Le luth en Nouvelle-France

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1534

1612

1642

1665

1680

Mythes

web Robert DEROME

Religion et vanités 1680.

     ◊ Le sulpicien Vachon de Belmont.
     ◊ Les missionnaires.
     ◊ Bizard, luth ou guitare de nulle valeur.

La présence du sulpicien François Vachon de Belmont en Nouvelle-France, de 1680 jusqu'à son décès en 1732, marque la dernière période permettant d'y documenter la pratique du luth dans le cadre religieux. Des bribes d'informations permettent d'induire que l'instrument ait pu être utilisé dans les missions. Le syle de vie de Jacques Bizard marque le chant du cygne, en Nouvelle-France, de cet instrument incarnant les vanités de ce monde. On continue à représenter le luth dans les arts au XVIIIe siècle, mais en le confondant parfois avec d'autres membres de la famille des cordophones.

Georg Christoph Eimmart le Jeune (1638-1705), Harmonia Suavis [Douces harmonies], qui signe le frontispice de ce psautier, présentant quelques 300 gravures, préparé sous la direction de l'écrivain Wolf Helmhardt von Hohberg (1612-1688), contenant des musiques de l'organiste et compositeur Hieronymus Kradenthaller (1637-1700), ainsi que des exercices de piété par le théologien scolastique luthérien D. Johann Gerharden (1582-1637), Lust-und Artzeney-Garten des Koeniglichen Propheten Davids [Jardin d'agrément et d'art du prophète royal David], ouvrage publié à Ratisbonne (Regensburg) par Freysinger en 1675, détail de la fig. 104 (Edwards LIDB, #LI-2971).

Cette publication de von Hohberg poursuit la tradition des Emblèmes initiée par Andrea Alciato, dès 1531, qui connait un immense et durable succès dans toute l'Europe de la Renaissance aux XVIe et XVIIe siècles. Chaque emblème consiste en un titre, une image et un texte latin en vers, se référant le plus souvent à l'Antiquité, le tout créant de nouvelles significations. Le luth y devient ainsi un symbole fédérateur des gens et des nations, par l'harmonie de ses nombreuses cordes, de la plus basse à la plus haute. Une corde tendue, fausse ou cassée, peut alors semer la zizanie ou la guerre. Dans son très volumineux et magnifique ouvrage, von Hohberg ajoute à ces éléments des partitions musicales, des exercices de piété, ainsi que des illustrations de plantes issues de son intérêt pour l'agriculture. Tout comme Chomedey, né la même année, il a militairement participé à la Guerre de Trente Ans jusqu'en 1641. Ce livre d'art total, combinant plusieurs disciplines, fait donc le pont entre la gravure, la musique, la littérature, la nature et la religion, via les « douces harmonies » du luth, protégé par un coussin sur une table, dans le jardin d'agrément du roi et prophète David. Ce qui rejoint l'utilisation que fait Vachon de Belmont de cet instrument dans ses pratiques religieuses auprès des Premières Nations, dans des lieux d'exception spécifiquement créés et aménagés pour eux.

Foedera 1534 (Alciato at Glasgow web ou pdf).

Hohberg 1675.

 

Le sulpicien Vachon de Belmont.
Cette physionomie de François Vachon de Belmont (1645-1732 DBC) doit-elle rejoindre les portraits fictifs des héros glorifiés à la fin du XIXe siècle (Martin 1988) ? Ou serait-ce une copie d'un portrait plus ancien ? Y aurait-il une signature illisible à droite de son oreille ? Les archives des sulpiciens, tant à Montréal qu'à Paris, ne conservent aucun portrait plus ancien de Vachon de Belmont dans leurs collections (collaboration d'Anne-Élisabeth Vallée, 17 janvier 2024).

Peut-être d'après un dessin d'Adolphe Rho (1839-1905), M. de Belmont [François Vachon de Belmont 1645-1732], reproduction (Daniel 1867c, t. 2, p. 345).

Jules-Ernest Livernois (1851-1933), peut-être d'après un dessin d'Adolphe Rho (1839-1905), M. de Belmont [François Vachon de Belmont 1645-1732], vers 1870-1878, dessin et photographie, BANQ P560,S2,D1,P85.

Peut-être d'après un dessin d'Adolphe Rho (1839-1905), Mr François de Belmont, V.G. 5e supérieur de 1678 à 1731, reproduction avec un encadrement imitant les gravures du 17e siècle comme celle de Louis Tronson (Daniel 1902-08).

Ce portrait est d'abord publié en 1867 par le sulpicien François Daniel (1820-1908, arrivé à Montréal en 1847, Gauthier 1912, p. 42) dans un de ses ouvrages biographiques dont les gravures anonymes suscitent beaucoup de questionnements, par exemple le portrait fabriqué de Jeanne Mance (Martin 2018p). L'éditeur Eusèbe Senécal, qui travaille pour les sulpiciens, a été associé à un François Daniel homonyme en 1854-1858 (Cudia 2017.11, p. 40 et passim). Le même auteur reprendra ce portrait, quatre décennies plus tard, dans un encadrement imitant les gravures du XVIIe siècle, par exemple celle du sulpicien Louis Tronson.

