

D'autres frontispices de cette première édition sont décrits comme portant la date gravée de 1646 (Richelieu TPC1.PS52 - TPC1.PS69 - TPC1.PS76), tel celui de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (collaboration de Nathalie Rollet-Bricklin pour les reproductions à droite et ci-dessous).

L'adresse y est imprimée très pâle comme par une plaque incisée superficiellement ou usée. La date de 1646 est plus foncée car elle a été surchargée pour la rendre plus lisible (on distingue bien l'impression plus pâle sous cet ajout) : s'agit-il d'une retouche effectuée sur la plaque de gravure ou d'une addition manuscrite ?

Richelieu TPC1.BSG.

Richelieu TPC1.BSG.

Richelieu TPC1.BSG.

La fiche technique de l'estampe conservée au Musée des beaux-arts de Nancy, également datée de 1646, fournit plusieurs informations techniques détaillées.

« 6 états répertoriés : - 1er état : avant toute lettre. - 2e état : signature de Claude Mellan. - 3e état : signature de Claude Mellan ; titre sur la page de droite. - 4e état : signature de Claude Mellan ; titre sur la page de droite ; adresse d'Antoine Vitré - 5e état : l'état décrit [signature de Claude Mellan ; titre sur la page de droite ; adresse d'Antoine Vitré suivie d'une date : 1646]. - 6e état : signature de Claude Mellan ; titre sur la page de droite ; adresse d'Antoine Vitré suivie d'une autre date : 1647. »

Claude MELLAN (dessinateur graveur, Abbeville 1598, Paris 1688), Antoine VITRE (imprimeur libraire, 1590, Paris 1674), Titre-frontispice, Richelieu présentant son livre à la Vierge et l'Enfant, 1646, estampe 5e état, papier, taille-douce, H. à la cuvette 222 mm ; L. à la cuvette 162 mm ; H. du montage 500 mm, L. du montage 325 mm, Au centre, sur le livre ouvert tenu par Richelieu, le titre : LA / PERFECTION / DV / CHRESTIEN. En bas, à gauche : CMellan in et s. ; lettre, dans la marge inférieure : A Paris, chez Antoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé, 1646, Nancy, musée des beaux-arts, TH.99.15.2089.

Bibliographie: Montaiglon (Anatole de), Catalogue raisonné de l'oeuvre de Claude Mellan..., Abbeville, Briez, 1856 (M. 311) ; Préaud (Maxime), Inventaire du fonds français. Graveurs du XVIIe siècle, t.XVII [Claude Mellan], Paris, Bibliothèque nationale, 1988 (IFF 346) ; Herman Sandrine, Estampes françaises du XVIIe siècle. Une donation au musée des beaux-arts de Nancy, Editions du CTHS, Paris, 2008 (n° 1488, p. 433).


Vitré 2e édition in-4 de 1647. —

Richelieu TPC2.LyF34.

La page titre d'un autre exemplaire (Richelieu TPC2.LyF34) l'identifie clairement à la 2e édition. Le frontispice reproduit ci-dessus , également signé par Claude Mellan, présente l'éditeur sous l'illustration, sur une seule ligne, et porte une date de publication dont le dernier chiffre est malheureusement déchiré.

« Il s’agit bien d’un format in-4°. Le chiffre en bas à droite du frontispice n’est pas déchiré. C’est Google qui "repasse" sur la numérisation pour effacer les doigts des opérateurs qui tournent la page ou la maintiennent. Sur le document original, on peut lire 1647 sur le frontispice sans aucun problème. De même, le privilège du roi contient le petit texte qui débute "Et Madame la Duchesse d’Aiguillon, a cedé & transporté son Pri-/vilege pour raison…". On peut donc affirmer qu’il s’agit bien d’une seconde édition [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

Cette date de 1647 est corroborée par un des états décrits par Préaud ci-dessus et par d'autres exemplaires qui spécifient que cette 2e édition est publiée en 1647 et qu'elle contient un frontispice gravé par Claude Mellan (Richelieu TPC2). Celui du Collège Brébeuf de Montréal (Richelieu TPC2.MCB) le confirme par les images ci-dessous. La majorité des fiches bibliographiques donnent 488 p. à cette 2e édition (Richelieu TPC2).


Richelieu TPC2.LyF35.

Un autre exemplaire, reproduit ci-dessus et à droite (Richelieu TPC2.LyF35), sans page titre ni numéro d'édition ni nom d'éditeur, contient toutefois le privilège du roi transmis à Antoine Vitré par la duchesse d'Aiguillon. Étant donné que le frontispice montre le cardinal y portant un livre au titre toujours libellé de la même manière que ci-dessus, il s'agit alors de la 1e ou 2e édition qui sont les deux seules publiées in-4° telle que celle-ci (voir Éditions numérisées consultées). Le nombre de pages, 488, permet de conclure qu'il s'agit d'une 2e édition.

L'image est une version plus resserrée et compacte que celles signées par Claude Mellan et ne porte pas le nom de Vitré. Tout comme les autres pages de cet exemplaire, ce frontispice semble avoir été rogné, peut-être pour sauver le livre en retranchant des parties abîmées !? Heureusement qu'il a été conservé, car les gravures y sont d'une magnifique qualité.

« Notre exemplaire est fortement massicoté/rogné, du fait d’une reliure de la fin du XIXe siècle, voire début XXe siècle, luxueuse, mais un peu serrée. Il est relativement petit, mais c’est bien un in-4°, sans aucun doute. Par ailleurs, elle fait bien 488 pages. Il manque en effet la page de titre et il manque, du fait d’un massicotage très serré, le texte gravé sous le frontispice et la signature de Melan. Il manque aussi la table des chapitres. En revanche, en comparant avec le Richelieu TPC2.LyF34, on peut affirmer qu’il s’agit de la seconde édition : le format, le nombre de page, les signatures des premiers cahiers, la taille des bandeaux, tout correspond [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

Richelieu TPC2.LyF35.


Contrefaçon in-8 en 1648. Le titre du livre tenu par le cardinal se présente toujours de la même manière sur un fronstispice publié en 1648, une contrefaçon (Richelieu TPC-c.1648.LyF reproduit à droite), sans nom d'éditeur, ni numéro d'édition, dont la gravure, non signée, est beaucoup moins habile, identifiant l'auteur, en capitales, sur la ligne en-dessous de l'image. Les autres éléments gravés y sont également très différents (plus rudimentaires) que dans les éditions identifiées à Antoine Vitré. On n'y fait, d'ailleurs, aucune mention du privilège du roi lui ayant été transféré par la duchesse d'Aiguillon ! Un autre exemplaire, sans nom d'éditeur, contient 683 p. comme le précédent (Richelieu TPC-c.1648.LUC).

