La notion de « vestige-relique »

Attribué à Pierre Loir (1628-1700), Paris, Ancienne base de l'ostensoir donné par Madame de la Basme, transformée et intégrée à l'arrière du soleil vers 1891, fabriquée entre le 7 novembre 1681 et le 10 juillet 1682, argent, doré vers 1891, Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Photo Gilbert Langlois.
Favier Frères (1824-1976), Lyon, Lunule frabiquée pour l'ancien soleil de 1681-1682 aujourd'hui disparu, vers 1854-1857, argent doré. Photo Robert Derome.
Favier Frères (1824-1976), Lyon, Base et tige de l'ostensoir, vers 1854-1857, bonze doré.
Anonyme, Soleil, vers 1891, bronze doré, verre et pierreries.
Hauteur totale de cet ostensoir composite, 74 cm.
Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, 987X528. Photo Robert Derome.

Favier Frères (1824-1976), Lyon, et Anonyme (vers 1891), Fragments des anciens décors de la base et de la tige, ainsi que de l'ancienne lunule et d'un rayon brisé du soleil, contenus dans une boîte de bois portant une inscription manuscrite sur papier datant vers 1891, bronze doré, boîte de bois, papier. Photo Gilbert Langlois.

La religion catholique repose pour beaucoup sur le dogme de la transsubstantiation, c'est-à-dire le changement du pain dans le corps du Christ et du vin en son sang, au coeur du rituel religieux dans la célébration de l'Eucharistie. C'est ce mystère qui est vénéré par la dévotion du Saint-Sacrement, sous forme de la grande hostie du prêtre, exposée dans la lunule de l'ostensoir. Selon ce dogme, la plus infime parcelle d'hostie est la personne totale du Christ. Ce même principe a été adapté aux reliques des saints. Une petite parcelle des reliques de son corps, ou même un vêtement qui a touché le corps du saint, devient une représentation totale de la personne du saint et est vénérée comme telle. Cet ostensoir participe donc de cette même tradition. Bien qu'il ne subsiste qu'une toute petite parcelle, même très transformée, de l'ostensoir original commandité par Madame de la Basme à l'orfèvre Pierre Loir, celle-ci est suffisante pour conférer à tout l'ostensoir ses qualités originales liées à la fondation de la communauté. À sa manière, cet ostensoir participe donc profondément au mystère de la foi catholique, au mythe fondateur et à l'histoire de la communauté des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph à Montréal. Quant à la notion de vestige elle découle davantage de l'archéologie et de la conservation patrimoniale dont l'idéologie ne s'est développée que plus récemment.

 

Les vestiges-reliques de l'ostensoir de Pierre Loir donné en 1681-1682 par Madame de la Basme à Judith Moreau de Brésoles pour les Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.
web Robert DEROME