
Textes mis en ligne le 7 mars 2003, par Marie-Andrée CHOQUET, dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.
Québec - Fortifications 1951/02
Bibliographie de Jacques Robert, n° 270
La Propriété et la construction, vol. 6, n°2, février 1951, p. 9-12 et 14.
QUEBEC, VILLE FORTIFIÉE
Quand on examine une carte de l'Amérique du Nord, dressée au milieu du XVIIIe siècle, on constate à première vue que le système défensif de la Nouvelle-France est d'une extrême complication et d'une grande fantaisie géographique. Les forts et fortins y sont en grand nombre, disposés, semble-t-il, au hasard; de plus, ils sont centrés sur toute la région du sud-ouest - comme si le pays des Iroquois, au sud du lac Ontario, constituait la plaque tournante de tout le dispositif.
Mais après un examen attentif de la carte et après l'étude détaillée de quelques-unes des fortifications de l'époque, on en arrive à comprendre. En un immense triangle de quinze cent kilomètres de base, dont la pointe est tournée vers la Nouvelle-Angleterre, le système s'appuie sur trois places fortes de première importance: à l'extrême ouest, le poste fortifié de Niagara, uvre de Chaussegros de Léry et de Pouchot; au sud-est, comme un coin qui s'avance en territoire ennemi, le fort de la Pointe-à-la-Chevelure, plus connu sous le nom de St-Frédéric, ouvrage un peu archaïque que l'ingénieur Chaussegros de Léry a commencé en 1735; enfin au nord-est, la capitale de ce vaste pays, la place forte de Québec, porte des communications océanes.
Des esprits clairvoyants - tel Bougainville - se sont étonnés du caractère strictement continental de ce réseau défensif: et le fait est d'autant plus étonnant que les hommes qui ont participé à l'établissement de ce réseau appartenaient pour la plupart à la marine.
Que l'ennemi bloque le St-Laurent - et la campagne de 1759 démontre que l'entreprise est relativement facile -, c'est l'asphyxie de ce système défensif trop éloigné de la mer.
Quoi qu'il en soit de ce vice de conception, il est sûr qu'on a voulu faire de Québec la clef de tout le système. On n'y a réussi qu'après une série de tentatives plus ou moins heureuses, qui ont peut-être trompé l'ennemi dans ses calculs mais qui ne pouvaient guère tromper les hommes de l'art - ces ingénieurs consciencieux qui voulaient bien faire de Québec une ville imprenable, mais qui se heurtaient constamment à la volonté d'économie du gouvernement de Versailles. C'est l'histoire des fortifications de Québec que je voudrais esquisser en peu de mots.
Fondé en 1608, Québec n'est pendant longtemps qu'une misérable bourgade de maisons de bois, de tentes en écorce de bouleau et de remises miteuses. L'HABITATION que Samuel Champlain construit deux ans après, en lui donnant une allure tant soit peu militaire, n'est en réalité qu'un groupe de corps de logis abrités derrière une palissade de pieux; d'ailleurs, elle ne dure qu'une vingtaine d'années.
Dette habitation, peu solide mais de silhouette agréable, s'élevait non loin du rivage, juste au pied de la falaise. Champlain se rend vite compte que l'endroit est trop vulnérable pour y ériger de véritables fortifications. Aussi bien est-ce sur le plateau de la falaise, en un endroit où la vue s'étend sur une immensité de pays, qu'il jette, en 1620, les bases du fort Saint-Louis.
Le chevalier de Montmagny, successeur de Champlain et ingénieur militaire, reconstruit l'uvre du fondateur de Québec et en fait une place d'une certaine importance. Le fort, tracé en forme de trapèze, comprend des courtines très basses, flanquées très irrégulièrement de quatre bastions en maçonnerie; la courtine parallèle au fleuve, renforcée par une suite de contreforts profonds, se développe vers l'ouest jusqu'à une redoute en pierre qui paraît sur les anciens plans de la ville; c'est la BATTERIE DU CHATEAU. Quand [sic] au château lui-même, dont les plans étaient de Montmagny, c'était un long bâtiment fortifié du côté du fleuve; sa face sud reposait sur la courtine à contreforts. L'ensemble avait probablement grand air, à cause de son exceptionnelle situation sur la falaise. Mais s'il faut en croire Frontenac, qui possédait sûrement l'art des récriminations, la résidence des gouverneurs était une piètre habitation.
