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La pratique du luth en Nouvelle-France
par Paul Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)
premier gouverneur de Montréal

le témoignage de
François Dollier de Casson
(1636-1701)

Le sulpicien François Dollier de Casson (1636-1701) dans son Histoire du Montréal (Dollier de Casson 1992, p. 32-33 et 53-54), écrite vers 1672-1673, situe le contexte des années 1640-1641 lors duquel Paul Chomedey de Maisonneuve décide de s'impliquer dans la Compagnie du Montréal pour diriger à titre de gouverneur cette nouvelle ville à fonder. Selon Dollier de Casson, toute la carrière de Maisonneuve avait été guidée par la « Providence divine » qui, depuis son enfance, le préparait à cette mission en tant que militaire de carrière.

Mais si, pour résister en ce lieu aux incursions des Sauvages, on avait besoin de gens soldats et résolus, on avait encore plus de nécessité d'un digne chef pour les commander.
Anonyme, Portrait de Jérôme Le Royer de la Dauversière, date inconnue, huile sur toile, dimensions et collection inconnues. Source.
Armoiries de Paul Chomedey de Maisonneuve, Massicotte 1915-1918.

Le père Charles Lalemant recommande alors Chomedey au sieur Jérôme Le Royer de la Dauversière. Lors de leur rencontre, Maisonneuve accepte :

[…] il emploierait sa vie et sa bourse dans cette entreprise, sans vouloir autre chose que l'honneur de servir Dieu et le roi son Mre dans l'état et profession des armes qu'il avait toujours portées. Mr de La Dauversière, l'entendant parler d'un langage si chrétien et résolu, en fut tout charmé. Il le reçut comme un présent de la Providence divine, laquelle voulait accomplir son œuvre et l'offrait pour cet effet à la Compagnie naissante du Montréal.

Aussi était-ce un homme digne de sa main. Il était aisé de voir qu'il en venait et était propre à réussir dans les desseins qu'elle avait sur cette Compagnie à l'égard de cette île. Elle lui avait fait commencer le métier de la guerre dans la Hollande dès l'âge de treize ans, afin de lui donner plus d'expérience. Elle avait eu le soin de conserver son cœur dans la pureté, au milieu de ces pays hérétiques et des libertins qui s'y rencontrent, afin de le trouver, par après, digne d'être le soutien de sa foi et de sa religion en ce nouvel établissement. Elle le retint toujours dans une telle crainte des redoutables jugements derniers que, pour n'être pas obligé d'aller dans la compagnie des méchants se divertir, il apprit à pincer le luth, afin de pouvoir passer son temps tout seul, lorsqu'il ne trouverait pas d'autres camarades. Quand le temps fut venu auquel elle voulait l'occuper à son ouvrage, elle augmenta tellement [13] en lui cette appréhension de la divine justice que, pour éviter ce monde perverti qu'il connaissait, il désira d'aller servir son Dieu dans sa profession en quelque pays fort étranger.

Un critique de ce texte source unique et fondamental s'avère indispensable. En effet, le style littéraire de Dollier de Casson l'amène à situer l'action à plusieurs moments dans le temps : ceux de l'écrivain, ceux des témoins, ceux du récit, ceux de la carrière de Maisonneuve.

LE TEMPS DE L'ÉCRIVAIN. Dollier de Casson était arrivé en Nouvelle-France en 1666. De passage à Montréal en 1667 il ne s'y établit définitivement qu'en 1670 alors qu'il y devient supérieur des sulpiciens. Il écrit vers 1672-1673 le texte cité ci-dessus.

LE TEMPS DE MAISONNEUVE ET DOLLIER. Maisonneuve quitte Montréal à l'automne 1665 et n'y reviendra pas. Il s'installe à Paris. Dollier partira de Paris à l'été 1666 sur les ordres de son supérieur dont il s'avoue « victime », donc non préparé par un goût personnel cultivé depuis longtemps ! Il serait donc étonnant que les deux hommes se soient rencontrés. En effet, Dollier est parti sur les ordres de son supérieur et il n'avait alors aucun projet de devenir supérieur des sulpiciens de Montréal, ni d'écrire une histoire de cette ville !

