The flourishing of arts and literature in a German-English-Canadian family

William Bent Berczy (1791-1873), Louise-Amélie Panet-Berczy (1789-1862), ca 1815, water-colour with touches of white gouache on ivory, 5,8 x 4,5 cm, Ottawa, National Gallery of Canada, 39741. Photographic reproduction: Robert Derome about 1973, from a private collection.

William Bent Berczy (1791-1873), Self-portrait, ca 1813-1814, water-colour with gouache on ivory, 6,5 x 5,3 cm, Ottawa, National Gallery of Canada, 39740. Photographic reproduction: Robert Derome about 1973, from a private collection.

Amélie Panet studied at the Dames de la Congrégation and at various other schools in Montréal among them that of Charlotte Allamand-Berczy, where she learned to paint and speak several languages. After marrying the painter William Bent Berczy in 1819, she moved to Windsor and then to Toronto where she joined the ranks of high society. She settled on the Sainte-Mélanie d'Ailleboust seigneury in 1819 where she held salons and kept company with the elite of literate circles. Famous for her wit, she wrote many poems that remained unpublished for a long time. This portrait of Amélie shows that the Berczys, both father and son, were masters in the art of the miniature. It is the matching piece to her husband's self-portrait.

William Bent Berczy (1791-1873), Louise-Amélie Panet-Berczy (1789-1862), ca 1815, water-colour with touches of white gouache on ivory, 5,8 x 4,5 cm, Ottawa, National Gallery of Canada, 39741. Photo Robert Derome circa 1973.

William Bent Berczy (1791-1873), Self-portrait, ca 1813-1814, water-colour with gouache on ivory, 6,5 x 5,3 cm, Ottawa, National Gallery of Canada, 39740. Photo Robert Derome circa 1973.

 

 

In a letter to her nephew, Louise- Amélie said that:

"For the last twenty years I have had a post-mortem portrait of my father, the Honourable Pierre-Louis Panet, painted from life by my husband. I never had the courage to take it out. I have decided to hang it in the dining room. The likeness is very good and I will be able to enjoy it for the remainder of my life. Mine was a good father; a knowledgeable and spirited judge, yet very simple, and above all, a perfectly honest man [free translation of French]".

William Bent Berczy (1791-1873), Pierre-Louis Panet (1761-1812), 1812, water-colour and touches of white gouache on vellum paper, 12,7 x 10,5 cm, Ève Beauregard-Malak collection. Photo Robert Derome.

Women favoured letter-writing as a way to express themselves. Letters were not only central to social and family relationships, they were also a means to express one's thoughts out of the home and to have access to a public forum. Confined at first to a network of correspondence, the public forum slowly expanded as a result of the letters published in newspapers. In her letter, Louise-Amélie Panet-Berczy tells her friend in Québec about her day: managing the seigneurial manor-house, writing a petition, copying a plan, reading St. Augustine or the classifieds, and finally, writing this letter by candle light.

À part de ce que nous sommes dans le temps de la réception des rentes, qui suivant une vieille habitude, ne viennent qu'à « la queue du loup » j'ai à faire face de tous côtés; et pour vous donner une idée de ma situation , je vais vous décrire ma journée d'aujourd'hui, et elle est soeur besonne de toutes les autres : je commence.