« L’ouvrage est daté de 1648 en effet à la 683e page. Il fait aussi 683 pages comme celui de l’université catholique de Lyon [Richelieu TPC-c.1648.LUC]. C’est un format in-8 (cahiers de 8 feuillets et pontuseaux verticaux). L’ouvrage a en effet tout d’une contrefaçon. Papier de médiocre qualité, pas de bandeaux ni de lettrines, mais seulement des ornements typographiques agencés et des capitales ornées. Absence de privilège [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

Richelieu TPC-c.1648.LyF.


Contrefaçon in-12 en 1650. Un autre exemplaire, publié en 1650 sans frontispice, est également candidat à être une contrefaçon (Richelieu TPC-c.1650.Poi.1771 page titre reproduite à droite).

« L’ouvrage contient bien 552 p. La page de titre donne "A Paris, Chez Antoine Vitrey M. DC. L.". Aucun privilège du roi n’est mentionné, ni aucune mention d’édition, seul un cachet "jouxte la copie imprimé" est visible sous le titre. Au verso, se trouve une marque typographique qui ressemble fortement à celle de Vitré (même devise et iconographie voisine : Hercule triomphant de l’Hydre). L’ouvrage ne contient pas de frontispice gravé [collaboration de Florent Palluault et Emilie Chamouleau]. »

Ces éléments réunis convergent vers son identification en tant que contrefaçon.

  • Cachet, tampon ou estampille « jouxte la copie imprimé » (reproduction ci-dessous).
  • Nom de l'éditeur orthographié « Vitrey » au lieu de Vitré (reproduction à droite).
  • Absence de frontispice gravé.
  • Absence de privilège.
  • Marque typographique différente de celle de Vitré (reproduction ci-dessous).

Richelieu TPC-c.1650.Poi.1771.

Furetière 1690 (tome 2, p. 386).

Un cachet, tampon ou estampille, marqué « jouxte la copie imprimé » (ci-dessus à gauche), a été apposé sur la page titre de Richelieu TPC-c.1650.Poi.1771. Furetière 1690 (tome 2, p. 386, ci-dessus à droite) définit ainsi cette expression : « En termes d'Imprimerie, on dit jouxte la copie imprimée en tel lieu, pour dire, ſur un autre exemplaire imprimé : ce qui ſe met le plus ſouvent aux livres contrefaits ou de contrebande. »

Marque de Claude Plaignard, Au Grand Hercule, Les règles du droit civil... / Jean-Baptiste Dantoine. - Lyon : Claude Plaignard, 1725 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, M 7301)
Devise : Virtus non territa monstris (« Le courage n'a pas été effrayé par les monstres »). Source.

La marque typographique sur Richelieu TPC-c.1650.Poi.1771 (ci-dessus à gauche)
se rapproche davantage de celle de Claude Plaignard (ci-dessus à droite)
que de celle d'Antoine Vitré (ci-dessous).

« La marque de Vitré (reprise de celle de Jacques Duclou) montre un Hercule terrassant l’hydre de Lerne, un boeuf… » Source qui n'identifie pas le livre d'où provient cette marque typographique d'Antoine Vitré.

Marque d'Antoine Vitré, Collectio quorumdam gravium authorum, qui … Sacrae Scripturae ... in vulgarem linguam translationes damnarunt... - Paris : Antoine Vitré, 1661 (Poitiers, Bibliothèque universitaire, Fonds ancien, FAM 22). Devise : Virtus non territa monstris (« Le courage n'a pas été effrayé par les monstres »). Source.


Contrefaçon in-8 en 1651. — Il se fabriquait même des contrefaçons avec une pseudo provenance de l'extérieur du pays, telle cette prétendue « troisiesmes edition » chez un certain Raphael Smith dans l'hypothétique ville d' « Amsteldam [sic] » en 1651, qui ne contient pas de frontispice (Richelieu TPC-c.1651.Poi.958 page titre reproduite à droite) et qui n'était certainement pas destinée au marché néerlandophone !

« Mangeant, Éléazar (16..-168.? ; imprimeur-libraire). Période d'activité : 1648-1682. Fils et successeur de l'imprimeur-libraire de Caen Jacques Mangeant. A également publié des contrefaçons d'éditions théâtrales sous les fausses adresses :

  • "Amsteldam [sic], chez Raphael Smith",
  • "Anvers, chez Raphael Semich",
  • "Anvers, chez Guillaume Colles" et
  • "Anvers, chez Nicolas Raliot".

Encore en activité en 1682, il n'est plus attesté lors de l'enquête de 1700-1701. Adresse : Caen : 1648-1682. - Rue Saint-Jean, au parc Le Roy, proche (ou : sur) le pont Saint-Pierre. - Sur la porte de Saint-Julien. Source(s) : Lepreux, Normandie . - Goldsmith, STC French books . - Rép. 17 s. [BNF, Mangant, Éléazar] ».

Cette contrefaçon est in-8, le même format qu'une autre contrefaçon (Richelieu TPC-c.1648.LyF étudiée ci-dessus) et que celui d'un autre exemplaire (TPC.Metz) qu'il faudrait examiner plus attentivement afin de déterminer s'il partage ce statut !? À noter que les éditions authentiques d'Antoine Vitré sont soit in-4 (Richelieu TPC1 et TPC2) ou in-12 (Richelieu TPC3à8) !

Richelieu TPC-c.1651.Poi.958.


Contrefaçon in-12 « troisiesme edition » non datée. La graphie « troisiesme edition », utilisée dans cet autre exemplaire (Richelieu TPC-c3.Ly), est identique à celle d'Éléazar Mangeant dans sa contrefaçon signée « A AMSTELDAM, CHEZ RAPHAEL SMITH » datée de 1651 (Richelieu TPC-c.1651.Poi.958 étudiée ci-dessus). Il s'agit probablement d'une autre contrefaçon dans laquelle on ne trouve ni frontispice ni privilège.

« Le livre, indiqué troisiesme edition [Richelieu TPC-c3.Ly] n’est nullement semblable à l’exemplaire Richelieu TPC3.LyF. C’est un in-12, cahier de 12 feuillets, pontuseaux horizontaux. 512 pages au lieu des 447. Pas de frontispice ni de privilège. Pas de bandeaux ni de cul de lampes, mais des ornements typographiques. Les chapitres se succèdent sans "saut de page" au contraire des éditions de Vitré. Il est donc en effet probable qu’il s’agisse là encore d’une contrefaçon [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

À noter, cependant, que l'édition authentique de Vitré utilise également la même graphie « troisiesme edition [Richelieu TPC3.LyF, détail de la p. titre reproduit à gauche] ».