LE TEMPS DU RÉCIT ET CELUI DE LA CARRIÈRE DE MAISONNEUVE. L'extrait cité se situe juste avant le départ de Chomedey pour Montréal, soit vers 1640-1641 avec utilisation du passé simple. Par contre le texte utilise aussi beaucoup l'imparfait, terme dont l'acception est attestée depuis 1606.

Imparfait (1606, Nicot, Trésor de la langue française) : « Système de formes temporelles dont la fonction essentielle dans les langues indo-européennes était d'énoncer une action en voie d'accomplissement dans le passé et conçue comme non achevée (Marouzeau [Jules 1878-1964] cité par le Petit Robert). »

TEXTE DE DOLLIER DE CASSON

TEMPS DES VERBES : et leur signification.

[…] il emploierait sa vie et sa bourse dans cette entreprise, sans vouloir autre chose que l'honneur de servir Dieu et le roi son Mre

CONDITIONNEL : par rapport à la future carrière de Maisonneuve à Montréal lors de sa prise de décision vers 1640-1641.

dans l'état et profession des armes qu'il avait toujours portées.

PLUS-QUE-PARFAIT : en référence à la longue durée de la carrière militaire de Maisonneuve et ses racines dans un lointain passé.

Mr de La Dauversière, l'entendant parler d'un langage si chrétien et résolu, en fut tout charmé. Il le reçut comme un présent de la Providence divine,

PARTICIPE PRÉSENT, INFINITIF et PASSÉ SIMPLE : au moment où Chomedey prends la décision de venir fonder Montréal.

laquelle voulait accomplir son œuvre et l'offrait pour cet effet à la Compagnie naissante du Montréal.

Aussi était-ce un homme digne de sa main. Il était aisé de voir qu'il en venait et était propre à réussir dans les desseins qu'elle avait sur cette Compagnie à l'égard de cette île.

IMPARFAIT : pour marquer la durée sa longue carrière à venir à Montréal en continuité avec sa carrière passée et sa décision présente.

Elle lui avait fait commencer le métier de la guerre dans la Hollande dès l'âge de treize ans, afin de lui donner plus d'expérience. Elle avait eu le soin de conserver son cœur dans la pureté, au milieu de ces pays hérétiques et des libertins qui s'y rencontrent,

PLUS-QUE-PARFAIT : pour marquer les lointains débuts de la carrière militaire de Chomedey en Hollande dans sa jeunesse.

afin de le trouver, par après, digne d'être le soutien de sa foi et de sa religion en ce nouvel établissement.

INFINITIF : pour marquer un retour au présent et démontrer que les qualités acquises dans la jeunesse servaient de préparation à la carrière en devenir de fondateur de Montréal au moment de sa prise de décision en 1640-1641.

Elle le retint toujours dans une telle crainte des redoutables jugements derniers que, pour n'être pas obligé d'aller dans la compagnie des méchants se divertir, il apprit à pincer le luth, afin de pouvoir passer son temps tout seul, lorsqu'il ne trouverait pas d'autres camarades. Quand le temps fut venu auquel elle voulait l'occuper à son ouvrage, elle augmenta tellement [13] en lui cette appréhension de la divine justice que, pour éviter ce monde perverti qu'il connaissait, il désira d'aller servir son Dieu dans sa profession en quelque pays fort étranger.

PASSÉ SIMPLE, INFINITIF ET IMPARFAIT : en référence à une temporalité récente en devenir liant le passé récent de 1640-1641, au futur de la mission à entreprendre à Montréal.

Mais jusqu'à quel point Dollier de Casson ne projette-t-il pas son propre mysticisme, par personne interposée, dans celui de Maisonneuve ?

