Le remplacement, vers 1891, de l'ancien soleil de 1681-1682

L'ostensoir tel qu'il apparaît depuis 1891. Favier Frères (1824-1976), Lyon, Base et tige de l'ostensoir, vers 1854-1857, bonze doré. Anonyme, Soleil, vers 1891, bronze doré, verre et pierreries.
 
Reconstitution de l'apparence de l'ostensoir pour la période allant de 1854 à 1891 : le soleil est celui de l'ostensoir de Bécancour fabriqué à Paris en 1672-1677, placé sur la tige et la base fabriquées par Favier Frères à Lyon vers 1854-1857.

Les archives des hospitalières font état en 1891, pour les dépenses de l'église et de la sacristie, de quelques interventions sur l'ostensoir : « Réparé l'Ostensoir » pour $3,50 ; « Réparée une lunette d'ostensoir » pour $2,50. Mais les interventions effectuées à cette époque eurent une ampleur beaucoup plus grande.

En effet, on jugea que l'ancien soleil de 1681-1682 n'était plus adapté au goût du jour. On le détruisit pour le remplacer par un modèle plus grand, plus élaboré, plus étincelant et orné de pierreries. D'autres pierreries furent également ajoutés sur la base et la tige à cette occasion. Un lapidaire devrait être consulté pour identifier et évaluer ces pierreries.

L'artisan qui a effectué ces modifications et ajouts était cependant beaucoup moins habile que les Favier Frères, ce qui est très perceptible dans la structure de fabrication du soleil. Lorsqu'on examine le soleil de profil, on distingue très nettement le rudimentaire et inesthétique assemblage de deux plaques de bronze superposées avec leurs boulons et écrous. Notons également le très mauvais lien de fer blanc peinturluré entre ce soleil et l'ancienne tige. Finalement, le métal est très différent de ceux de la base et de la tige.

C'est à ce moment là que l'on intégra à l'endos du soleil l'ancien pied abîmé de l'ostensoir de 1681-1682, qui avait été précieusement conservé, et que l'on transforma radicalement à cette occasion. On augmenta aussi le format de la lunule pour une plus grande dont il ne reste aujourd'hui qu'un fragment conservé avec plusieurs autres dans une boîte de bois. La lunule fabriquée par Favier Frères au milieu du XIXe siècle n'était donc plus utilisée et elle sera recyclée ultérieurement sur un autre ostensoir.

Un des objectifs de cette transformation radicale, était de pouvoir exposer le Saint-Sacrement sous la forme d'une hostie beaucoup plus grande. En effet, l'ancien soleil de Pierre Loir avait été pourvu, vers 1854-1857, d'une lunule traditionnelle d'un format moyen. En 1891, la nouvelle lunule, dont il ne reste qu'un fragment, était beaucoup plus grande. Aujourd'hui ce soleil utilise une nouvelle lunule fabriqué à Montréal au milieu du XXe siècle par notre grand orfèvre Gilles Beaugrand.

Anonyme, Soleil (détail du recto), vers 1891, bronze doré, verre et pierreries. Photo Gilbert Langlois.
Anonyme, Soleil (détail du profil), vers 1891, bronze doré, verre et pierreries. Photo Gilbert Langlois.
Attribué à Pierre Loir (1628-1700), Paris, Ancienne base de l'ostensoir donné par Madame de la Basme, transformée et intégrée à l'arrière du soleil vers 1891, fabriquée entre le 7 novembre 1681 et le 10 juillet 1682, argent, doré vers 1891, Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Photo Gilbert Langlois.
Fragments de la lunule et d'un rayon du soleil de 1891.
Favier Frères (actifs de 1824-1827 à 1976), Lyon, Lunule, vers 1854-1857, argent doré et verre, poinçon d'orfèvre FF, un soleil, Montréal, Religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Photo de la lunule Robert Derome.
Anonyme, Lien entre la tige et le soleil (détail), vers 1891, fer blanc peint. Photo Gilbert Langlois.

Les vestiges-reliques de l'ostensoir de Pierre Loir donné en 1681-1682 par Madame de la Basme à Judith Moreau de Brésoles pour les Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.
web Robert DEROME