
Textes mis en ligne le 24 mars 2003, par Kawthar GRAR, dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.
Eglise - Saint-Pierre de Montmagny 1950.12.03
Bibliographie de Jacques Robert, n° 176
La Patrie, 3 décembre 1950, p.26-27 et 50
L'ÉGLISE de SAINT-PIERRE de Montmagny
LE village de Saint-Pierre-de-la-rivière-du-Sud (Montmagny), parce qu'il est éloigné de quelques milles du "Chemin du Roi", est assez peu connu de la plupart des touristes. L'est-il davantage des voyageurs qui se piquent de bien connaître les régions anciennes de la Nouvelle-France? Je veux bien le croire. Mais j'ai l'impression plus ou moins justifiée que nombre de gens ne croient point à l'ancienneté des villages qui ne sont pas établis sur l'une des rives du Saint-Laurent. Ils méconnaissent, ou ils oublient, le rôle que les affluents du grand fleuve ont joué, dès la première moitié du XVIIe siècle, sur le développement du pays.
L'UN de ces affluents, la rivière du Sud, a eu assez tôt une certaine importance puisque le deuxième gouverneur du Canada, le chevalier de Montmagny, en a été le concessionnaire en mai 1646. Assurément, la commune et la paroisse de Saint-Pierre ne remontent pas à ce gouverneur, ni aux premiers temps de la colonisation du pays. Mais il est certain qu'à la fin du XVIIe siècle, quelques familles étaient déjà fixées dans le riche vallon de la rivière du Sud. Un quart de siècle plus tard, l'agglomération est suffisamment importante pour que l'Ordinaire songe déjà à la construction d'une petite église.
C'EST ce qu'on apprend à la lecture du premier livre de comptes de Saint-Pierre. Mais il s'en faut de beaucoup que les détails y soient nombreux et concluants; car les feuilles volantes de ce premier livre ont été reliées sans ordre aucun avec les registres de l'état civil; de plus, certains feuillets sont en très mauvais état. Quoi qu'il en soit, il est encore possible d'y glaner quelques faits intéressants.
EN l'année 1732, il semble que les paroissiens de St-Pierre achèvent la construction de leur petite église. C'était, tout probablement, un édifice en bois, de modestes dimensions, érigé sur la butte rocheuse qui domine le village; il n'avait pas de transept; il possédait, à la façade, un petit clocher à une lanterne.
A l'ouverture du livre de comptes, les ouvriers travaillent à la charpente de la nef; le forgeron du village façonne une croix en fer forgé. L'année suivante, un certain Pétrimoulx coule une cloche de deux cent trois livres; Pierre Moris couvre le clocher en bardeau; et le missionnaire Fornel fait l'acquisition d'un porte-Dieu en argent massif.
Dès l'année 1736, le sculpteur sur bois est à l'uvre. Dans les premières entrées du livre de comptes, on ne peut savoir de quel artisan il s'agit, puisque le marguillier en charge n'y inscrit que des mentions de ce genre: "Premier Envoy de Bled au Sculpteur par consentement de M. le Vicaire Général..."; ou encore: "Livré au Sculpteur dix-huit M.nots[illisible] de Bled à 35 Sols, 35#." Mais à la date de 1743, on constate par certaines entrées que le sculpteur de l'église est l'artisan québecois Jean Valin [Note 1. Né en 1691; mort à Québec en 1759. - Parmi ses uvres, la mieux conservée est l'ancien tabernacle de l'église des Ecureuils, 1743.]. En l'année 1736, il entreprend la sculpture du tabernacle, des six chandeliers en bois argenté et du crucifix d'autel; ce dernier ouvrage lui est payé en 1744: "A maître Valin pour le Christe, cent francs".