Au début de cette citation le temps du verbe est d'abord le conditionnel, car tout est tourné vers la future carrière que Maisonneuve connaîtra à Montréal. Puis brusquement, on passe au plus-que-parfait, après le changement de paragraphe, lors d'un rappel biographique à propos de Chomedey : en effet, la référence à la Hollande se situe justement dans ce passé lointain des débuts de sa carrière militaire. Puis l'auteur revient au passé simple, soit vers 1640-1641 où Chomedey décide de se consacrer à l'établissement de Montréal. La phrase suivante sur la « crainte des redoutables jugements derniers » est tout à fait intemporelle, se référant à la continuité de la pensée religieuse de l'auteur, Dollier de Casson écrivant en 1672-1673, tout autant que de celle de l'ensemble de la carrière que Maisonneuve connaîtra à Montréal. Dans ce passage on utilise plusieurs temps de verbes (infinitif, imparfait, conditionnel) avec une prédominance du passé simple et de l'imparfait, mais pas de verbes au plus-que-parfait. Et c'est justement dans ce contexte que se situe la référence au luth ! Soit la période de prise de décision de Maisonneuve qui orientera sa future carrière de fondateur de Montréal. Nous pensons donc qu'il faille interpréter le temps de la référence au luth non pas comme celui de l'enfance de Maisonneuve en Hollande (au plus-que-parfait), mais plutôt comme celui du mysticisme de toute sa carrière de fondateur de Montréal à laquelle ce texte la lie intimement, soit celle des dévots de la Société de Notre-Dame.

LE TEMPS DES TÉMOINS. Le récit historique de Dollier se base principalement sur les témoins vivants qu'il a rencontrés à Montréal vers 1670-1673. Maisonneuve n'est pas une de ces sources. Par contre Jeanne Mance (1606-1673) et Marguerite Bourgeoys (1620-1700) le sont et elles ont bien connu Maisonneuve. Ce sont donc d'elles que Dollier a appris que Maisonneuve jouait du luth. Il serait bien étonnant qu'elles n'aient retenu qu'un fait divers de l'enfance de Maisonneuve dont elles auraient entendu parler. Par contre si Maisonneuve jouait du luth à Montréal, elles n'auraient pas manqué de le mentionner. D'autant plus que cette pratique du luth semble avoir été intimement liée au mysticisme de tous ces membres de la Société de Notre-Dame alors responsable de l'établissement de Montréal (voir aussi le luth au fort de Ville-Marie).

 

le luth et son contexte d'apprentissage

Ce passage tiré de Dollier de Casson est à la source de l'historiographie rapportant la pratique du luth par le gouverneur de Montréal. Pourrions-nous aller jusqu'à dire que Maisonneuve aurait appris le luth alors qu'il servait en Hollande ? Ce serait aller plus loin que ne le suggère ce texte source. En effet, Dollier de Casson nous apprend bel et bien que Maisonneuve a appris « le métier de la guerre » en Hollande. Mais nulle part il ne dit qu'il a appris le luth dans ce pays, ce qui serait fort étonnant en temps de guerre ! Comment d'ailleurs peut-on imaginer un jeune soldat transportant avec lui un instrument aussi gros et fragile qu'un luth ? À moins qu'il fasse une guerre de noble avec sa suite et ses gens ! Il serait plus vraisemblable de conjecturer que Maisonneuve ait appris les rudiments du luth dans son contexte familial champenois, au manoir de Neuville-sur-Vanne acquis en 1614 (dans l'Aube, à l'ouest de Troyes, près d'Estissac), où son père était seigneur de Chavane, de Germenoy-en-Brie et autres lieux. Il faudrait donc mieux étayer l'histoire familiale, les arts, la culture et les relations régionales, et en particulier identifier les luthistes qui auraient pu s'y trouver, tout particulièrement dans la grande ville de Troyes sise à proximitié (Site du Vieux Troyes - Ville de Troyes).

