Les
faubourgs de
Montréal, |
Bourg et faubourgs. |
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| Le mot faubourg date du XIVe siècle et provient des termes « fors borc » (XIIe siècle) signifiant hors du bourg. Le terme faubourg désigne donc : la « partie d'une ville qui déborde son enceinte, ses limites ; quartiers périphériques (voir banlieue) ». L'ancien bourg de Ville-Marie était construit sur les modèles européens. Il possédait donc une enceinte et des fortifications qui furent détruites au début du XIXe siècle. | Comme toutes les villes prospères, Montréal a très rapidement débordé les limites de ses fortifications. C'est alors que ses faubourgs commencèrent à se former. Ce phénomène est fort bien documenté sur les cartes anciennes. L'identification des territoires des faubourgs porte à confusion. Afin de bien les circonscrire, il est essentiel de remonter aux sources et d'établir clairement leur évolution dans le temps et l'espace. |
Pointe-à-Callière : au sud-ouest, ne porte pas le nom de faubourg dans son appellation. Territoire en pointe situé au sud du ruisseau (actuelle rue d'Youville) jusqu'au fleuve, incluant l'ancienne résidence du gouverneur de Montréal dont elle porte le nom et l'ancien couvent des Soeurs Grises. Faubourg Saint-Anne : au sud-ouest du Vieux-Montréal. Saint-Gabriel. Griffin Town : au nord du Faubourg Sainte-Anne et ultérieurement intégré à ce faubourg. Faubourg des Récollets également appelé faubourg Saint-Joseph : immédiatement à l'ouest des anciennes fortifications du Vieux-Montréal. Faubourg Saint-Antoine : au nord-ouest du Vieux-Montréal le long de la rue du même nom, englobant une partie des actuels territoires de Westmount et de Montréal à l'ouest de la rue Saint-Alexandre. |
Faubourg Saint-Laurent : de Saint-Alexandre à Saint-Laurent. Faubourg Saint-Pierre : secteur compris entre les rues Saint-Laurent, Sherbrooke, Sanguinet et Saint-Norbert. Faubourg Saint-Jacques (Quartier Latin) : de Sanguinet (anciennement Saint-Denis) à Panet. Faubourg Saint-Louis : de Saint-Laurent à Sanguinet (anciennement Saint-Denis). |
Faubourg Sainte-Marie : de Panet à l'actuel chemin de fer. Faubourg à m'lasse : territoire résidentiel démoli occupé par la Maison de Radio-Canada. Faubourg Québec : ancien faubourg situé à l'est du Vieux-Montréal dont le territoire situé au sud de l'ancien ruisseau (actuelle autoroute Ville-Marie) est surtout industriel mais qui récupère une vocation résidentielle. |
1725 L'origine des faubourgs de Montréal. |
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Dès 1725 des résidences sont construites hors les fortifications. Ce sont les germes des futurs faubourgs. POINTE-À-CALLIÈRE au sud-ouest ne portera pas l'appellation faubourg. FAUBOURG DES RÉCOLLETS : à l'ouest, vis-à-vis la porte qui lui donnera son nom, plusieurs maisons forment déjà une agglomération. FAUBOURG SAINT-LAURENT : au nord, la porte de Saint-Laurent s'ouvre sur l'avenue du même nom avec quelques résidences à l'ouest et à l'est. |
FAUBOURG SAINT-LOUIS : au nord-est, tout près des fortifications, entre le ruisseau et le lac, trois maisons. FAUBOURG QUÉBEC : à l'est la porte Saint-Martin et le chemin du même nom conduisent vers Québec, on y aperçoit déjà deux maisons. Ce secteur ne portera pas le nom de Faubourg Saint-Martin, mais celui de la toponymie qu'adoptera plus tard cette porte des fortifications. Sous le Régime français, Ville-Marie est administrée par le gouverneur de Montréal ainsi que par l'intendant de la Nouvelle-France. |
1760 Le conquérant britannique inventorie ses nouvelles possessions. |
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Ce plan montre précisément les constructions exitantes des faubourgs Pointe-à-Callière, des Récollets, Saint-Laurent, Saint-Louis et Québec, tout en fournissant une rare et magnifique vue sur celles à l'intérieur des fortifications.