Cette première église de St-Pierre n'a pas eu un long règne; elle n'a pas duré vingt ans. En l'année 1748, la construction du presbytère, au nord de la rivière du Sud, oblige les habitants d'y ériger leur nouvelle église. Celle-ci, nous le savons par les documents paroissiaux, était en pierre; elle était, au dire de monseigneur de Pontbriand, "plus vaste et plus longue quen l'ancienne". L'abbé Lechasseur, curé de Montmagny, en pose la première pierre au printemps de l'année 1751; le 12 décembre suivant, l'abbé de Rigauville en fait la bénédiction solennelle au nom de l'évêque de Québec.
Comme cette deuxième église a disparu trente-trois après son érection et que, d'autre part, les redditions de comptes des syndics n'ont pas été retrouvées, il est difficile de s'en faire une idée précise. Chose certaine, elle possédait un transept; elle était pourvue d'un clocher à la façade et d'une abside arrondie; elle était ornée des meubles de la première église. Sans doute avait-elle l'aspect des petites églises du XVIIIe siècle - par exemple celle du Cap-de-la-Madeleine.
Nous sommes mieux renseignés sur sa décoration. Au fond du sanctuaire, c'était le somptueux tabernacle de Jean Valin; dans les croisillons du transept, le même Jean Valin avait sculpté deux petits tabernacles dans le genre de ceux de l'église de St-Augustin (Portneuf); la chaire était l'uvre d'un artisan du nom de Blanger, de qui je ne sais rien; le chandelier pascal et la croix processionnelle avaient été sculptées par Francois-Noël Levasseur, en l'année 1765; enfin, les bancs de l'église avaient été façonnés par le même Pierre Morin qui avait travaillé à la première église.
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La deuxième église de Saint-Pierre était-elle érigée sur un terrain peu solide, comme semblent l'indiquer les nombreuses réparations que l'on a faites à ses murailles? N'était-elle pas trop loin du centre de développement de la commune, comme la chose s'est souvent produite autrefois? Je ne saurais répondre à ces questions. Mais ce que je sais bien, c'est qu'en 1783 un contrat d'échange de terrains est signé entre la fabrique et le sieur Michel Blais, entrepreneur d'ouvrages en maçonnerie: en échange du vaste emplacement qu'il possède sur la butte rocheuse dont je parlais tout à l'heure, Michel Blais accepte, moyennant les avantages de certaines servitudes, le terrain où se trouve l'église de 1751.
Au reste, le même Michel Blais est l'entrepreneur de la nouvelle église, comme en fait foi l'inscription suivante: "L'An du Seigneur mil sept cent quatre-vingt quatre, le quatrième jour de Juillet, sous le pontificat de Pie VI et l'épiscopat de Jean-Olivier Briand, Louis XVI régnant en France et Georges III en Angleterre, Haldonand [illisible] étant gouverneur du Canada, Pierre-Laurent Bédard, curé de cette paroisse, a posé la première pierre de cette église dédiée au Très-Haut sous l'invocation de saint Pierre. Michel Blais a apporté un soin spécial à l'édification de cette église."
L'entrepreneur pousse les travaux avec une certaine énergie, puisque la consécration de l'église a lieu l'année suivante, le 6 décembre. C'est, en ses [sic] grandes lignes, l'église actuelle. Si je la compare aux églises campagnardes qu'on a construites à la même époque, je constate que leur plan est identique, qu'il correspond tout au moins aux données d'un même problème. C'est une longue nef coupée en son deuxième tiers par un spacieux transept; le fond du sanctuaire est arrondi en anse de panier; à cheval sur le pignon de la façade, un clocher à deux lanternes.
Telle était primitivement l'église de Saint-Pierre de Montmagny. Elle l'est restée en ses lignes principales, mais non en quelques-uns de ses détails. Le clocher a été refait à plusieurs reprises, notamment en 1839, par Thomas Baillairgé; la silhouette des croisillons du transept a été considérablement altérée en 1897 au cours de la restauration entreprise par l'architecte Georges-Emile Tanguay; à l'intérieur, comme on le verra plus loin, on a substitué une voûte sur consoles à la large voûte en anse de panier qu'avait construite l'"ouvrier Fortin", vers l'année 1812.
