La « médaille » du baron de Fouencamps et l'iconographie de la Vierge à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

La découverte de cette « médaille »

Index

« Pour remplacer Monsieur Henri Legrand, l'incomparable chapelain de Bon-Secours, les autorités de Saint-Sulpice allèrent choisir un prêtre qui avait consacré toute sa vie sacerdotale à l'éducation de la jeunesse au Collège de Montréal avec une ardeur jamais démentie, de 1909 à 1942.

Monsieur Désiré Waddel, à soixante ans, comme d'ailleurs aujourd'hui encore dans son ministère à Saint-Jacques, apportait à Bon-Secours une santé robuste, un enthousiame communicatif, une profonde piété et surtout un grand et surnaturel amour des jeunes auxquels il avait donné le meilleur de sa vie.

Pour les élèves de Bon-Secours, il se dépensa sans compter ; constatant le manque de locaux pour les divertir, il transforma en 1945 la vaste cave sous le sanctuaire, qui avait servi jusqu'ici de réserve pour les cierges, de salle pour les cendres des fournaises ou même de local pour l'enseignement ménager. Il fit donc dégager cette pièce voûtée, couvrit le parquet de ciment, y aménagea un escalier, dressa une élévation de bois en guise de théâtre.

Comme le Service de sûreté exigeait la percée d'une porte de sortie sur la rue des Commissaires [indiquée par la flèche rouge sur la photo ci-dessous], en agrandissant une fenêtre on découvrit avec émotion les plaques commémoratives de la fondation des chapelles de 1675 et de 1771. Le chapelain dressa un procès-verbal de cette découverte qu'il enfouit au même endroit et garda les deux précieux souvenirs qui, aujourd'hui se trouvent au Musée de Mère Bourgeoys qui occupe exactement le local alors aménagé par M. Waddell comme salle de récréation (Delorme 1960, qui était lui-même chapelain de Bonsercours en 1957-1962). »
La voûte en cul-de-four construite entre 1771 et 1773.
Photo Bernard Dubois, Musée Marguerite Bourgeoys (
Simpson 2001, p. 70).

 

Bien que Delorme ne mentionne pas cette « médaille » dans cet article, elle faisait bien partie de la découverte selon les informations publiées dans les journaux à l'occasion de cette découverte (A.P., « On découvre la plaque d'érectiion de la première église de Montréal », Le Petit Journal, 3 février 1946, p. 8 et 16, collaboration Musée Marguerite-Bourgeoys).

La plaque de fondation de 1675 mentionne que cette « medaille de cuivre de la Ste Vierge » a été enfouie dans les fondations de la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Elle y resta donc invisible jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Le 29 juin 1771, monsieur Louis Jollivet, douzième curé de N.-D., atteste que l'on a retrouvé cette « médaille » dans les fondations de la première chapelle incendiée en 1754. Il atteste de plus qu'elle fut de nouveau enfouie dans les fondations, la dérobant ainsi aux regards pour près de deux siècles jusqu'en 1945 :

« apres avoir replacé la première pierre de l'ancienne église avec la plaque de plomb et la medaille de la Ste. Vierge qu'on avait Trouvée en Creusant les fondements (Lapalice 1930) ».

En outre, cette médaille demeura inconnue au public et aux chercheurs jusqu'aux récents travaux de restauration d'envergure effectués à la crypte, au Musée et à la Chapelle à la toute fin du XXe siècle. Ce n'est qu'à cette occasion que l'on mis en valeur cet objet exceptionnel.

 

web Robert DEROME

La « médaille » du baron de Fouencamps
et l'iconographie de la Vierge
à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours