Gérard Morisset (1898-1970)

1951.04.04b : Église - Deschambault

 Textes mis en ligne le 3 mars 2003, par Kawthar GRAR, dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.

 

Église - Deschambault 1951.04.04b

Bibliographie de Jacques Robert, n° 179

La Patrie, 4 février 1951, p. 18-19.

L'église de DESCHAMBAULT

ERIGEE canoniquement en l'année 1712, la paroisse de Deschambault est donc l'une des plus anciennes du comté de Portneuf. On peut légitimement se demander pour quelle raison elle est si peu connue. C'est sans doute parce qu'elle n'a été, jusqu'ici, l'objet d'aucun essai monographique. Et pour cause: dans le premier livre de comptes de la fabrique, on lit à la première page cette note qu'à écrite l'abbé Joseph Filion, alors curé au Cap-Santé et desservant à Deschambault: "Pas de comptes du Rév. Ménage, 60 ans! Ni de 1773, décès de M. Ménage, à 1781".

EN effet pendant soixante ans, l'abbé Ménage, homme d'un caractère original mais d'un quant-à-soi excessivement réservé, n'a laissé aucune reddition de comptes - et cette abstention prive le chroniqueur moderne d'une somme considérable de renseignements. Tout au plus a-t-il consenti à griffonner quelques notes cursives dans les marges de l'état civil de sa paroisse; celle-ci par exemple: "Le 19e aoust 1759, l'église a été pillée par l'Anglois". Au moins, Ménage nous apprend-il par cette note marginale qu'il y avait une église à Deschambault à la fin de la guerre de Sept Ans; mais quand on connaît l'humeur sombre et l'austérité de ce personnage, il est permis de penser que son église devait aussi sévère que le fond de son âme, et que les méchants Anglais ne s'étaient pas enrichis en la pillant.

PENDANT cette période obscure, que j'appellerais plaisamment le Moyen Age de Deschambault, rares sont les documents qui se rapportent à l'église de cette paroisse. Dans le procès-verbal de comodo et incommodo de Mathieu-Benoit Collet, rédigé en 1721, je constate que les habitants de Deschambault sont assez mal partagés au point de vue religieux; je vois notamment que "la chapelle de la Chevrotière, qui sert de paroisse pour la seigneurie Deschambault et pour celle de la Chevrotière, est très incommode pour les habitants de Deschambault, estant éloignée des premiers habitans qui sont du costé d'en bas de deux lieues": au reste, au dire de Collet, cette chapelle n'est "que de bois et fort petite".

LE rapport de Collet ne reste pas lettre morte. L'année suivante, 1722, le sieur de la Gorgendière, seigneur de Deschambault, obtient l'autorisation "de faire construire en pierre une église sur le cap Loison. En fournissant suivant ses offres une terre audit lieu de trois arpents de front sur trente de profondeur, faisant faire toute la Chaux et payant les Maçons et Charpentiers, tant pour la construction de ladite Eglise que d'un Presbitaire". L'affaire, j'ignore pour quelle raison, traîne en longueur pendant quelques années. Finalement c'est entre les années 1730 et 1735 que la paroisse est pourvue d'une église et d'un presbytère, l'un et l'autre édifiés au cap Loyson - c'est-à-dire sur la pointe autrefois chevelue de pins géants, qui fait face au Platon. L'ensemble, fort plaisant au regard, a tenté un peintre; de passage à Deschambault le 7 juin 1798, Wilhelm Berczy écrit à sa femme ces phrases naïves: "C'est encore une place à faire quatre à cinq paysages, du plus grand beau. L'église de Deschambault seule, qui est falnquée d'un bois charmant qui ressemble à ces bois sacrés qui entouroit (sic) les temples anciens, feroit un des paysages les plus piquants"…

CETTE église, nous ne la connaissons point. Mais nous savons que, sitôt bâtie, elle a été fournie des "meubles, vases, linges et ornemens d'Eglise appartenans aux habitans de la Chevrotière et de Deschambault, qui sont dans la chapelle Saint-Antoine de la Chevrotière"; nous savons encore qu'elle était orientée vers l'est et qu'elle se trouvait au sud de l'église actuelle; enfin, de certaines entrées des livres de comptes je conclus que son plan était en forme de croix latine.