Bien que ce plan ne donne pas encore les noms des faubourgs, les embryons de 1725 donnent maintenant place à des agglomérations bien constituées. POINTE-À-CALLIÈRE au sud-ouest avec le couvent des Soeurs Grises. FAUBOURG DES RÉCOLLETS : à l'ouest avec une grande quantité de maisons sises sur trois rues. FAUBOURG SAINT-ANTOINE : au nord-ouest avec plusieurs maisons sur une seule rue. |
FAUBOURG SAINT-LAURENT : séparé en deux entités, une à l'ouest près du Faubourg Saint-Antoine et une autre de part et d'autre de la rue qui lui donne son nom avec déjà quatre autres rues orientées dans l'axe sud-nord. FAUBOURG SAINT-LOUIS : au nord-est, plusieurs maisons entre les fortifications et le ruisseau. FAUBOURG QUÉBEC : à l'est, une rue ouest-est donne naissance à plusieurs rues sud-nord avec une agglomération de plusieurs maisons. |
À partir de 1764 Montréal est administrée par des juges de paix.
« Il faut bien dire qu'à cette époque les besoins administratifs d'une ville étaient peu nombreux, en dehors de la protection contre les incendies, de la voirie et de la police. Comme la juridiction des juges de paix s'étend à tout le district judiciaire de Montréal, les limites territoriales ne juoent pas de rôle administratif précis ; d'ailleurs il semble bien que l'unité territoriale significative soit la paroisse. On se limite à ce moment des limites implicites de la toponymie : un inspecteur des chemins ne peut confondre le faubourg Saint-Joseph et le faubourg Saint-Laurent.
Après la Conquête, les limites territoriales du régime français sont à peu près intégralement conservées par les Britanniques. À cette époque, les faubourgs n'ont pas de délimitation officielle, juridique ; est faubourg tout ce qui est situé à l'extérieur des fortifications.
La première mention des noms des faubourgs et d'une division quelconque de la vieille ville en quartiers que vous ayons retrouvée date du 10 juillet 1766. À ce moment, les juges divisent la ville et les faubourgs en huit quartiers (wards) dans le but d'y nommer des fonctionnaires, chargés de voir au bon état des rues et à la fermeture des maisons louches. »
(GRSM 1972-1973, p. 3 et 8)
1790 Lois et codifications. |
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Au milieu du XVIIIe siècle les faubourgs prennent de l'expansion. En 1781 leur population totale est déjà plus nombreuse que celle de la vieille ville.
Arrive 1791 et l'Acte Constitutionnel ; Chambre d'Assemblée élective signifie circonscriptions électorales. Or les seules divisions existantes sont les paroisses, les seigneuries et les districts judiciaires. Aucune des trois ne pouvant servir, il faut en créer d'autres et c'est la naissance des comtés électoraux. À cette fin la ville de Montréal voit ses limites extérieures fixées, et elle se voit divisée à l'intérieur en deux circonscriptions qui prendront les noms originaux d'est et d'ouest.
Quand le lieutenant-gouverneur Clarke fixe les limites de la cité en 1792 le tissu urbain a depuis longtemps débordé les murailles. La proclamation reconnaît cet état de fait en englobant dans les limites juridiques de la cité de Montréal la vieille ville du régime français et ses faubourgs. Ceux-ci n'en conservent pas moins leurs caractéristiques : un nom qui les identifie, une vocation particulière dans l'ensemble urbain. Il était normal que ces regroupements humains pré-existants servent de base au découpage du territoire en quartiers.
En 1796, il devient nécessaire de revoir les lois relatives à l'entretien des chemins, rues et ponts. On utilise les limites paroissiales comme critère de division. Le cas des villes est traité séparément ; déjà, on peut sentir le besoin de limites spatiales plus précises. Si elle ne délimite pas non plus les faubourgs de Montréal, cette loi nous renseigne sur leur nombre et leurs noms ; on y trouve la Pointe-à-Callière, les faubourgs des Récollets (également appelé Saint-Joseph), Saint-Antoine, Saint-Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie.
