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La pratique du luth en Nouvelle-France
par Paul Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)

un portrait de Maisonneuve luthiste
iconographie du luth portraits d'hommes au XVIIe siècle 1625-1649

vers 1625

Paul Chomedey de Maisonneuve, âgé de treize ans, entreprend son service militaire en Hollande.

PAOLINI Pietro (Lucques, 1603 ; Lucques, 1681), Italie, Lucques, CONCERT DE MUSICIENS ET DE CHANTEURS, vers 1625, huile sur toile, 119 x 201 cm, Genèse oeuvre en rapport : tableau presque identique conservé à l'Open Gate Club de Rome, Paris, musée du Louvre, achat par préemption en vente publique 1981, RF 1981-44. Vente : Versailles, palais des congrès, 1981/07/09, no 20. Bibliographie : Nouvelles acquisitions du Département des Peintures (1980-1982), musée du Louvre, Paris, 1983, p. 95.

 

avant 1626

On peut se demander si en tant que jeune soldat Paul Chomedey de Maisonneuve a pu apprécier le côté ludique de la pratique de luth tel que tenu par ce bouffon hollandais ! Ses hagiographes l'ont plutôt dépeint avec un penchant intimiste qui fuyait les débauches et libertinages.

HALS Frans (Anvers, vers 1581-1585 ; Haarlem, 1666), Hollande, LE BOUFFON AU LUTH, 1626 avant, huile sur toile, 70 x 62 cm. Genèse oeuvre en rapport :copie ancienne au Rijksmuseum d'Amsterdam ; copie dessinée (1626) par David Bailly (1584-1657) également conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam ; copie ovale à l'arrière plan de la vanité au jeune peintre (1651) , toujours par Bailly, conservée au musée de Leyde ; autres copies chez Sotheby, Londres, 17/02/1981, no 81 et dans la petite histoire de l'art et des artistes de Hillyer et Huey, Nathan, p. 91 ; réutilisation de la copie d'Amsterdam dans l'hommage to Frans Hals de Sean Keating (1889-1978), conservé à la national gallery of Ireland (Dublin). Inscription : monogrammé ; inscription (ancienne, revers), « FH (INITIALES ENTRELACEES) F (ECIT) (M.H.D.) ; ETIENNE LEROY (A L'ENCRE, SUR LA TOILE) », Paris, musée du Louvre, dation 1984, RF 1984-32. Appartenances : Mauritsz Laurens, Amsterdam (?, 1669) ; Leroy Etienne, Bruxelles (marchand, avant 1873) ; Rothschild Gustave de, Paris ; Rothschild Robert de, Paris ; Rothschild Alain de. Bibliographie : NOUVELLES ACQUISITIONS DU DEPARTEMENT DES PEINTURES (1983-1986) , PARIS, R.M.N., 1987, P. 78-81. Commentaires : cadre en bois et plâtre dans le goût hollandais riche de la deuxième moitié du XIXe siècle ou du tout début XXe siècle provenant du fonds du Louvre.

 

1625-1649

Cet « homme accordant son luth » a été peint durant la période où Paul Chomedey de Maisonneuve fait son service militaire en Hollande. Il a probablement été influencé par les musiques et musiciens qu'il aurait pu entendre en Hollande.

ANONYME, D'APRÈS THEODOR ROMBOUTS, Flandres 2e quart 17e siècle, HOMME ACCORDANT SON LUTH, huile sur toile, 70 x 79, copie du tableau de Rombouts conservé dans la coll. Johnson à Philadelphie, Paris, musée du Louvre, legs 1869, MI 933. Appartenances : La Caze Dr Louis. Bibliographie : DEMONTS 2413, P.100, P.190 ; C.S.I. I, P.114. Attribution : HONTHORST (DEMONTS) ; MOLENAER J.M., ? (DEMONTS).

 

1625-1649

 
Abraham Bosse (1602-1676) et , Jeune seigneur jouant du luth et chantant, vers 1625-1649, gravure.

 

1628

Ces beaux oiseaux chantent avec vigueur les beautés et les charmes de la vie. Un luth en position phallique pénètre la figure pulpeuse de cette chanteuse.

D'après Dollier de Casson c'est exactement ce genre de libertinage que cherchait à fuir le jeune mystique Chomedey en pratiquant le luth dans ses temps de loisirs.

Par contre Marie Morin fait discrètement état des questionnements de Chomedey au sujet du mariage qui se seraient résolus par un vœu de chasteté perpétuelle.

Jacques Bizard possédait un luth. Il s'adonna aux plaisirs de la vie à Montréal entre 1677 et 1692.

BRUGGHEN HENDRICK TER, Hollande 1628, LE DUO, huile sur toile, 106,5 x 82,5, signé daté « H.T. BRUGGHEN FECIT 1628 », Paris, musée du Louvre, achat 1954, RF 1954-1. Appartenances : Neger Jean. Exposition : Utrecht, 1952 ; Anvers, 1952. Bibliographie : NICOLSON A 56 ; C.S.I. 1, P. 37.

 

1630-1640

Ce luthiste semble bien représenter ce dont Paul Chomedey de Maisonneuve aurait pu avoir l'air dans ses pratiques solitaires de son instrument au moment où il termine sa carrière militaire et choisit de répondre « oui » à l'invitation qui lui est faite de venir fonder et gouverner Montréal. À cette époque, avant son voyage, on doit l'imaginer avec des dentelles et linge fin tels que décrits par Marie Morin.

Aurait-il été exposé aux sublimes musiques des luthistes Gaultier : Ennemond dit Le Vieux (vers 1575-1651), Jacques (mort vers 1649, portrait gravé d'après Jan Lievens), Denis, dit Le Jeune, ou Gaultier de Paris (mort en 1672, peint par Lesueur jouant du luth au milieu d'une réunion d'amateurs) (Chauvel 1988) ?

Ou bien à celles publiées par l'imprimeur Pierre Ballard dans la décennie 1630-1640 par les luthites Robert Ballard, joueur de luth de la Chambre du Roi, et Mézangeau, musicien ordinaire du roi ; ou bien, Bouvier, Dubut et François Dufaut (Vaccaro 1976) ?

très grande photo
A late 1630's portrait that might be Jacques Gaultier, by Jean de Reyn.

« Le luth est estimé en France le plus noble de tous [les instruments], soit à raison de la douceur de ses chants, le nombre et l'harmonie de ses chordes, son estenduë, son accord, & la difficulté qu'il y a de le toucher aussi parfaitement, que les sieurs l'Enclos, Gautier, Blanc-rocher, Merville, le Vignon, & quelques autres qui vivent maintenant (Mersenne 1636, cité par Chauvel 1988). »

 

web Robert DEROME

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