EN revanche, le presbytère, qui a été vraisemblablement bâti entre les années 1730 et 1733, existe encore (fig. 1). Il n'était pas autrefois tel que nous le voyons; il ne comprenait primitivement qu'un logis exigu destiné au curé Ménage et un "Salle des Habitants": en l'année1815, le curé Dénéchaud l'a fait allonger d'une vingtaine de pieds vers l'est. Tel qu'il est aujourd'hui, c'est et de beaucoup, la maison presbytérale la plus imposante et la plus parfaite que nous ayons. Par la franche carrure de sa silhouette, par le charme de ses proportions, surtout par la fantaisie de ses vides et de ses pleins, l'ancien presbytère de Deschambault est l'un des types les plus caractéristiques de la maison canadienne; maison qui parle - car au premier coup d'œil on en peut dessiner le plan, même la coupe; maison qui chante - et ses lignes noblement simples exhalent une poésie fine et discrète, à laquelle conviennent le silence et l'abandon.

A lire des entrées des deux premiers livres de comptes - ils s'étendent de 1781 à 1834, - on apprend assez peu de chose sur la première église. On a l'impression qu'il s'agit d'un petit édifice déjà fatigué par les ans, qu'on restaure de temps à autre uniquement pour que son état ne s'aggrave point. A des intervalles réguliers presqu'à tous les cinq ans, on lui fait subir des réparations. Tantôt, c'est le clocher qu'on reconstruit; tantôt, ce sont les murailles de la nef dont on tire de nouveau les joints; tantôt, c'est le plancher qui flanche qu'il faut refaire avec des madriers de bois de pin…

CE petit édifice, longtemps négligé par l'abbé Ménage, s'enrichit d'un certain nombre d'œuvres d'art à la fin du XVIIIe siècle, surtout au début du siècle suivant. L'un des curés, l'abbé Charles-Denis Dénéchaud (1795-1837); se fait remarquer par son goût pour les peintures, les statues et l'orfèvrerie liturgique: c'est l'un de ses prédécesseurs, Joseph Filion, qui commande au grand artisan québécois François Ranvoyzé la somptueuses orfèvrerie dont il sera question tout à l'heure; mais c'est lui, Dénéchaud, qui commande à Jean-Baptiste Roy-Audy trois tableaux de grandes dimensions, et à Louis-Thomas Berlinguet sept statues en bois peint, qui existent encore dans le sanctuaire; enfin c'est le même abbé Dénéchaud qui, en 1833, prend l'initiative de l'érection d'une nouvelle église.

* * *

En réalité, monseigneur Joseph Signay, le nouvel évêque de Québec, n'est pas étranger à l'initiative de l'abbé Dénéchaud. Depuis qu'il est coadjuteur de Québec, c'est-à-dire depuis l'année 1827, il s'intéresse tout particulièrement à la construction des églises. En 1828, il prend une part considérable à l'érection de l'église actuelle de Charlesbourg; deux ans plus tard, après le sinistre de Lauzon, il dirige personnellement l'entreprise de la reconstruction, collabore étroitement avec l'architecte Thomas Baillargé et examine les moindres détails des plans et des devis: en 1831, il en a fait autant à l'église de Saint-Patrice, à Québec, dont l'architecte est le même Thomas Baillargé. Quand donc l'abbé Dénéchaud agite la question d'une nouvelle église à Deschambault, l'architecte semble tout indiqué et les plans tracés d'avance. Au reste, dans un articulet paru dans le Canadien du 2 janvier 1839, l'abbé François Morin, successeur de l'abbé Dénéchaud, annonce la bénédiction "d'une superbe nouvelle église bâtie sur le plan de l'église de Saint-Patrice, à Québec": et il ajoute ces mots: "Elle sera assurément par la suite une des belles églises du Canada".

