Le luth en Nouvelle-France

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1534

1612

1642

1665

1680

Mythes

web Robert DEROME

Établissement de Ville-Marie en 1642.

     ◊ Bénigne fils du luthiste Jehan Basset.

Paul de Chomedey de Maisonneuve a très certainement joué du luth dans la nouvelle Ville-Marie appelée à devenir la Montréal que nous connaissons. Un de ses contemporains, le notaire Basset, a également pu apprécier cet instrument.

Anonyme, Jérôme Le Royer de la Dauversière,
XVIIe siècle ?, huile sur toile, dimensions inconnues,
France, Laval, Hôtel-Dieu (Mondoux 1942, p. 29).

Armoiries de la Société de Notre-Dame.

Armoiries de Paul de Chomedey de Maisonneuve.

Selon Dollier de Casson, toute la carrière de Maisonneuve avait été guidée par la « Providence divine » qui, depuis son enfance, le préparait à cette mission en tant que militaire de carrière. Mais si, pour résister en ce lieu aux incursions des « Sauvages », on avait besoin de gens soldats et résolus, on avait encore plus de nécessité d'un digne chef pour les commander (Dollier 1992, p. 32-33 et 53-54).

La Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France, est créée vers 1639-1641. Le père Charles Lalemant (1587-1674 DBC) recommande alors Chomedey au sieur Jérôme Le Royer de la Dauversière. Lors de leur rencontre, Maisonneuve accepte.

« [Chomedey] emploierait sa vie et sa bourse dans cette entreprise, sans vouloir autre chose que l'honneur de servir Dieu et le roi son Mre dans l'état et profession des armes qu'il avait toujours portées. Mr de La Dauversière, l'entendant parler d'un langage si chrétien et résolu, en fut tout charmé. Il le reçut comme un présent de la Providence divine, laquelle voulait accomplir son œuvre et l'offrait pour cet effet à la Compagnie naissante du Montréal. Aussi était-ce un homme digne de sa main. Il était aisé de voir qu'il en venait et était propre à réussir dans les desseins qu'elle avait sur cette Compagnie à l'égard de cette île. Quand le temps fut venu auquel elle voulait l'occuper à son ouvrage, elle augmenta tellement en lui cette appréhension de la divine justice que, pour éviter ce monde perverti qu'il connaissait, il désira d'aller servir son Dieu dans sa profession en quelque pays fort étranger [Dollier 1992, p. 32-33 et 53-54]. »

Reconstitution des vêtements des premiers montréalais par Francis Back. « Coiffé d'un bonnet rouge, l'homme à gauche porte un pourpoint et des hauts-de-chausses de serge grise. Son compagnon est en vêtements d'hiver : justaucorps et longue cape ou manteau (Landry 1992, p. 120-124). »

Portrait de Marguerite Bougeoys peint par Pierre LeBer le 12 janvier 1700, immédiatement après la mort de la religieuse.

Marie Morin (1649-1730 DBC) rédige, de 1697 à 1725, son manuscrit intitulé Histoire simple et véritable de l’établissement des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph en l’Île de Montréal, publié sous le titre Annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal d'où sont tirées toutes les citations qui suivent (Morin 1921 et Morin 1979, p. 68-72). Elle trace un portrait plus joyeux de Paul Chomedey de Maisonneuve, le décrivant comme un homme du monde « en aparance, car il était vraiment religieux en pieté, devotion ».

« Il estoit sans pareil en constance dans l'adversité. Ce qui auroit atristé un autre ou mis en colere ne fesèt que le faire rire et mieux divertir, trouvant des advantages, a ce qu'il disèt, dans ces disgraces qu'on ne savèt pas. Quand il avoit des sujets de chagrin, il randèt visites a ma sœur de Bresoles ou a la sœur Bourgeoys afin de rire a plaisir. Elles riiès aussy avec luy et luy montrois grand joie de ces peines, ce qu'il amoit beaucoup. Monsieur de Souart [Gabriel Souart sulpicien (1611-1691), médecin et maître d'école] estoit aussy de ces amis dans ces occasions. Je les ay veu rire des heures antieres pour samblables sujet, &c. »

« il n'avèt q'un seul serviteur dans sa maison pour faire sa cuisine, qui estoit toujours bonne a son goust [...] Son habit estoit comme ceux des plus simples habitans, un capot de serge grisse a la mode du peys. La sœur Marguerite Bourgeoys l'a servy et demeurèt dans sa maison les cinq premieres annee qu'elle fut en Ville Marie, elle avoit soin de son linge et de son mesnage de chambre et de tous ces interest. Luy n'an avoit point du tout, ne ce souciant non plus d'argent que de fumier, ce qui a paru a tout le monde bien visiblement. »

Ce luthiste semble bien représenter ce dont Paul Chomedey de Maisonneuve aurait pu avoir l'air, vers l'âge de 29 ans, dans ses pratiques solitaires de son instrument au moment où il choisit de répondre « oui » à l'invitation qui lui est faite de venir fonder et gouverner Montréal en tant que militaire de carrière.