Richelieu TPC-c3.Ly (détail).

Richelieu TPC-c3.Ly (détail).


Vitré éditions 3 à 8 in-12 de 1648 à 1662. —

Les multiples contrefaçons (Richelieu TPC-c) semblent répondre à un besoin d'un format moins onéreux que le in-4° ! Ils mettent certainement de la pression sur le tenant du privilège du roi entre 1648 et 1651, et c'est probablement ce qui a amené Vitré à publier, lui aussi, un format plus petit à compter de la 3e édition, habituellement noté in-12, avec 447 p., dans les catalogues des bibliothèques (Richelieu TPC3à8 et Éditions numérisées consultées).

Planche préliminaire pour les éditions in-4 •TPC1 et •TPC2. BNF, collection Hennin, tome 35, pièce 3180.

Planche préliminaire pour les éditions in-12 TPC3à8. BNF, collection Hennin, 3179.

La planche frontiscipe des •TPC1 et •TPC2, in-4 (planche préliminaire ci-dessus à gauche), a été refaite afin de s'adapter au format plus étroit in-12 (planche préliminaire ci-dessus à droite), ce qui a entraîné plusieurs modifications subtiles dans les quatre parties de la représentation : anges, Vierge, Richelieu, nuage. La planche in-4 est signée par Claude Mellan. Même si celle in-12 ne l'est pas, la BNF la donne au même graveur dans cette épreuve qui ne porte pas encore le nom de Vitré au bas de l'image.

Richelieu TPC3.TIC.351 : page titre, frontispice et dernière page de l'avant-propos qui commence par « à ce qu'on... ». Collaboration de Laura Monneau. Photographie : Bibliothèque de l’Institut catholique – Toulouse.

Richelieu TPC2.LyF34 : dernière page de l'avant-propos qui commence par « liſant... » avec un cul-de-lampe très différent.

L'exemplaire de Richelieu TPC3.TIC.351 est une curiosité bibliographique (reproductions ci-dessus à gauche) dont un autre exemplaire disparu aurait pu partager les particularités (Richelieu TPC.BSG). Par son format in-12 (« cahiers en 12 feuillets avec pontuseaux horizontaux et filigranes en extérieur vers la gouttière [collaboration de Laura Monneau] »), ses 447 pages, son frontispice où le titre du livre tenu par le cardinal s'insrit sur 5 lignes avec deux césures et le nom de l'éditeur sur 2 lignes, il s'agit d'un TPC3à8. La page titre, le désignant comme « seconde édition », serait-elle le fruit d'une erreur d'assemblage à l'imprimerie ou proviendrait-elle d'une autre raison ? Chose certaine, il ne peut s'agir d'un •TPC2 car tous les exemplaires connus sont in-4, font 488 pages, avec un frontispice qui présente le titre du livre tenu par le cardinal sur 4 lignes sans césures et le nom de l'éditeur sur une seule ligne. La dernière page de l'avant-propos de cet exemplaire, très différente de celle de la 2e édition (reproduction ci-dessus à droite), indique qu'il s'agit d'une « troisiesme edition » d'après les éléments de différenciation mis en place ci-dessous pour les TPC3à8.

troisiesme
qvatriesme
cinqviesme
sixiesme
septiesme
hvictiesme

Les pages titres (ou faux titres selon la terminologie des bibliothécaires) des éditions 3 à 8, si elles ne sont pas manquantes, donnent le numéro de l'édition. Seule la 8e édition porte une date, celle de 1662. La 1e édition date de 1646, la 2e de 1647 et la 8e de 1662 ; les autres, de 3 à 7, ont donc été publiées entre 1648 et 1661.

troisiesme
qvatriesme
cinqviesme
sixiesme
septiesme
hvictiesme

Les frontispices des éditions 3 à 8 sont identiques et partagent ces caractéristiques :

• aucune signature du graveur ;

• le livre tenu par le cardinal présente un titre sur 5 lignes avec césures sur deux mots « La | perfec= | tion dv | chres= | tien » ;

• le nom de l'éditeur, au bas de l'image, s'y répartit sur deux lignes « A Paris, Chez Anthoine Vitré, | Imprimeur du Roy et du Clergé »,

• mais sans date à la fin.

Richelieu TPC5.Poi.2491.

Clé d'identification : premiers mots de la dernière page de l'AVANT-PROPOS.

Étant donné que les pages frontispices des éditions 3 à 8 sont identiques et ne fournissent pas la date de l'édition, il est donc nécessaire d'avoir recours à une autre clé d'identification en cas d'absence de la page titre sur laquelle le numéro de l'édition est inscrit. Cette clé d'identification est constituée des premiers mots de la dernière page de l'avant-propos qui varient d'une édition à l'autre tel que répertorié ci-dessous (voir aussi Variantes), sauf pour les 6e et 7e pour lesquelles un autre tableau de différenciation est disponible plus bas.

troisiesme
à ce qu'on...
qvatriesme
remaſchent...
cinqviesme
ſujet...
sixiesme
En ſuite...
septiesme
En ſuite...
hvictiesme
En ſuitte...

Le cul-de-lampe à la fin de l'avant-propos de Richelieu TPC3.PBN est différent des éditions TPC4à8 (voir aussi Variantes)
et constitue une autre clé d'identification ; il se réfère à ces mots du psaume 112 (source)...

Quia in aeternum non commovebitur ; in memoria aeterna erit iustus.
Car il ne chancelle jamais ; la mémoire du juste dure toujours.

Confirmatum est cor eius non commovebitur donec dispiciat inimicos suos.
Son cœur est affermi ; il n’a point de crainte, jusqu’à ce qu’il mette son plaisir à regarder ses adversaires.

Tableau de différenciation des 6e et 7e éditions
dont la dernière page de l'avant-propos est identique.

Dans ces exemplaires numérisés par Google Books,
la table des chapitres est placée à la fin dans la sixiesme et avant le chapitre premier dans la septiesme,
mais cette particularité pourrait varier selon l'assemblage des exemplaires.

sixiesme

Richelieu
TPC6.Bav

Différence
p. 176
bandeau
p. 187
bandeau
p. 329
cul-de-lampe
p. 351
bandeau
p. 355
cul-de-lampe
p. 447
dernières lignes

septiesme

Richelieu
TPC7.LyF

Les clés d'identification définies ci-dessus permettent de conclure que cet autre exemplaire (reproductions à droite), conservé à l'Institut Catholique de Toulouse et dont la page titre est manquante, est une 3e édition.