QUE l'église de Deschambault ait été construite d'après le plan de Saint-Patrice, c'est une affirmation partiellement vraie. Ces deux églises se ressemblent en ce sens qu'elles procèdent directement de la cathédrale anglicane de Québec, et dans leur plan, et dans certains éléments d'architecture, comme leurs clochers; de plus, elles ont à peu près les mêmes dimensions et elles sont pourvues de tribunes. Mais à Deschambault, le plan est plus élaboré et, en quelque sorte mieux articulé; il comporte deux tours à la façade principale et deux croisillons à trois pans. Ainsi les façades sont-elles plus imposantes et plus variées qu'à Saint-Patrice; ainsi la grande nef de Deschambault, coupée par le transept, est-elle plus harmonieuse et mieux balancée que la trop longue nef de son modèle québécois.

LES premières écritures qui concernent cette église, datent de janvier 1833; à l'automne de la même année, l'abbé Edouard Faucher, curé de Lotbinière, procède à l'enquête de commodo et incommodo: et dans la reddition [sic] de comptes de la même année, je lis cette entrée: "Pour la bâtisse de la nouvelle église, conformément à la permission de Monseigneur l'évêque onze mille onze livres dix-huit sols". L'année suivante, 1834, les syndics consacrent à l'église une somme de quatre mille livres. Toutefois, ce n'est que le 7 juillet 1835 que monseigneur Signay préside à la bénédiction de la première pierre; quelques mois auparavant, le 15 février 1835, les syndics ont fait marché avec le "Sieur Olivier Larue maître maçon et entrepeneur, demeurant en la paroisse de la pointe aux trembles, seigneurie de Neuville", pour la maçonnerie du nouvel édifice.

EN dépit des entrées du troisième livre de comptes, les travaux d'excavation et de maçonnerie n'ont été commencés qu'au printemps de 1835. Deux ans après la muraille de l'église en est rendue à l'étage des tribunes; et le maître-maçon Larue fait tailler une large pierre sur laquelle il fait graver le millésime 1837. Au printemps suivant, le maître-charpentier se met à la besogne et, en moins de six mois, couvre l'édifice de sa toiture et construit les clochers. La veille de Noël de l'année 1838, l'abbé François Morin procède à la bénédiction de son église. Le gros œuvre est terminé (fig. 2).

* * *

RESTE l'ornementation de l'intérieur. Le curé, constatant les bonnes dispositions de ses paroissiens, veut en profiter sans retard. Dès l'année 1840, sans doute à l'instigation de Thomas Baillargé et du grand-vicaire Demers, il s'abouche avec le sculpteur-ornementaliste André paquet [Note 1. André Paquet est né à Saint-Charles (Bellechasse) en 1799; il est mort à Québec en 1860. Ses plus beaux ensembles décoratifs se trouvent à Lotbinière, à Saint-Charles, à Deschambault, à Lévis, à Saint-François et à Saint-Pierre (île d'Orléans).] et lui commande l'ouvrage le plus urgent, la fausse voûte en bois; le sculpteur se met aussitôt à l'œuvre et termine son entreprise en quelques mois. Les fabriciens sont tellement satisfaits des ouvrages de Paquet que le 24 janvier 1841, ils autorisent "l'emploi des deniers de la fabrique pour la décoration intérieure de la nouvelle église et l'acquisition des bois qui pourront être nécessaires pour lesdits ouvrages; le prix desdits ouvrages étant de mil quatre cent soixante et quinze louis: à condition que les marguilliers de l'œuvre contracteront (sic) avec Mr André Paquet, dont les plans ont été soumis à la paroisse depuis plus d'un an ". Le 5 octobre de la même année, le curé Morin, les marguilliers du banc et le sculpteur se présentent devant Maître de La Chevrotière pour la signature du contrat.

