Gravures dans l'Histoire des Canadiens-Français

Benjamin Sulte

Photo Electrotype Engraving Company New-York
vers 1882-1884

 

Les portraits de Lemoyne de Bienville, de Cugnet et de Juchereau de Saint-Denis sont signés par « Photo Electrotype Engr. Co. NY ». Thomas L. Wilson a donc probablement fait exécuter d'autres planches chez cette entreprise commerciale de New-York dont l'historique reste à être documenté. La plus grande partie des portraits de Sulte 1882-1884 partage les styles, morphologies et techniques de ces trois gravures, incluant le portrait de Paul Chomedey de Maisonneuve.

 Photo Electrotype Engraving Company New-York, LE CHEVALIER DE BIENVILLE, Fondateur de la Nouvelle-Orléans, vers 1882, gravure, signé en bas à droite « Photo Electrotype Eng. Co. NY », Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.

Photo Electrotype Engraving Company New-York, François-Joseph Cugnet Jurisconsulte, vers 1884, gravure, signé en bas à droite « Photo Electrotype Eng. Co. NY », Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.

Photo Electrotype Engraving Company New-York, Le général Baron Juchereau de Saint-Denis Chef du corps du génie l'empire Ottoman, vers 1882, gravure, signé en bas à droite « Photo Electrotype Eng. Co. NY », Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance.

Tout comme Chomedey, les trois portraits ci-dessus sont ceux de personnages historiques tous décédés au moment de la parution de Sulte 1882-1884 : Jean-Baptiste Lemoyne de Bienville fondateur de la ville de Nouvelle-Orléans en 1718, Joseph-François Cugnet (1720-1789) et Pierre-Antoine Juchereau de Saint-Denis (1776-1850).

« CUGNET, FRANCOIS-JOSEPH, 1720-1789. Né à Québec d'un inspecteur des terres de la Couronne française et descendant d'une famille d'avocats parisiens, François-Joseph Cugnet étudia le droit chez lui et avec des avocats de Québec mais le scandale qui s'attacha à son nom à la suite de son emprisonnement à Saint Domingue signifia qu'il ne put obtenir de postes importants durant le régime français. Sa brillante carrière comme fonctionnaire commença avec la conquête anglaise. Ses connaissances de droit le rendirent vite indispensable aux gouverneurs Murray et Carleton ; et en 1768 il fut nommé Traducteur français et Secrétaire du Gouverneur et Conseil de Québec. À la demande de Carleton, il rédigea un certain nombre de traités de lois civiles, les premiers à être écrits à Québec, qui furent publiés en 1775 et qui jouèrent un rôle important dans le règlement légal de disputes, particulièrement celles qui concernaient la propriété foncière. En 1777, Cugnet fut également nommé Greffier responsable des rôles fonciers (McGill University Archives, Guide des sources d'archives à l'Université McGill, Fonds privés conservés à l'Université McGill, volumes 2 et 3, VII. Politics and Government, CUGNET, FRANCOIS-JOSEPH, 1720-1789). »

« JUCHEREAU [de Saint-Denys] Antoine (Bastia 1776 - Paris 1850). Fils d'une Pasqualini. Général de brigade. Baron à titre personnel pour Pierre Antoine JUCHEREAU de SAINT-DENIS (1776-1850) par lettres patentes du 22.07.1830. »

« Pierre-Antoine Juchereau de Saint-Denys, né le 14 septembre 1776, Bastia, servit au Canada comme capitaine dans un régiment anglais, migre en Turquie et y est intégré en qualité d'ingénieur en 1805, prit part à la bataille de Waterloo (du côté français cette fois), affecté à l'état-major de l'expédition d'Alger en mars1830, auteur de quelques ouvrages dont Histoire de l'Empire ottoman depuis 1792 jusqu'en 1844, décédé le 19 septembre 1850, Vierzon, Cher. Marié en août 1807, Constantinople (Istanbul), Turquie, à Georgiana-Fanny Humphreys (Société généalogique canadienne-française, Archives de Notules, Mémoires, Notule numéro 39, Les Juchereau de Saint-Denys sur quatre contiments). »

Ces trois portraits ont forcément été dessinés à partir de sources anciennes consultées par l'artiste et qui devaient pouvoir alors être trouvées au Québec. Il serait étonnant que ces portraits aient été dessinés à New-York là où les plaques gravées ont été produites chez « Photo Electrotype Engraving Company ».

« Dans une lettre du secrétaire de Wilson à Sulte du 30 octobre 1882 (Archives de l'Université Laval, fonds Malchelosse), le portrait de Maisonneuve est signalé comme étant "In Electrotype Corp [Corporation] Hands" en même temps que ceux de plusieurs autres personnages : l'honorable Morin, de Vallières, Lotbinière, Pierre Boucher, Colbert, juge Baby, Cauchon, Bourgeoys, Madame Mance, Dauversière, Plessis, en plus de Maisonneuve. L'hypothèse que d'autres gravures aient été faites par cette compagnie se confirme donc (collaboration de Patrice Groulx le 6 août 2001). »

Gravures exécutées par
Photo Electrotype Engraving Company New-York

pour les références voir la table de concordance

Artiste

Fauteux Signature

Titre normalisé

Morin, Pierre-Louis (1811-1886) attribué à, gravé par Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Chomedey de Maisonneuve, Paul (1612-1676)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Baby, Louis-François-Georges (1832-1906)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Boucher de Grosbois, Pierre (1622-1717)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Bourgeoys, Marguerite (1620-1700)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Cauchon, Joseph-Édouard (1816-1885)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Chartier de Lotbinière, Michel-Eustache-Gaspard-Alain (1748-1822)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Colbert, Jean-Baptiste (1619-1683)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.