Ce portrait de M. de Belmont est reproduit tel quel sur une photographie à l'allure d'un dessin, aux coins arrondis comme une petite image dévote, diffusée par Jules-Ernest Livernois (1851-1933), actif à Québec à compter de 1873 (DBC). Ce genre d'image trouvait preneur auprès des férus d'histore de cette époque idéalisant les mythiques fondateurs de la Nouvelle-France (Gagnon 1978). Faisait-il partie des « albums de comptoir » depuis les années 1860 ? Une inscription, à droite au niveau de l'oreille, a été oblitérée. S'agirait-il de l'auteur de ce dessin ? Joseph L'Hérault, créateur d'un portrait fictif de Chomedey, pourrait-il être également l'auteur de celui-ci ? Était-il parent de la mère de Livernois, Élise L’Herault dit L’Heureux ?

La technique ici utilisée, une forme de pointillisme gras, diffère de celles en vigueur à l'époque de Vachon dans les habituels portraits gravés, par exemple celui du jésuite Paul Le Jeune, de même que dans les plus rares dessins du XVIIe siècle. Pourrait-on l'attribuer à Adolphe Rho ? Car il ressemble à d'autres, de même facture, portant sa signature. Rho aurait pu le concocter pendant que François Daniel préparait son livre car, après son mariage en 1865, il profite régulièrement de l'aide du cousin germain de son épouse, l'abbé Léon Provencher, influent intellectuel fondateur du Naturaliste Canadien (1868-1892) et rédacteur à La Semaine religieuse de Québec (1888-1889). C'est durant cette période que Rho peaufine son procédé qui attire l'attention publique en 1870 (Fréchette 1984, p. 8-9 ; Allaire 1910a, p. 454).

Adolphe Rho, portraits de Thomas Caron en 1871 et de Mgr L.Z. Moreau en 1875 (Fréchette 1984, p. 37 et 45).

« Il faut attendre l'avènement de la carte de visite et la mise en marché des tableaux d'histoire du Canada pour voir de [sic] Livernois atteindre le succès en 1861-1862. [...] La promotion de cartes de visite représentant les membres du clergé et les célébrités du temps lui vaut la clientèle de l'élite de la capitale. [...] En 1869, il faut faire une grande vente de cartes de visite. On organise une tombola pour mousser la vente et accélérer la liquidation du "vieux stock". [...] La galerie Livernois est alors un point de rencontre de l'art à Québec. Déjà en 1870, Adolphe Rho (1835-1905) y expose des portraits au crayon. Plusieurs créateurs y présentent leurs oeuvres qui associent dessin, peinture et photographie. Encore en 1901, Le Canadien de [19] septembre rapporte qu'un peintre reconnu [M. Hance] y répète son accrochage annuel [Lessard 1987c, p. 119-120]. »

« À l’automne de 1870, [Adolphe] Rho annonce l’ouverture d’un atelier rue Saint-Jean, à Québec, dans la galerie du photographe George William Ellisson. Il a mis au point un "nouveau procédé" pour faire des portraits. La méthode est simple : une photographie est agrandie mécaniquement et les traits sont repris par l’artiste au pastel, au fusain ou aux crayons. Ainsi le portrait donne l’illusion d’être entièrement fait à la main, "d’un fini à presque défier la peinture" [DBC] ».

Albert Ferland, Père Isaac Jogues (sous les traits de Jean de Brébeuf), vers 1905, Dessin au fusain, incription au verso « Père Isaac Jogue [sic] (1607-1646) », BANQ-M, Albert Ferland, poète et dessinateur, référence au Fonds Albert Ferland : ancienne cote MSS004/019/124, nouvelle cote MSS4,S2,SS2,D6.

Albert Ferland (1872-1942) d'après Pierre-Louis Morin (1811-1886) d'après Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, [1899] (Le Jeune 1931, p. 218).

Anonyme, Portrait de Vachon de Belmont, fin XIXe ou début XXe, photo ou imprimé avec rehauts de pastel, 25,1 x 20 cm, Univers culturel de Saint-Sulpice I1.5-04 ; la même boîte d'archives contient plusieurs portraits qui semblent avoir servi à Daniel 1902-08, soit des photos ou imprimés retouchés au pastel ou à la peinture (collaboration d'Anne-Élisabeth Vallée).

Compagnie Cadieux et Derome (1902-1909), Jacques Marquette, photographie d'après un fusain, Montréal, Archives de la Ville de Montréal, Exposition virtuelle des Portraits historiques canadiens, Fonds Aegidius Fauteux, P1409-1.

