La « médaille » du baron de Fouencamps et l'iconographie de la Vierge à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

 La sculpture de Notre-Dame de Montaigu

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Ce portrait de Pierre Chevrier baron de Fouencamps est une fiction historique inventée au milieu du XXe siècle. On y représente la sculpture de Notre-Dame de Montaigu dont l'histoire est décrite ci-dessous. Existe-t-il un portrait authentique de Fouencamps ? Son Testament et son Inventaire après décès nous indiqueraient peut-être s'il en possédait un (Oury 1992b, p. 39-40, note 86, référence à Paris, Archives nationales, minutier central, LXXXIII, 205, 23 juin 1692) ?

Anonyme d'après un dessin d'Annette Joubert c.n.d., Portrait fictif de Pierre de Chevrier, baron de Fouencamps (1608-1692), tenant la sculpture de Notre-Dame de Montaigu dans sa main droite, 1958, mosaïque, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, Musée Marguerite-Bourgeoys, Photo Rachel Gaudreau.

Dans un deuxième voyage en France, en 1670-1672, Marguerite Bourgeoys demande des lettres patentes au roi pour les « filles de la Congrégation », qu'elle obtient en 1671. À Paris elle en profite pour rendre visite à Paul Chomedey de Maisonneuve qui habite chez les Pères de la doctrine chrétienne. C'est à Saulseuses, là où il réside à cette époque, que le baron de Fouencamps reçoit Marguerite Bourgeoys en avril 1672.

Je [Marguerite Bourgeoys] fus voir Monieur de Fancamp [Fouencamps] à Sauseuse [Saulseuses], lequel me voulut donner quelque chose pour mon retour ; ce que je refusai. Je dis que je voudrais bien avoir une grande image pour notre église, mais il ne s'en trouva point chez les sculpteurs de Paris... et il fallait partir. Messieurs Le Prêtre lui donnèrent celle qui y est à présent [à Notre-Dame-de-Bon-Secours] et Monsieur de Fancamp la garda quelques jours pour l'enchâsser mieux qu'elle n'était ; ce qui fit qu'il fut guéri d'une subite maladie dont il n'attendait que la mort ; il promit que s'il guérissait, il donnera trois cents livres pour bâtir la chapelle... (Oury 1991, p. 126, référence à Histoire de la Congrégation Notre-Dame de Montréal, 1ère partie, 1620-1700, vol. II, Montréal, 1913, p. 331-332.)

Anonyme France, Niche, 1672, bois, Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, photos Robert Derome.
Anonyme, Notre-Dame de Montaigu : Vierge miraculeuse à l'Enfant Jésus au globe, début du XVIIe siècle, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, « de la haulteur de six poulces ou environ », 6 pouces dans les anciennes unités de mesure françaises équivalent à 16,2 cm ou à 6 pouces et 3/8 en unités de mesures anglaises, Montréal, Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, photos Robert Derome.  

Ce récit de la main de Marguerite Bourgeoys est corroboré par d'autres sources d'archives de la même époque qui ont été transcrites par Lapalice 1930 [nous soulignons en rouge certains passages pour faciliter leur repérage] :

À la page 68 du premier régistre des délibérations de la Fabrique de N.-D. de Montréal, monsieurs Gilles Perot, deuxième curé missionnaire et premier curé d'office, inscrivait de sa belle main le rapport suivant :

Délibération pour la batisse de la chapelle de N.-D. de bonsecours, 1675, 29 juin.