Agrandis et restaurés vers 1652 par le gouverneur d'Ailleboust, le fort et le château sont restés pendant quarante ans sans subir de modifications notables. Il n'en est pas ainsi de la petite ville elle-même; dès 1664, on songe à la protéger à l'ouest par des retranchements, c'est-à-dire de simples travaux de terrassement; avec la menace de la guerre sous le gouvernement de Denonville, les retranchements paraissent dérisoires: une enceinte en maçonnerie devient nécessaire. Commencée en 1688 sous la surveillance de l'ingénieur Villeneuve, elle est à peu près terminée à l'époque où l'amiral Phipps vient mettre le siège devant la ville; c'est la Vieille enceinte, suivant l'expression de Chaussegros de Léry.
Après la chaude alerte de l'année 1690, le comte de Frontenac prend la détermination de parfaire les fortifications de la ville. Il charge le chevalier de Beaucourt de dresser les plans du "Cavalier du Moulin", dont l'importance tactique s'est révélée au cours du siège, et de construire les deux seules portes qui livrent passage vers l'ouest, les portes St-Louis et St-Jean; il passe marché avec le sieur Bailly pour la construction d'une batterie à la ville basse, d'après les plans de l'ingénieur Franquelin; enfin, il commande au sieur Beaucourt les plans de quatre redoutes qui complètent le système défensif de Villeneuve - les redoutes Royale, Dauphine, Saint-Roch et la redoute du Cap-aux-Diamants. A la mort de Frontenac en 1698, ces entreprises sont en cours d'exécution.
La paix de Ryswick (1697) ne dure pas longtemps. La guerre se rallume avec l'affaire de la succession d'Espagne. Dès 1709, les Anglais menacent d'envahir la Nouvelle-France. Malade, Levasseur de Néré abandonne sa charge d'ingénieur militaire. C'est Boisberthelot de Beaucourt qui le remplace. D'abord, en prévision d'une action prochaine, il consolide les murailles de la vieille enceinte; puis il entreprend la construction d'une muraille qui s'étend de l'Hôtel-Dieu jusqu'à la redoute du Matelot; enfin, appliquant un dessin de son prédécesseur Levasseur de Néré, il reporte à trois cents mètres à l'ouest les ouvrages avancés des fortifications - créant ainsi les trois bastions du système définitif, le demi-bastion Joubert, le bastion de la Glacière et le bastion St-Louis. Ainsi la ville est-elle délivrée de ce corset de pierre de la "Vieille enceinte", qui l'étouffait et empêchait son développement vers l'ouest.
Le marquis de Vaudreuil loue comme il convient l'habileté et le zèle de Beaucourt: "J'étois aussy persuadé, écrit-il au ministre de la Marine, que le Sieur de Beaucourt ne négligeoit rien de son côté pour mettre la ville en état de soutenir un siège et par toutes les occasions il me revenoit que, d'un jour à l'autre, les fortifications avançoient à vue d'il."
Non seulement le chevalier de Beaucourt poursuit avec activité les fortifications mêmes de la ville; mais il prévoit, comme la chose s'est produite pendant l'attaque de l'amiral Phipps, une descente de l'ennemi sur la côte de Beauport; et pour parer à cette menace, il établit un réseau de retranchements le long de la Canardière.
On sait que ces ouvrages défensifs n'ont pas servi immédiatement. En 1711, le 22 août, une partie de la flotte de Walker se brisa sur les récifs de l'île aux ufs. La Nouvelle-France était sauvée, car Nicholson n'a pas voulu courir le risque de la défaite sur terre.
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Nommé ingénieur en chef de la Nouvelle-France en 1712, le chevalier de Beaucourt parachève les ouvrages qu'il a commencés; au bout de trois ans, il cède la place à son successeur. Au rintemps de l'année 1716, Charles-Gaspard Chaussegros de Léry arrive en Nouvelle-France avec la mission précise d'examiner le système défensif de Québec et d'exécuter "ce qui reste à faire", suivant l'expression même du ministre. Quatre ans se passent, pendant lesquels le nouvel ingénieur accumule les dessins et les notes. En 1720, il expédie à Versailles un plan détaillé de la ville, accompagné d'un autre plan, celui-ci en relief, qui a sûrement été reçu au palais du Louvre, mais qui s'est perdu au cours du XVIIIe siècle. A défaut du plan en relief, jetons un coup d'il sur le plan colorié.
