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La pratique du luth en Nouvelle-France
par Paul Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)
premier gouverneur de Montréal

portraits fictifs et mythes historiographiques
Benjamin Sulte et l'Histoire des Canadiens-Français

Le prototype le plus répandu du portrait de Maisonneuve a été publié par Benjamin Sulte en 1882-1884. Une version antérieure en avait cependant été publiée dès 1874 sur un grand tableau illustrant les personnages de l'histoire du Canada (collaboration de Patrice Groulx le 20 août 2001, référence à Martin 1988, p. 15). Plusieurs artistes ont copié ce portrait qui n'est pas signé, mais qui s'est imposé comme l'une des iconographies de ce personnage. Une recherche historique et iconographique inédite permet de proposer que cette œuvre soit attribuée à l'artiste québécois méconnu Pierre-Louis Morin (1811-1886). D'autres recherches inédites permettent d'identifer l'éditeur de Sulte, Thomas L. Wilson, qui a fait imprimer ce galvanotype à New-York chez Photo Electrotype Engraving Company.

Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886), gravé chez Photo Electrotype Engraving Company New-York, Portrait de Paul Chomedey de Maisonneuve, vers 1882, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.
       
Joseph L'Hérault, publié par J.C. Marquis prêtre chez Roberts & Cie lithographes, rue Saint-Jacques, Montréal, Détail du portrait de Paul Chomedey de Maisonneuve, en bas à droite sur Épiscopat de la Province Ecclésiastique de Québec, Souvenir du premier octobre 1874, 1874, lithographie, 99 x 82,5 cm.
 

« Dans une lettre du secrétaire de Wilson à Sulte du 30 octobre 1882 (Archives de l'Université Laval, fonds Malchelosse), le portrait de Maisonneuve est signalé comme étant "In Electrotype Corp [Corporation] Hands" en même temps que ceux de plusieurs autres personnages : l'honorable Morin, de Vallières, Lotbinière, Pierre Boucher, Colbert, juge Baby, Cauchon, Bourgeoys, Madame Mance, Dauversière, Plessis, en plus de Maisonneuve. L'hypothèse que d'autres gravures aient été faites par cette compagnie se confirme donc (collaboration de Patrice Groulx le 6 août 2001). »

Ce long prériple au sein des illustrations signées publiées dans Sulte 1882-1884 permet donc de poser des jalons dans l'identification de l'auteur du portrait de Paul Chomedey de Maisonneuve. L'attribution à Pierre-Louis Morin permet de rapprocher trois œuvres qui ont occupé ses travaux de recherche et de création : le portrait du gouverneur et la reconstitution de son Fort à Ville-Marie, mais aussi le mythique « Château Maisonneuve » qui était, en fait, le premier séminaire des sulpiciens où Maisonneuve a peut-être résidé (et joué du luth ?) avant son départ définitif de Montréal (Lahaise 1980, p. 224-227).

Dessin de Pierre-Louis Morin (1811-1886) gravé par George Bishop & Co. photo-litho-graveur (vers 1838 - après 1894), Le Fort..., reconstitution hypothétique, vue en trois dimensions à vol d'oiseau, du fort de Ville-Marie au XVIIe siècle (Morin 1884).
Dessin de Pierre-Louis Morin (1811-1886) gravé par George Bishop & Co. photo-litho-graveur (vers 1838 - après 1894), C. Résidence de Mr de Chomedey Sr de Maisonneuve, premier Gouverneur de Montréal, bâtie en 1652, et occupée en 1659 par quatre prêtres missionnaires du Séminaire de St. Sulpice de Paris, qui arrivèrent à Montréal en 1657, reconstitution hypothétique tirée de Morin 1884, Montréal, vue à vol d'oiseau, de 1645 à 1650.

Toutes ces oeuvres sont de pures créations de l'imagination de l'artiste et n'ont que peu ou prou à voir avec la véracité historique ! Elles ont cependant eu une influence considérable et durable...

Anonyme d'après Pierre-Louis Morin (1811-1886), Résidence 1650, Cette demeure de M. de Chomedy de Maisonneuve fut bâtie en 1650. elle était située près la rue St Paul. sur le terrain ou est constuit le magasin de la Cie Frothingham. Occupée comme premier séminaire de Montreal de 1659 à 1712 par quatre missionnaires, prêtres du séminaire St Sulpice de Paris, elle fut rasée en 1850, vers 1894, reproduction d'un lavis tirée de Souvenir Maisonneuve 1894, p. 11.

Et à ce titre l'oeuvre de cet artiste devrait faire l'objet d'une étude approfondie. Le fonds Pierre-Louis Morin conservé aux Archives nationales du Canada (R6391-0-9-F) serait certainement utile, car il contient des dessins originaux, des notes et de la correspondance, incluant une lettre de Benjamin Sulte (1883) au sujet des erreurs relevées chez l'abbé Cyprien Tanguay et « des falsificateurs » de l'histoire du Canada...

 

voir aussi ce site web

Gravures dans l'Histoire des Canadiens-Français

 

web Robert DEROME

La pratique du luth en Nouvelle-France