L'An Mil six Cent Soixte et quinze Le Vingt et neuf Juin Jour et feste de St. pierre la Soeur Marguerite Bourgeois Superieure des filles de la Congregation de Nôtre dame de Monreal ayant representé a Mre Gilles Perot l'un des Prestres du Seminaire de St. Sulpice de Paris Seigneur de lad' Isle de Montreal et Curé de la paroisse de Cette Isle et aux Srs Jean Aubuclion et Jean Martinet Marguilliers de lad' Paroisse de pnt. en charge Le Sr Pigeon second Marguillier absent, qu'en l'année 1672 estant pour lors en france a Paris en son dernier voiage Messire Pierre Chevrier Baron de Fancamp Prestre Jadis premier Seigneur et propriétaire de Isle de monreal mist en depost entre ses mains une ancienne Image de Bojs de Nôtre Dame de montaigu de la haulteur de six poulces ou environ montée sur un pied d'estail fait d'un autre bois dans lequel est une relique de St. Blaise, qui lui avoit esté donnée par Messre. Le Prestre, aussy prestres, pour envoyer en lad. Isle de Monreal en la nouvelle france, a dessein d'y faire honorer la ste. Vierge, en l'honneur de la quelle cette Isle est dediée, et en laquelle lad. Marguerite Bourgeois l'apporta la meme année, et l'a placea l'an en suivant par l'ordre de Mre Gilles Perot Curé dud. Monreal, dans l'octave du St. Sacrement, en un petit apenty de bois fermé en forme de Chapelle, a quatre cent pas ou environ de Ville-marie en lad' Isle de Monreal eslevé sur un ancien fondement qu'avoit fait bastir lad' Marguerite Bourgeois il y a dix huit ans, par permission du R. P. Pijart Jesuitte, qui deservoit pour lors cette Eglise pour y faire bastir une chapelle en l'honneur de la ste. Vierge, qui a esté discontinuée jusqu'à la permission que donna depuis Messre. Jean dudouy grand Vicaire de Monseigneur L'Evesque de Petrée, Vcaire Apostoloque du st. Siege en ce pays, et a pnt. Evesque de Quebec, par la lettre missive en datte du 24e aoust 1673, de continuer la batisse de lad. Chapelle, depuis nommée notre dame de bon Secours, par Messre henry de Bernieres Grand-Vicaire de Mond. Seigr l'Evesque de Quebec pour y estre honorée en lad. Image sous le tiltre de son Assomption, comme il appert par sa lettre missive qu'il en a escrite a lad. Soeur Bourgeois le 4 Novembre 1674, Et d'autant que pour remplir les pieuses Intentions des Srs Le prestre comme appert par le certificat de la donation de lad' Image en datte du 15e avril 1672, et particulierement dud' Sr de fancamp bien-faiteur de lad' Isle qui a attesté par son certificat en datte du dernier jour d'avril 1672, avoir esté guery miraculeusement, au moyen d'un Voeu qu'il fit a Dieu sous l'Invocation de la ste. Vierge en lad. Image, de procurer la batisse de lad' Chapele aud' Monreal en son honneur, de donner comme il a fait Trente Pistolles pour ayder a la bastir, il est necessaire de travailler incessament a lad' batisse, et dy employer les d' trente pistolles argent de france, qui ont doublé en ce pays par le debit des marchandises, et autres aulmosnes que lad' Bourgeois a recueillies et fourny du sien pour ce faire : Requerant pour cet effet lad' Bourgeois, les d' Sr Curé et marguilliers, de vouloir conduire led. Oeuvre et le mettre a chef pour servir A la devotion publique et estre une annexe et dependance de leur paroisse a quoy ils ont Volontiers acquiescé, et eu la presence de Mre Gabriel Soüart prestre dud' seminaire, ancien Curé de lad' Paroisse, et a present superieur de messrs Les prestres et Ecclesiastiques dud' Monreal qui a agrée lad' proposition, et promis de donner sous le bon plaisir de monsieur de Bretonvilliers supérieur dud' seminaire de st. sulpice de Paris ; la Terre et l'emplacement de lad' Chapelle. Il a esté resolu que des ce d. jour on iroit en procession a l'Issue des Vespres de paroisse planter la Croix au lieu cy devant designé et commancé a creuser pour lad' batisse de la chapelle pour le lendemain ensuivant 30e et dernier Jour de Juin aller processionnellement a pareille heure Issue des Vespres poser la premier pierre avec les ceremonies ordinaires de la Ste. Eglise.

Et led' Jour et An feste de St. Pierre et de St. Paul, la procession s'est faite aud. Lieu designé, a l'Issue des Vespres avec concours de peuple ou led' Sr Soüart aud' Nom de Superieur a planté la Croix, pour l'absence dud' Sr Perot Curé incommodé.

Suit la copie des procès verbaux de trois miracles, dont l'un en faveur de monsieur de Fancamp, opérés par l'intercession de la S.-Vierge (Lapalice 1930).

Certificat de guérison de M. de Fouencamps
durant la semaine de Pâques de 1672

Archives de la Fabrique Notre-Dame de Montréal.

« Écrits personnels [du baron de Fouencamps]. Nous n'en connaissons que deux : l'un qui a été imprimé, le second, qui demeure encore à l'état de manuscrit. [...] 2. Certificat de guérison de M. de Fancamp, durant la semaine de Pâques de 1672 (Archives de la Fabrique Nore-Dame, à Montréal). » (Daveluy 1965, p. 108.)

certificat de mr de Fancamp d'un miracle opere en Sa persone par L'image Susdite 1672 . 30 . av

Montréal, Archives de l'Église Notre-Dame, Registre des délibérations des marguilliers, 29 juin 1675, transcription du document original qui ne semble pas avoir été conservé, p. 72-74 (collaboration du Musée Marguerite-Bourgeoys)

