Mythes archéologiques

Au milieu du XIXe siècle, les intellectuels intéressés par l'histoire et ses artefacts utilisaient volontiers le terme « archéologie » afin de l'appliquer à l'étude des « choses anciennes », que l'on nomme souvent aujourd'hui oeuvres d'art, de notre pourtant récent passé colonial. À titre d'exemple, Jacques VIGER a publié en 1850 un ouvrage qui cristallisa cette appellation : Archéologie religieuse du diocèse de Montréal.

Pierre-Louis MORIN a créé des images, car il voulait reconstituer un passé pour lequel il n'avait pas retrouvé de sources, que ce soit pour les personnages, l'architecture ou l'urbanisme. On peut donc le qualifier de « créateur d'images archéologiques » qui ont amené leur lot d'anachronismes et de mythes encore aujourd'hui véhiculés, car les humains ont besoin de « voir ». Et malgré qu'ils sachent que l'image est fictive, fausse ou créée de toute pièce, elle continue à être reproduite.

C'est là le lot du mythe, surtout lorsqu'il réfère aux fondations d'une civilisation. Lorsqu'il raconte une histoire sacrée. Lorsqu'il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements.

Salluste, un historien latin, dit que le mythe est « la relation d’un événement qui n’a jamais eu lieu à propos d’une chose qui existe depuis toujours ».

 

web Robert DEROME