« En effet, le PAT 17P 351 (voir ci-dessus) est assez curieux mais il se rapproche vraisemblablement de la troisième édition (vos TPC3) par la dernière page de l’avant-propos. Tout comme le CAP 17P 001 (images à droite) qui semble appartenir exactement à la même édition après comparaison minutieuse de nos deux exemplaires [collaboration de Laura Monneau]. »

Ces clés d'identification pourront donc être utilisées pour les autres exemplaires où la page titre est manquante...

Richelieu TPC3.TIC.001 : page frontispice et dernière page de l'avant-propos.
Collaboration de Laura Monneau. Photographie : Bibliothèque de l’Institut catholique – Toulouse.

Variantes et éditions chevauchantes.

Les différences entre les diverses éditions ne semblent pas aussi tranchées que le voudrait la Clé d'identification définie ci-dessus. C'était le cas de l'exemplaire de Richelieu TPC3.TIC.351 (étudié ci-dessus), avec une page titre le désignant comme « seconde édition », mais avec toutes les autres caractéristiques d'une « troisiesme edition » ! C'est également le cas d'un autre exemplaire identifié comme « qvatriesme edition », qui partage certaines caractéristiques de la « troisiesme edition », mais avec des différences qui ajoutent encore d'autres variantes à la Clé d'identification définie ci-dessus ! Il pourrait donc exister d'autres exemplaires présentant des caractéristiques d'éditions chevauchantes avec d'autres variantes.

Collaboration de Martin Hamon.

Après analyse plus fine de la bibliographie matérielle de l’exemplaire « Traitté de la perfection dv chrestien » que nous conservons à la Médiathèque d’Orléans (Richelieu TPC4.Orl, cote A2624, illustré ci-dessous), je suis en mesure de vous fournir les informations suivantes. 

Titre — Traitté de la perfection dv chrestien, par l’eminentissime Cardinal duc de Richeliev. Qvatriesme edition.

Note sur le titre (faux-titre et frontispice) — Le titre indiqué ci-dessus a été rétabli à partir de la page de faux-titre, soit au recto du premier feuillet du premier cahier de l’ouvrage (similaire à la page de faux-titre de l’exemplaire TPC4.GU). Au recto du deuxième feuillet, on trouve un titre-frontispice. Cette estampe a vraisemblablement été gravée en taille douce étant donné l’empreinte, particulièrement visible, laissée par la matrice en cuivre sur le pourtour de l’image ; il s’agit sans doute de la version de Mellan (portrait fin du cardinal, livre moins vertical et angelot). La planche frontispice est similaire avec celle de l’exemplaire TPC4.GU (voir les frontispices des éditions 3 à 8), tant pour le découpage du titre sur le livre tenu par le cardinal (La | perfec= | tion dv | chres= | tien) que pour le nom de l’éditeur, inscrit sous l’estampe et comme suit (sur deux lignes) : « A Paris, Chez Anthoine Vitré, | Imprimeur du Roy et du Clergé ».

Richelieu TPC4.Orl.

Adresse — A Paris : chez Antoine Vitré, imprimeur du Roy et du Clergé : [1646]

Note sur l’adresse — L’adresse a été en partie rétablie à partir du titre-frontispice, en revanche, la « date d’édition » (1646) correspond à la date qui figure sur la page d’approbation  (« APPROBATION [...] Fait en Sorbonne ce 26. May 1646. C. Morel. Le Moyne. A. Levesqve. M. Grandin ») ou sur la dernière page du privilège (« PRIVILEGE DU ROY […] Donné à Paris le 2. jour de Iuin, l’an de grace 1646. & de nostre Regne le quatriesme. »

[Note de RD : historiquement, toutefois, les éditions TPC3à8 furent publiées entre 1648 et 1662.]

Collation — [24]-447-[1 bl.]-[5]-[3 bl.] p. ; in-12

Note sur la collation — L’ouvrage est signé et paginé. De façon plus détaillée, les 12 premiers feuillets non-paginés contiennent la page de faux-titre, le titre-frontispice, une « dédicace » à l’attention de la « très sainte Vierge, mère du fils de Dieu », l’avertissement au lecteur, l’approbation, le privilège et l’avant-propos. Viennent ensuite les 447 pages paginées, le verso non-paginé de la 447e page (1 bl.), les 5 pages non-paginées contenant la table des chapitres, et 3 pages blanches non-paginées. Le relevé des signatures indique : Sig. ã12 , A-T12.

S’agissant du format, il s’agit bien d’un in-12  et plusieurs éléments confirment cela : une dimension de 15,5 cm, des cahiers réguliers de 12 feuillets, des pontuseaux horizontaux (vérification faite en début, milieu et fin d’ouvrage).

Richelieu TPC4.Orl.

Clé d'identification : premiers mots de la dernière page de l'AVANT-PROPOS. — Sur la dernière page de l’avant-propos, les premiers mots sont : « à ce qu’on aura leu ; imitant les animaux […] », ce qui correspondrait à la dernière page d’avant-propos de la troisième édition (voir Clé d'identification). Par ailleurs le cul-de-lampe situé sous la fin de l’avant-propos ne correspond, ni à l’édition TPC3.PBN, ni aux éditions TPC4à8 (voir Clé d'identification). Bien que la page de faux-titre indique d’emblée qu’il s’agisse d’un exemplaire de la quatrième édition, j’ai tout de même souhaité vous en indiquer, en détail, la bibliographie matérielle. En effet, plusieurs éléments de l’exemplaire que nous conservons à la Médiathèque d’Orléans ne correspondent pas exactement à ceux que vous avez répertoriés pour un exemplaire de la même édition (voir Clé d'identification).

