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Les sources iconographiques
des portraits fictifs du père jésuite Jacques Marquette


1910 Alfred Laliberté

Anonyme, Le Père Jacques Marquette, matrice, bois cuivre métal papier adhésif, bloc en bois de forme rectangulaire sur lequel est clouée une plaque en cuivre, image gravée sur la plaque, image imprimée sur papier collé au dos du bloc, 8,2 x 4,8 cm, Québec, Musée de la civilisation n°1992.4685. Source: Artefacts Canada.

Alfred Laliberté, Marquette, 1910, maquette en terre cuite du monument, 35 x 20 x 12 cm, titré sur la terrasse « Marquette », signé sur la plinthe « A. Laliberté », Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal, Don du Dr et Mme Robert Pager, 1991.25.

Alfred Laliberté, Jacques Marquette, sculpture, 1910-1911, bronze, Québec, façade du Parlement.
Photos Collection Assemblée nationale du Québec.

« En 1910, Laliberté reçoit sa première commande prestigieuse : il est chargé par le gouvernement provincial d’exécuter deux statues destinées à la façade de l’Hôtel du Parlement à Québec. Ce vaste chantier, élaboré par l’architecte Eugène-Étienne Taché vers 1880, comprend un important programme statuaire devant former un véritable panthéon des gloires nationales. Jusqu’alors, seuls les services de Louis-Philippe Hébert avaient été retenus pour la réalisation de ce programme. À l’instar d’Hébert, Laliberté retourne à Paris afin d’exécuter et de faire couler en bronze les figures en pied (grandeur nature) de deux missionnaires jésuites, les pères Jacques Marquette et Jean de Brébeuf. À son retour au Canada en 1911, le sculpteur ramène les deux statues qui sont installées sur la façade de l’édifice. Les journalistes québécois ne manquent pas de rappeler que Le Père Marquette a été présenté au Salon à Paris au printemps 1911 et qu’il a attiré les éloges des critiques français. » Source.

N'est-il pas étonnant de voir Alfred Laliberté s'inspirer de si près du modèle américain de 1869 Lamprecht alors qu'il est allé à Paris pour réaliser son oeuvre ? Le mouvement du bras est même un peu gauche et exagéré dans sa longueur et sa raideur...!

Laliberté a conservé plusieurs éléments du concept original de 1882 Taché où l'influence de 1869 Lamprecht était déjà inscrite : positions des bras, cheveux et barbe courte, croix à la ceinture, jambes largement écartées comme pour monter en canot. Ce dernier geste est également présent dans les sculptures de 1896 Anonyme et 2005 Knepper. Laliberté représente donc Marquette à la fois comme découvreur et missionnaire.

Quant à Louis Jolliet, il devra attendre en 1928 avant de trouver sa place au Panthéon national par l'oeuvre de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté.

Eugène-Étienne Taché, Marquette, détail du plan Édifices publics de la Province de Québec, Parlement, Élévation du campanile, 1882, 2,43 x 1,89 m, BANQ. Photo : collection Assemblée nationale du Québec, photographe Francesco Bellomo. Voir 1882 Taché.

 

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