EST-CE le notaire qui en a rédigé les phrases souples et précises et qui en a soigné singulièrement le vocabulaire technique? N'est-ce pas plutôt l'architecte, Thomas Baillargé, qui a imprimé à ce contrat si bien fait sa marque personnelle? Quoi qu'il en soit, le document est complet; à mesure qu'on en poursuit la lecture, on voit s'édifier, pour ainsi dire, sous ses yeux la sculpture ornementale des trois nefs et des tribunes; on voit la chaire en place, et les trophées du sanctuaire, et les élégantes retombées des voûtes; il n'y manque que le banc d'œuvre, que le sculpteur doit façonner "à peu près dans le goût de celui de l'église de Lotbinière, de noyer noir et tendre", est-il écrit au contrat.

LA grande nef de Deschambault (fig. 3) est l'une des plus élégantes des nefs de ce genre, l'une des mieux dessinées. Je ne parle pas ici des ornements eux-mêmes, qui appartiennent à un style Louis XVI à la fois libre et vivant. Je parle des proportions de l'ensemble, surtout de l'échelle des éléments décoratifs. La justesse des proportions et la magnifience des éléments décoratifs sont ici plus brillantes qu'à Lévis, à Saint-Patrice et à Notre-Dame de Jacques-Cartier; elles sont encore plus éclatantes dans les nefs latérales, surtout dans les tribunes. Voyez la figure 4. Tout y est parfait: la courbe admirable de la voûte, les gracieuses retombées des pénétrations, les chapiteaux vigoureusement dessinés, les proportions parfaites de cette jolie nef.

DANS les travées qui avoisinent le transept, l'architecte et le sculpteur se sont surpassés. L'architecte a imaginé une travée peu profonde, à deux arcs doubleaux, dont le décor est sobre et le dessin irréprochable: et le sculpteur, ancien apprenti de Thomas Baillargé, a traduit la pensée de son maître dans une sculpture claire et nette et dans une mouluration vigoureuse. C'est de l'excellent décor architectural (fig. 5).

AU reste, il faut en dire autant des autres ouvrages que André Paquet a exécutés, de 1840 à 1856, à l'église de Deschambault. La chaire, par exemple, est un modèle de construction franche et de sculpture ornementale (fig. 6); les trophées du sanctuaire, ordonnés avec une certaine candeur, sont hautement décoratifs; l'un d'eux (fig. 7) comporte, à la manière française, des instruments de musique: une viole, un cor et un serpent [Note 2. Comme son nom l'indique, c'est un instrument de musique fait en forme de serpent; on le jouait à l'unisson des voix. Peut-être y en a-t-il eu dans nos églises au XVIIe siècle et au début du XVIIIe.]; les fonts baptismaux (fig. 8), exécutés en 1856 et gâtés aujourd'hui par une méchante statue de plâtre [sic], sont plaisants avec leur fronton arrondi, leurs pilastres sculptés et leurs consoles à feuilles d'acanthe.

DANS cet ensemble de grand style, seul le maître-autel n'est pas à sa place. Composé par David Ouellet à une époque où la grandiloquence était de règle dans notre architecture religieuse, ce monument inutilement compliqué dépare le sanctuaire. Que n'a-t-on conservé l'ancien tabernacle; il était peut-être l'œuvre de Jean Valin ou de François-Noël Levasseur - nous n'en savons rien: il était assurément d'un art plus sérieux que le monument à quatre étages qui encombre actuellement le sanctuaire.

DANS le décor de l'église de Deschambault, les peintures jouent un rôle assez modeste. Les plus anciennes datent probablement du milieu du XVIIIe siècle; c'est donc l'abbé Ménage qui les a commandées. Leur technique, leur coloris et leur cadre sculpté les apparentent aux deux tableau de Saint-Pierre (Montmagny), que j'ai commentés ici même il y a quelques semaines; elles sont donc, vraisemblablement l'œuvre du Père François récollet au couvent de Québec. L'une représente la Vision de saint Antoine; l'autre, Saint-Roch; elle se trouvent au bout des tribunes. N'y cherchons pas l'élégance de la touche, ni l'éclat du coloris: même quand il s'applique le mieux, le Père François n'évite point la gaucherie ni les tons terreux. Néanmoins ce sont des tableaux qu'on ne regarde pas avec indiffférence.