Albert Ferland, Pere Jacques Marquette, 140 x 100 mm, 1906, British Library HS85/10/16936. Source.

Un autre portait de Vachon de Belmont est conservé chez les sulpiciens. Il s'apparente à ceux ci-dessus, publiés par Daniel et Livernois, mais avec des différences. Sa facture fait penser aux portraits fabriqués à la fin du XIXe siècle et au début du XXe par Albert Ferland ou bien la Compagnie Cadieux et Derome, représentant d'autres personnages du XVIIe siècle tels que Chomedey ou bien les jésuites Jogues (sous les traits de Brébeuf) et Marquette.

La seigneurie puis châtellerie de Belmont, sur la carte du bailliage d'Yverdon de 1536 à 1566 (Wikipedia), ancien bailliage bernois devenu en 1803 le canton de Vaud en Suisse (Wikipedia).

Le baillaiage d'Yverdon, sur la carte des bailliages bernois au 18e siècle (Wikipedia), devenus en 1803 le Canton de Vaud en Suisse (Wikipedia).

« François Vachon de Belmont reçut une "éducation raffinée, tout à fait grand siècle". Il apprit plusieurs langues, s'adonna au dessin et à la musique, en plus d'obtenir un baccalauréat en théologie de la Sorbonne. Passa-t-il une partie de son adolescence à la cour ? On affirme en tout cas qu'il fut page de la reine avant d'occuper un poste dans la magistrature du Dauphiné [DBC]. » « Belmont [...] avait appris à toucher le luth et le clavier [Dubois 2023, p. 113]. »

Son père, Ennemond de Vachon, était seigneur de Belmont et de Crapanoz ainsi que conseiller au parlement de Grenoble. Sa mère, Honorade Prunier, était la fille du président du parlement. Son frère aîné, Jean-François, succéda à son père au parlement et laissa à François une rente annuelle de 1 200# en 1707. François était entré à Saint-Sulpice à l'âge de 27 ans, le 18 octobre 1672.

François Puget, Réunion de musiciens, 1688, huile sur toile, 147 x 212 cm, Louvre INV 7346.

Alexandre Debelle (1805-1897), Place du Palais de Justice et statue de Bayard [Parlement du Dauphiné] (détail éclairci), 19e siècle, dessin sur papier, 18 x 22,6 cm, Bibliothèque municipale de Grenoble Hd.665 (3) Rés (web).

Diacre, Vachon arrive en Nouvelle-France en 1680 et est ordonné prêtre l'année suivante. Il passe une grande partie de sa vie à s'occuper des autochtones. En 1701, il succède à Dollier de Casson à titre de supérieur des sulpiciens en Nouvelle-France et, comme lui, s'intéresse aux travaux historiques par son Histoire du Canada (Vachon 1840). Il consacre sa fortune et ses multiples talents aux plans et à la construction du séminaire de la rue Notre-Dame, du fort de la Montagne, d'un moulin, de la façade de l'église Notre-Dame, de la chapelle de la congrégation des hommes (DBC). Le nom « Belmont » apparaît au premier feuillet d'un carnet de dessins à l'encre conservé dans les archives des sulpiciens à Montréal, intitulé Divers peizages figures et fortifications dessinees a la main en lanée 1675. Ces dessins illustrent l'art civil du XVIIe siècle tel que pratiqué par les lettrés de cette époque et constituent de magnifiques pendants à l'art du luth par leur caractère intimiste et sophistiqué.

Divers peizages figures et fortifications dessinees a la main en lanée 1675.

Nicolas Guerry peintre, Claude Duflos graveur, Louis Tronson (1622-1700), supérieur général des sulpiciens (1676-1700), vers 1700, gravure (Wikipédia ; état inversé à la BANQ P600,S5,PGN203).

Lettre de L. Tronson, 4 juin 1686, en réponse à celle de Monsieur de Belmont du 24 septembre 1685.

« J'ai reçu votre lettre du 24 septembre 1685. Elle est venue avec les autres dans le petit coffret qui ne nous a été rendu qu'au mois de février. C'est un peu tard, et les affaires n'en vont pas mieux.

Vous faites bien de retenir le plus long temps que vous pouvez les grands garçons de votre école, et les manières différentes dont vous proposez de les occuper ne peuvent que leur faire du bien, et elles me paroissent toutes très bonnes. Je ne fais pas même de difficulté que, pour l'accomplissement de votre musique, vous ne vous serviez du luth que la Providence de Dieu vous a fait trouver à Montréal. Je sais l'inclination que vous y avez eue autrefois : mais elle sera assez rectifiée pour ne vous point faire de tort, quand vous ne jouerez que dans l'église, et que vous ne vous en servirez que comme d'un instrument, non pas pour exciter les passions, mais pour porter à la dévotion.