« Du Château-fort de Maisonneuve, il ne reste d'intact que la TOUR qui flanquait au sud-est la masse des constructions. Photo Armour Landry (Desrosiers 1967, face à la p. 33). »
Photo Michel Cardin, 12 juillet 2001.
« L'église de Neuville-sur-Vanne où fut baptisé Paul de Chomedey de Maisonneuve. Photo Armour Landry (Desrosiers 1967, face à la p. 65). »
Photo Michel Cardin, 12 juillet 2001.
« Je vous réponds justement de Troyes [...] Concernant le luthiste troyen, je n'ai aucune information à l'heure qu'il est, et je ne sais pas s'il sera facile à identifier. En tout cas, il ne reste à Troyes aucune source pour luth de l'époque en question. » (Collaboration de François-Pierre Goy. Voir aussi Goy 1995.)

Par contre, lors de son voyage en Hollande Maisonneuve aura peut-être été mis en contact avec les musiques de luth qu'on y jouait et pratiquait. Ce contexte pourrait donc orienter les recherches musicologiques surtout vers des sources champenoises mais aussi vers des sources hollandaises. Il faudrait alors mieux connaître le contexte familial de Maisonneuve à Neuville-sur-Vanne entre 1612 et 1640, mais aussi l'itinéraire et la durée de son séjour en Hollande, période pour laquelle les sources originales semblent faire défaut sur la carrière de Maisonneuve. Signalons toutefois avec François-Marc Gagnon que l'association luth et Hollande fait songer aux tableaux de Vermeer ou à ceux des peintres qui ont illustré des hommes jouant du luth. François-Pierre Goy (collaboration du 11 juillet 2000) pense que les oeuvres de Nicolas Vallet (1583?-1642) et Louis De Moy peuvent donner une idée des musiques que Maisonneuve aurait aurait pu entendre aux Pays-Bas.

Selon Dollier de Casson, l'apprentissage du luth par Maisonneuve s'est fait dans le double contexte de dévotion et de loisirs personnels. D'abord pour fuir la débauche et le libertinage de « méchants » camarades, mais aussi pour meubler intelligemment ses loisirs solitaires. Dollier de Casson interprète donc le jeu du luth dans un contexte de foi et de dévotion. La pratique de cet instrument permet donc une concentration sur soi et une méditation religieuse permettant de fuir les débauches du monde civil et les tentations de libertinage offertes aux militaires de carrière. Dans ce contexte idéologique, il n'est donc pas étonnant de retrouver le luth associé directement à la pratique religieuse par les missionnaires en Nouvelle-France mais aussi par le suplicien François Vachon de Belmont.

 

le témoignage de Marie Morin

Marie Morin (1649-1730) raconte d'après des sources orales les débuts de Montréal dans ses annales écrites en 1697 (Morin 1979). Elle trace un portrait un peu plus joyeux de Paul Chomedey de Maisonneuve. Elle le décrit comme un homme du monde « en aparance, car il était vraiment religieux en pieté, devotion ».

« [...] il n'avèt q'un seul serviteur dans sa maison pour faire sa cuisine, qui estoit toujours bonne a son goust [...] Son habit estoit comme ceux des plus simples habitans, un capot de serge grisse a la mode du peys. La sœur Marguerite Bourgeoys l'a servy et demeurèt dans sa maison les cinq premieres annee qu'elle fut en Ville Marie, elle avoit soin de son linge et de son mesnage de chambre et de tous ces interest. Luy n'an avoit point du tout, ne ce souciant non plus d'argent que de fumier, ce qui a paru a tout le monde bien visiblement. [...] »

Portrait de Marguerite Bougeoys peint par Pierre LeBer le 12 janvier 1700, immédiatement après la mort de la religieuse.
Reconstitution des vêtements des premiers montréalais par Francis Back. « Coiffé d'un bonnet rouge, l'homme à gauche porte un pourpoint et des hauts-de-chausses de serge grise. Son compagnon est en vêtements d'hiver : justaucorps et longue cape ou manteau (Landry 1992, p. 120-124). »
« Il estoit sans pareil en constance dans l'adversité. Ce qui auroit atristé un autre ou mis en colere ne fesèt que le faire rire et mieux divertir, trouvant des advantages, a ce qu'il disèt, dans ces disgraces qu'on ne savèt pas. Quand il avoit des sujets de chagrin, il randèt visites a ma sœur de Bresoles ou a la sœur Bourgeoys afin de rire a plaisir. Elles riiès aussy avec luy et luy montrois grand joie de ces peines, ce qu'il amoit beaucoup. Monsieur de Souart [Gabriel Souart sulpicien (1611-1691), médecin et maître d'école] estoit aussy de ces amis dans ces occasions. Je les ay veu rire des heures antieres pour samblables sujet, &c. [...]

