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La loi des monuments historiques : 23 mars 1922.

Diverses circonstances convergentes poussent un groupe d'intellectuels à réclamer la protection du patrimoine artistique. En février 1919 le notaire montréalais Gustave Baudoin publie un réquisitoire vibrant consacré à la désolation des monuments historiques canadiens, et plus particulièrement les églises du Québec (« Nos vieilles églises, La désolation des monuments historiques canadiens », Revue nationale, (février 1919), 16 p. [tiré à part].). En 1920 Émile Vaillancourt publie un livre balise sur l'école des sculpteurs des Écorres rassemblés autour de Louis Quévillon à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle (Une maîtrise d'art en Canada (1800-1823), Montréal, Ducharme, 1920, 112 p., ill..). En 1921, la vente aux enchères à Montebello du manoir de l'ancien chef partriote de la Rébellion de 1837-1838, Louis-Joseph Papineau, incite le juge Arthur-Aimé Bruneau à réclamer avec force « une loi identique ou à peu près, à celle de la France, classifiant nos monuments historiques et les mettant en la possession, sous la garde et le contrôle de l'État afin d'en assurer la conservation. » Ce mouvement est soutenu par un groupe d'intellectuels qui travaillaient dans ce sens depuis une trentaine d'années soit par leurs publications ou leur action dans des sociétés savantes telles que la Société de numismatique et d'archéologie de Montréal ou à la Société historique de Montréal : par exemple, les Victor Morin, Ægidius Fauteux, Olivier Maurault, Édouard-Zotique Massicotte, Gérard Malchelosse, Pierre-Georges Roy, et Ramsay Traquair avec ses collègues et adjoints de l'université McGill. Ce mouvement n'est pas sans rappeler celui des intellectuels français René de Chateaubriand et Victor Hugo qui avaient appuyé Prosper Mérimée dans la présentation de la première loi française de conservation des monuments. La loi québécoise sur les monuments historiques fut sanctionnée le 23 mars 1922 et le premier secrétaire de la Commission fut l'archiviste Pierre-Georges Roy (1870-1953). Sa contribution aux recherches et publications sur l'histoire de notre patrimoine est considérable.

Nourris à cette idéologie, les Pierre-Georges Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Marius Barbeau, Ramsay Traquair et Gérard Morisset, chacun à leur façon, et tel que Mérimée en son temps, se mettront à parcourir la province en quête d'édifices, d'objets, d'oeuvres d'art, de traditions ou de chansons anciennes.

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Page créée le 11 mai 1998.

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