
Textes traités le 3 mars 2003, par Kawthar GRAR, dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.
Église - Rivière-à-Pierre 1927.10.08
Bibliographie de Jacques Robert, n° 043
L'action Catholique, 8 octobre 1927, p. 17.
Rivière-à-Pierre
Rivière-à-Pierre. - Les premières familles à occuper le territoire de la paroisse de St-Bernardin de Sienne de la Rivière-à-Pierre, arrivèrent en 1886. On était alors à construire le chemin de fer du Québec et Lac St-Jean et la ligne était bâtie jusqu'à la Rivière-à-Pierre. En 1886, Son Eminence, le Cardinal Taschereau, qui venait de revêtir la pourpre daigna visiter les pemiers colons et ouvriers établie à la Rivière-à-Pierre. Ce fut la première visite pastorale qu'il fit après son élévation au cardinalat. Dès cette année M. l'abbé Jean Gosselin, curé de Notre-Dame des Anges venait dire la messe et apporter les consolations de la religion aux premiers habitants de la Rivière-à-Pierre.
En 1890, Son Eminence le Cardinal Taschereau nomme M. l'abbé F.-X. Couture, premier curé de la Rivière-à-Pierre, celui-ci prend possession de la nouvelle paroisse le 17 août. Il se met à l'uvre et secondé par ses paroissiens qui désirent depuis longtemps à avoir un curé, il bâtit une chapelle-presbytère. M. l'abbé Couture quitte la paroisse à la fin de septembre 1894 et est remplacé par M. l'abbé Louis Garon. Pendant son séjour à la Rivière-à-Pierre, il fit bâtir un presbytère.
Le 28 septembre 1899, M. l'abbé Odilon Blanchet remplace M. L'abbé Garon, qui vient d'être nommé curé à St-Narcisse. En 1902, il confie l'école paroissiale aux Surs Servantes du Cur Immaculée de Marie, et bientôt cette école se transforme en un pensionnat, où 133 pensionnaires et autant d'externes recoivent actuellement, éducation et instruction. En 1909, la chapelle étant devenue trop exigue, M. l'abbé Bleainchet fit bâtir une église en granit et peu de temps après un presbytère. L'église avait 100 pieds de long et 52 de large; elle ne fut pas terminée à l'intérieur. Il s'occupa de l'avancement de la paroisse au point de vue matériel par la construction de ponts, et d'un systme [sic] d'aqueduc très avantageux.
La confiance de ses spérieurs [sic] l'appela à la cure de St-Grégoire de Montmorency en mai 1916. Il est remplacé à la Rivière-à-Pierre par M. l'abbé P.-A. Guillot, actuellement curé de St-Evariste. M. l'abbé Guillot demeura 4 ans à la Rivière-à-Pierre. Le 9 septembre 1920, l'abbé Léo Chabot arrive à la Rivière-à-Pierre. En 1926 les dettes contractées pour l'érection de l'église étant éteintes, les paroissiens avec le curé décident de bâtir le chur de l'église et de finir l'intérieur. Les travaux commencés en juillet 1926 viennent de finir. Le chur, qui a trente pieds de long a été bâti à la journée. M. Honoré Beaupré de Saint-Raymond, a obtenu le contrat pour finir l'intérieur de l'église. L'église est tout en granit de la Rivière-à-Pierre.
L'exploitation des carrières de granit est la principales industrie de la Rivière-à-Pierre. Plusieurs églises de Québec est [sic] des environs sont construites en granit de la Rivière-à-Pierre, en particulier: St-Roch, Saint-Cur de Marie, Limoilou, St-François d'Assise, l'église du T. Saint-Sacrement, etc.
L'esprit paroissial des familles de la Rivière-à-Pierre, a été la cause du succès dans l'organisation de la paroisse. Les travaux considérables exécutés jusqu'à présent, ont bien réussi grâce à l'esprit d'union qui a existé entre les paroissiens.
Voici la liste des paroissiens qui ont été maires de la municipalité depuis son érection:
J.-N. Perron, 1897-1902;
Alcie [sic] Léveilée, 1902-1906;
J.-N. Perron, 1906-1908;
Philèse Gauthier, 1908-1913;
Fortunat Voyer, 1913-1914;
Alcide Léveillée, 1914-1915;
Napoléon Galibois, 1915-1916;
Alcide Léveillée, 1916-1922;
Isidore Thibaudeau, 1922-1924;
Alcide Léveillée, 1924-1926;
François Racine, 1926.