« Les deux éditions de Richelieu ​TPC7.LyF et Richelieu TPC8.LyF, mis à part la page de titre, ont très peu de différences. On pourrait presque penser qu’il s’agit des mêmes tirages et d’une simple modification de la page de titre, ce qui permettrait de dater la TPC7.LyF de 1662 ou 1661 au plus tôt. Toutefois, en e2 (Avant-propos, troisième page), tout en bas à droite on lit dans la 7e édition "comme la plus sensible, qui peutplus", qui a été corrigé dans la 8e édition : "qui peut plus". Nous repérons aussi d’autres différences dans les ornements typographiques utilisés pour l’approbation, le privilège, ce qui permet d’affirmer que les pièces liminaires ont sans doute été recomposées. Il est difficile d’affirmer avec certitude que le reste du texte a été recomposé : les bandeaux et les lettrines utilisés semblent tous les mêmes. Pour ma part, je ferais plutôt l’hypothèse d’une 8e édition qui corrige la première, avec une recomposition des pièces liminaires, mais pas une recomposition complète, mais cela n’est qu’une hypothèse. En tous les cas, les deux éditions doivent être relativement proches en date [collaboration de Benjamin Ravier-Mazzocco]. »

La planche de Lochon, conçue pour cet ouvrage, n'a donc pas été publiée chez Vitré qui a utilisé la même composition de Mellan, adaptée in-4 ou in-12, pour les frontispices de toutes ses éditions. Il faut donc la chercher chez un autre éditeur...!


Maurry nouvelle édition légale in-12 de 1667 et 1671. —

Le privilège du roi, accordé pour 20 ans à Antoine Vitré, venait à échéance en 1666. Le frontispice de la « nouvvelle edition » légale, publié en 1667 à Rouen chez L. Mavrry et reproduit ci-dessus (Richelieu TPC.1667.RBN), réinterprète la composition de Mellan sur une planche très différente, non signée, non plus sur cuivre mais sur bois. L'ouvrage se vend encore bien, puisque Maurry en publie une autre édition quatre ans plus tard (Richelieu TPC.1671) avec le même frontispice qu'en 1667.


Hénault édition légale in-12 en latin de 1651. —

Mais ce n'est pas chez l'éditeur Vitré qu'il fallait chercher la gravure de Lochon !

Maxime Préaud a transcrit le titre du livre tenu par le cardinal dans l'épreuve du frontispice de René Lochon à la BNF, « De Perfectio / ne Chris= / tiani / Cardin. / Richelij.  », qui est en latin.

On trouve donc ce frontispice dans une traduction latine, Tractatvs de perfectione christiani, ab eminentissimo card. dvce Richelio, Gallice scriptvs, Latine redditvs, publiée en 1651 sous la plume de « A. P. F. Michaele Gorgeü Ordinis minimorum Pariſino », soit Michel Gorgeu (BNF) religieux de l'ordre des minimes de Saint François de Paule résidant à Paris (Richelieu TPC.1651.RBN ; voir aussi cet autre exemplaire Richelieu TPC.1651.LU).

Maxime Préaud avait également transcrit la signature sur la gravure de la BNF : « Dans la m. inf., à dr. : J. Henault ex. » C'est le même nom que l'on retrouve sur la page titre de ce livre : « Parisiis, | Apud Ioannem Henavlt, via Iacobaea | ſub ſigno S. Raphaelis ».

« Jean Hénault (16..-1673) Imprimeur-libraire et fondeur de caractères ; (imprimeur-) libraire juré en l'université de Paris (1657?). - Fils de l'imprimeur-libraire parisien Mathurin Hénault. Reçu maître le 27 sept. 1635. Publie en 1667 un "Catalogue des livres imprimez par Jean Henault..." et des "Epreuves des poinçons, matrices, lettres et caracteres" de son imprimerie. Encore en activité en 1673. Veuve attestée dès 1673. Travaille fréquemment en association avec son père Mathurin Hénault jusqu'en 1651 [source]. »

L'ouvrage est tout ce qu'il y a de plus légal : « Cum Approbatione, & Priuilegio Regis ».

Richelieu TPC.1651.RBN.

Le premier texte s'adresse « A madame la dvchesse d'Aigvillon », titre courant « Epistre » : 10 pages d'éloges très ampoulés qui révèlent que cette traduction « receu & fauorisé de vous, MADAME, » vise toutes les nations via le monde chrétien où la langue latine, véhicule de communication international, surmonte les barrières idiomatiques. Suivent les très savants, documentés et approfondis textes liminaires de présentations, d'explications, d'index et d'approbations (Richelieu TPC.1651.RBN).

(1) « A madame la dvchesse d'Aigvillon », titre courant « Epistre », de 10 p.
(2) « Virgini matri sanctissimae filii dei », titre courant « Epistola », de 4 p.
(3) « Ad lectorem ex editione Gallica » de 3 p.
(4) « Prologvs avthoris » de 6 p.
(5) « Prologvs in praeſentem Traductionem » de 18 p.
(6) « Index avthorvm qvibvs tota huius libri doctrina innititur » de 3 p.
(7) « Index rervm, de quibus loquuntur hîc & tractant Authores praedicti » de 18 p.
(8) « Index capitvm », donnant la liste des 46 chapitres, de 5 p.
(9) « Extraict du Priuilege du Roy » de 1 p.
(10-11) en latin, l'approbation de l'ouvrage par les docteurs de la Sorbonne, signé par « A Eueſque M. Grandin », suivi de « Licentia Reuerendiſſ. P. Generalis I. » signé par « Fr. Balthasar d'Avila Generalis Minimorum I. », de 1 p.
(12-13) en latin, texte d'approbation, signé par « F. Simon Dvport M. Ind. Fr. Ioannes Paris Min. Ind. », suivi de « Fr Aegidius Coſſart ordinis Minimorum Prouincia Francia Prouincialis. S. », de 1 p.

Le privilège du roi est accordé le 20 février 1651, en exclusivité pour 10 ans, « à compter du iour qu'il ſera paracheué d'imprimer », à « Michel Gorgev », qui l'a cédé à « Iean Henault Marchand Libraire à Paris ». L'ouvrage a été « Acheué d'imprimer le 24. Septembre 1651. »

À la fin du livre on trouve également ces deux sections.

(14) « Index rervm omnivm praecipuarum, quas Tractatus iſte complectitur, ordine Alphabetico digeſtus » de 36 p.
(15) « Errata ſic corrigito » de 3 p.

La page gravée en frontispice débute par une indication manuscrite ancienne de la provenance de cet exemplaire, « Bibliothec. Sem. Coll. Rom. Soc. Jes. », donc de la bibliothèque du séminaire et collège des jésuites à Rome. Comparons cette gravure à celle de Mellan, ainsi que tous les ornements gravés à l'intérieur du livre que l'on peut également présumer appartenir à l'oeuvre de René Lochon.