Je me suis levée au jour pointant, pour chasser mes hommes de contre le Poële, qu'ils chérissent beaucoup plus que mon ouvrage. J'ai ensuite écrêmé le lait, donné le déjeuner des gens, fais mon café, ma passion mignonne, moi même pour l'avoir à mon goût, puis, comme de raison je l'ai bu. Faute d'avoir à qui parler durant mon repas. J'avais encore une bouchée à expédier, et la dernière ligne de ma lecture proposée à lire, quand deux habitants sont venus apporter leurs rentes. Me voilà maintenant à visiter le bled, à voir s'il est bon, s'il est sec, et pour te dire en passant, je n'ai rien vu de tout cela. Après, devant mes propres yeux, je l'ai fait mésurer dans le hangar Revenue à la maison j'ai porté cette transaction sur deux livres, et j'ai donné quittance. J'ai retenu encore quelque temps les censitaires, pour les questionner à la fin d'apprendre, s'ils avaient vendus ou achetés des terres hors la connaissance des Seigneurs, et par ce moyen, j'ai découvert qu'ils etaient tous deux en faute. J'ai pris note de ce qu'ils m'ont dit, et je n'ai pas manqué de leur faire une verte semonce. Lees voilà partis, bon me dis je, une affaire de plus de terminée! Je songe alors qu'en campagne le diner presse toujours sur les talons du déjeuner, j'y pourvois, et aussi à d'autres petits détails de ménage indispensables. Débarrassée de ce train je m'affuble de ma grosse-tête et je chausse mes sabots, et je vais voir si l'un de mes chétifs serviteurs, enfant du sol, comme disent les Patriotes, avance à battre le grain, ce que je l'engage fort de faire et si l'autre bouche les trous des etables, pour empêcher ceux qui lHabitent de souffrir trop des rigueurs de l'hiver, qui s'avance. Revenue de ma promenade et à peine réchauffée, voici venir deux Sucriers, remarquez le joli terme, c'est ainsi qu'on appele dans nos Montagnes, les gens qui font du sucre, ils viennent me demander à louer des sucreries, mais elles ont appartenues à d'autres, on n'est pas certains s'ils veulent les remettre au Seigneur; on est aussi concientieux, il faut donc s'enquérir d'eux de la chose. Mes nouveaux locataires y vont, et puis ils me rendent réponse. Pour faire les choses absolument suivant les règles je les fais aller consulter le Garde Forêt, et lui, aussi prudent que moi, les fait revenir vers moi; bref je ne conclus point avec eux; voila cependant deux grandes heures consommées pour rien, je m'en chagrine, je suis toute ahurie, et de plus toute enfumée, car chaque locataire ou chaque censitaire avec lequel j'ai la bonne chance de conférer ont épousés une pipe à laquelle ils sont très fideles. Je m'assied toute abasourdie; pourtant, au bout de quelques moments, mes idées se rassemblent, et elles me représentent qu'il n'est pas à propos de me repose, sur cela je m'approche de mon Pupitre et je me mets à travailler à une Requète, à la chambre d'Assemblée, dont mon mari a jeté six lignes en Anglais, sur le papier, et mon frère trois en français, mais écrits en caractères hiéroglyphiques. J'ajuste ces éléments hétéroclites de mon mieux. Au bas de la Requête ces mots : « Telque le plan annexé le démontre » mon mari l'a tiré, sans doute, avant son départ, mais il faut en faire un autre pour le Conseil, un pour le Gouverneur. Je me mets en frais de copier le premier, et de laver; j'avance joliment dans cet ouvrage quand le jour vient à tomber, je n'y vois plus clair je mets mon compas et mon pinceau de côté, et j'ordonne qu'on me mette un cheval sur la cariole, il faut absolument que j'aille à un petit quart de lieu, avant la nuit, dire un mot à un certain homme; en conséquence je m'apprète, me jetant un manteau sur les épaules; is quoi ? Je me sens faible, je ne sais pas ce que c'est : tiens tout d'un coup je me rappele que, poussé par une chose ou une autre, j'ai oublié de diner, mais la voiture est à la porte, je mangerai à mon retour. Je vas, je reviens, je dine par un souper d'une tasse de thé. Je n'ai encore que moi pour me tenir compagnie; elle ne me plait pas, je prend mon St Augustin, mais il m'a tout embrouillée, le malin, je le déprend, et je lis, pour me dévertir les annonces de maisons à louer et de choses perdues à retrouver dans une gazette. Mon souper et ma lecture se ressemblent, je les finis bien vite l'un et l'autre. Voila donc, à la fin, le moment arrivé de m'approcher du poöle; je m'y cantonne : il faut pourtant que je m'egaye me dis-je, que je chante un peu, et je ne sais comment, sans m'en appercevoir, je fais le choix de la complainte de la pauvre Reine Marie, que je chante par trois fois d'un ton melancholique. Cette récréation prend fin et me voici à présent occupée à vous fatiguer de la description de ma fatiguante journée; elle servira du moins à vous expliquer pourquoi, ayant faim et soif de vous voir, je ne profite pas d'une invitation qui me mettraient à même de satisfaire ces doux désirs.

Louise-Amélie Panet-Berczy, « Letter to one of her friends in Québec », Dailleboust, 20 november 1833, from Marthe Faribault Beauregard, La vie aux Illinois au XVIIIe siècle, Souvenirs inédits de Marie-Anne Cerré, Montréal, Société de recherche historique Archiv-Histo, 1987, p. 30-36.