Pierre Loir (1628-1700) : le ciboire fabriqué entre le 3 juin et le 7 novembre 1681

Ce ciboire fut sauvé des trois incendies majeurs subis par le couvent en 1695, 1721 et 1734. Il nous apporte des informations historiques importantes par ses nombreux poinçons en très bon état de conservation. Tout d'abord le poinçon du maître orfèvre Pierre Loir, né en 1628, maître en 1651, décédé en 1700, et dont seulement deux autres objets sont conservés dans le patrimoine mondial. Le poinçon de charge de Paris permet de dater l'objet de la première partie du bail du fermier Paul Brion du Saussoy, soit du 1er octobre 1680 au 7 novembre 1681. Le poinçon de jurande, la lettre M, a été en usage du 3 juin 1681 au 10 juillet 1682. Par recoupement des dates entre ces deux poinçons, on peut donc conclure que ce ciboire fut fabriqué entre le 3 juin et le 7 novembre 1681. Comment alors expliquer que l'inscription sous la bate donne la date de 1682 : « POVR - LES - RELIGIEVSES - HOSP - DE - MONTREAL - 1682 » ? Très probablement parce que le ciboire faisait partie de la même commandite de Madame de la Basme, jusqu'à ce jour uniquement documentée pour l'ostensoir.

Pierre Loir (1628-1700), Paris, Ciboire, entre le 3 juin et le 7 novembre 1681, argent, hauteur 29 cm, inscription sous la bate « POVR - LES - RELIGIEVSES - HOSP - DE - MONTREAL - 1682 », Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Photos Robert Derome.

Poinçon de maître orfèvre : une fleur de lys, deux grains, PL, une croix.
Paris, poinçon de charge de Paul Brion du Saussoy I, en usage du 1er octobre 1680 au 7 novembre 1681 : une étoile avec un A au milieu et une fleur de lys au-dessus.
Paris, poinçon de charge pour les petits ouvrages de Paul Brion du Saussoy I, en usage du 1er octobre 1680 au 7 novembre 1681 : une fleur de lys avec un anneau au bas.
Paris, poinçon de décharge de Paul Brion du Saussoy I, en usage du 1er octobre 1680 au 7 novembre 1681 : une couronne.
Paris, poinçon de jurande en usage du 3 juin 1681 au 10 juillet 1682 : une couronne sur la lettre M.

Les vestiges-reliques de l'ostensoir de Pierre Loir donné en 1681-1682 par Madame de la Basme à Judith Moreau de Brésoles pour les Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.
web Robert DEROME