Excellent dessinateur, Chaussegros de Léry indique tous les ouvrages militaires qu'il a relevés: les anciens retranchements, la "vieille enceinte" de Levasseur de Néré, les batteries et les redoutes du chevalier de Beaucourt, le "Cavalier du Moulin", le fort et la batterie St-Louis et les petits ouvrages provisoires qui ont surgi sous le coup d'une nécessité impérieuse.
Aux yeux de l'ingénieur, ce système défensif est mal conçu et étriqué: en cas d'alerte, les défenseurs se marcheraient sur les pieds. Les anciens retranchements sont inutiles: la vieille enceinte est un méchant corset de pierre; les batteries sont, pour la plupart mal placées; enfin les ouvrages provisoires ne répondent plus à aucune nécessité. Seuls, les bastions de la Glacière et St-Louis sont conçus selon les idées de Vauban; et ce sont précisément ces derniers ouvrages qu'il convient de prolonger jusqu'à la rivière St-Charles. C'est l'évidence même.
Cependant, Versailles fait la sourde oreille. L'Europe est en paix; nul nuage à l'horizon; au reste, les finances royales sont rien moins que prospères. Pendant plusieurs années, l'ingénieur se contente de réparer les batteries et les redoutes. En 1727, il reprend une idée qu'il a déjà mise sur le papier en 1722: c'est le projet d'une citadelle à la Vauban. Saisi de l'affaire, le ministre répond que ces sortes d'ouvrages coûtent fort cher et qu'au surplus une citadelle ferait de Québec la place la plus forte de tout le royaume - ce qui, naturellement, serait abusif. L'ingénieur n'insiste pas.
Comme il arrive souvent, c'est l'imminence du danger qui pousse à l'action. En 1744, une nouvelle menace d'invasion plane sur le pays. Aussitôt le gouverneur et l'intendant s'agitent. L'année suivante, c'est le [sic] prise de Louisbourg. Il n'en faut pas davantage pour que les autorités consentent enfin à parfaire les fortifications. Chaussegros de Léry se met à l'uvre sans tarder, puisque ses plans sont prêts depuis déjà vingt-cinq ans. C'est le maître-maçon Désaulniers qui élève les bastions et les courtines en pierre de Beauport et du Cap-Rouge; et c'est Dominique Janson dit La Palme, architecte du roi, qui reconstruit, d'après les plans du chevalier de Beaucourt les portes St-Jean et St-Louis.
Sauf quelques interruptions, les travaux se poursuivent jusqu'à l'année 1750. Cette année-là, l'ingénieur expédie un long mémoire au ministre; on apprend à sa lecture qu'en cinq ans les fortifications de Québec ont coûté la somme d'un million cinq cent trente-sept mille six cent trente livres.
Deux ans plus tard, l'ingénieur Franquet examine attentivement les fortifications de la ville. Je n'ai pas sous les yeux les termes mêmes de son mémoire; mais à certaines réactions que je trouve dans les lettres de Chaussegros de Léry, on devine que Franquet juge le système un peu désuet et qu'il se permet de proposer certaines modifications. Chaussegros de Léry accepte les corrections: il reconstruit des poudrières, fait creuser des fossés... Mais il n'a pas le temps de terminer son uvre: il meurt à la tâche pendant l'hiver 1756. C'est son fils, le lieutenant d'infanterie Joseph-Gaspard Chaussegros de léry, que le gouverneur et l'intendant chargent de mettre la dernière main à tous les ouvrages inachevés.
Pendant le siège de Québec en 1759, la ville a beaucoup souffert des terribles bombardements du mois de juillet. La Basse Ville était aux trois-quarts ruinée; à la ville haute, le château St-Louis avait été atteint par des boulets rouges; la cathédrale était détruite; des pâtés de maisons n'étaient plus que des ruines fumantes.
