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Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans,
Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, 505 p..

Ce maître livre publié en édition de luxe est l'apologie de la campagne, fruit des mouvements littéraires et artistiques de la décennie. On y retrouve l'influence de Pierre-Georges Roy (1870-1953), par le biais d'un organisme gouvernemental officiel voué à la protection du patrimoine, soit à titre de secrétaire de la Commission des monuments historiques du Québec. Très abondamment illustré, on y retrouve une grande quantité de photographies montrant le patrimoine, ainsi de des oeuvres de plusieurs artistes interprétant les valeurs de la société traditionnelle.


La page couverture illustre le propos traditionnaliste avec le thème de la porteuse de lait et la devise du Québec. Quelques décennies plus tard le thème du « porteur d'eau » allait devenir un cliché que rejetterait violemment la Révolution tranquille. L'illustration de l'endos, une croix de chemin, démontre l'emprise de la religion catholique.


« Horatio Walker, sachant bien qu'il avait créé une nouvelle icône du terroir, sélectionnera ce motif parmi tant d'autres pour symboliser un lieu, l'île d'Orléans, ainsi que le mode de vie de ses habitants. Cette icône, la quatrième variante de la laitière, servira à illustrer la couverture du livre de Pierre-Georges Roy, L'île d'Orléans. À vrai dire, le personnage, entouré d'un feston de feuilles d'érable et d'un cadre fleurdelysé, se donne comme l'emblême d'un peuple. La laitière incarne mieux que toute autre la devise du Québec : « Je me souviens ».
David Karel, Horatio Walker, Québec, Musée du Québec et Fides, 1986, p. 237.
Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, 505 p..


La table des illustrations s'étale sur 9 pages, plus une autre page pour celles en couleur. Parmi ces dernières on retrouve des oeuvres de Horatio Walker, Charles Huot, Charles Maillard, Cornelius Krieghoff et Clarence Gagnon.

Horatio Walker, Ploughing, the First Glean, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 96.
Cornelius Krieghoff, Lent, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 320.

Clarence Gagnon, The Ice Bridge, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 416.


Horatio Walker, Jacques Cartier Arriving before the Island of Orleans, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. VIII.

L'ouvrage fait également une large place à l'histoire, grande et petite, par exemple l'arrivée de Jacques Cartier ou des faux portrait de Samuel de Champlain et Chomedey de Maisonneuve (Denis Martin, Portraits des héros de la Nouvelle-France, Images d'un culte historique, Ville de LaSalle, Hurtubise HMH (Cahiers du Québec / Album), 1988, 176 p.). Ce mouvement de la commémoration historique avait été lancé par les historiens suite au dévastateur constat du Rapport Durham à l'effet que le peuple canadien-français n'avait aucune histoire ni littérature. Les illustrateurs et artistes avaient suivis. Et plus particulièrement lors de la construction du Palais législatif de Québec et l'impulsion des Napoléon Bourassa et Philippe Hébert (Derome 1977).

Louis-Philippe Hébert, Madeleine de Verchères, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 171.

Les valeurs traditionnelles du travail de la terre sont abondamment illustrées par des oeuvres d'Horatio Walker, de Charles Huot et du directeur de l'École des beaux-arts de Montréal Charles Maillard.

Horatio Walker, Way-side Shrine at Saint-Laurent, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 256.
Charles Huot, Old Man Godbout, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A.64 Proulx, Impimeur du Roi), 1928, face à la p. 64.

On retrouve çà et là plusieurs oeuvres d'art traditionnel ou photographies, illustrant de nombreux textes à caractère généalogique qui veulent démontrer l'importance de la transmission des valeurs à travers les générations et les métiers d'artisanat familial et la religion.

The Family of Mr. Adjutor de Montigny, Saint-Pierre, tiré de Pierre-Georges Roy, L'Ile d'Orléans, Québec, Commission des Monuments Historiques de la Province de Québec (Ls.-A. Proulx, Impimeur du Roi), 1928, p. 193.

L'île d'Orléans de Pierre-Georges Roy illustre bien le mouvement littéraire « Vieilles Choses, Vieilles Gens » si populaire dans les années vingt, et qui prenait pour acquis qu'un objet ancien valait automatiquement son pesant d'or patrimonial. Ce mouvement est loin d'être éteint tel qu'en fait foi une remise à jour de ces concepts par le biais d'une récente édition luxueuse consacrée par Michel Lessard à L'île d'Orléans qui perpétue l'utilisation des méthodes historiques, archivistiques, ethnographiques et anthropologiques combinées à l'histoire de l'art.

 

Michel Lessard, avec la collaboration de Pierre Lahoud, L'île d'Orléans, Aux sources du peuple québécois et de l'Amérique française, Montréal Les Éditions de l'Homme, 1998.

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Page créée le 11 mai 1998.

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