Fait digne de remarque: l'église de Saint-Pierre n'est pas orientée suivant la prescription liturgique; son abside est tournée vers l'ouest. C'est, dans notre architecture religieuse d'autrefois, l'un des rares exemples d'églises non orientées. A peine puis-je citer trois ou quatre églises de ce genre: Notre-Dame des Victoires, à Québec, (1688), Bertier-en-Haut, Saint-Paul de Joliette, l'Ile Perrot...
Le gros uvre de l'église terminé (1785), le sanctuaire et la nef restent de longues années sans aucun décor. Sans doute a-t-on transporté dans la nouvelle église les meubles de l'ancienne. Mais on ne commande plus aux artisans que des morceaux de peu d'importance; et les commandes mêmes se font sans plan arrêté. En 1797, c'est le tableau du maître-autel - le Repentir de saint Pierre - et son cadre sculpté et doré - uvre de François Baillairgé; en 1802, c'est la chaire à prêcher, dont on confie l'exécution au Frère Marc, récollet; en 1812, c'est la voûte à caissons et à fleurettes, que construit l'artisan Fortin; en 1820 et en 1822, ce sont quatre tableaux que le curé achète à la vente de la collection Desjardins; en 1825, ce sont les grands travaux du sculpteur Pierre Séguin, la chaire et le banc d'uvre; enfin, en 1841, ce sont les fonds baptismaux, uvre de Thomas Baillairgé. On verra tout à l'heure ce qui reste de ces ouvrages.
La première restauration importante de l'église remonte à l'année 1868. L'abbé Pierre-Stanislas Vallée, sculpteur et architecte à ses heures, en assume la direction. C'est surtout à la voûte qu'il s'attaque. Sans doute les travaux de menuiserie et de pannelage de l'"ouvrier Fortin" étaient-ils simples et modestes; mais il n'était pas convenable de les remplacer par des ouvrages inutilement solennels. "Inutilement solennelle", c'est l'expression qui s'ajuste le mieux à la voûte sur consoles qui est sortie de l'imagination du prêtre-architecte. Celui-ci, hélas, ne s'en est pas tenu à la voûte; il a fait disparaître nombre d'ornements qui meublaient la corniche et les trumeaux du sanctuaire.
En 1877, disparaissent les tabernacles latéraux de Jean Valin; David Ouellet les remplace par des tabernacles de sa façon; de plus, il façonne laborieusement huit reliquaires.
Enfin, en 1897, a lieu la dernière grande restauration - celle de Georges-Emile Tanguay - au cours de laquelle l'église de Saint-Pierre change quelque peu d'aspect; de sorte que si Michel Blais, celui qui "a apporté un soin spécial à l'édification de cette église" revenait sur terre, il reconnaîtrait à peine son uvre et mettrait sérieusement en doute la sûreté de notre goût moderne.
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Après les paragraphes que je viens d'écrire, le lecteur a assurément l'impression que l'église de Saint-Pierre est un exemple typique de restauration médiocre. Il n'a que trop raison.
