Le « soleil » de 1681-1682 reçoit un pied permanent et une nouvelle lunule fabriquées à Lyon par Favier Frères vers 1854-1857

En 1821 on avait fait réparer l'ostensoir de 1681-1682. En 1854 et 1857 on le fit dorer et réparer de nouveau par l'entremise d'un certain « M. A. Villars ».

1854, mars. Payé à M. A. Villars pour avoir fait dorer l'ostensoir et 6 chandeliers de la Sacristie, notre part 5. 0. 0.

1857, mars. Pour avoir fait dorer un calice et ouvrage à l'ostensoir pour la même.

(« Registres pour la depense des trois mois de l'année et des Trois années qui va de août 1844 à janvier 1863 », Montréal, Archives des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, et transcriptions par Gérard Morisset.)

Les dictionnaires biographiques ne documentent aucun Villars à Montréal au milieu du XIXe siècle (Allaire 1908-1934 et DBC). Il s'agit alors probablement de l'un des commerçants de cette grande et importante famille lyonnaise. Ce correspondant était peut-être un parent du grand-vicaire François Sorbier de Villars (1720-1788), qui résida à Québec de 1744 à 1757 (DBC), avec lesquels les hospitalières ou les sulpiciens auraient pu garder des liens ?

Cette fois, les modifications à l'ostensoir furent majeures. On fit faire une base et une tige permanentes en bronze doré. On fit également faire une lunule en argent doré, peut-être à partir des matériaux de l'ancien ostensoir donné par Madame de la Basme. Ces travaux furent effectués à Lyon par la grande maison Favier Frères, spécialiste des objets religieux tant en bronze qu'en argent (Chalabi 1993, p. 146, n° 0515). L'ancien soleil d'argent de Pierre Loir, maintenant doré et malgré ses réparations nombreuses, était encore viable. Il surmontait désormais une nouvelle base et tige.

Reconstitution de l'apparence de l'ostensoir pour la période allant de 1854 à 1891 : le soleil est celui de l'ostensoir de Bécancour fabriqué à Paris en 1672-1677, placé sur la tige et la base fabriquées par Favier Frères à Lyon vers 1854-1857.

Favier Frères (actifs de 1824-1827 à 1976), Lyon, Lunule, vers 1854-1857, argent doré et verre, poinçon d'orfèvre FF, un soleil, Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Photo de la lunule Robert Derome. Photo des poinçons Gilbert Langlois.
Fragment de l'ancien décor de feuille d'acanthe qui décorait de 1854-1857 à 1891 le noeud de la tige.
 

Anonyme, Plaque gravée vissée sous la base de l'ostensoir « Donné aux Religieuses / hosp. de St. Joseph de / Montreal / 1682 », milieu XIXe siècle, cuivre. Photo Robert Derome.

On fit également préparer à cette occasion une plaque de cuivre gravée, soudée et rivetée sous la base de l'ostensoir portant cette inscription : « Donné aux Religieuses / hosp. de St. Joseph de / Montreal / 1682 ». Le texte et la plaque seront ultérieurement abîmés par des rivets lors de l'ajout de pierreries vers 1891.

 

Les vestiges-reliques de l'ostensoir de Pierre Loir donné en 1681-1682 par Madame de la Basme à Judith Moreau de Brésoles pour les Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.
web Robert DEROME