Mellan in-4 dans Richelieu TPC2.LyF34.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

Claude Mellan a gravé deux formats de cette planche : in-4 (•TPC1 et •TPC2) et in-12 (•TPC3à8). Dans les comparaisons ci-dessous, nous utiliserons donc le format in-12 imposé à Lochon : dans sa composition, inspirée de celle de Mellan, la Vierge y est plus svelte, les anges moins nombreux, le cardinal et son livre plus resserrés. La verticalité y prédomine suite à récupération de l'espace occupé par les deux lignes de texte présentant l'éditeur Vitré. Il manque une partie de la page ou de l'image à droite, le « t » de Henault ayant été rogné.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

Mellan représentait une treizaine d'angelots dans le ciel, sur un plan horizontal,
réduits à seulement trois par Lochon, sur un plan vertical.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

À la Vierge éthérée de Mellan, incisée en douceur, simplement voilée et au dos élargi, Lochon substitue une version sculpturale, profondément burinée, bien campée et svelte, à la fois du vêtement et de la magnifique coiffure. Ce caractère terrestre est accentué par le drapé de sa tunique descendant jusqu'en bas du livre tenu par le cardinal. Son visage est plus personnalisé, ainsi que celui de Jésus, pratiquement des portraits de personnes proches du graveur. Ce n'est plus Jésus qui touche au livre du cardinal, mais la Vierge elle-même dont les doigts s'insèrent entre les pages. Lochon a ajouté des nimbes rayonnants, au caractère archaïque, tels que remis à la mode depuis le début du XVIIe siècle.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

La mauvaise reproduction de la gravure de Lochon présente un portrait du cardinal plus dur et rigide que celui de Mellan, dans une posture et des proportions légèrement différentes.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

Plus étroit et allongé que celui de Mellan, le livre que tient le cardinal chez Lochon accentue la verticalité et présente le titre en traduction latine réparti sur six lignes avec césures « De | Perfectio | ne Chris= | tiani | Cardin. | Richelij. » Le cardinal ne tient plus le livre de sa main mais y pointe de l'index ; la manche relevée laisse le poignet nu. Les pages du livres n'ondulent plus sous les lignes souples, mais se tiennent droit avec des lignes plus rigides.

Mellan in-12 dans Richelieu TPC5.Poi.2491.

Lochon in-12 dans Richelieu TPC.1651.RBN.

Le facétieux angelot de Mellan, moins rêveur que celui de Raphaël pour La Madone Sixtine, roule un nuage sur la tête d'un congénère. Celui de Lochon se casse le cou pour regarder hardiment vers le haut, épiant attentivement l'inspiration retransmise depuis la Vierge vers le cardinal. Aux nuages souples et duveteux de Mellan, Lochon substitue une spirale concentrique régulière, très loin derrière la géniale virtuosité déployée par Mellan dans sa Sainte Face gravée d'une seule ligne...! (Voir : source 1 et source 2.)

Préaud rapporte ainsi la signature sur l'épreuve de la BNF : « Dans la m. inf., à g. : R (à l’envers et collé au L de Lochon) Lochon fe. et à dr. : J. Henault ex. ». Ici, la signature de Lochon est identique. Mais celle de l'imprimeur-libraire diffère : « Ex Typographia J. Henaul[t] ».

Bandeaux, lettres grises de début de chapitre et vignettes de fin de chapitre, par René Lochon, n'ornent pas toutes les sections de cet ouvrage. Ils sont reproduits sur la planche à droite et tous présentés, plus en détail, selon leur ordre d'apparition dans le livre sur cette autre page. Ces décors de qualité, mais moins sophistiqués que ceux de Vitré pour ses grandes éditions luxueuses in-4° (reproduction ci-dessus), s'adressaient à un public moins fortuné. Probablement pour des raisons d'économie, certains motifs sont répétés. Ils méritent d'être vus malgré leur numérisation qui n'est pas toujours de la meilleure qualité.

Richelieu TPC.1651.RBN.


Éditions numérisées consultées.
Voir Richelieu TPC pour l'explication des sigles utilisés identifiant plusieurs dizaines d'exemplaires.

Sigle Page titre Frontispice Appr. Priv. du roi Éditeur Éd. Date Pagination Format Commentaire Source
Richelieu TPC1.Ly [Pas de numéro d'édition.] La | perfection | dv | chrestien |, C Mellan in et s, A Paris, Chez Antoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé. 26 May 1646 Oui Vitré 1e [1646] [20], 414, [6] p. (sig. [ ]2, â2, ê4, î2, A-Z, Aa-Zz, Aaa-Fff4, *2). [RD: 414 p., Table des chapitres 4 p.] 4° (25,3 cm) Reliure maroquin rouge armoriée avec semis de fleurs de lys. Reliure aux armes de Louis XIV, ex-legato de Camille de Neufville au Collège de la Trinité de Lyon et ""ex dono gubernatoris regis 1646" sur la p. de titre. LBM Part-Dieu - Réserve du silo - Rés 106954. Google.
Richelieu TPC1.BL [Pas de numéro d'édition.] La | perfection | dv | chrestien |, C Mellan in et s, A Paris, Chez Antoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé. 26 May 1646 Oui Vitré 1e [1646] Table des chapitres [4 p.], 414 p. 7 août 2017: Irene Fabry-Tehranchi confirme que la date erronée de 1664 sera remplacée par 1646 au catalogue de la BL. BL General Reference Collection DRT Digital Store 4408.i.5. Google.
Richelieu TPC2.LyF34 seconde edition La | perfection | dv | chrestien, C Mellan in et s, A Paris, Chez Antoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé, 164[7] 26 May 1646 Oui Vitré 2e 164[7] Table des chapitres [4 p.], 488 p., pièc. lim. 4° 25 cm Le chiffre en bas à droite du frontispice n’est pas déchiré. C’est Google qui « repasse » sur la numérisation pour effacer les doigts des opérateurs qui tournent la page ou la maintiennent. Sur le document original, on peut lire 1647 sur le frontispice sans aucun problème. LBM SJ Fontaines A343/4°34. Google.