L'EGLISE
L'église e [sic] la Rivière-à-Pierre a été commencée en 1909, d'après les plans de M. Georges Bussières, de Saint-Casimir. Avant la réfection de 1926, elle formait un rectangle de granit de 104 pieds de longueur sur une largeur de 57 pieds, le clocher faisant saillie sur le mur de la façade. Comme le chur n'avait pas été construit, on s'était contenté de cloisonner temporairement le fond de la nef.
Dix-sept ans durant, les paroissiens, avec une patience qu'on ne peut s'empêcher d'admirer, fréquentèrent leur église, bravant le froid et l'humidité et fermant les yeux sur l'aspect minable et la pauvreté de leur temple.
L'an dernier, ils décidaient unaniment de construire le chur et de terminer l'intérieur. Loin d'être découragés par la perspective des sommes nécessaires aux travaux de réfection, ils songeaient à refaire le plancher afin de le rendre à l'épreuve du feu, à pourvoir leur église de son mobilier et à la décorer sobrement mais dignement.
Les travaux commencèrent dans l'été de 1926. De juillet à novembre, on eleva [sic] le chur, en granit, comme l'église. En janvier 1927, le contrat de la finition de l'intérieur ayant été accordé à M. Honoré Beaupré, de St-Raymond, celui-ci se mit à l'uvre sans délai. En moins de trois semaines, le plancher de bois était démoli et refait en béton et la nef entière disparaissait sous les échafaudages. Enfin, en juillet dernier, l'église, complétement [sic] restaurée, était livrée au culte.
L'église actuelle forme donc deux rectangles qui se suivent, l'un, la nef, de 104 pieds de longueur par 57 de largeur et l'autre, le chur, de 36 pieds de longueur par 47 de largeur. La nef et le chur sont voûtés en anse de panier surhaussé, coupé à chaque travée par des doubleaux en bois. Toute la voûte, légèrement plus étroite que la nef à cause de la saillie de la corniche, est teinte crème et décorée au pochoir. Les ornements au pochoir, sont simples de forme, très stylisés et de couleurs différentes. Ils sont composés, comme d'ailleurs une bonne partie des autres ornements peints ou sculptés, de feuilles d'érables et de framboisier, de fleurs de lis, de croix et d'arabesques. Au sommet de l'arc de l'entrée du chur sont peintes les armoiries de Monseigneur l'Archevêque.
Une corniche en bois règne sur tout le parcours de l'église. Décorée elle aussi d'ornements dorés, elle sert de lien entre le mur et la voûte.
Les murs ne se font guère remarquer qu'à leur base par un lambris d'appui en brique jaune et rouge.
Souvent, la plus belle parure d'une église consiste dans son mobilier. Ici, tout le mobilier, sauf les autels qui sont restés les mêmes qu'avant la restauration et la chaire qui n'est pas encore exécutée, est en merisier fini au naturel. Il est simple de forme, peu chargé d'ornements et, en général, d'une exécution très soignée. Les bancs, les stalles, la table de communion et les confessionnaux ont été confectionnés à l'atelier de M. Eugène Gagnon, de l'Islet. M. Gagnon a droit à des louanges pour les délicats ouvrages dont il est l'artisan. Il prouve par là qu'il n'est pas nécessaire de recourir aux étrangers pour doter nos églises de pièces de menuiseries bien travaillées.
Tous les ouvrages de menuiserie et les travaux de réfection de l'église sont l'uvre de M. Honoré Beaupré, de St-Raymond. Je n'en ai à dire que du bien. M. Beaupré mérite lui aussi des louanges, tant pour le soin consciencieux qu'il a apporté à l'exécution des travaux que pour le scrupuleux souci - rare aujourd'hui - de bien finir chacune des parties de l'édifice.
A l'église de la Rivière-à-Pierre, qui sera bénite demain, il ne manque guère plus que des verrières pour adoucir ce que les murs de plâtre blanc peuvent offrir de trop violent en lumière ou de trop blafard. Souhaitons qu'il se trouve de pieux mécènes qui donneront à leur église sa vraie décoration: des vitraux aux riches et chaudes couleurs, vrais poèmes de lumière dont les teintes sont un repos pour l'il le moins exercé et les sujets évangéliques un aliment pour la foi et la dévotion.