En 1799 on modifie la loi de 1796 pour isoler la ville de la campagne dans les districts de Montréal, Québec et Trois-Rivières.
1801 Le Faubourg Saint-Pierre, une appellation méconnue. |
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La ville de Montréal est représentée sans ses fortifications qui seront démolies dans les années qui suivront. POINTE-À-CALLIÈRE au sud-ouest avec le couvent des Soeurs Grises. COMMUNE DE SAINTE-ANNE au sud-ouest avec au nord ST-GABRIEL. FAUBOURG DES RÉCOLLETS : à l'ouest. FAUBOURG SAINT-ANTOINE : au nord-ouest. |
FAUBOURG SAINT-LAURENT qui s'élargit. FAUBOURG SAINT-PIERRE au nord au Faubourg Saint-Laurent : compris entre les rues St Mary (Sherbrooke) au nord, Saint-Norbert au sud, Saint-Laurent à l'ouest et la ligne de l'actuelle rue Sanguinet non encore tracée à cette époque. FAUBOURG SAINT-LOUIS : au nord-est qui s'étend vers le nord à côté du Faubourg Saint-Laurent. FAUBOURG DE QUÉBEC au sud-est. |
1817 Démolition des fortifications et bornes des faubourgs. |
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« Mais la disparition des fortifications et la concession des terrains à des particuliers créent des problèmes auxquels Jacques Viger fait écho dans ses Observations en amélioration des lois des chemins... Entre autre, il est devenu difficile d'appliquer l'interdiction de construire en bois à l'intérieur de la ville les "anciennes et irrégulières limites de la ville et des faubourgs" ayant disparu. Ces questions, de même que la présence de noms de rues identiques amenèrent, nous dit Viger, les juges de paix à fixer la nomenclature des rues et les limites des faubourgs. Note 12 - Nous avons retracé cette nomenclature mais non les limites des faubourgs. Il est vrai que les rues sont énumérées par faubourgs, ce qui permet d'en connaître les bornes. Procès-verbaux des juges de paix, 19 juillet 1817, Archives de la Ville de Montréal. »
(GRSM 1972-1973, p. 10, note 12, référence à ces Procès-verbaux des juges de paix, volume 3, 1812-1818,pdf VM35-1_05_1812-1818op, p. 229-251)
À la session spéciale du samedi 30 août 1817 des Juges de paix [p. 229], « L'Inspecteur a fait rapport d'un Tableau Général des rues de la Ville et des Fauxbourgs de Montreal, avec remarques et observations. Ordonné qu'il soit fixé au Greffe de la Paix [p. 230]. » Suit le «Rapport de l'Inspecteur des chemins de Montréal», daté d'une autre écriture « Montréal, 19 Juillet 1817. » Suivi de « Extrait d'une Session Spéciale tenue par les Magistrats de Montreal, en leur Chambre d'audience, le 17 Mai 1817. Ordonné que l'Inspecteur fasse rapport, dans le Cours de Juillet prochain, de toutes les rues existantes dans la Ville et les Fauxbourgs [p. 230].» Le Tableau Général des rues est reproduit aux p. 232-251. » Voir la reproduction complète de ces pages en cliquant sur l'image à droite. Ci-dessous, le tableau récapitulatif de la dernière page. |
1825 Des faubourgs bien nommés et délimités. |
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Ce plan identifie clairement les noms des faubourgs et leurs délimitations territoriales. POINTE-À-CALLIÈRE au sud-ouest avec le couvent des Soeurs Grises. ST-ANN SUBURB à l'ouest au sud de la rue Wellington. GRIFFIN TOWN à l'ouest entre les rues Wellington et William. RECOLLET OR ST JOSEPH SUBURB : qui s'étiole vers l'ouest de part et d'autre de la rue Saint-Joseph (actuelle rue Notre-Dame). SAINT-ANTOINE SUBURB : qui s'étiole vers l'ouest de part et d'autre de la rue du même nom. SAINT-LAUWRENCE SUBURB : depuis le ruisseau au sud jusqu'à l'actuelle rue Sherbrooke au nord (dénommée St Mary à l'ouest de Saint-Laurent) ; de la rue Saint-Alexandre à l'ouest jusqu'à la rue Saint-Denis à l'est. |