A part ces deux toiles du Père François, il y avait un autre tableau dans l'antre tableau dans l'ancienne église puisque le 14 juin 1818, au cours de sa visite épiscopale, monseigneur Plessis écrit cette ordonnance dans le livre de comptes: "Que les trois grands tableaux soient réparés aussitôt qu'ils le pourront être convenablement".

LES autres peintures de Deschambault sont l'œuvre de Jean-Baptiste Roy-Audy; peintes de 1820 à 1822, elles étaient alors au nombre de trois; en 1851, la fabrique a cédé, on ignore à qui, un Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés de Milan. Les peintures de Roy-Audy que l'église a conservées représentent l'Adoration des bergers et l'Adoration des mages; suivant l'habitude de cet artiste, ce sont des transpositions libres de compositions flamandes du XVIIIe siècle; leur coloris est agréable. Pour ne rien oublier, signalons un Baptême du Christ du même Roy-Audy, qui ornait les anciens fonts baptismaux: la toile est signée, et datée de 1824.

TOUT autres sont les grandes statues en bois peint qui ornent le sanctuaire, à l'étage des tribunes. La fabrique les a acquises de 1820 à 1824, moyennant la somme de trois milles livres. Les entrées des comptes ne contiennent aucun nom de sculpteur. En procédant par élimination, on constate que ni les Baillargé, ni Quévillon - au reste, il est mort en 1823, - ni Amable Gauthier, ni Urbain Brien dit Desrochers n'en peuvent être les auteurs. Mais en examinant chacune de ces statues, on pense à d'autres pièces d'un style identique: les trois grandes statues que Louis-Thomas Berlinguet a sculptées vers 1846 pour l'église de Saint-Rémy (Napierville) et qui se trouvent au Musée de la Province; d'ailleurs l'une des statues de Deschambault - le Saint en chasuble - a même pose et même geste que le Saint François-Xavier du Musée de la Province.

CES statues ont orné l'ancienne église. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit qu'elles occupaient. Peut-être l'ancienne église possédait-elle un retable à la récolette - comme l'église de Saint-Rémy; s'il en était ainsi, ces saints personnages, plaisamment barriolés de couleurs vives, étaient placés dans des niches.

ENFIN, écrivons quelques mots du trésor de l'église. Les plus anciennes pièces qu'il comprend ne remontent pas au delà du milieu du VXIIIe siècle; ce sont un calice de l'Ecole parisienne et une aiguière baptismale d'un orfèvre de province.

GRAND amateur d'orfèvrerie, c'est l'abbé Joseph Filion qui a commandé au grand François Ranvoyzé les plus belles pièces du trésor de l'église; un encensoir et sa navette, un bénitier richement orné de ciselures et un ciboire en argent: ces pièces ont été excutées entre 1773 et 1781.

LES autres pièces du trésor sont de Laurent Amyot et de François Sasseville. Le premier a façonné une croix de processeion (1810), un instrument de paix finement gravé, des burettes et leur plateau et un grand calice; du second, Deschambault possède un ciboire façonné en 1845.

DANS ce trésor bien conservé, deux pièces brillent par leur dessin et la qualité de leur ciselure: le bénitier et l'encensoir - surtout l'encensoir. Ici le grand orfèvre a donné libre cours à sa fantaisie: la cassolette, toute ciselée à fleur de métal, est ample et bien assise sur une base évasée; les deux premiers étages de la cheminée sont troués d'ajours très simples - soleil, croix et cœur: l'étage supérieur, également ajouré, porte des ciselures qui rappellent celles de la panse. Le morceau est profilé avec beaucoup de goût et exécuté avec cette aimable fantaisie que Ranvoyzé apportait à ses moindres ouvrages.

TELLE est en quelques pages l'esquisse monographique de l'église de Deschambault. Elle est bien imparfaite, je le sais. Mais je serais heureux de l'avoir écrite si elle inspirait à quelque enfant de la paroisse l'idée d'amasser les matériaux d'une véritable monographie et la volonté de l'écrire.

 

 

 

web Robert DEROME

Gérard Morisset (1898-1970)