
Textes mis en ligne le 24 février 2003, par Josée RIOPEL, dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.
Peintre français - David, Jacques-Louis 1956.05
Bibliographie de Jacques Robert, n° 340
Vie des arts, no. 3, mai-juin 1956, p. 22-23.
A PROPOS DE JACQUES-LOUIS DAVID
On se rappelle peut-être l'apostrophe véhémente qu'André Chénier lança à Jacques Louis David en 1794:
l'atroce démence
Du stupide David qu'autrefois j'ai chanté!
Le poète l'avait chanté pour des compositions mythologiques qui enchantaient en lui l'homme du XVIIIe siècle. Mais la Révolution venue, la mythologie cède le pas à l'histoire de Rome; les bergers et bergères s'effacent devant Brutus. David est un révolutionnaire, et un dur . Peintre, il a épousé, puis rejeté, toutes les tendances de son temps. Il a été éminemment un sujet et un signe de contradiction. Il n'est pas étonnant que Classiques et Romantiques l'aient répudié à tour de rôle.
En 1780, David est à Rome. Il lutte contre l'exemple de Boucher et de Fragonard, contre les fadeurs du siècle qu'il juge indignes de son génie. René Huyghe marque en ces termes les hésitations du peintre: a gravure significative de Jules David..."
a longtemps intrigué les érudits et les fervents de David. Chacun le connaissait par la gravure, puisque le fils du peintre en donne une reproduction, bien imparfaite, et une description dans l'uvre de David; il en note les dimensions: un mètre soixante-quatre sur un mètre vingt-quatre; et au bas de la planche qui illustre sa description, il transcrit ce nom:
Cette composition est en réalité une Vision de saint Jérôme. L'original porte la signature de l'artiste et la date de l'exécution: J.-L. David F. Roma 1780. On ne possède aucune indication sur le collectionneur qui en a fait l'acquisition en 1780 ou l'année suivante. Ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'il est entré dans la collection du cardinal Fesch vers l'année 1815; il y est resté jusqu'en 1845. Le 3 mars de cette année-là, un artiste du nom de Mailand l'a acquis à la seconde vente publique du cardinal. Jules David, qui a probablement compulsé les archives de Fesch, a inscrit sur sa planche le nom de l'acquéreur. Né à Paris le 4 mars 1810, G. Mailand est entré à l'École des Beaux-Arts en 1835; il a figuré au Salon de 1836 à 1859; puis on le perd de vue. Ses descendantes habitaient à Québec il y a quelques années. C'est chez l'une d'elles que j'ai trouvé la Vision de saint Jérôme, entourée de quelques toiles de Santerre, de Joseph Vernet, de Drouais, de Jacques Courtois, de Boily et de quelques autres.
Depuis 1939, la Vision de saint Jérôme est le plus bel ornement de la cathédrale de Québec.