SAINT-LEWIS SUBURB : au nord-est, un minuscule faubourg confiné au sud du ruisseau, entre le Champ de Mars à l'ouest et la rue Lacroix à l'est (l'ancienne portion sud de l'actuelle rue Saint-Hubert) ; aujourd'hui il ne reste que la moitié de cet ancien faubourg, soit les rues du Champ-de-Mars, Saint-Louis et Saint-Antoine, entre Gosford et Berri ; le faubourg se poursuit également vers nord entre les rues Saint-Denis et Lacroix (actuelle rue Saint-Hubert). QUEBEC SUBURB : à l'est de la rue Lacroix (l'ancienne portion sud de l'actuelle rue Saint-Hubert), avec une majorité de maisons au sud du ruisseau ainsi qu'un léger débordement vers le nord vis-à-vis l'ancienne rue Campeau et les actuelles rues Saint-André, de la Visitation et Panet. |
« [...] en 1825, l'inspecteur des chemins de Montréal, Jacques Viger, dans un rapport soumis à la Chambre d'assemblée, démontre l'insuffisance des lois existantes et propose presque une administration municipale. Mais il faudra attendre encore quelques années avant qu'une véritable administration soit mise sur pied. »
(GRSM 1972-1973, p. 4)
1830 City of Montreal. |
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1831 Loi créant la corporation de la cité de Montréal. |
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« Entrée en vigueur en 1833, elle met fin à l'administration des juges de paix et crée un conseil municipal dont les membres représenteront des quartiers. Ceux-ci sont au nombre de huit et dans leur description on retrouve la toponymie et les frontières héritées du passé. »
1 et 2 - Vieux-Montréal : la rue Saint-Joseph le divise en quartiers est et ouest.
3 - Quartier Saint-Anne : regroupe la Pointe-à-Callière et le faubourg Sainte-Anne. Territoire : au sud et à l'est, le fleuve ; à l'ouest, les limites de la cité ; au nord, la Petite rivière, la rue des Enfants Trouvés, la rue William et le prolongement de celle-ci.
4 - Quartier Saint-Joseph : l'ancien faubourg des Récollets. Territoire : au sud, les limites nord du quartier Sainte-Anne ; à l'ouest, les limites de la cité ; au nord, la rue Bonaventure ; à l'est, la place des Commissaires et la rue McGill.
5 - Quartier Saint-Antoine : l'ancien faubourg Saint-Antoine. Territoire : au sud, la rue Bonaventure ; à l'ouest et au nord, les limites de la cité ; à l'est, la place des Commissaires, la rue Sainte-Radegonde et son prolongement.
6 - Quartier Saint-Laurent : partie ouest de l'ancien faubourg Saint-Laurent. Territoire : au sud, la rue Craig ; à l'ouest, la place des Commissaires, la rue Sainte-Radegonde et son prolongement ; au nored, les limites de la cité ; à l'est, la rue Saint-Laurent.
7 - Quartier Saint-Louis : la partie est de l'ancien faubourg Saint-Laurent est rattachée à l'ancien faubourg Saint-Louis. Territoire : au sud, la rue Craig et la rue Saint-Louis ; à l'ouest, la rue Saint-Laurent ; au nord, les limites de la cité ; à l'est, la rue Lacroix et son prolongement.
8 - Quartier Sainte-Marie : l'ancien faubourg Québec également appelé Sainte-Marie. Territoire : au sud, le fleuve ; à l'ouest, la rue Lacroix et son prolongement ; au nord et à l'est, les limites de la cité.
Source : GRSM 1972-1973, p. 10-12.