Je soussigné Pierre Chevrier Sieur de Fancamps Prétre indigne certifie à tous qu'il apartiendra que le quinziéme Avril dernier, Messieurs le Prétre m'ayant mis entre les mains une Image de la ste Vierge du bois miraculeux de Nôtre-Dame de Montaigu pour envoyer à Monreal en la nouvele-France afin d'échaufer d'autant plus la devo~on que les habitans de céte Ile ont à céte s.te Dame qui en est la Maitre[sse] que dés ce soir m'étant trouvé si mal que ie fut oblije à me métre au lit pour mon indisposition laquelle augmentant d'heure à au~e ie passé la nuit avec de grandes inquiétudes lesquelles furent suivies d'une dangereuse fluxion sur la poitrine dont tout le monde à p~nt qui en est ataqué ne dure que tres peu de tems étant la peste publique, ce qui me fit an trouver au Medecin qui trouva en moy des dispo~on dangereuses qui m'obligerent à rompre le carême, la Veine de Daque ayant été saigné fort penetré de crainte du succés de céte maladie ie m'adressés à céte Image que i'avois lors devant les yeux et luy dit avec confiance qu'elle allait à Montreal pour y faire paroitre les largesses de ses misericordes si elle vouloit en partant laisses malade son pauvre fondateur, que me vouloit me faire la grace de me guerir que ie publirois partout ses bontes procurerois de tout mon pouvoir le bâtiment de sa chapéle, et que pour la commencer ie luy ofrois et Voüois trente pistoles m'obtenant le têms de faire penitence aprés il me semble que ie demeuray sans veüe ni crainte de maladie quelque temps aprés sans aucun remede ny aide de la nature, ce me semble, il me survint un si grand débordement d'une bile enflammée que ie iettay qui étoit le foyer de mon mal, que ie me trouvé incontinent aprés entierement query, lequel debordem.t ne m'étoit iamais arrivé, en foy de quoy iaÿ écrit et signé ce present certificat le dernier iour d'Avril mil six cent soixante douze

Signé Chevrier de Fancamps

Donation LePrestre à Fouencamps
du 15 avril 1672

Acte sous seing-privé, Ottawa, Archives nationales, division des manuscrits (Daveluy 1965, p. 234-240)

Nous soussignez, Denys LePrestre, prêtre, et Louis LePrestre, sr de Fleury, frères, agés près de soixante ans Certifions à tous qu'il appartiendra, que, pour la dévotion que nous avons eue, dès le commencement de cette habitation de l'Isle de Montréal, en la Nouvelle-France, laquelle Isle est dédiée à la Sainte Vierge, nous avons tiré de notre chapelle domestique une ancienne image de bois de Notre-Dame. Cette petite statue de la hauteur de six pouces ou environ, montée sur son piédestal fait d'un autre bois dans lequel est une relique de saint Blaise, ladite image à nous laissée par le décès de la Dame LePrestre, notre mère, agée de plus de quatre vingts ans, qu'elle a toujours eue en grande vénération comme étant venue en ses mains après le décès du Révérend Père Léonard, capucin, provincial illustre dans son ordre, décédé agé environ de quatre vingts ans, lequel tant qu'il a vécu a eu pour cette Sainte Image une particulière dévotion, tellement que, par ce que dessus, il paraît que cette Saint-Vierge a été vénérée près d'un siècle, laquelle, pour être envoyée audit lieu de Montréal, nous l'avons mis ès-mains de Monsieur de Fancamps ce 15 avril mil six cent soixante douze.

[Signé] D. LePrestre [paraphe] L. LePrestre [paraphe]

Pierre-Denys Leprestre (1612-après 1672) était l'un des premiers et fidèles collaborateurs de la Société de Notre-Dame établie pour fonder Ville-Marie (Daveluy 1965, p. 234-240). Ce certificat nous permet de mieux cerner l'historique de cette sculpture avant sa venue à Montréal.

Son premier propriétaire, le père Léonard capucin, est Jacques Faure (1566-1641). Il n'était donc pas « agé environ de quatre vingts ans », mais de 75 ans à son décès. La sculpture ne peut donc pas être antérieure à sa naissance en 1566, ni postérieure à son décès en 1641. Faure était-il parent d'Angélique Faure, mieux connue sous le nom de Madame de Bullion, commanditaire des oeuvres religieuses de Ville-Marie ? Quand entra-t-il en possession de cette Vierge ? Avant son entrée chez les Capucins en 1587 à l'âge de 21 ans ? Ou plus tard dans sa vie sur laquelle nous n'avons pas davantage d'informations pour le moment (il faudrait consulter la source citée par Daveluy 1965, p. 239, note 7, référence à R.P. Godefroy, o.f.m. cap., Histoire des Capucins de la Province de Paris, Paris, 1950, tome II).