Photo Electrotype Eng. Co. NY

Cugnet, François-Joseph (1720-1789)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.

Photo Electrotype Eng. Co. NY

Juchereau de Saint-Denis, Pierre-Antoine (1776-1850)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.

Photo Electrotype Eng. Co. NY

Le Moyne de Bienville, Jean-Baptiste (1680-1767)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Le Royer de la Dauversière, Jérôme (1597-1659)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Mance, Jeanne (1606-1673)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Morin, Augustin-Norbert (1803-1865)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Morin, Louis-Siméon (1831-1879)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Plessis, Joseph-Octave (1763-1825)

Photo Electrotype Engraving Company New-York.


Vallières de Saint-Réal, Joseph-Rémi (1787-1847)

   

La galvanotypie (electrotyping en anglais) avait été developpée en France et le procédé était très utilisé aux États-Unis et en Grande-Bretagne. « Des attestations démontrent l'utilisation française des termes 'électrotype' en 1870 et 'électrotypie' en 1842. 'Électrotypie' est un synonyme de galvanotypie (collaboration de Luis Nadeau). »

« Stereotyping and Electrotyping - The process of stereotyping, patented in France in 1829 [Luis Nadeau nous informe que ce procédé a plutôt été inventé en 1838. "En fait, le procédé remonte à au moins 1725, breveté en Écosse (Nadeau 1989-1990)."], consists of making a metal cast of a wood-engraving by means of a mould. Stereotyping was of major importance in the development of wood-engraving because it substituted metal for wood, and metal could be printed in the new machine presses. Invented roughly a decade later, electrotyping was an advancement on the stereotype and quickly superceded it. The process took longer but it produced a finer quality plate than stereotyping. Used in both the U.S and Great Britain for illustrations, the electrotype was popular in the U.S for text as well. The process includes the following: first, a mold of wax is impressed on the engraving or line block. The impression in the wax is then coated with an electrically conductive substance such as graphite. This mold is immersed in an electrolytic bath and a copper coating is deposited onto the surface of the coated wax. The wax is then removed and the copper surface is mounted onto plates and used to print the illustrations (Stanford University, Libraries, Dime Novels and Penny Dreadfuls, Guided Tour of Print Processes Black and White Reproduction. Pour une étude plus détaillée voir : Polymetaal, printmaking equipment, A technical dictionary of print making by André Béguin, Electrotyping.)
Collaboration from Dr. Ellen Fernandez-Sacco, October 10, 2000.

Welling's Photography in America gives a very brief description of the electrotype method (p. 294). There is general information on the development of the process in Michael L. Carlebach's The Origins of Photojournalism in America (Smithsonian Institution Press, 1992).

I found these references from the New-York Public Library Special Collections:

Photo-Electrotype Engraving Co. New York, Electrotype relief plates, A superior substitute for wood engraving at much lower rates, Special circular, [New York, D.G.F. Claass, 1881?], 31 p. illus. fol.. [Humanities-Gen Research Special circular *C p.v.4131]

Desloges sous le pseudonyme L. D. Renauld, Traité de galvanoplastie, Galvano-sculpture, galvanotypie.... Paris, A. De Vresse [186-], 20 p. illus. 17 cm. [Humanities-Gen Research *C p.v.4131 Label of L. Latouche pasted over imprint.]

King's Handbook of New York 1893 (pp. 964-965) has the New-York Photogravure Company, 137 West 23rd St.. They made "perfect pictures for artistic, scientific and commercial purposes, by special inimitable photogravure, photogelatine, and half-tone block processes." Perhaps they were connected to the earlier company mentioned, as they did the prints for Muybridge's Animal Locomotion, D. Appleton & Co, Scribners, Harper & Bros, among other publishers. They published a monthly magazine called Sun and Shade, and also maintained an extensive gallery for producing negatives of all sizes (to 24 x 40). Their President was Ernest Edwards, Art Director A.V.S. Anthony. Edwards made the first American photogravure style photos in the late 1880s.

Their competition was apparently F.A. Ringer Company, called "the largest printing plate establishment in the world (p. 971)." They exhibited at the Columbian Exposition, and this company seemed more commercial than the Photogravure Company. By the 1880's electrotype was already around for some 40 years [Luis Nadeau nous informe que ce procédé a été inventé en 1838 (Nadeau 1989-1990)]: Harper's Magazine used it for the first time in 1852. Company names may change to reflect the developments in these print technologies.

An earlier directory for the city of New-York (see: microfilm collection of US city directories) probably has the precise listing and perhaps even advertising for the Photo Electrotype Engraving Co..

 

web Robert DEROME

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