Il ne faut pas s'attendre que vos sauvages soient des saints. Ainsi, je ne m'étonne pas que quelques-uns se débauchent, et que quelques autres vous fassent de la peine. C'est ce que l'on voit arriver partout. Il ne faut donc pas que cela vous décourage et vous abatte. Il y aura toujours de l'ivraie mêlée parmi le bon grain. Ce sont des sujets de mortification qu'il faut porter avec patience, et adorer en silence et en paix les jugemens de Dieu sur ces misérables, après y avoir fait ce qu'on a pu.

Quelques sollicitations que l'on fasse pour attirer ailleurs vos sauvages de la Montagne, gardez toujours une grande modération. C'est l'ouvrage de Dieu, qu'il saura bien soutenir, et rien ne le maintiendra mieux, de votre part, que la douceur et la charité. Surtout, ne vous faites point d'affaires avec les autres missionnaires. Quelques personnes qu'ils pourront attirer au Sault[-au-Récollet] ne feront pas un si grand tort à votre mission ; mais ce ne seroit lui en faire un notable que de vous brouiller avec eux, et les suites en seroient à craindre.

J'aurois été bien aise de voir le plan de votre village et de votre fort à quatre bastions autour de la chapelle. »

[Collaboration de sœur Nicole Bussières rhsj, 22 août 2000, pour la photocopie de Tronson 1904, t. 2, p. 281-282 et 289. Collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin pour la référence à Amtmann 1976, p. 96, qui donne une transcription partielle en vieux français différant quelque peu de celle-ci, non datée, se référant à Bertrand 1904, t. XIII.]

Anonyme, Montréal, C. le Seminaire, D. la Paroisse, détail de Veue de la Ville des trois Rivieres en Canada Nouvelle France 1721, du Fort de Chambly, de la Ville du Montréal, du Saut de Niagara, de la Ville de Quebec, pen-and-ink and watercolor, sheet 564 x 739 mm, The Newberry Library, Ayer MS map 30 sheet 106.

Pierre-Louis Morin (1811-1886), Reconstitution hypothétique du premier séminaire des sulpiciens (1659-1850), faussement identifié comme la résidence de Chomedey. Voir : 1882-1884 Pierre-Louis Morin.

Attribué à Paul Sandby junior 1767?-1793, La place du marché, Montréal, 1790, aquarelle sur crayon noir sur papier couché, 26,9 x 37,2 cm, Collection de Canadiana Peter Winkworth, Bibliothèque et Archives Canada R9266 et 2838302.

En 1685, cinq ans après son arrivée en Nouvelle-France, Vachon de Belmont, âgé d'environ 40 ans, a donc trouvé un luth à Montréal. On a prétendu qu'il s'agissait de celui Maisonneuve, ce qui est peu plausible. De toute évidence, Vachon avait pratiqué cet instrument bien avant, en France, dans des cadres civils, mondains et festifs, tendances incompatibles, selon Tronson, avec son activité cléricale et missionnaire. Cet instrument a donc pu enjouer ses collègues sulpiciens dans leur premier séminaire et animer les célébrations religieuse à l'église Notre-Dame avant l'arrivée en 1724 de Jean Girard (1696-1765), organiste, joueur de serpent et maître de chant, le premier musicien professionnel montréalais (Gallat-Morin 1984 et 1993).

« Je ne desapprouve nullement ni l'inclination que vous avez pour la musique ni le desir que vous avez presentement de vous y exercer [...] Cet exercice pourra servir quelque fois a adoucir vos chagrins et a chasser les mauvaises humeurs quexcitent en vous les dereglemens des sauvages et a vous donner des distractions qui ne peuvent que vous être salutaires si elles font le bon effet que vous me marquez, sans compter l'avantage que vous esperez qu'en tirera l'Eglise ». (Collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin : « Lettre de M. Tronson à M. de Belmont », 1692, Paris, Archives de Saint-Sulpice, Correspondance des supérieurs.

« Continuez a dissiper vos tentations et vos ennuys et a divertir vos sauvages et vos frères en iouant de vostre luth. » (Collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin : « Lettre de M. Tronson à M. de Belmont », 1693, Paris, Archives de Saint-Sulpice, Correspondance des supérieurs.)

« Pour ce qui est de Belmont enseignant le luth aux petits Amérindiens, du moins à un sujet particulièrement doué, cela est tout à fait possible, comme l'ursuline la Mère Saint-Joseph qui a enseigné la viole à la petite Agnès. Mais, pratique plus courante, il les faisait chanter des cantiques au son de son luth [collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin le 27 août 2000]. »

Vachon aurait-il enseigné le luth aux garçons de son école, comme l'une des « manières différentes dont vous proposez de les occuper », ou bien l'utilisait-il seulement comme accompagnement ? Tronson recommande bien à Vachon de ne pas l'utiliser « pour exciter les passions, mais pour porter à la dévotion », tant à l'église que pour ses « sauvages » au Fort et à la Mission de la Montagne.

