
Le thème de l'ange gardien a connu une grande popularité au Québec depuis le XVIIe siècle. Plusieurs paroisses lui furent dédiées ainsi que quantité d'oeuvres d'art.

Ce livre contient une dédicace de l'auteur à son ange gardien suivie d'une réponse de l'ange : « Je veux vous apprendre d'abord à mourir, dit-il, ensuite à vivre, puis à prier. Il serait ridicule de désirer une bonne mort, et de vivre mal [...] ». L'ouvrage contient une apologie de tous les saints anges, de même que des prières et des litanies. L'ange gardien protège l'enfant dès sa naissance, selon le modèle initié par l'archange Raphaël qui a servi de guide au jeune Tobie.

Il s'agit probablement d'une oeuvre de Pierre ou Paul Petrucci. Pierre est né à Montréal en 1921 et est actif à compter de 1936 dans l'atelier de Petrucci et Carli (1926-1972). Paul est né à Montréal en 1925 et est actif à partir de 1945 dans l'atelier T. Carli-Petrucci (1923-1965).
Robert Derome
Cet ange gardien en plâtre est reproduit à de multiples exemplaires. L'Archevêché de Montréal conserve dans ses réserves un ange gardien, de plâtre blanc et or, identique à celui du Musée des Hospitalières. Il porte l'inscription P*M DEPOSE dans un cartouche. Bernard Mulaire a aussi retracé un ange gardien en plâtre, signé T. CARLI, à la maison mère de la Congrégation Notre-Dame.
Ces deux anges ressemblent à l'ange gardien signé par Olindo Gratton et Philippe Laperle qui est daté de 1890 et conservé au Musée de la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Montréal. La main gauche des anges en plâtre a une courbure vers l'intérieur alors que la sculpture de bois présente un doigt qui pointe vers le ciel. Une question se pose, est-ce que l'ange de Gratton Laperle aurait servi de modèle aux statuaires de plâtre Petrucci ?
L'ange en plâtre des Hospitalières est vêtu d'une tunique et d'une chlamyde jaune décorée d'une bordure or. L'enfant porte une robe rose aussi bordée d'or. Les ailes sont teintées de bleu. Ces couleurs apportent une touche de dynamisme à cette statuette de l'ange gardien qui semble très répandue au Québec.
Danielle Lord

Cette savoureuse chromolithographie du milieu du XXe siècle correspond à la période des baby-boomers. Elle rappellera à plusieurs les valeurs de la famille véhiculées par la civilisation matérialiste américaine de la société de consommation où l'ange protège bien sûr les personnes, enfants et parents, mais aussi leur maison, leur automobile et leurs jeux.

L'archange Raphaël ou l'ange gardien, dont le nom hébreu signifie « guérison de Dieu », est intimement lié à la légende Tobie. « Il est à la fois le guérisseur du vieux Tobie et le guide du jeune Tobie ».
Généralement représenté vêtu d'un costume de pèlerin avec un bourdon, une gourde et une panetière, son attribut principal est le poisson ou le vase à remèdes. On le voit souvent en compagnie d'un jeune enfant. Cette représentation tire sa source de l'épisode de la Bible où Raphaël guide le jeune Tobie.
Les deux anges gardiens en plâtre gris, du Musée, comme la majorité des anges gardiens, sont sexués. Les traits de l'ange sont féminins lorsqu'il protège une fillette et masculins lorsqu'il protège un garçon.
Dans le catalogue de vente de Benziger Brothers de New York, nous retrouvons un modèle d'ange gardien similaire à l'ange gardien aux traits féminins et de mêmes dimensions. Les ailes de l'ange du Musée sont plus pointues alors que celles du catalogue sont plus arrondies. La grande différence réside dans le bras gauche qui est tendu à l'horizontale alors que l'autre correspond davantage à l'iconographie de l'ange gardien avec la main gauche qui pointe vers le ciel. Il est rare de retrouver deux anges gardiens qui se côtoient. C'est probablement ce qui explique la position particulière des bras. D'autre part, nous savons que les bras comme les ailes sont des éléments amovibles ; les statuaires peuvent donc en faire des variantes très facilement.
Le catalogue de DAPRATO STATUARY COMPAGNY, de 1916, présente des sculptures en « orbronze » pour tous les climats. Nous y retrouvons entre autre un ange gardien qui a sensiblement le même profil que notre ange féminin, mais son bras gauche pointe davantage vers le ciel et la petite fille porte une tunique au lieu d'une jupe. Cette compagnie américaine avait une succursale située rue Saint-Denis, à Montréal et ce, vers 1916.
Compte tenu des informations que nous possédons, il est impossible d'identifier les auteurs de ces anges, mais il est fort probable qu'ils aient été acheté chez T. CARLI comme la majorité des sculptures que cette institution possède.
Danielle Lord

Le style de ces magnifiques anges se rappoche de ceux qui représentent les neuf choeurs des anges qui décorent la chapelle du jardin de la communauté, érigée à la fin du XIXe siècle selon les plans de Victor Bourgeault.
Robert Derome
Bibliographie. Aurélia Stapert, L'ange roman dans la pensée et dans l'art, Paris Berg International, 1975, p. 367. Émile Mâle, L'art religieux après le Concile de Trente, Paris, p. 302.