Pour l'en convaincre davantage, comparons l'église de St-Pierre à celle de Saint-Mathias (Rouville). Toutes deux datent de la même années, 1784; elles ont été élevées sur le même plan et, probablement, d'après le même devis; elles ont a peu près les même dimensions. Je sais bien que l'église de Saint-Mathias a été allongée en 1815, mais elle l'a été d'après les plans primitifs; le sais bien d'autre part que le site de l'église de Saint-Pierre l'emporte de beaucoup sur celui de Saint-Mathias. Et cependant, quelle différence entre les deux monuments! A Saint-Mathias, on a l'impression d'une église-modèle, dont les proportions et la silhouette sont des réussites achevées; sans doute a-t-elle été restaurée, comme tous nos monuments d'autrefois; mais ici, soit par goût soit par manque de ressources financières, le restaurateur est resté dans les limites de son métier; il n'a pas fait de zèle. A Saint-Pierre, le restaurateur s'est lancé à l'aventure; il a voulu améliorer un monument dont il méconnaissait la beauté; et avec les meilleures intentions du monde, il a gâché quelque chose. Ce "quelque chose", le touriste distrait ne le voit guère. Mais quand on a vu une photographie ancienne de l'église de St-Pierre, on voit ce que le monument a perdu au cours de la restauration de 1897. Ce qu'il a perdu, c'est le dessin de ses croisillons; c'est la charmante rusticité de sa couverture; c'est l'attrait de ses murailles frustes; c'est le caractère de son âge. De même que certaines septuagénaires tentent sur leur figure de "réparer des ans l'irréparable outrage", ainsi des restaurateurs de bonne volonté mais de peu de goût essaient de rajeunir des monuments dont ils devraient, au contraire, respecter la vétusté. Tant il est vrai qu'il est difficile de veillir en toute quiétude...
Que reste-t-il aujourd'hui du décor sculpté des deux premières églises? En somme, assez peu de choses. A première vue, le tabernacle principal de paraît pas être ancien: les prédelles et le tombeau sont modernes; les reliquaires et leurs pinacles qui s'étirent de part et d'autre du tableau central ne comportent que des éléments restaurés; seul l'étage des colonnes et des pilastres remonte au XVIIIe siècle; et pour peu qu'on ait vu quelques ouvrages de Jean Valin, on y reconnaît son style et quelques-uns de ses motifs habituels: des têtes ailées, des godrons et des frises de style Régence.
L'uvre de François-Noël Levasseur est mieux conservée. Elle comprend un chandelier pascal en forme de torchère et une croix de procession en bois sculpté et doré. Le chandelier est d'un effet décoratif imposant; mais la croix processionnelle est d'un style beaucoup plus remarquable, avec son décor de pointes à diamant et son Christ d'un modèle si souple.
Quant aux ouvrages considérables que Pierre Séguin exécuta dans l'église actuelle en l'année 1825, ils existent en partie, mais il faut savoir les trouver. Le fragment le plus visible est la cuve de la chaire; il faut en admirer la mouluration forte et fermement poussée, les ajours en forme de lyre et le cul-de-lampe dont les ornements floraux sont disposés en spirales. Cette chaire avait autrefois son cadre architectural et son abat-voix; il en était ainsi du banc d'uvre. Au cours de la restauration de 1863, ces meubles ont été transportés de la nef dans le sanctuaire; ce sont les pilastres corinthiens surmontés d'un entablement, qu'il y a au-dessus des stalles principales; ils sont en partie masqués par des tableaux, et c'est dommage.
Signalons d'autres pièces de sculpture, celles-ci moins anciennes. Dans le croisillon de gauche, c'est une "Pieta" en bois sculpté et peint au naturel par l'artisan québecois Jean-Baptiste Côté; elle date de la fin du siècle dernier; elle est recouverte de tons si suaves qu'au premier coup d'il on la prend pour un groupe en plâtre. Dans les niches du tabernacle central, ce sont deux statuettes en bois de noyer, "St-Pierre" et "St-Paul" que Jean-Julien Bourgault a sculptées vers 1945.
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Contrairement à ce qui s'est produit dans la sculpture, l'église de Saint-Pierre a conservé tous ses tableaux. Ils sont au nombre de onze.
Les deux plus anciens, une "Madone" et un "St-Charles Borromée", remontent à l'année 1752; par une entrée du premier livre de comptes, je je constate qu'ils ont coûté la somme modique de trois cent quarante-trois livres. Ils appartiennent si je puis dire, à une famille de tableaux qui sont dispersés dans la Province et qui, à cause de leur technique et de leur coloris, peuvent être attribués au même artiste; et comme deux de ces tableaux sont les uvres certaines du Père François Brékenmacher, récollet au couvent de Québec, il en faut conclure que la Madone et le Saint Charles Borromée[sic] de Saint-Pierre doivent être attribués à ce moine. Enfumées et recouvertes de plusieurs couches de vernis, ces peintures ne manquent pas de qualités: leur dessin est juste et leur coloris fort agréable.