Johann Christoph von Reinsperger d'après Wenzel Pohl, publié par I T Trattner d'après Bernardo Strozzi, Le Joueur de Lut, vers 1750-70, gravure, 358 x 242 mm, British Museum 1996,1103.71.

Dès son arrivée en 1680, Vachon de Belmont finance, à même sa forture personnelle, la construction de la mission autochtone de la montagne qu'il améliore au fil du temps. Il en a laissé ce plan détaillé et commenté en 1694. Il s'agit d'un véritable domaine seigneurial fortifié avec toutes les commodités nécessaires à son autonomie alimentaire et spirituelle.

verger de trante perches de 18 pied de long et de treize perche de large contenan 410 arbres fruitiers | B1 vigne plantee depuis 3 ans. B2 vigne a plater | B3 vielle vigne abandonnee | C vivier de 162 pied de long 36 de large 8 de prof | D jardin potager | E1 vilage Brulé des sauvages de 43 cabanes 13 maisons de charpante | E2 église couverte de bardot | E3 palissade de 250 pagees de bois [?] | F fort de pierre portes du fort de 200 pie sur 100 | grange batie sur l'ancien vivier qui sert de citerne ou cave 60 pie sur 30 | H maison de 40 pied sur 20 | I église neuve avec deux chapelles de 52 pied sur 24 les chapelles en ont douze en quarre | K parterre | L puis | M tour servant de poulier et pigeonnier | N ecuirie | O école | R habitation des seurs de la congregation | [P tour qui, avec O, existe encore sur la rue Sherbrooke face au Grand Séminaire.]

Vachon enseigne aux « garçons "à chanter le plein-chant et la Musique, selon qu'ils ont de la voix" », en les accompagnant de son luth (Dubois 2003, p. 259-260 et 262). En haut à gauche de son plan, il répertorie la population autochtone où ses chanteurs peuvent se cacher sous diverses appellations.

Il y a en tout a la montagne environ 220 | Dans ce nombre il y a mariages ou menages 36 | Femmes veuves 11 | Filles a marier 8 | Garçons 9 | Ecoliers 34 | Ecolieres 23 | Enfans au berceau 12 | Guerriers 55 | Comuniants 8 | Comuniantes 30 | Batises tous hors 2 hommes et 2 femmes | Confirmés tous hors les gros pecheurs | Yvrognes 3 | Yvrognesses 3 | qui s’enyvrent [et se battent] quelque fois | 6 hommes 4 femmes | Tres bons chrestien 8 | Tres bonnes chestiennes 18 | Garçons biens sages 5 | Filles bien modestes 8

Attribué à François Vachon de Belmont, Plant de la Mission de la Montagne, 1694, Archives nationales de France, Collection de cartes, plans et dessins d'architecture, Série N, N/III/Canada/12 (Tremblay 2016.08.22, web ou pdf ; Ville de Montréal ; image interactive haute résolution sur Bibliothèque et Archives Canada ; collaboration de Paul-André Dubois pour les transcriptions).

Reconstitutions hypothétiques de l'évolution du Fort de la Montagne (d'après Wikipédia avec modifications).

Attribué à Philip John Bainbrigge (1817-1881), Montréal depuis la ferme des prêtres 1839 (détail), aquarelle sur papier, 25,2 x 34,3 cm, Musée McCord M982.531.1.

Plusieurs artistes anglophones nous ont laissé, au XIXe siècle, des vues spectaculaires, détaillées et impressionnantes, du domaine des sulpiciens qui n'a cessé d'évoluer depuis son implantation par François Vachon de Belmont à la fin du XVIIe siècle.

• Charles Dawson Shanly (1811-1875), La ferme des prêtres 29 Sept. 1847, mine de plomb sur papier, 23,5 x 30,2 cm, Musée McCord M971.171. •• Fred Holloway (actif 1840-1853), Fort de la Montagne (Priests Farm) (Viger ASC ; Boivin 1990, p. 70 et 79). ••• Henry Richard S. Bunnett (1845-1910), La ferme des prêtres, 1885-1889, aquarelle sur papier, 22,7 x 31,8 cm, Musée McCord M2007.55.8. •••• Jean-Baptiste Lagacé (1868-1946), Plan du fort de la montagne [reconstitution hypothétique], dessin signé « J.B. Lagacé 95 » (Beaubien 1898, p. 128, collaboration de Jocelyn Duff).