Chose étonnante, les fortifications avaient résisté aux bombardements. Ces "fortifications ridicules et mauvaises", suivant l'expression même de Montcalm, avaient certes subi des dommages; mais, sauf les batteries de la Basse Ville qui avaient été battues de plein fouet par l'artillerie lourde anglaise, les murailles et les redoutes étaient encore debout; peut-être même auraient-elles pu résister à un autre siège. C'est qu'elles étaient mieux conçues et construites plus solidement que ne le croyait Montcalm.
Après le traité de Paris, les officiers anglais, qui ont pu observer au cours du siège les points faibles de la défense, ont l'idée de parfaire tout le système des fortifications - car ils redoutent le retour de la France en Amérique du Nord. Après les réparations urgentes, ils constatent qu'un seul ouvrage reste à faire: la citadelle, couronnement de tous les autres ouvrages et refuge suprême de la défense.
Cette citadelle, les officiers anglais en reprennent le projet en l'année 1766. Comment parviennent-ils à obtenir une copie des plans de Chaussegros de Léry? Quoi qu'il en soit, l'arpenteur Samuel Holland détient le projet de l'ingénieur français: il y apporte des corrections de peu d'importance et il en propose l'exécution aux autorités militaires de la métropole.
Tout comme le gouvernement de Versailles en 1727, Londres, fait la sourde oreille. Mais après le siège de Québec par les Américains en 1775, les autorités londonniennes se préoccupent sérieusement de la défense du Canada et de la capitale; elles envoient au pays l'ingénieur militaire le plus réputé de l'époque, Gother Mann; elles le chargent de l'inspection de toutes les places fortes du Canada et elles lui demandent des projets précis à l'égard de chacune d'elles.
Quelques-uns des plans de Gother Mann existent encore. En les examinant, on constate que l'ingénieur anglais conserve l'essentiel de la défense de Chaussegros de Léry; qu'il en perfectionne le tracé - c'est-à-dire les angles des faces et des flancs des bastions -, selon les idées du successeur de Vauban, l'ingénieur français Cormontaigne. Cependant la guerre de l'indépendance américaine se termine brusquement; le danger s'éloigne; finalement, on ne songe plus à la citadelle de Québec.
La guerre de 1812 ramène de nouveau l'intérêt de l'état-jamor sur la situation militaire de Québec. Advenant des revers en rase campagne, la ville est-elle en état de soutenir un siège? Non, répondent en chur les officiers du génie. Voilà pourquoi les Ingénieurs royaux, ayant à leur tête Edouard-William Durnford, se mettent à l'uvre dès l'année 1822, reconstruisent presque de fond en comble les bastions et les courtines du côté ouest et érigent, au sommet du Cap-aux-Diamants, une citadelle à la Vauban dont le dessin général et les détails rappellent le projet de Chaussegros de Léry. L'entreprise s'étend sur une période de plus de dix ans. La dépense prévue est de trente millions.
Les murailles et les bastions sont construites en belle pierre verte du Cap-Rouge; les cailloux de blocage proviennent des carrières de Beauport; la pierre des édifices d'habitation est le calcaire de Charlesbourg et, vers la fin des travaux, le calcaire de Deschambault. Tous ces matériaux, les bois compris, sont amenés en barques au pied de la falaise et chargés à mains d'hommes dans la cage d'un funiculaire qui, mû d'abord par des chevaux puis par une chaudière à vapeur, monte sur le chantier même de la citadelle cailloux, moellons et pièces de charpenterie. Vers l'année 1830 - on le constate par les aquarelles de James-Pattison Cockburn -, les édifices du Cap-aux-Diamants sont à peu près terminés; deux ans après, l'entreprise est achevée. Et je ne sais plus quel journaliste plein d'allégresse lance ce mot qui fera fortune: "Québec, Gibraltar de l'Amérique!"
Depuis un siècle, les fortifications de Québec n'ont pas notablement changé. Les portes anciennes, il est vrai, ont été démolies parce qu'elles étaient encombrantes, ou bien elles ont été remplacées, entre 1873 et 1938, par des portes de style vaguement et lourdement gothique - ce qui est une absurdité; certains cavaliers de la citadelle ont été démolis et ont fait place à des pavillons d'une architecture douteuse; maints terrassements ont disparu par la main de l'homme ou par l'érosion. Mais dans l'ensemble, la citadelle et les fortifications sont restées ce qu'elles étaient. Est-il besoin d'ajouter qu'avec le fort de Niagara, la forteresse de Québec est la seule défense à la Vauban que possède l'Amérique du Nord.