La biographie de la deuxième propriétaire, Madame LePrestre, est encore plus évanescente. Pour donner naissance à ses fils peut-ĂȘtre jumeaux vers 1612, Pierre-Denys et Louis, elle est donc née à la fin du XVIe siècle. Chose certaine elle est déjà décédée depuis un certains temps en 1672 puisque les frères LePrestre attestent alors que cette sculpture fait partie de leur « chapelle domestique ». Comme Madame LePrestre a vécu « plus de quatre vingts ans », elle est donc née avant 1592. Elle est décédée après 1641, date à laquelle elle reçoit la statuette après le décès du père Léonard avec lequel elle a certainement entretenu des liens étroits non précisés. Finalement, ce certificat atteste que « cette Saint-Vierge a été vénérée près d'un siècle ». Donc, elle a été obligatoirement été fabriquée plusieurs années après 1572, puisqu'elle n'est pas encore centenaire le 15 avril 1672. L'analyse de la la diffusion de la dévotion et l'iconographie de Notre-Dame de Montaigu nous incline à dater la Vierge montréalaise du début du XVIIe siècle, probablement après 1604.

Les documents d'archives du XVIIe siècle réfèrent à cet objet sous l'appellation « ancienne Image de Bojs de Nôtre Dame de montaigu de la haulteur de six poulces ou environ ». Notons que 6 pouces dans les anciennes unités de mesure françaises équivalent à 16,2 cm ou à 6 pouces et 3/8 en unités de mesures anglaises. Il serait intéressant d'avoir les dimensions exactes de la sculpture afin de la comparer à ces données. La copie, discutée ci-dessous, mesure quant à elle 15,4 cm.

La statuette montrélaise connut de très nombreux aléas de conservation et de localisations. Ils sont relatés dans Simpson 2001 (p. 86-87), mais surtout dans un feuillet qui accompagne une reproduction de cette sculpture vendue au Musée Marguerite-Bourgeoys.

Copie de la sculpture
vendue au Musée Marguerite-Bourgeoys

Hauteur totale de 15,4 cm

Force est de constater qu'il y a eu une rupture des mémoires entre le titre original trouvé dans les documents d'archives du XVIIe siècle et le titre actuel conféré à la copie de cette sculpture. En effet, on est passé du titre Notre-Dame de Montaigu à celui de « N.-D. de BON- SECOURS », celui qui apparaît gravé sur la reproduction vendue au Musée. Comment expliquer cette transformation ? Un relevé exhaustif et minutieux de la liste des appellations consignées dans les archives de la communauté au sujet de cette sculpture nous permettrait de connaître l'évolution de ses appellations au cours des siècles et d'y noter le changement d'appellation entre le titre d'origine et le nouveau patronyme emprunté à celui de la chapelle.

« On en est venu à appeler cette statuette Notre-Dame de Bon Secours parce que c'est devant cette statuette que l'on priait quand on venait à la chapelle (collaboration de Madeleine Huet, le 26 juin 2001). »

Quoiqu'il en soit, nous proposons de revenir, pour la Vierge de Montréal, au titre original donné au XVIIe siècle. Simpson 2001 propose « Statuette de la Vierge à l'Enfant, en bois de chêne, appelée "image de bois de Notre-Dame-de-Montaigu [sic]" dans les textes (p. 40 et 86-87). » Nous souscrivons à cette appellation, mais en inversant les termes. C'est-à-dire en privilégiant l'appellation d'origine, que nous faisons suivre de la description iconographique générique : Notre-Dame de Montaigu, Vierge à l'enfant Jésus au globe. Le globe est en effet un très important symbole iconographique qui réfère à l'universalité du message et de son pouvoir sur cette terre (Trudel 1967.12 ; Derome 2000a). Il recèle des relents évidents de l'iconographie du Moyen Âge. Les empereurs et les rois en ont d'ailleurs abondamment usé.

Par ailleurs, les miracles suscités par cette sculpture sont très abondamment documentés par les archives du XVIIe siècle. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons autant d'informations à son sujet. De plus, le bois de cette sculpture provient du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel où la Vierge originale de Montaigu est également reconnue pour ses miracles, de même que plusieurs des Vierges issues du même bois de chêne. C'est pourquoi nous proposons d'inclure cette spécificité historique et religieuse dans le titre de la Vierge de Montréal : Notre-Dame de Montaigu, Vierge miraculeuse à l'enfant Jésus au globe. Quant à la rupture des mémoires dont fut victime cette sculpture dans son appellation, c'est là un phénomène largement partagé par plusieurs autres oeuvres d'art du XVIIe siècle conservées au Québec, ce qui fait l'objet d'analyses sur la page qui suit.

 

web Robert DEROME

La « médaille » du baron de Fouencamps
et l'iconographie de la Vierge
à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours