Les portraits du père jésuite Paul Le Jeune, confusions et conversions...


1896 Gaetano Trentanove WC (Marquette d'après Charlevoix d'après Le Jeune)

« En 1864, le Congrès des États-Unis statua que l'ancienne salle affectée aux débats des Représentants serait transformée en un musée, où chaque État serait invité à placer la statue de deux des hommes illustres qui auraient le plus contribué à sa gloire. Le Wisconsin choisit, en 1893, le P. Marquette, et décida de faire sculpter en marbre l'image, la plus conforme à la vérité, de ce célèbre personnage. Un artiste italien, Gaetano Trentanove, se chargea du travail. Après avoir en vain multiplié ses recherches, en vue de trouver un portrait ou un simple croquis, le statuaire fut réduit aux seules ressources de son imagination. Cependant, sur un conseil donné par les hommes les plus compétents, son modèle fut pris sur un portrait du P. de Charlevoix, peint sur écorce d'érable à sucre, pour les Dames Ursulines de Québec. Mais à ce conseil, le connaisseur consulté avait ajouté celui de rajeunir les traits. » (Hamy 1903, CHAPITRE XVIII. — Statue en marbre blanc, érigée dans le Musée du Capitole à -Washington, aux frais du Wisconsin, en l'honneur du P. Marquette, p. 180-186).

« Après vérification dans la base de données répertoriant nos collections, je suis désolée de vous informer que je n’y ai trouvé aucune trace de ce portrait peint sur un morceau d’écorce, ni d’aucune œuvre représentant le père jésuite Jacques Marquette. » Collaboration de Catherine Levesque, Musée des Ursulines de Québec.

Une telle réponse était prévisible, car cette présumée source iconographique, sur morceau d'écorce, semble relever davantage du folklore et de la fabrication du mythe que d'une véritable analyse iconographique et historique.

Ces discours approximatifs au sujet de cette magnifique sculpture de Trentanove démontrent l'incroyable histoire du portrait de Jean-François Régis, aujourd'hui attribué à Pierre-Michel Laure, qui a été confondu avec celui de Le Jeune, puis utilisé comme modèle pour les portraits de Charlevoix et de Marquette !

À ce titre, la physionomie créée par Trentanove se trouve donc triplement fictive !

Une intéressante information à propos de la source iconographique de Trentanove pour son visage de Marquette reste à corroborer...

« Father Jones told the story of the origin of Trentanove's statue. A photographer called in one of the Jesuit Fathers in this country who was popularly supposed to be of somewhat the same appearance as Marquette. The photographer indicated the pose which he desired the father to adopt to have a photograph taken for some special purpose which was not explained. With a view to obliging the photographer, the Jesuit Father did as he was requested, and was a most surprised man some time later to find that the photograph had served as a model for the Trentanove statue. » P. T. A., « An alledged portrait of pere Marquette, Which was doscovered by accident in the streets of Montreal, An interesting problem for historical students to solve », Montreal Daily Star, p. 9.

On consultera avec intérêt l'étude de Cronon 1973 : Father Marquette goes to Washington, The Marquette Statue Controversy. Ainsi que les notices de 1894 Bracony et 1902-1909 Cie C&D.

Pour davantage d'informations sur cette oeuvre voir la page 1896 Trentanove sur le site Les sources iconographiques des portraits fictifs du père jésuite Jacques Marquette.

 

Les portraits du père jésuite Paul Le Jeune,
confusions et conversions...

web Robert DEROME