Et cette forteresse, avec ses ouvrages avancés que sont les tours Martello, est en même temps une uvre de belle architecture. Je ne parle pas seulement ici de l'exécution de la maçonnerie. Je parle de la conception architecturale de chacun des bâtiments, du style particulièrement heureux et de la simplicité des pavillons, de l'aimable robustesse de cette architecture martiale qui plaît et en impose à la fois au regard. Le chef-d'uvre de ces pavillons est assurément la caserne de détention; on la reconnaît au premier coup d'il: mystérieuse maçonnerie trouée d'ouïes grillagées, qui se ferme silencieusement sur les têtes-fortes de la troupe et absorbent leurs soupirs. Et derrière cette caserne muette, ce sont deux tout petits pavillons en pierre de taille, de proportions charmantes et d'allure toute civile: les Ingénieurs royaux ont voulu rappeler dans ce cadre sévère la gentillesse de certaines constructions domestiques.
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Cet ensemble défensif, c'est entendu, est l'uvre des Ingénieurs royaux britanniques. Mais n'y aurait-il pas dans ces masses de maçonnerie verte et grise des vestiges des fortifications françaises? Les vestiges ne sont pas nombreux et ne sont peut-être pas intacts, mais ils existent.
Le plus ancien est la redoute du Cap-aux-Diamants que le chevalier de Beauport a fait construire en l'année 1693 d'après ses propres dessins - c'est le comte de Frontenac qui l'affirme. Elle est au centre du bastion du roi; c'est une construction cubique, de maçonnerie fruste et de proportions agréables; à une date que je ne puis préciser, on l'a flanquée d'un appentis en pierre en forme d'absidiole.
Un autre vestige du Régime français se trouve en plein cur de la Haute Ville. C'est le "Cavalier du Moulin", esquissé en 1689, reconstruit en 1693 par le chevalier de Beaucourt et achevé vers 1702 par Levasseur de Néré. Sauf le moulin qui a disparu, j'ignore à quelle époque, ce cavalier est à peu près intact.
Enfin, il existe un troisième ouvrage défensif qui remonte à la fin du Régime français: c'est la poudrière du Cap-aux-diamants que Chaussegros de Léry père a fait construire peu avant l'année 1750; c'est un long rectangle voûté en maçonnerie et pourvu d'énormes contreforts. Les appentis qui terminent la poudrière sont de construction récente.
Par un juste retour des choses, cette poudrière de style robuste et de belles proportions abrite, depuis quelques semaines, le musée de la Citadelle. Ainsi les visiteurs pourront-ils se rendre compte, au moyen des plans et des photographies qui y sont exposés, des principes défensifs des fortifications d'autrefois.
Bas de vignettes:
[1] La citadelle de Québec en 1836, d'après une aquarelle de BAINBRIDGE. On voit à gauche le funiculaire, mû d'abord par des chevaux, puis à la vapeur, qui servait à monter les matériaux de construction. Cliché Ciné-Photographie, Québec
[2] Vue aérienne de la citadelle de Québec. Cet ouvrage défensif à la Vauban, conçu d'abord par Chaussegros de Léry en 1727, fut exécuté de 1822 à 1830 par les Ingénieurs royaux sous la direction de Durnford. Cliché Louis Lanouette, Québec
[3] Ancienne poudrière de la citadelle de Québec, construite par Chaussegros de Léry avant 1750. Elle sert aujourd'hui de musée. IOA
[4] Les fortifications et partie de la citadelle vues du haut de la tour du Parlement; en bas à droite, le bastion Saint-Louis. IOA
[5] La redoute du Cap-aux-Diamants, désignée maintenant sous le nom de cavalier du bastion du Roi, construite en 1693 d'après les plans de Boisberthelot de Beaucourt. Remaniée au début du XIXe siècle. IOA
[6] Le "Cavalier du Moulin" construit en 1693-1702 par Boisberthelot de Beaucourt et Levasseur de Nérée. Autrefois enclavé dans l'ancien bastion Saint-Louis. IOA