• Plan du fort et des moulins de la rivière des Prairies, détail de 7 L'église Du Saut au Recolet, 8 La maison seigneurialle, 9 La maison des fermiers, 1726-1749 (collaboration de Jocelyn Duff ; Duff 2023.05, p. 14 note 10, se référant au Fonds du séminaire de Saint-Sulpice, document P25, qui d'après la collaboration d'Anne-Élisabeth Vallé serait la copie d'un original aux Archives nationales de France ; Wikipedia d'après Landry 1992, p. 179 ; SHAC 2023 se référant à 12 375 rue du Fort-Lorette, site BjFj-184, Inventaire archéologique complémentaire, Arkéos Inc, septembre 2019). •• Jean-Baptiste Lagacé (1868-1946), Fort de la Nouvelle-Lorette [reconstitution hypothétique], dessin (Beaubien 1998, p. 238, collaboration de Jocelyn Duff). Lagacé signe plusieurs autres dessins de ce livre dont celui de même style du Plan du fort de la montagne. ••• Anonyme, La chapelle Nouvelle-Lorette [reconstitution hypothétique], dessin (Desrochers 1936, p. 63, collaboration de Jocelyn Duff).

La mission de la montagne déménage au Sault-au-Récollet en 1696. La chapelle de la Nouvelle-Lorette, de 60 pieds sur 27, y est construite en 1700 aux frais de Vachon de Belmont. Après un autre déménagement de la mission, aux Deux Montagnes en 1721 (aujourd'hui Oka), elle sert d'église paroissiale de 1736 à 1751 et est démolie vers 1800 (Desrochers 1936, p. 26 et 63-64, collaboration de Jocelyn Duff). Eut-elle le privilège de vibrer aux harmonies du luth, de même que la nouvelle mission d'Oka, jusqu'au décès de Vachon de Belmont en 1732 ?

François Vachon de Belmont, Fort du lac des Deux Montagnes a situer Environ a deux lieues au dessus de L'isle de Montréal sur la terre du Nord Dans le detroit et à la vüe du fort Seneville dans Lad. isle de Montréal, 1719, Dessin à la plume sur papier, 58,5 x 82, Collection Moreau de Saint Méry, Archives nationales d'outre-mer FR ANOM F3/290/73.

En 1719, Vachon de Belmont dresse un plan du Fort du lac des Deux Montagnes. La partie gauche est réservée au « Village sauvage pour les yrokois » et au « Cartier pour Les Sauvages Algonquins », où, « faites décorse », et parfaitement alignées contrairement aux données archéologiques, les 72 « cabanes Sauvages ont pour L'ordinaire 18 pieds ou Environ de Largeur, Leur Longueur est Différente, voici a peu prez Leur figure, il y a une porte a chaque bout de la cabane ». La partie droite du plan présente, à l'intérieur d'un fort carré à quatre tourelles d'angles, une église de 72 pieds sur 24 avec une sacristie et une « Sale De Conseil Pour Les Sauvages », une « Maison pour Loger Les Missionnaires » et une « Ecolle pour Le catechisme et pour apprendre aux petits garçons Sauvages a chanter Les offices De Léglise en Leur Langue », ainsi qu'un « Couloir pour Se battre a couvert ».

Attribué à François Vachon de Belmont, Partitions musicales manuscrites en huron et iroquois,
Univers culturel de Saint-Sulpice P1-8A-4-013 (collaboration d'Anne-Élisabeth Vallée).

Le luth de Vachon de Belmont n'a pas été conservé chez les sulpiciens, ni ses tablatures, mais un manuscrit en huron et iroquois lui est attribué (collaboration d'Anne-Élisabeth Vallée). Ses partitions musicales imprimées sont ensuite passées à Jean Girard (1696-1765), organiste à l'église Notre-Dame de Montréal et maître d'école pour les sulpiciens. Elles sont conservées à la BANQ : Motets pour les principales festes de l’année par M. Noel, Paris, Ballard, 1687 ; Premier livre d’Airs spirituels de différents autheurs, Paris, Ballard, 1679 ; Second livre d’Airs spirituels de différents autheurs, Paris, Ballard, 1679. (Collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin le 27 août 2000 ; Gallat-Morin 1993, 1997 et 1998.07 ; Dubois 2023, p. 228 note 6, se référant à BANQ collections spéciales RES AF 264).

Oheroskon Dicaire (1827-1884), Telle quelle l'église catholique d'Oka 1872 (détail), Mine de plomb sur papier, 20,4 x 33,1 cm, Musée McCord M8981.

H. Ertl after design by J. J. Eybelwieser (c.1667-1744), Pologne, Cabinet der Lauten Philipp Franz Le Sage de Richée, 1695,
Engraving, Österrreichische Nationallbibliothek, Vienna, Austria (Edwards LIDB, #LI-2565).

Cette charmante gravure de la fin du XVIIe siècle, publiée en Pologne en frontispice du recueil de musiques pour luth de Philipp Franz Le Sage de Richée, met en scène, dans un décor luxueux, une aristocrate avec un luth à 11 choeurs accompagnée d'angelots : ceux de gauche soutiennent des armoiries, ceux près d'elle jouent du hautbois ou chalumeau et du violon. Cette composition a la particularité de montrer, à l'extrême droite, une pile de manuscrits musicaux identifés à ces luthistes compositeurs : Gaultier, Mouton, Dufault et C Logy. Moins connu, ce dernier est Jan Antonin Losy, également orthographié Johann Antonin Losy von Losimthal comte de Logy (1650-1721), un aristocrate né en Bohême et décédé à Prague ; Jakob Lindberg a publié un album, intitulé Note d'oro, dédié à ce compositeur.