1839 Les suburbs (faubourgs) et les circonscriptions électorales (wards). |
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Sur ce plan les faubourgs se voient inclus dans des circonscriptions électorales qui les recouvrent, les divisent ou leur imposent une nouvelle appellation. Le Vieux-Montréal est divisé en deux circonscriptions électorales : le WEST WART et le EAST WARD qui inclut dorénavant l'ancien Faubourg Saint-Louis dont l'appellation se déplace vers la circonscription électorale sise au nord du ruisseau. ST-ANN SUBURB au sud-ouest englobe maintenant les anciennes appellations de Pointe-à-Callière et de Griffin Town ; elle fait partie de la circonscription électorale du même nom. RECOLLET SUBURB et ST. JOSEPH SUBURB à l'ouest font partie de la circonscription électorale ST JOSEPH WARD. SAINT-ANTOINE SUBURB fait partie de la plus vaste circonscription électorale du même nom. |
SAINT-LAUWRENCE SUBURB est divisée en deux circonscriptions électorales : de la rue Aylmer jusqu'à la rue Saint-Laurent, le ST. LAWRENCE WARD ; de la rue Saint-Laurent jusqu'à l'actuelle rue Saint-Christophe le ST. LEWIS WARD, ancien nom de faubourg qui voit ainsi son appellation s'étendre à un territoire différent et beaucoup plus vaste. SAINT-LEWIS SUBURB : au nord-est, un minuscule faubourg confiné au sud du ruisseau, entre le Champ de Mars à l'ouest et la rue Lacroix à l'est (l'ancienne portion sud de l'actuelle rue Saint-Hubert) ; aujourd'hui il ne reste que la moitié de cet ancien faubourg, soit les rues du Champ-de-Mars, Saint-Louis et Saint-Antoine, entre Gosford et Berri. QUEBEC SUBURB occupe le sud de la circonscription électorale ST MARY'S WARD qui s'étend depuis l'actuelle rue Saint-Christophe jusqu'à l'actuel emplacement de la voie ferrée à l'est de l'actuelle rue Frontenac. |
1845-1893 Quartiers et annexions. |
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« Après 1840 [...], les structures municipales deviennent permanentes et on voit les divisions territoriales se stabiliser, presque se figer dans un immobilisme qui ne rend pas compte des dynamismes démographiques. »
(GRSM 1972-1973, p. 5)
« Les divisions territoriales les plus importantes à Montréal, au 19e siècle, sont les quartiers municipaux. Ceux-ci fourniront la base non seulement de la représentation municipale mais aussi de la représentation aux niveaux provincial et fédéral et de la compilation des résultats des recensements. L'origine des quartiers se retrouve dans deux réalités du régime français, la ville et les faubourgs. »
(GRSM 1972-1973, p. 7)
L'ancienne appellation française FAUBOURG donne place à la nouvelle appellation QUARTIER dans le cadre d'une administration municipale qui s'organise en étendant son territoire. Ces quartiers correspondent également aux circonscriptions électorales. L'appellation du FAUBOURG SAINT-LOUIS partie du sud près des fortifications a été élargie au nord puis a été remplacée par l'appellation QUARTIER SAINT-JACQUES. Elle a été transmise à deux nouveaux quartiers situés au nord de Saint-Jean-Baptiste, soit SAINT-LOUIS DU MILE END et CÔTE SAINT-LOUIS. La limite nord de la ville de Montréal se situait au delà de la rue Sherbrooke, probablement vers l'emplacement actuel de la rue Rachel. Les anciens faubourgs incluaient donc la portion sud de l'actuel PLATEAU MONT-ROYAL.
1919 Les quartiers changent de noms. |
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L'appellation LAURIER remplace Saint-Louis du Mile End ; notons que cette nouvelle appellation de ce quartier, qui rend hommage à Sir Wilfrid Laurier décédé la même année (1841-1919), identifie aujourd'hui la circonscription électorale fédérale Laurier Sainte-Marie. SAINT-LAURENT et SAINT-LOUIS semblables aux territoires du XIXe siècle, sauf que SAINT-LOUIS possède une autre section au nord de SAINT-JEAN-BAPTISTE. SAINT-JACQUES demeure, mais ne désigne plus que la partie sud alors que la partie nord s'appelle LAFONTAINE. L'appellation du FAUBOURG SAINTE-MARIE provient du fameux courant Sainte-Marie qui empêcha la navigation d'aller plus loin que l'actuel Vieux-Port. La partie ouest du FAUBOURG SAINTE-MARIE est renommée « PAPINEAU » ; on doit alors parler du Quartier Papineau et non pas du Faubourg Papineau ! Le territoire du nouveau FAUBOURG SAINTE-MARIE est donc réduite à partir de cette époque à la moitié est de l'ancien faubourg est est bornée au nord par le nouveau quartier DELORIMIER.