Richelieu TPC2.LyF35

Manquante La | perfection | dv | chrestien 26 May 1646 Oui [Vitré] [2e] [1647] 488 p. In-4 Très belle reliure (mutilée sur un des plats). Non retrouvé dans le livre la mention «Paris, Vitré, 1646.» LBM SJ Fontaines AR2/35. Numelyo. Google.
Richelieu TPC-c.1648.LyF   La | perfection | dv | chrestien, par l'eminentissime cardinal dvc de Richeliev 26 May 1646 Non Contre-
façon
  M. DC. XXXXVIII [1648] Table des chapitres [5 p.], 683 p. in-8 17 cm Probablement une contrefaçon! Non retrouvé dans l'ouvrage ces données de Google «Édition: 7 Éditeur: A. Vitro, 1648». LBM SJ Fontaines A343/R15. Google-1. Google-2.
Sigle Page titre Frontispice Appr. Priv. du roi Éditeur Éd. Date Pagination Format Commentaire Source
Richelieu TPC.1651.RBN   De | Perfectio | ne Chris= | tiani | Cardin. | Richelij. Janvier Février 1651 20 février 1651 Jean Hénault   24 Septembre 1651 [38], 466 [i.e. 470, 30] p. 12º En latin. Contient le frontispice de René Lochon. Rome Bibliothèque nationale centrale 8. 16.A.44. Google.
Richelieu TPC-c3.Ly troisiesme edition [Pas de frontispice] 26 May 1646 Non Contre-
façon
3e?   512 p., Table des chapitres [6 p.]. in-12 Ex Libris futiensium Lugdunentium 802796 - Lyon Bibliothèque municipale 1898 - Inf. locale Le titre manque LBM Fonds très ancien du silo 802796. Google-1. Google-2.
Richelieu TPC3.PBN troisième édition La | perfec= | tion dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, | Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 3e   447 p., table des chapitres [5 p.]. [24], 447, [6] s. 12° (16 cm) verejna a universitni knihovna v praze [Prague] - Tetscher Bibliothek. - Date 1646 donnée par Google, mais non indiquée dans l'ouvrage. Bibliothèque nationale de la République tchèque, ABA001 [NK ČR Praha]. European Library. Google.
Richelieu TPC4.GU qvatriesme edition La | perfec= | tion dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 4e   447 p., Table des chapitres [5 p.] in-12 Ajouté par Google: «Éditeur chez Antoine Vitré, 1650». Université de Gand. Google.
Richelieu
TPC6.Bav
sixiesme edition La | perfec= | tion dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 6e   447 p., Table des chapitres [5 p.] [in-12]   Bibliothèque de l'État de Bavière Asc. 4082. Google.
Sigle Page titre Frontispice Appr. Priv. du roi Éditeur Éd. Date Pagination Format Commentaire Source
Richelieu TPC7.LyF septiesme edition La | perfec= | tion | dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 7e   Table des chapitres [5 p.], 447 p. in-12 «vers 1657» ajouté en écriture manuscrite sur une page de garde. LBM SJ Fontaines A343/R7. Google-1. Google-2.
Richelieu TPC7.MUC septiesme edition La | perfec= | tion | dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 7e   447 p., Table des chapitres [5 p.] [in-12]   MUC Madrid Université Complutense. Google.
Richelieu TPC8.LyF hvictiesme edition La | perfec= | tion dv | chres= | tien, A Paris, Chez Anthoine Vitré, Imprimeur du Roy et du Clergé 26 May 1646 Oui Vitré 8e M. DC.LXII [1662] 447 p., Table des chapitres [6 p.] in-12   LBM SJ Fontaines A343/R08. Google-1. Google-2.
Richelieu TPC.1667.RBN nouvvelle edition La | perfec= | tion dv | chres= | tien, A Roven, Chez L. Mavrry, Imp. de l'Arch. 26 May 1646 Non Laurens Maurry Roven   M. DC. LXVII. [1667] Table des chapitres [5 p.], 444 p.     Rome Bibliothèque nationale centrale 42|2K|31. Google.

 

Ad vivum et d'après plusieurs artistes.

43% des portraits de René Lochon sont des interprétations faites à partir d'oeuvres d'autre artistes, ce qui tombe tout à fait dans l'ordre normal des choses pour un graveur. Dans ses signatures, il réclame en avoir dessiné 26% et 22% ad vivum, c'est-à-dire d'après le modèle vivant.

Le portrait de Paul Le Jeune porte la date de 1665 inscrite par René Lochon. Aurait-il pu être dessiné ad vivum avant le décès du modèle en 1664 ? (Voir la section Physionomie de la notice 1665 Lochon OBAC.) Pour 13 de ses 15 portraits ad vivum, le graveur a ajouté une autre mention concernant le dessin : 7 fois delineavit-bat et 6 fois faciebat, que l'on peut traduire par dessiné et fait. Préaud note cependant que pour 4 d'entre eux les modèles proviendraient d'autres gravures, principalement celles de Robert Nanteuil.

Date Photo Nom D'après Prof.D Avf Dessiné
55v oui Bignon (Jérôme) Avocat avf delineauit
55v oui Guérapin (Antoine) Comte av faciebat
57 oui Alibert (Jacques d’) Conseiller av delineabat
57v oui Marcou (François) Arquebusier av delineauit
59 oui Fouquet (Louis) Évêque av
59 oui Lamoignon (Guillaume de) Nanteuil, Robert Conseiller av
60 oui Coye (Toussaint Rose, marquis de) Conseiller av faciebat
61 non Bourlon (Charles de) Portrait Évêque av faciebat
61 oui La Vrillière (Balthazar Phelypeaux de) Abbé av faciebat
63v oui Doni d’Attichy (Louis) Nanteuil, Robert Évêque av delinea.
64 oui Bignon (Jérôme) Avocat av deli.
non Baroni (Pierre) Avocat av faciebat
oui Mentel (Jacques) Médecin av delin.
oui Talon (Denis) Nanteuil, Robert Avocat av faciebat
oui Villiers (Gaspard de Verdelot de) Marquis av delineauit

| av = ad vivum | avf = ad vivum furtim |

La majorité des portraits ad vivum sont datés et on en retrouvera des photographies en cliquant sur le « oui » dans la colonne « Photo » du tableau ci-dessus.

Cette caractéristique ne garantit pas que la physionomie en soit plus vivante ou que le rendu de la gravure soit plus sophistiqué.

Le cas de Bignon est éclairant. Le portrait a forcément été dessiné avant son décès en 1656. Or, les gravures de 1655 et 1664, très différentes, montrent une considérable amélioration de la technique et de l'art du graveur dans son exécution, modifiant même les traits de la physionomie en lui arondissant le visage et l'utilisation de modelés plus subtils !

Ces caractéristiques différencient ces deux décennies et se retrouvent dans plusieurs autres portraits. Celui de Le Jeune, daté de 1665, bénéficie donc de cette période où le graveur est au sommet de son art.

René Lochon, Jérôme Bignon (1589-1656), estampe burin, 330 x 260 mm (élt. d'impr.), R. Lochon ad vivum furtim delineavit, sculpsit et excu., BSG EST 87 RES (P.85). Préaud PRL, p. 39-40, n° 19, date cet état « vers 1655 » sur la base de la signature de la version de 1664.