Il [...] disposa toutes choses pour s'an aller en France la mesme annee. Ce qu'il executa non pas pour aller s'y plaindre du mauvais treitements qu'on luy avoit fait isy [les abus de pouvoir d'Augustin de Saffray de Mésy, gouverneur en 1663-1665] et revenir triomphans, comme il l'auroit pu faire s'il avoit voulu, mais pour y vivre / petit et humble, agissant comme un homme du commeun, n'ayant qu'un seul vallet qu'il servèt plus qu'il n'an estoit servy, allant luy mesme acepter ces vivres au marché. Une personne de merite m'a asuré que l'estant allé voir a Paris, elle l'avoit trouvé dans les mesmes pratiques et santimens qu'an Canada. et que l'ayant fait manger avec luy, il alla luy mesme querir une bouteille de vin dans une auberge, ce qui la surprit plus qu'on ne soroit dire, ne creyant pas q'un homme qui avoit encorre l'habit du monde, mais tres simple et modeste, ut assé de courage de faire des actes pareils au milieu de la ville de Paris et de faire litiere de l'honneur sy publiquement. [...]

Ma sœur Bourgeoys m'a dit que quand elle partit de France pour venir en Canada en sa compagnie, seule de son sexe, elle ne le connessèt point du tout, quoy qu'elle ut demeuré plusieurs annee avec une dame qui estoit sa sœur, a cause que le chateau de Monsieur son pere estoit eloigné de la ville de Troyes. Or sa demeure avec cette sœur m'avoit fait croire qu'ils ce connessois et me l'a fait ecrire de mesme sy devant, en quoy je me suis trompee. Je ne vous ay point dit que Monsieur de Chomedey pere s'oposa fortement que son fils alla en Canada et qu'il n'i consantit c'apres qu'il l'ut asuré qu'il y amasserèt plus de cent mil livres de bien et s'y ferèt riche a jamais, selon son entante. Mais luy le prenant a la lettre, y consantit aussy tost.

Peu de jours apres s'estre enbarqué sur la mer, la sœur Bourgeoys, qui avoit soin de son linge, ramassa toutes ces dantelles et linge fin de son usage dont elle fit un paquet qui tomba dans la mer et fut perdu. Elle, bien en peine, fit tous ces effors pour le faire repescher, mais en vain. Elle estoit bien affligee de cette perte qui estoit for considerable. Madame sa sœur ayant pris le soin de cette provision qui estoit riche et tres belle. La sœur Bourgeoys qui ne connessèt pas encorre son genie vingt a luy toute tramblante luy anoncer cette perte, mais il n'an fit que rire disant qu'il en estoit bien aise et que luy et elle en estois bien debarassé d'estre delivrés de tous ces ornements de vanité, &c.

Son confesseur luy dit un jour de ce marié a cause de certeines peines d'esprit qu'il soufrèt. Luy, bien en peine, ne savèt commant s'y prandre, et y santant des repugnances horible, un jour, il le dit a la sœur Bourgeoys qui luy conceilla au contrere de faire veu de chasteté perpetuelle, ce qu'il fit apres avoir esté consulter le Pere Jerosme Lalement, Jesuitte, qui estoit a Kebec, qui fut du mesme advis, ce qui luy donna la paix de l'ame, et de la en avand alla deux fois chaque annee voir ce bon Pere et le consulter pour sa conduitte spirituelle, qui passèt pour un directeur fort eclairé. (Morin 1979, p. 68-72). »

 

web Robert DEROME

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