À cette époque, avant son arrivée en Nouvelle-France, on doit l'imaginer avec des dentelles et linges fins tels que décrits par Marie Morin.

« Peu de jours apres s'estre enbarqué sur la mer, la sœur Bourgeoys, qui avoit soin de son linge, ramassa toutes ces dantelles et linge fin de son usage dont elle fit un paquet qui tomba dans la mer et fut perdu.

Elle, bien en peine, fit tous ces effors pour le faire repescher, mais en vain. Elle estoit bien affligee de cette perte qui estoit for considerable. Madame sa sœur ayant pris le soin de cette provision qui estoit riche et tres belle.

La sœur Bourgeoys qui ne connessèt pas encorre son genie vingt a luy toute tramblante luy anoncer cette perte, mais il n'an fit que rire disant qu'il en estoit bien aise et que luy et elle en estois bien debarassé d'estre delivrés de tous ces ornements de vanité, &c.

Je ne vous ay point dit que Monsieur de Chomedey pere s'oposa fortement que son fils alla en Canada et qu'il n'i consantit c'apres qu'il l'ut asuré qu'il y amasserèt plus de cent mil livres de bien et s'y ferèt riche a jamais, selon son entante. Mais luy le prenant a la lettre, y consantit aussy tost. »

Attribué à Jean de Reyn (vers 1610–1678),
Luthiste, vers 1640,
huile sur toile, 157,5 x 114 cm,
Musée des beaux-arts de Boston 34.541.

Jan Miense Molenaer, Allegory of Marital Fidelity, ca. 1633, oil on canvas,
99,06 × 140,97 cm, Virginia Museum of Fine Arts 49.11.19.

Gerard ter Borch the Younger, A Woman Playing the Theorbo-Lute and a Cavalier, ca. 1658, Oil on wood, 36.8 x 32.4 cm, Metropolitan Museum of Art 14.40.617.

Marie Morin relate les tourments de Chomedey à propos du mariage et de la chasteté, bien illustrés par l'Allégorie de la fidélité conjugale où la musique symbolise l'harmonie du couple par la liaison du luthiste à la chanteuse, ou par ce jeune homme faisant sa cour à une charmante luthiste. « Son confesseur luy dit un jour de ce marié a cause de certeines peines d'esprit qu'il soufrèt. Luy, bien en peine, ne savèt commant s'y prandre, et y santant des repugnances horible, un jour, il le dit a la sœur Bourgeoys qui luy conceilla au contrere de faire veu de chasteté perpetuelle, ce qu'il fit apres avoir esté consulter le Pere Jerosme Lalement, Jesuitte, qui estoit a Kebec, qui fut du mesme advis, ce qui luy donna la paix de l'ame, et de la en avand alla deux fois chaque annee voir ce bon Pere et le consulter pour sa conduitte spirituelle, qui passèt pour un directeur fort eclairé. »

Jan Lievens (1607-1674), Portrait of luthenist Jacques Gaultier, etching third state, sheet 25,7 × 20 cm, Metropolitan Museum 24.63.1020. Daté vers 1632-1635 par le Rijks Museum, mais les dates varient légèrement selon les sources. L'exemplaire au Louvre (web ou pdf), identifié à « Jacques Gouter », n'est pas daté.
Eustache Le Sueur, Réunion d'amis, vers 1640, huile sur toile, 1,36 x 1,95 m, Louvre INV 8063.

« [le Luth] eſt eſtimé en France le plus noble de tous, ſoit à raiſon de la douceur de ſes chants, le nombre & l'harmonie de ſes chordes, ſon eſtenduë, ſon accord, & la difficulté qu'il y a de le toucher aussi parfaitement, que les sieurs l'Enclos, Gautier, Blanc-rocher, Merville, le Vignon, & quelques autres qui viuent maintenant [Mersenne 1637, p. D92]. »

Chomedey aurait-il pu jouir des sublimes musiques des luthistes Gaultier : Ennemond, dit Le Vieux ou de Lyon (1575-1651 ; Poirier 2016.03.28, web ou pdf ; Goy 2019, p. 17-18) ; Jacques actif à la cour d'Angleterre ; Denis, dit Le Jeune ou de Paris (1603-1672, Gautier 1996), ci-dessus peint par Le Sueur jouant au milieu d'une réunion d'amis ? Ou bien de celles publiées par l'imprimeur Pierre Ballard dans la décennie 1630-1640 par les luthites Robert Ballard, joueur de luth de la Chambre du Roi, et Mézangeau, musicien ordinaire du roi ; ou bien, Bouvier, Dubut et François Dufaut (Vaccaro 1976) ?

Maisonneuve arrive en Nouvelle-France en 1641 sous l'égide de la Société de Notre-Dame. Il passe l'hiver à Sainte-Foy avec sa troupe d'une quarantaine de colons.

Il s'établit à Ville-Marie le 17 mai 1642. Après une première messe, on dresse un campement et un enceinte de pieux où l'on réside d'abord dans de « méchantes cabanes ». La charpente du bâtiment principal, la résidence de Maisonneuve, est terminée en mars 1643 (Robert 1994, p. 30-31).

Puis on construit de petites maisons rudimentaires pour les colons, d'environ 70 pieds carrés, sans fondations, composées d'une seule pièce, d'un grenier et de cheminées grossières (Landry 1992, p. 136-139).

L'ingénieur militaire Louis d'Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay (vers 1612-1660 DBC) remplace bientôt l'enceinte de pieux par un fort de maçonnerie avec quatre bastions terminés vers 1646 (Lambert 1992, p. 19).

Ce plan du XVIIe siècle est reconnu par certains pour en être une esquisse rapide ; d'autres le récusent comme n'étant pas un plan de Montréal. La maquette du fort réalisée pour le musée Pointe-à-Callière, qui se base sur les fouilles archéologiques, présente une toute autre configuration.

On y distingue, de haut en bas : • Nord • casse de monr Le Gouverneur • cuisines • forges • plan pour une grue • magasin • place d'armes • la chapelle • [deux] casse pour les prestres • privé • [quatre] casse pour le monde • four • corps de gardes • porte • Sud • plan pour chaloupe.

Attribué à Jean Bourdon, Plan présumé du fort de Ville-Marie (détail avec le nord en haut), vers 1647, Université McGill, Département des livres rares et des collections spéciales, Ms692 (Wikipedia).

Reconstitution du plan de Montréal en 1655 (Adhémar).

Reconstitution du plan de Montréal en 1665 (Adhémar).

Les ruines de ces fortifications sont enfouies sous les constructions actuelles du Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal de Pointe-à-Callière qui en expose certains vestiges dont ceux de l'ancienne petite rivière Saint-Pierre qui délimitait la pointe sur laquelle furent érigés les premiers fort et cimetière. La base de données Adhémar donne plusieurs informations intéressantes sur ces lotissements, ces constructions, ces délimitations, ainsi que des plans reconstituant Montréal en 1655 et 1665.

Pierre Mariette (1634-1716), La Rochelle capitalle du païs d'Aunix (détail), vers 1657-1716,
eau-forte coloriée, feuille 31,9 x 48,4 cm, plaque 31,6 x 43,5 cm, INHA VO Fra L1.

Chomedey : chronologie et ses 10 traversées de l'Atlantique.
| *Navire de la Société de Notre-Dame de Montréal. | D'après Fournier 2013, p. 99, avec ajouts. | a = an | m = mois |
Navire
De
À
Âge
En mer
En N.F.
En Europe
Naissance 15 février 1612
Départ 9 mai 1641
29a 3m
29a 3m
Gaston ou René
La Rochelle 9 mai 1641
Québec 20 septembre 1641
29a 7m
4m
1a
9m

17a
7m

4a 1m
4a
2m
Notre-Dame*
Tadoussac 24 octobre 1645
La Rochelle novembre 1645
33a 9m
1m
7m
Notre-Dame*
La Rochelle juin 1646
Québec 20 septembre 1646
34a 7m
3m
1m
Notre-Dame*
Québec 31 octobre 1646
La Rochelle novembre 1646
34a 9m
1m
5m
Notre-Dame*
La Rochelle avril 1647
Québec 25 juin 1647
35a 4m
3m
4a 4m
Passemoy
Québec 3 novembre 1651
La Rochelle décembre 1651
39a 10m
1m
1a 6m
Saint-Nicolas
Saint-Nazaire 20 juin 1653
Québec 20 septembre 1653
41a 7m
3m
1a 11m
Inconnu
Québec 29 août 1655
La Rochelle septembre 1655
43a 7m
1m
1a 8m
Nantois
Saint-Nazaire mai 1657
Québec 29 juillet 1657
45a 5m
3m
8a 3m
Inconnu
Québec 23 octobre 1665
La Rochelle novembre 1665
53a 9m
1m
Europe novembre 1665
Décès 9 septembre 1676
64a 7m
10a 10m
Durant son mandat de gouverneur de Montréal, Chomedey doit s'absenter souvent pour des voyages en France afin d'y recruter des colons, recueillir du financement pour Ville-Marie ou vaquer à des affaires personnelles. Durant ces périodes, il est remplacé à son poste de gouverneur par des dirigeants intérimaires (web ou pdf). Lors de ces voyages, transportait-il son luth avec lui comme fidèle compagnon de ces longues traversées ? Certains auteurs ont prétendu que Maisonneuve comptait revenir à Montréal et qu'il y aurait laissé son luth à son départ en 1665. Cette interprétation n'est pas documentée et semble reposer uniquement sur le fait que Vachon de Belmont trouvera un luth à Montréal une vingtaine d'années plus tard ! Plusieurs autres personnes auraient pu apporter ou envoyer un luth à Montréal durant ces deux décennies. Voyons ce que pense la rigoureuse et méticuleuse historienne Marie-Claire Daveluy à propos du départ de Maisonneuve.

Claude-Joseph Vernet, Vue du port de La Rochelle prise de la petite Rive (détail), 1763, toile, 1,65 x 2,63 m, Louvre INV 8305.

« Mais à Ville-Marie, en septembre 1665, une pénible nouvelle abattait les courages et atteignait en plein cœur les Montréalistes. M. de Maisonneuve, leur bon gouverneur, ce juge intègre de tous leurs différends, venait de recevoir de Tracy l'ordre de retourner en France pour un congé indéfini. Fut-il étonné de recevoir un pareil ordre, lui qui comptait pourtant 24 années de services héroïques ? Il ne le fut certes pas autant que nous le croyons. Depuis quelques années, il n'avait point joui de la faveur des gouverneurs généraux. M. de Saffray de Mézy, surtout, s'était montré d'une intolérance et d'une morgue vraiment regrettables. Il faut lire les récits de sœur Morin, dont l'indignation est à peine voilée, pour s'en convaincre. Âme supérieure, M. de Maisonneuve supporta tout avec une dignité admirable. Il partit à l'automne 1665, emportant les regrets de son fidèle petit peuple. Il s'en alla vivre à Paris, retiré, humble, discret toujours [DBC]. » « J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Denis Samson récemment ; c'est lui qui a beaucoup travaillé sur la sépulture de Maisonneuve [CHM 1996]. Il m'a fait remarquer que Maisonneuve est parti presque en catimini. Il a été convoqué à Québec, puis il a dû partir immédiatement, sans s'y être préparé et sans retourner à Montréal, semble-t-il. Il n'a peut-être pas voulu ébruiter la chose, faire des adieux déchirants. Dans ce contexte, il aurait très bien pu laisser un luth derrière [collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin le 27 août 2000]. »

Anonyme, Padoue Italie, Luth, 16 siècle ?, Paris, Musée de la musique E.980.2.320.

Laux Maler, Luth, 1529-1552, Paris, Musée de la musique, E.2005.3.1.

Anonyme, Allemagne, Luth (mandora), 17e siècle, Paris, Musée de la musique E.1184.

Wendelio Venere, Padoue Italie, Luth, Début 17e siècle ?, Paris, Musée de la musique E.541.

Martin Kaiser, Venise Italie, Théorbe, vers 1609, Paris, Musée de la musique E.24.

Même s'il était parti précipitemment, il serait tout à fait normal, donc plausible, que Maisonneuve ait donné des consignes pour que ses biens personnels soient emballés et expédiés. Nous ne sommes pas convaincu de l'interprétation romanesque non documentée véhiculée par Desrosiers qui avance que Maisonneuve aurait laissé son luth à Montréal, tant à cause du coût de l'instrument que de la place de cette musique dans sa vie. Hormis qu'on lui ait expressément demandé de laisser son luth à Montréal pour l'accompagnement musical des services religieux ? Mais encore eût-il fallu disposer d'un luthiste capable d'en jouer et l'existence d'une telle personne reste à documenter ! Par ailleurs, le luthiste Michel Cardin atteste que cet instrument fragile se détériore rapidement, en l'espace de cinq années, s'il n'est pas entretenu. Après 20 ans d'inactivité, le luth hypothétiquement laissé à Montréal par Chomedey de Maisonneuve aurait pu alors devenir complètement inutilisable si personne n'en jouait ! Il serait étonnant que Chomedey ait laissé son instrument à Montréal pour s'en procurer un autre à Paris, car on retrouve un luthiste à son testament et un luth à son inventaire après décès. Tout musicien s'attache à son instrument personnel, il apprend à le connaître et à le maîtriser, ce qui rend peu probable qu'à la fin de sa vie Maisonneuve ait voulu en changer. Quoiqu'il en soit, il demeurera gouverneur en titre de Montréal jusqu'en 1669, même s'il n'y est jamais revenu. Le luthiste Michel Cardin atteste également que l'instrument était fort répandu à la fin du XVIIe siècle, si bien que dans la ville de Prague un témoin prétend qu'on aurait pu construire un toit au-dessus de la ville avec tous les luths qui s'y trouvaient ! Dans ce contexte, il n'est pas étonnant de trouver plusieurs luths à Montréal au XVIIe siècle. Soit, en plus de celui de Maisonneuve, ceux de Vachon de Belmont, des missionnaires, de Bizard, et peut-être d'autres dont les traces restent à être repérées.

• Antoine Le Nain, Louis Le Nain ?, Réunion musicale ou Réunion de famille, 1642, huile sur cuivre, 0,32 x 0,4 m, Louvre RF 1067. •• Philippe de Champaigne, Deux anges musiciens, vers 1628, huile sur toile, 1,14 x 1,47 m, Louvre INV 20550. ••• Wenceslaus Hollar, Portrait of a young man with wavy shoulder-length hair, seated on a chair in three-quarter profile to left, looking upwards, playing a lute, ships moored in a harbour beside a castle, seen through the window at left, 1649-1652 Etching on paper, 186 x 131 mm, British Museum 1857,0509.7.
Dollier de Casson témoigne que Maisonneuve jouait du luth. Les informations orales utilisées par l'historien étaient récentes et provenaient des montréalistes qui avaient connu le gouverneur. On peut donc les présumer authentiques et fondées. Le témoignage de Dollier de Casson porte sur les aspects religieux et moraux de la pratique du luth. Mais n'était-ce pas là tout l'objectif de la fondation de Montréal ? Il est donc normal que les témoignages soient empreints de cette ferveur mystique qui animait la Société de Notre-Dame (Daveluy 1965). Ces cirsconstances permettent de conclure que Chomedey de Maisonneuve joua effectivement du luth à Montréal. Quelques décennies plus tôt en Acadie, Poutrincourt jouait du luth et du manicordion à Port-Royal, tant pour son diversissement que pour les cérémonies religieuses. Maisonneuve a donc pu faire de même, voyager avec son luth, apportant ce fidèle compagnon à Ville-Marie avec ses autres biens personnels qui se résumaient à peu de choses, facilement transportables, dans ses déplacements de militaire et de gouverneur. Maisonneuve aurait-il utilisé son luth dans le cadre des cérémonies religieuses ? C'est tout à fait probable, car à Québec, à la messe de minuit de 1645, « Monf. de la Ferté faisoit la basse St. Martin iouoit du violon ; il y ayoit encore vne fluste d'alemagne, qui se troua pas d'accord (Séguin 1968, p. 15, référence au Journal des jésuites, Montréal, 1893, [p.] 13.) ».

Jean Deshayes, Villemarie dans l'isle de Montréal, 1685, Dessin à la plume aquarellé sur papier, 24,2 x 33,2, Archives nationales outre-mer FR ANOM 03DFC466C.
Attribué à Jacques Levasseur de Néré, Plan de la Ville de Montréal levé en l'année 1704, Dessin à la plume aquarellé sur papier, 54,9 x 94,4, Archives nationales d'outre-mer FR ANOM 03DFC468A.
L'enceinte du fort de Ville-Marie est démolie en 1675, mais la résidence de Maisonneuve subsiste jusqu'en 1682-1683 (Desrochers 1998.12). Sur ces plans dressés en 1685 et 1704, on ne trouve aucune indication de la résidence de l'ancien gouverneur Maisonneuve, ni de celle du nouveau gouverneur de Callière !

Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, Plan de la ville de Montréal dans la Nouvelle France (détail), 2 octobre 1731, Dessin à la plume aquarellé sur papier, 51,3 x 70,7, Archives nationales d'outre-mer FR ANOM 03DFC480B. La lettre M, à gauche de la résidence de Callière, identifie l'hôpital Charron devenu plus tard l'Hôpital d'Youville sur la place du même nom.
Félix Martin (1804-1886), Pointe à Callière, plan hypothétique du fort de Ville-Marie, milieu du XIXe siècle, Archives du Séminaire de Québec.

La résidence de Maisonneuve est remplacée par celle de Louis-Hector de Callière, construite entre 1688 et 1697, qui officie à titre de gouverneur de Montréal de 1684 à 1699. L'historien jésuite Félix Martin (1804-1886), graveur, dessinateur et architecte actif à Montréal à compter de 1842, propose une reconstitution du fort de Ville-Marie qui a été mise en doute car elle utilise le plan de la résidence de Louis-Hector de Callière tellle qu'on peut la voir sur plusieurs cartes de Montréal dessinées par Gaspard Chaussegros de Léry entre 1717 et 1731 (Robert 1994, p. 30-31).

Montréal vu à vol d'oiseau de 1645 à 1650.

Plan de Montréal de 1650 à 1672.

Résidence, Château Vaudreuil, L'Intendance.

Montréal 1725.

RECONSTITUTIONS HYPOTHÉTIQUES.
Dessins de Pierre-Louis Morin (1811-1886) gravés par George Bishop & Co. photo-litho-graveur (vers 1838 - après 1894) (Morin 1884).

Ces planches dessinées par Pierre-Louis Morin à la fin du XIXe siècle sont trop souvent utilisées pour décrire les réalités de la Ville-Marie de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Or, il s'agit de reconstitions où certaines données sont très hypothétiques. Le Fort de Ville-Marie y est certes une très intéressante création artistique, mais non fondée sur des éléments de preuves du XVIIe siècle. Quant à la Résidence de Maisonneuve (interprétation reprise dans Souvenir Maisonneuve 1894, p. 11 en lavis), il s'agit de l'ancien séminaire des sulpiciens sur la rue Saint-Paul (coloré en vert), construit avant celui sur la rue Notre-Dame et avant la première église.

En 1989, les archéologues découvrent les fosses du premier cimetière catholique de Montréal. Aménagé en 1643 à la suite du décès de trois Montréalistes, il contient 38 sépultures, dont 12 appartiennent à des Autochtones des nations anichinabée et wendat (Pointe-à-Callière web ou pdf).
En 2015, les archéologues mettent au jour les tranchées d’un bastion du fort de Ville-Marie. Cette importante découverte permet de déterminer l’orientation et la taille probable qu’avait l’enceinte du site fondateur de Montréal (Pointe-à-Callière web ou pdf).

Plusieurs fouilles archéologiques ont été effectuées dans le périmètre classé : rue du Port, rue de la Commune, place d'Youville et surtout rue de Callière. Elles ont révélé plusieurs indices de l'emplacement du fort, de l'ancienne résidence du gouverneur et du premier cimetière, ainsi que quantités d'artefacts. Ce qui a permis l'ouverture, en 2017, de l'espace d'exposition permanente Ici a été fondée Montréal (web ou pdf), au musée Pointe-à-Callière, dédié au fort Ville-Marie. L'histoire et l'archéologie se partagent le même lot interprétatif, celui des fragments conservés du passé. Même si l'emplacement du fort et du cimetière sont établis, plusieurs interprétations ont été proposées pour la reconstitution hypothétique de l'aménagement des bâtiments à l'intérieur du fort, tous diffèrents du plan attribué à Bourdon, classées ci-dessous par ordre chronologique depuis 2016. Toutefois, la résidence de Maisonneuve y est toujours localisée au même endroit, même si son aspect varie.

Fort Ville-Marie, reconstitutions reliées au musée d'archéologie Pointe-à-Callière.

« Archeologists determine exactly where Montreal began », CTV Montreal, November 24, 2016, 5:58 pm est (web ou pdf).

GSM Project, Reconstitution du fort de Ville-Marie, 2017 (vertical web ou pdf ; horizontal web ou pdf).

Maquette.ca, Fort Ville-Marie en 1660, 2019,
polystyrène contreplaqué résine sable végétation mousse végétale tilleul,
12' x 20', échelle 1:60. (web ou pdf).

Marc Holmes, Reconstitution du fort de Ville-Marie vers 1660, 2020 (web ou pdf).


Anonyme, « Histoire — 17/18 mai 1642, fondation de Ville-Marie (Montréal) », Pour une école libre au Québec, mardi 16 mai 2023 (web ou pdf).

Malgré tous les savants travaux scientifiques disponibles,
des RECONSTITUTIONS INADÉQUATES investissent toujours l'espace public !?

 

Bénigne fils du luthiste Jehan Basset.

N.N., Lorentz Welter Lautenist (1560-1645), 1632, Couleurs à l'eau et à la détrempe rehaussées de blanc, 306 x 213, Livres de maison des Fondations des Douze Frères de Nuremberg, Mendel II Amb. 317b.2° Folio 109 verso.

Anonymous German, Lorentz Welter Lautenist In Nürnberg Nat 1560 Denat 1645, 1654-1700, etching, 133 x 107 mm, British Museum Bb,15.1130.

Le luth était l'instrument de prédilection au XVIIe siècle. Il n'est donc pas surprenant d'en retrouver des références en rapport avec d'autres des premiers montréalais. Bénigne Basset des Lauriers (1639-1699 DBC), notaire, greffier et arpenteur à Montréal, était le fils de Jehan Basset, joueur de luth des pages de la Chambre du roi, et de Catherine Coudreau, de la rue Neuve-Saint-Honoré, ville et archevêché de Paris. Bénigne Basset semble être arrivé à Ville-Marie en 1657 en compagnie des premiers sulpiciens. Il y possède diverses propriétés entre 1662 et 1692 (Adhémar ou pdf).

Maisonneuve revient également de Paris à la même date. Peut-on imaginer Basset en compagnie de Maisonneuve l'écoutant jouer du luth ? Ou jouant en duo avec lui ? Ou bien lui faisant venir des partitions de luth depuis sa famille parisienne ? Maisonneuve aurait-il eu à son répertoire des musiques jouées par le luthiste Jehan Basset à titre de page de la Chambre du roi ? Ce Jehan Basset aurait-il laissé des compositions pour le luth ?

« 'Jean Basset' must (might?) be the same as the 'Jehan Basset' who supplied the lists of ornament-signs etc and the technical information about the lute to Mersenne [1588-1648] for his Harmonie Universelle (1636) [Collaboration Tim Crawford, 7 avril 2000]. »

Govert Flinck, A man seated playing the lute, c.1650, Black chalk, heightened with white, on blue paper framing line in pen and dark grey ink, 319 x 213 mm, British Museum 1895,0915.1161.

Jehan Basset « maître joueur de luth » marié à Catherine Coudreau.

Collaboration de François-Pierre Goy (voir aussi Goy 1991) :
chronologie
(Brossard 1965, p. 22),
augmentée des actes complets
(BNF, Ms. N. A. Fr. 12044, un des volumes du fichier Laborde).

Abraham Bosse, published by Jean Leblond I, A man singing and playing lute, 1640 (?), Etching, 206 x 141 mm, British Museum 1878,0713.2617.

16 octobre 1624 — Baptême de son fils Jehan f. 2784 : "Le 16 8bre 1624, fut baptisé Jehan, fils de Jehan Basset, m.e joueur de luth, et de Catherine Coudereau. Le parrain : Jehan Bourdelet , précepteur des enfants de Mr Derbault ; la marraine : dam.lle Marie de La Forretz" (St-Germain-l'Auxerrois).

21 mai 1625 — Demeure rue St-Honoré. Parrain de Jehan Fresneau f. 2785 : "Le mercredy 21 may 1625, a esté baptisé Jehan, filz de Pierre Fresneau, m.e couvreur, et de Claude Basset sa f.e dem. rue St Denis. Le parrain : Jehan Basset, m.e joueur d'instrumentz, dem. rue St Honoré ; la marraine : Anne Fresneau, f.e de Jehan Panet, dem. rue St Denis" (St Nicolas-des-Champs).

30 novembre 1626 — Demeure rue St-Honoré. Baptême de son fils Étienne f. 2786 : "Du 30 9bre 1626, fut baptisé Estienne, fils de Jehan Basset, m.e joueur de luth, et de Catherine Couldreau. Le parrain : Frédéric Masson, commis de Mr de La Marche Gobelin ; la marraine : Micolle Martin , f.e de Artus Quenet, bg. de Paris" (St Germain-l'Auxerrois)

20 décembre 1626 — Demeure rue St-Denis). Témoin aux fiançailles de sa soeur f. 2787 : "Le dimanche 20 Xbre 1626, a esté fiancé Bertrand Bourdon, m.e passementier boutonnier, paroisse de Sainct Laurens, et Jehanne Basset, assistée de Jehan Basset, m.e joueur de lut, son frère aisné, dem.t rue Sainct Denis de ceste paroisse... Espousez le lundy 11e jour de janvier 1627" (St Nicolas-des-Champs).

30 août 1627 — Demeure rue St-Honoré. Convoi de son fils Jean f. 2788 : "Le lundy 30 août 1627, le convoi de Jean, fils de Jean Basset , joueur de luth, pris rue St Honoré, enseigne de la Hotte" (St Germain- l'Auxerrois).

13 novembre 1628 — Demeure rue St-Honoré. Baptême de sa fille [sic] Bénigne f. 2789 : "Du 13 9bre 1628, fut baptisé Bénigne, fils [sic] de honor. ho.e Jehan Basset, m.e joueur de luth, et de Catherine Coudreau. Le parrain : M.e M.re Bénigne Le Roy, con.er du Roi en la cour de Parlem.t de Bretagne ; la marraine : dam.lle Anne de La Martillière, fille de Mr de La Martillière, av.at au parlem.t de Paris" (St Germain-l'Auxerrois). Brossard 1965 se réfère au baptême d'une fille Bénigne en 1628. On serait tenté de croire que cette Bénigne est en fait le futur notaire, tel que confirmé par la transcription de l'acte copié par Laborde qui le désigne comme un fils. Y. de Brossard ne retranscrit pas l'intégralité des actes copiés dans le fichier Laborde, qui n'est lui-même qu'une transcription faite au XIXe siècle d'extraits des registres paroissiaux parisiens. Le fils a donc eu de fortes chances de devenir une fille ! Yolande de Brossard semble donc avoir commis une erreur de transcription et transformé un fils en fille.

3 novembre 1629 — Demeure rue de Grenelle.

21 décembre 1629 — Demeure paroisse St-Eustache. Parrain de Jeanne Bourdon f. 2790 : "Le 21 décembre 1629, a esté baptisée Jeanne, fille de Bertrand Bourdon et de Jeanne Basset. Le parrain : Jean Basset, m.e joueur de luth, de la parroisse de St Eustache ; la marraine : Jeanne Bourdon, f.e de Claude Charles, marchand boucher, de St Nicolas des Champs" (St Sauveur).

À partir de 1632 — Demeure rue St-Honoré. Désigné comme "maître de luth des pages de la Chambre du Roi".

28 novembre 1632 — Baptême de son fils Philippe (St-Eustache).

1er septembre 1633 — Parrain de Chrétienne Masson f. 2791 : "Du 1er 7bre 1633. Chrestienne, fille de Frédéric Masson, commis au contrôle des rentes, tenue sur les fonts par Jean Basset, joueur d'instruments, et Chrestienne Coudreau, fille de feu Estienne Coudreau, viv. m.e linger" (St Étienne-du-Mont).

19 septembre 1636 — Son convoi f. 2792 : "Du 19 septembre 1636. Jean Basset, joueur d'instruments, enterré dans le cimetière" (St Roch).

Wallerant Vaillant after David Teniers the Younger, The Lute Player and the Drinker, vers 1650-1675, mezzotint, 27.5 x 31 cm (10 13/16 x 12 3/16 in.), National Gallery of Art 1946.21.175.

Mersenne donne une Allemande de Jehan Basset en accords nouveaux.
C'est la seule pièce qui lui soit attribuée à ma connaissance.
Mersenne s'explique ainsi de l'accord [transcription en alphabet actuel].

« Je ne mets point le Ton commun devant la Courante, parce que je l'ay desja expliqué avec la figure du Luth [fig. 1], qui se void dans la premiere Proposition, & dans l'onziesme [fig. 2] : quant aux autres je les mets seulement devant les deux premieres Allemandes, parce que la troisiesme [Allemande de Monsieur Basset] est de mesme ton que la seconde [Allemande de Monsieur Chancy]. »

« Je laisse plusieurs sortes d'accords que l'on peut donner au Luth, parce qu'il faudroit un volume de plus de cent feuilles pour les comprendre tous, comme l'on peut voir dans le grand volume entier, dans lequel j'ay compris tous ceux qui se peuvent faire des huict notes de l'Octave, au lieu desquelles on peut mettre tel autre octonaire de notes que l'on voudra [Mersenne 1975, vol. 3, p. 85, 88-89, deuxième série de pagination portant ce chiffre]. »

Allemande de Monsieur Basset.

[fig. 1]


[fig. 2]

Allemande de Monsieur Chancy.

Jan Miense Molenaer, Autoportrait avec sa famille, 1635, huile sur panneau, 62,3 x 81,3 cm,
prêt à long terme au Musée Frans Hals de l'Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas NK3048.

Une réconciliation doit être opérée entre les différentes sources afin d'obtenir une cohérence entre la date de décès du père et la naissance du fils. Si le luthiste Jehan est décédé le 19 septembre 1636, le futur notaire Bénigne est forcément né au plus tard en juin 1637. Le DBC le fait naître en 1639, probablement d'après son âge déclaré de 27 ans au recensement de Montréal en 1666, ce qui est impossible biologiquement, à moins qu'il soit un fils illégitime ou adopté ! Landry 1992 (p. 260) le fait naître vers 1635 sans citer de sources, mais on peut présumer qu'il s'agit de son âge déclaré à l'un ou l'autre des actes de l'état civil compulsés dans Jetté 1983 cité en note : son contrat de mariage à Jeanne Vauvilliers rédigé le 14 novembre 1659 et son acte de mariage du 24 novembre à Montréal ; les actes de naissance ou de décès de ses huit enfants nés entre 1660 et 1676 ; son acte de décès à Montréal le 5 août 1699 ou celui de son épouse le 30 juillet 1699. Par ailleurs, ces sources font naître son épouse vers 1637-1639. L'ensemble de ces données oriente donc vers une date de naissance se situant entre 1628 et 1637. L'hypothèse d'une naissance le 13 novembre 1628, telle que documentée ci-dessus, paraît la plus probable au regard du prénom Bénigne qui est épicène et des dates de naissance supputées à 1629 par les âges déclarés aux recensements de 1667 et 1681. Son acte de décès le fait naître en 1639, tout comme le recensement de 1666, une différence de 10 ans probablement due à une erreur de calcul, de communication ou de transcription. La BANQ, puisant à nos sources, lui attribue la même date de naissance que nous.

Signatures de « Paul de Chomedey », « Dailleboust » et du notaire greffier Bénigne « Basset » à « Villemarie » le 28 novembre 1659 (Musée des hospitalières de saint Joseph).

Anthonie Palamedesz, Les cinq sens, l'ouïe, homme jouant du luth, 1655, huile sur bois, 0,35 x 0,27 m, Louvre RF 2876.

Le notaire Bénigne Basset pratiquait-il le luth ? Son contexte familial était certes propice à cet apprentissage durant son enfance. La découverte d'un inventaire après décès des biens de Bénigne Basset nous révélerait peut-être la présence d'un luth ou de manuscrits de musique ? « Il ne semble pas y avoir d'inventaire après décès de Bénigne Basset. J'ai vérifié. Sa femme est morte avant lui et il n'y a pas d'enfants mineurs. Je n'ai trouvé aucune trace d'inventaire dans la banque Parchemin [collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin, le 19 août 2000]. »

Bartholomeus van der Helst, The Musician, 1662, Oil on canvas, 54"1/2 x 43"3/4 (138.4 x 111.1 cm), Metropolitan Museum 73.2.

Frans van Mieris, A Woman Playing a Lute, 1663, Oil on panel, National Galleries of Scotland NG 2795.

Laurent de La Hyre, Allegory of Music, 1649, Oil on canvas, 105,7 x 144,1 cm, Metropolitan Museum 50.189.

 

Le luth en Nouvelle-France

-3100

1534

1612

1642

1665

1680

Mythes

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