 

Les missionnaires.

Pieter van Mol (1599-1650), La Vierge entourée d'un concert d'anges, ou le Couronnement de la Vierge, vers 1631-1650, huile sur bois, 352 x 230, La Souterraine, prieuré, église paroissiale de l'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge (web).

François Mimault, Tableau d'autel, donation du rosaire avec Louis XIII, 1633, huile sur toile, 238,7 x 174, Entrevaux, Provence-Alpes-Côte d'Azur (web).

Antoine Rouvier, Sainte famille, 1634, huile sur bois, 270 x 330 cm, Entrevaux, Provence-Alpes-Côte d'Azur (web).

Au Moyen Âge et à la Renaissance, quantité d'oeuvres d'art présentent des luths utilisés pour célébrer diverses dévotions religieuses, tant sur terre qu'au ciel. Le XVIIe siècle partage cet engouement, même si l'instrument, alors au faîte de sa popularité, s'identifie de plus en plus aux plaisirs et vanités du monde terrestre. En France, on enseignait la musique dans les collèges des jésuites, dont le violon, la viole, le luth, la flûte douce et d'autres instruments (Dubois 2023, p. 32), pratique exportée en Nouvelle-France. Mais, « seuls les petits instruments que l’on peut transporter avec soi, et même sur soi, semblent avoir été en usage dans certaines missions. La flûte douce est de loin l’instrument le plus fréquent, puis, par ordre d’importance, viennent le violon, la viole de gambe et le luth [Dubois 2023, p. 97]. » On trouve d'ailleurs mention de ce dernier dans des dictionnaires de langues autochtones compilés par des missionnaires. « Le luth est abordé par Aubery [le jésuite Joseph Aubery 1674-1756, Dubois 2023 p. 1 et 28 note 81 pour son batistaire du 10 mai 1674] d’une manière générale, puisque sa traduction abénaquise englobe tous les instruments à cordes pincées qui servent à accompagner le chant ; c’est pourquoi à l’entrée du mot luth, Aubery écrit : "C’est en général toute sorte d’instruments à chanter [62. Joseph Aubery, Dictionnaire françois-abnaquis, Arsikantég8k dari 18 augusti anni 1715, edition 2da, 540 p. Musée des Abénakis, numéro 1962.1939.]." Dans un dictionnaire agnié, on ajoute à la traduction du mot ce commentaire en langue iroquoise : "Il y a du plaisir à entendre joüer du luth [63. Dictionnaire dit mohawk ou agnié, ASQ, Ms no 58.]." De tous les missionnaires, le sulpicien Vachon de Belmont est le seul dont les habiletés de luthiste nous soient connues par sa correspondance avec son supérieur [Dubois 2023, p. 99]. »

Charles Buisine Rigot sculpteur, Buffet d'orgue, 1644, décor dans la masse de chêne, Lille église Sainte-Catherine (web).

L'orgue est devenu l'instrument de prédilection dans les églises. Un des panneaux décoratifs de celui-ci s'orne, au milieu du XVIIe siècle, de plusieurs instruments de musique : la viole, le tambour, divers vents et un cordophone qui pourrait être un luth ou un autre membre apparenté à cette vaste famille.

Louis de Caulery (1582-1621), Concert galant, vers 1600-1621, huile sur panneau de chêne, 50 x 66,5 cm, Mâcon musée des ursulines 880.1.45.

Ce tableau, où performent deux luthistes accompagnés d'un violon et d'une harpe, montre de façon éclatante la dichotomie existant à cette époque entre les plaisirs et vanités de la chair et les devoirs religieux discrètement évoqués par l'image d'une sainte en prière dans une pièce reculée à l'extrême droite ! C'est cette société que tentaient de fuir les dévots venus coloniser la Nouvelle-France afin d'y créer un nouveau monde utopique.

 

Bizard, luth ou guitare de nulle valeur.

Jan Steen (1626-1679), The Lute Player (détail), c. 1670, oil on canvas, 36,4 x 53,2 cm, Wallace Collection P150.

« Jusqu'à Louis XIV, le luth règne seul, sans conteste. Le luth est l'instrument essentiel de la première moitié du XVIIe siècle : la préciosité, l'air de cour, la poésie du temps de Louis XIII et de Mazarin ne peuvent être séparés de lui. Il est un fait social et culturel fondamental pour l'intelligence du XVIIe siècle. À cette époque, la guitare n'a presque pas d'existence en France ; elle n'apparaît quère que comme instrument exotique « alla spagnola » ; c'est à ce titre qu'on voit, en 1625, dans le Ballet des fées de la forêt de St Germain, l' « Entrés des chaconnistes espagnols qui dansent au son de la guitare » - et de la venue en France de cet instrument en même temps que cette danse, elle aussi exotique, est significative [Beaussant 1979]. »

Anonyme, Luthiste jouant pour trois convives à table, 1671-1672,
azulejos, Lisbonne Palais Fronteira (photo RD 27 octobre 2008).