Je ne puis en dire autant du "Repentir de saint Pierre" que François Baillairgé a peint en 1798 et qu'il a bordé d'un cadre richement sculpté; la composition est un peu vide, comme la plupart des compositions de cet artiste, et la couleur manque de subtilité, pour ne pas dire davantage.
Je signale brièvement quatre tableaux du peintre québecois Joseph Légaré: "Saint François de Paule", "Saint Frannçois d'Assise", "Saint-Jean" et "l'Ange-Gardien." Dans l'exécution de ces toiles sombres, Joseph Légaré s'est inspire de certains tableaux de sa propre collection [Note 2. La collection du peintre Joseph Légaré comprenait plus de cent cinquante toiles. Elle a été exposée de 1838 à 1855 dans la maison de Thomas Amyot, à l'angle des rues de Buade et [illisible].] ou des tableaux de la collection Desjardins qu'il a restaurés en 1817; je n'insiste pas sur ces copies de coloris terreux.
Les quatre derniers tableaux - La Visitation, Saint François-Xavier, la Sainte Famille, et Sainte Elisabeth de Hongrie - proviennent de la collection Desjardins, comme en font foi deux entrées au livre de comptes, datées de 1820 et de 1822. Mais dans le catalogue de cette collection, on ne trouve que de maigres renseignements sur ces tableaux. La Visitation est attribuée à un artiste peu connu du milieu du XVIIIe siècle, un certain Signany; la Sainte Famille, probablement l'uvre d'un artiste flamand n'y est point signalée; et quant à la Sainte Elisabeth de Hongrie, elle y figure sous le nom d'un peintre qui ne paraît dans aucun dictionnaire: Domini.
La plus intéressante de ces compositions classiques est la Saint Elisabeth de Hongrie. La scène se passe dans la salle d'un palais de style corinthien, sous une grande coupole; la sainte est agenouillée sur un coussin de velours rouge; elle porte un manteur d'hermine; à ses genoux est déposée une couronne d'or; le parquet de la salle est carrelé en beige et noir. En haut, à gauche, la Vierge Marie, assise sur des nuages, tend une couronne de fleurs à la sainte. La composition et le coloris rappellent certaines compositions flamandes du XVIe siècle.
Enfin, il convient d'écrire quelques mots du trésor de Saint-Pierre. Il comprend une douzaine de pièces.
Deux d'entre elles sont de fabrication française: ce sont 2 petites lampes en argent massif, dont l'unique poinçon un C couronné) indique la date, 1752, elles sont galbées avec beaucoup de grâce et de finesse.
Du grand orfèvre québecois François Ranvoysé, le trésor de Saint-Pierre possède un grand calice de style Louis XVI et un boîtier aux saintes huiles; ces deux pièces datent de l'année 1783.
Sauf un petit porte-Dieu qui a été façonné par François Sasseville vers 1840, les autres pièces du trésor de Saint-Pierre sont l'uvre de Laurent Amyot [Note 3. Laurent Amyot est né à Québec en 1764; il a fait son apprentissage à Paris, de 1783 à 1787; il est mort à Québec en juin 1839.]. J'y trouve une minuscule aiguière baptismale dont les formes sont toutes modernes; un calice d'une grande distinction de dessin; un encensoir et sa navette qui sont parmi les plus belles uvres d'Amyot; un bénitier en argent, orné de godrons; un ostensoir ou "soleil" à la mode parisienne du XVIIIe siècle; enfin, une piscine et une lampe de sanctuaire. L'exécution de ces pièces s'échelonne de 1790 à 1837.