2002 L'Arrondissement de Ville-Marie change. |
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L'Arrondissement de Ville-Marie couvre globalement le territoire entre Atwater et la voie ferrée, et entre le fleuve et la rue Sherbrooke, soit le Faubourg Sainte-Anne, le Faubourg des Récollets, le Faubourg Saint-Antoine, le Faubourg Saint-Laurent, le Faubourg Saint-Louis, le Faubourg Saint-Pierre, le Faubourg Saint-Jacques, le Faubourg Sainte-Marie, le Faubourg Québec.
Le territoire de l'Arrondissement de Ville-Marie inclut le Parc du Mont-Royal ainsi que les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, le Vieux-Montréal, le Vieux-Port, le Parc Jean-Drapeau et tout le centre-ville.
Au NORD : limité par le Chemin Remembrance, la Voie Camilien-Houde, l'avenue du Mont-Royal, l'avenue du Parc, la rue University et la rue Sherbrooke.
À l'OUEST : limité par l'Arrondissement de Westmont sis à l'ouest du Chemin de la Côte-des-Neiges et de la rue Atwater, par l'autoroute Ville-Marie, la rue Guy, la rue Notre-Dame, la rue University, l'autoroute Bonaventure et le Pont Victoria.
Au SUD : limité par la Voie maritime du Saint-Laurent.
À l'EST : limité par la voie ferrée du C.P..
L'Arrondissement de Ville-Marie est divisé en trois districts : à l'OUEST le District de Peter-McGill ; au CENTRE le District de Saint-Jacques ; à l'EST le District de Sainte-Marie.
Le Dictrict de Peter-McGill recouvre une partie de l'ancien territoire du FAUBOURG SAINT-ANTOINE.
Le District de Saint-Jacques revoure une partie des anciens territoires des FAUBOURGS SAINT-ANNE et SAINT-ANTOINE ; il recouvre les anciens FAUBOURS DES RÉCOLLETS, SAINT-LAURENT, SAINT-PIERRE, SAINT-JACQUES et À M'LASSE à l'exception de leur portion nord située au delà de la rue Sherbrooke ; finalement il recouvre la partie ouest de l'ancien FAUBOURG SAINTE-MARIE.
Le District de Sainte-Marie recouvre la partie est de l'ancien FAUBOURG SAINTE-MARIE.
Appellations nouvelles et anciens faubourgs. |
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Les XXe et XXIe siècles ont ajouté leurs nouvelles appellations aux territoires des anciens quartiers et faubourgs, incluant souvent, partie ou tout de l'ancien bourg d'origine.
Quartier Latin.La nouvelle appellation QUARTIER LATIN découle naturellement de l'établissement récent de l'Université du Québec à Montréal dans ce secteur. Elle n'a rien à voir avec l'ancien emplacement dans ce quartier de l'Université Laval de Montréal au XIXe siècle. L'appellation QUARTIER LATIN a tout à voir avec les commerçants de ce quartier dont le territoire est défini uniquement en fonction de critères commerciaux dans le périmètre formé par les rues Sanguinet, Ontario, Saint-Hubert et Sainte-Catherine, autour de l'axe de la rue Saint-Denis. |
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District Saint-Jacques.Notons l'appellation « District Saint-Jacques » pour un territoite qui couvre le Vieux-Montréal, les Faubourgs SAINT-LAURENT, SAINT-PIERRE, SAINT-LOUIS, SAINT-JACQUES ET SAINTE-MARIE, une partie seulement de l'Arrondissement de Ville-Marie. |
Ce territoire couvre une partie de l'Arrondissement de Ville-Marie avec des appellations issues du jargon administratif de la fin du XXe siècle : le Plateau Mont-Royal ; le Centre-Sud. Quant au territoire nommé inadéquatement Ville-Marie, celui-ci n'a rien à voir avec la Ville-Marie primitive du Vieux-Montréal qui est comprise dans l'appellation « Centre-Sud » !