Veermeer van Delft, Jeune fille à la guitare [vihuela], 1670-1672,
huile sur toile, 53 x 46 cm, London Kenwood House.

Jacques Bizard (1642-1692 DBC), major de Montréal, aide de camp de Frontenac et seigneur de l'Ile Bizard, arrive dans la colonie en 1669 et à Montréal en 1677. Il épouse en 1678 Jeanne-Cécile (1660-1700), fille unique du héros Raphaël-Lambert Closse. Bizard décède en 1692. Sa veuve convole avec Raymond Blaise Des Bergères de Rigauville en 1694 et elle décède le 4 février 1700. Elle possède alors un « Luth ou Guitarre de Nulle valleur » (Inventaire des biens de feu Mr Bizard fait a la reqte de Mr Bergeres & damlle Moyen, notaire Antoine Adhémar, 13-14 août 1700, n° 5628, cité par Séguin 1968, p. 45, collaboration d'Élisabeth Gallat-Morin). Le tabellion n'est certes pas mélomane. Comme Gustave Lanctôt, il ne sait distinguer le luth de la guitare qui, à la fin du XVIIe siècle, devient plus populaire en France. Le luth est un instrument éminemment fragile et il se détériore rapidement si l'on n'en prend pas soin. C'est le cas de celui-ci dont les membres de la famille Bizard avaient dû profiter dans ses meilleurs jours, alors que la veuve semble s'en être désintéressé. Jacques Bizard aurait également pu jouer du luth dans des cadres festifs selon ce témoignage du gouverneur Le Febvre de La Barre : « Ce Bizard est un Suisse plongé dans le vin et l'ivrognerie, inutile à tous services par la pesanteur de son corps [DBC] ». On a certainement dû utiliser le luth pour accompagner les bals et les danses suffisamment populaires pour provoquer leur interdiction par le clergé (Roy 1930b, p. 261 ; Séguin 1968, p. 46-47). En Nouvelle-France, on abandonne donc la pratique du luth au début du XVIIIe siècle, les instruments devenant derechef caducs pour cause d'abandon de ce répertoire.

Willem van Mieris (1662-1747), The Lute Player, 1711, oil on oak panel, 50 x 40,5 cm, Wallace Collection P155.

Willem van Mieris, The Neglected Lute, c.1710, Oil on panel, 47.2 x 38.8 cm (support canvas panel stretcher external), Royal Collection Trust RCIN 405543.

Au XVIIIe siècle, qui a vu le déclin du luth, cet instrument continue toujours d'être associé à la galanterie, ainsi qu'aux vanités de ce monde. Avec un imposant théorbe, la femme aux riches atours peinte par Mieris en 1711 occupe le centre de l'attention séductrice d'un homme lui offrant du vin et des huîtres, réputées aphrodisiaques, dans un discret décor de nus en arrière plan, avec une suite à table où le luth est mis en pause.

Johann Wilhelm Stör, Johanes Uldaricus Haffner AA. LL. Cultor, 1730, engraving, 149 x 93 mm, British Museum Bb,16.373.

Jean-Honoré Fragonard, La Leçon de musique, 1765-1770,
huile sur toite, 1,09 x 1,21 m, Louvre INV 4543.

 
Johann Ulrich Haffner (1711-1767), jouant ici sur un luth à 9 choeurs, était un éditeur de musique à Nuremberg. Chez Fragonard, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la leçon de musique prend des allures de batifolages, le luth se faisant discret, posé sur une chaise et des partitions musicales, près d'un petit animal énigmatique.

Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779), Les attributs de la musique, 1765, huile sur toile, 91 x 145 cm, Louvre INV 3200.

Attribué à Germain Boffrand, Panneau aux instruments de musique, vers 1725, lambris sculptés en acajou, Salle de Nantes, Montréal Château Ramezay (photo RD 26 mars 2001 ; Brunet-Weinmann 1978.06).

Le luth représenté par Chardin, dans Les attributs de la musique, est identifié à une mandore, de la même famille d'instruments, mais avec moins de cordes et un son plus aigu. Quant à la Salle de Nantes au Château Ramezay, également du XVIIIe siècle, qui a accueilli le Festival de luth Paul Chomedey de Maisonneuve, un des panneaux décoratifs illustre un autre instrument de la même famille qui pourrait ressembler à un cistre.

 

Le luth en Nouvelle-France

-3100

1534

1612

1642

1665

1680

Mythes

web Robert DEROME