René Lochon, Jérôme Bignon (1589-1656), 1664, estampe burin, 220 x 185 mm (élt. d'impr.), BSG EST 87 RES (P.83). Préaud PRL, p. 40, n° 20, transcrit cette signature « R. Lochon ad viuum deli. i655 et sculpebat i664 ».

Les portraits non datés de Mentel et Villiers, tous deux ad vivum, montrent la même différence qu'entre les deux versions de celui de Bignon. Ce qui pourrait peut-être expliquer une des raisons de la datation proposée de « 1650 » par Versailles à laquelle on pourrait ajouter celle du rendu gravé du visage, plus dur chez Villiers, et beaucoup plus habile, subtil et vivant chez Mentel.

René Lochon, Verdelot, marquis de Villiers-Saint-Georges, 1650, burin (estampe), 332 x 260 mm, Versailles LP29.78.1. Préaud PRL, p. 79, n° 78, ne date pas ce portrait.

René Lochon, Jacques Mentel (?-1670) médecin à Château Thierry, burin (estampe), 221 x 163 mm, Versailles LP29 bis.62.1.

René Lochon indique également qu'il a « dessiné » les portraits de Longueville (Henri II), Morel (Marie) et Du Fos (Julien). Pour ce dernier, décédé en 1616, il a toutefois dû avoir recours à un portrait ancien ! On trouve aussi la mention Jnue. pour invenit (inventé) pour celui de Bourlon (Charles de) en 1657, ainsi que pin. et fe. pour le poète menuisier Grillet [Adam Billaut].

Cette liste de gravures exécutées d'après diverses sources existantes complète bien le bilan des relations de René Lochon avec d'autres artistes tel qu'évoqué dans notre texte Le graveur René Lochon (1619 ou 1620 - 1674 ou 1675) faisant partie de la notice 1665 Lochon OBAC.

D'après Nom (Prénom) du portraituré
Bellot Nicolas Estrées (César d’)
Berchet Séguier (Dominique)
Blondeau Le Gras (Simon)
Champaigne Philippe de Péréfixe (Hardouin de Beaumont de)
Vallot (Antoine)
Villemontée (François de)
Dieu Jean Lesseville (Eustache de)
Dumonstier Daniel Thou (Jacques Auguste de)
Egmont Juste d' Chevreuse (Claude de Lorraine)
Condé (Henri-Jules de Bourbon)
Du Lude (Gaspard de Daillon) gravé par Pitau N.
François Simon Vincent de Paul (Saint)
Vincent de Paul (Saint) gravé par Schuppen P. van
Loir Nicolas Harlay (François de)
Mignard Pierre Aligre (Étienne d’)
Nanteuil Robert Saint-Brisson (Pierre Séguier, marquis de)
Sarrasin (Jean-François)
Vialart (Félix)
Doni d’Attichy (Louis)
Lamoignon (Guillaume de)
Talon (Denis)
Pitau N. Du Lude (Gaspard de Daillon) d'après J. d'Egmont
Portrait Bourlon (Charles de) 1657 et 1661
Du Fos (Julien)
Hervy (Anne)
Schuppen Pierre Van Vincent de Paul (Saint) d’après Simon François
Retz (Jean François Paul de Gondi Cardinal de)
Sève Gilbert de Grimaldi (Jérôme)
Douglas (George)
Vaillant Le Tillier (Jacques)
Wierix Antoine Anne de Jésus en contrepartie

« Son premier maître d’apprentissage fut Jean Ganière, qui n’est pas un grand graveur mais a formé beaucoup de jeunes gens. Cependant, il est probable que René Lochon se perfectionna au début des années 50 sous Robert Nanteuil. C’est en tout cas ce que l’on peut déduire du fait que, en 1653, Robert Nanteuil est parrain d’une de ses filles. On constate d’ailleurs les progrès accomplis par Lochon, dont certaines pièces sont fort réussies, notamment des portraits. Il lui arrive même de dessiner ses modèles "ad vivum", même s’il faut prendre cette affirmation avec prudence. Par exemple, il déclare dessiné "ad vivum" les portraits de Lamoignon et de Denis Talon qu’il a en réalité copiés d’après les gravures de Nanteuil. Il prétend même avoir peint ("pinxit") le portrait de Grillet (ou Bidault), ce qui signifie qu’il travaillait parfois au pastel. On notera avec amusement qu’il a saisi "ad vivum" mais "furtim", c’est-à-dire à la dérobée, le portrait, d’ailleurs médiocre, de Jérôme Bignon [p. 23]. »

René Lochon, Portrait of a Bishop, 1657, Engraving, 32,6 x 25,3 mm (image), Achenbach Foundation 1963.30.29379. Préaud PRL, p. 65, n° 72, identifie ce portrait à Talon (Denis) (1628-1698), d’après Robert Nanteuil ; avocat du roi au Châtelet (1648), avocat général au Parlement de Paris, Conseiller d’État (1652), procureur général au procès de Fouquet (1651)

Robert Nanteuil (1623-1678), Denis Talon, 1656, Engraving on paper, 371 x 291 mm, Chicago, Art Institute, Elizabeth Hammond Stickney Collection, 1919.2533.

René Lochon, A Man, Engraving, John Witt Randall, bequest to his sister Belinda Lull Randall gift 1892 to HAM, R7602. Préaud PRL, p. 52, n° 45, l'identifie à Lamoignon (Guillaume de) et précise que Lochon s'est inspirée de la gravure de Nanteuil gravée 12 août 1659 dans le même sens.

Robert Nanteuil, Guillaume de Lamoignon, 1659, Engraving, Washington D.C., National Gallery of Art. Photo : source.

Le portrait de Le Jeune (1665) marque une très nette amélioration de la technique et du style de René Lochon par rapport à ses portraits de Denis Talon (1657) et Guillaume Lamoignon (1659). Il a donc su mettre à profit ses 6 ou 8 années supplémentaires d'expérience qui en font un bon graveur. Cependant, sa maîtrise n'atteindra jamais la finesse et la virtuosité de Nanteuil.

René Lochon, Portrait de Le Jeune, BNF.

Nanteuil, Robert, Harlay de Champvallon, François de (1625-1695), 1673, Nanteuil ad vivum excud. cum privil. Regis 1673, estampe, BNF, RESERVE FOL-QB-201 (70).

 

Les portraits du père jésuite Paul Le Jeune,
confusions et conversions...

web Robert DEROME