SDÉVM - Société de développement économique Ville-MarieIci encore, le territoire couvert recoupe plusieurs anciens faubrougs ainsi que l'ancien bourg d'origine. |
| Ce territoire couvre l'ancien bourg, plusieurs anciens faubourgs et plusieurs appellations créées aux XIXe et XXe siècles. |
Cette appellation n'est pas d'origine et semble remonter au XIXe siècle.
Voir ces recherches Google : Faubourg à m'lasse ; Faubourg à mélasse ; Faubourg à la mélasse.
Voir également ce texte :
Jeanne Corriveau, Réinventer le «Faubourg à m'lasse»,
Le Devoir, 13-14 décembre 2008.
Cette appellation date de la fin du XXe siècle.
Voir cette recherche Google.
Confusions autour de l'appellation « Faubourg ». |
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La popularité de l'appellation faubourg n'est peut-être pas étrangère à la création, en 1985 (pdf), d'un centre commercial de l'ouest (voir GoogleMaps) appelé FAUBOURG SAINTE-CATHERINE, près du Couvent des Soeurs grises (visible sur la photo à droite) et de l'Université Concordia. Cette nouvelle appellation semble avoir été adoptée par les jeunes générations revenues s'installer au centre ville. Par nostalgie de nos villages d'antan ? Chose certaine l'appellation est à la mode et s'est insérée dans diverses raisons sociales qui n'ont plus rien à voir avec les faubourgs d'origine...! |
L'appellation « CLSC des Faubourgs » date de 1996. La carte de son territoire désigne les secteurs « centre » (Faubourg Saint-Jacques) et « est » (Faubourg Sainte-Marie et Faubourg Québec). On y applique le nom FAUBOURG SAINT-LAURENT de façon inadéquate aux territoires recouvrant les anciens faubourgs DES RÉCOLLETS, SAINT-ANTOINE, SAINT-LAURENT, SAINT-PIERRE, SAINT-LOUIS et SAINT-JACQUES.
Notons également l'appellation CAISSE POPULAIRE DES FAUBOURGS DE MONTRÉAL créée le 1er novembre 1997 par la fusion de la Caisse populaire Desjardins Saint-Vincent-de-Paul de Montréal et de la Caisse populaire Desjardins Sacré-Coeur de Montréal.
Le mouvement Desjardins s'est également mis au goût du jour en nommant la « Caisse populaire Desjardins du Quartier-Latin de Montréal » suite à la fusion, le 1er septembre 1999, des caisses populaires Desjardins de Saint-Eusèbe, de Sainte-Catherine de Montréal et de Saint-Jacques de Montréal.
Ce territoire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) comprend le Vieux-Montréal qui, par son essence de BOURG d'origine par définition et par l'histoire, n'a jamais été un Faubourg...! Tout comme les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame...! Les Faubourgs ont donc phagocyté l'ancienne ville mère ! Cette nouvelle toponymie date de la création, le 1er juillet 1998, de la CSDM.
Cette toute nouvelle appellation n'a rien à voir avec les faubourgs, sinon un lien de parenté avec celle utilisée par la commission scolaire où elle est située (voir ci-dessus). Cette « nouvelle école », qui occupe les mêmes locaux que l'ancienne École secondaire Pierre-Dupuy, semble émaner d'une volonté de redorer le blason de la mauvaise réputation de celle-ci.
Phagocytage du bourg par les faubourgs. |
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Inclure dans le territoire des Faubourgs le BOURG d'origine est un non sens toponymique et historique...! (Voir Appellations nouvelles et anciens faubourgs et Confusions autour de l'appellation « Faubourgs ».) Jamais telle confusion n'aurait été faite en France où les parties anciennes des villes sont clairement identifiées et où les faubourgs sont également fort bien délimités en périphérie du bourg d'origine.
