Gravures dans l'Histoire des Canadiens-Français

Benjamin Sulte

Graveurs et imprimeurs français

 

Paris, le graveur Rebel et l'imprimeur P. Dien : XIXe siècle ?

Bien qu'il soit dûment signé, le portrait de Mère d'Youville est également un cas d'exception dans l'ouvrage de Sulte 1882-1884. En effet, aucune autre gravure ne partage ses caractéristiques. Toutefois, il démontre clairement la variété des sources d'approvisionnement de Thomas L. Wilson qui pouvait très bien utiliser des planches françaises ou américaines, récentes ou anciennes, pour les personnages qu'il voulait illustrer. François Beaucourt a peint plusieurs versions de son portrait tiré d'après l'effigie exécutée d'après nature par Philippe Liébert lors du décès de la religieuse.

Gravé par Rebel, imprimé par P. Dien, Paris, d'après un tableau de François de Beaucourt (1740-1794) vers 1792-1794, MARIE-MARGUERITE DUFROST DE LAJEMMERAIS VEUVE D'YOUVILLE fondatrice des Sœurs de la Charité de Villemarie, né le 15 Octobre 1701, décédée le 23 Décembre 1771. MARY MARGARET D'YOUVILLE (née Dufrost de Lajemmerais) foundress of the grey-nonnery at Villemarie (Montreal) Borne Oct 15th 1701, died Decr 23rd 1771, XIXe siècle ?, gravure, signé sous l'image « Tableau du temps. Imp. P. Dien, 32, r. Hautefeuille, Paris. Rebel sculp.t », Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.

 

Anonyme à la signature illisible : XIXe siècle ?

 

Examinons plus attentivement le mince échantillon de portraits signés dans Sulte 1882-1884. Le nom d'artiste d'une version du portrait de Marie Guyart, dite de L'Incarnation, est illisible. Tout comme Chomedey de Maisonneuve elle vécut au XVIIe siècle ; il s'agit donc d'un portrait historique. On note une déperdition et une adaption stylistiques d'après le tableau original attribué à Hugues Pommier (vers 1637-1686) ou les gravures de Jean Edelinck (vers 1643-1680), Jean-François Chereau (1680-1729) ou de Poilly au XVIIIe siècle (Martin 1988, p. 41-46). La gravure publiée dans Sulte semble bien amateure à côté de ces grands noms de la gravure française des XVIIe et XVIIIe siècles. On ne saurait dire si le signataire est un artiste montréalais, québécois, canadien ou français ? Par contre le style de cette œuvre est unique parmi les autres 122 gravures des huit tomes. Ses techniques de gravure et son style général démontrent sans aucun doute que le portrait de Paul Chomedey de Maisonneuve ne peut pas être de la main inconnue qui a signé cette gravure. Comme d'autres des gravures de Sulte 1882-1884, celle-ci pourrait être bien antérieure à la publication de cet ouvrage.

Anonyme, MÈRE MARIE, DE L'INCARNATION, XIXe siècle ?, gravure, signature illisible dans la gravure en bas à droite, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.
Détail de la signature et essai de surlignage en rouge...!

 

Imprimerie Villain, Paris

Le Musée du Nouveau-Brunswick conserve un exemplaire d'une lithographie de Louis-Joseph marquis de Montcalm (feuille 53,5 cm x 40,5, image 32,3 x 24,4, W1122 17160) dont ils identifient l'artiste comme étant Pierre-Louis Morin, le graveur « Imp. Villain, Paris » et la date « 1854 ». Il est donc fort probable que les portraits de Cartier et de Champlain, attribués à Morin, aient eu le même imprimeur à l'époque où l'artiste effectuait un de ses voyages de recherches à Paris.

Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886), JACQUES CARTIER, vers 1854, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.
Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886), CHAMPLAIN, vers 1854, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.
Pierre-Louis Morin (1811-1886), MONTCALM, vers 1854, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.

 

  web Robert DEROME

Gravures dans l'Histoire des Canadiens-Français de Benjamin Sulte