Comment alors expliquer qu'une telle confusion topographique et toponymique ait pu voir le jour à Montréal en rapport avec l'ancienne Ville-Marie d'origine ??? Voici quelques pistes de réflexion...
Les fonctionnaires qui ont présidé aux appellations qui concernent les Faubourgs habitent-ils ce territoire ou bien proviennent-ils des banlieues ? Connaissent-ils les réalités de ce territoire ou les ignorent-ils ?
L'ignorance généralisée du sens et de l'acception du mot FAUBOURG par la population francophone de Montréal, liée à l'ignorance de notre histoire. Pourquoi pensez-vous que le Québec se soit doté de la devise « Je me souviens » si ce n'est parce que notre population a une très forte tendance à ignorer son passé...! D'ailleurs que nous reste-t-il de la Ville-Marie d'origine détruite sous les constructions des XVIIIe, XIXe et XXe siècles ? (Pour plus d'information sur l'ancienne Ville-Marie voir cette page web.)
Notre position très particulière de francophones dans une mer d'anglophones en Amérique du Nord et surtout dans la très très bilingue Montréal, où l'anglais est omniprésent, pourrait expliquer l'origine de la confusion, d'abord par l'ignorance de la terminologie française, mais aussi par l'habitude très nord américaine de détruire ses anciens centres villes. La ville de Québec ne fait pas de confusion entre sa vieille ville et ses faubourgs...!
La renaissance de l'utilisation du toponyme faubourg pourrait remonter à la création du centre commercial le Faubourg Sainte-Catherine. Par effet d'entraînement cette nouvelle terminologie se serait répandue comme une traînée de poudre dans les raisons sociales, tout comme on l'a fait à Paris.
Depuis les années 80 on assiste au centre-ville de Montréal à un retour des banlieusards et des yuppies fatigués de traverser les ponts. On achète donc le patrimoine mobilier du centre-ville que l'on tranforme et habite. Ce mouvement est donc une migration. À l'origine de Ville-Marie cette migration partait du bourg pour aller vers les faubourgs. Aujourd'hui cette colonisation suit le chemin inverse : elle part des faubourgs et des banlieues pour revenir vers le centre. Le centre se trouve ainsi devenir un nouveau territoire colonisé, donc un nouveau faubourg. Pour s'en convaincre on n'a qu'à établir la liste des nouvelles constructions de multi-logements dans le Vieux-Montréal et sa périphérie depuis les années 1990. Les vestiges archéologiques de l'ancien Faubourg Québec n'ont d'ailleurs pas échappé au massacre...!
Les modifications profondes des structures montréalaises et des multiples paliers d'organismes et institutions qui y travaillent favorisent les décalages et confusions territoriales avec des topographies et des toponymies qui se recouvrent, se découpent, se partialisent et se concurrencent. On veut redonner au centre-ville un sens humain et y retrouver le confort du foyer. On a d'abord fondé la minuscule Ville-Marie à la Pointe-à-Callières, puis on l'a agrandie vers le Vieux-Montréal, puis vers ses faubourgs et ses quartiers, et finalement on l'a incluse dans l'immense territoire de l'actuel Arrondissement de Ville-Marie. Comme ce territoire est trop multiple et trop vaste, comme il recouvre trop de différents milieux de vies, on « re-faubourg-ise » ces milieux afin de leur donner une dimension humaine. On veut donc humaniser le centre-ville en le rendant plus habitable et sympathique.
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Bibliographie. |
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Mises à jour. |
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Juin 2026 — Nouvelle présentation et mise à jour des hyperliens. Aucune nouvelle recherche : les informations sont donc une radiographie historique des appellations en vigueur lors de la première publication du site en 2002.
Octobre 2015 — Refonte majeure et publication sur ce site web.
Septembre 2002 — Publication sur l'ancien site web qui n'existe plus de l'ARRFM
(Association des résidants et des résidantes des faubourgs de Montréal).