
Textes mis en ligne le 9 mars 2003, par Marie-Andrée CHOQUET dans le cadre du cours HAR1830 Les arts en Nouvelle-France, au Québec et dans les Canadas avant 1867. Aucune vérification linguistique n'a été faite pour contrôler l'exactitude des transcriptions effectuées par l'équipe d'étudiants.
Orfèvre - Gaudin dit Lapoterie, Louis-Nicolas 1956/07
Bibliographie de Jacques Robert, n° 229
Bulletin des recherches Historiques, vol. 62, n° 3, juillet-août, septembre 1956, p. 157-158.
Louis-Nicolas Gaudin dit Lapoterie
DANS son ouvrage intitulé The Old Silver of Quebec (page 30), Ramsay Traquair écrit ces lignes de l'orfèvre dont il est ici question: On va voir au cours de cette étude qu'il s'agit bien de deux orfèvres différents.
Louis-Nicolas Gaudin, qui a utilisé le surnom de son père (Lapoterie) a vu le jour à Québec le 10 juin de l'année 1725; fils de Nicolas Gaudin et de Marie-Madeleine Gilbert, il a été baptisé le lendemain et il a eu pour parrain Claude Bermen de la Martinière et pour marraine Françoise Rey-Gaillard. En l'absence de tout brevet d'apprentissage, je suppose qu'il a été l'apprenti de son père et qu'en 1743 il a hérité de l'atelier paternel. Maigre héritage, si l'on se rappelle les rares mentions d'outils qui figurent dans l'inventaire après décès de Nicolas Gaudin [Note 1. Cf. Bulletin des recherches historiques, janvier-février-mars 1956.]
Le 24 avril 1747, il épouse Marie-Madeleine Morier, fille d'un voiturier de Québec. Il habite semble-t-il, la maison paternelle, sise rue Saint-Joseph (actuellement rue Couillard), et c'est probablement au même endroit qu'il tient boutique de . Son nom paraît parfois dans les inventaires après décès de l'époque 1750. Ainsi le 29 décembre 1752, Maître Barolet l'invite à estimer les pièces d'orfèvrerie qui ont appartenu à la communauté de biens de Louis Liénard de Beaujeu, , et son épouse défunte, Louise-Charlotte Cugnet; et en cette qualité, Louis-Nicolas Gaudin signe l'étrange certificat qu'on va lire:
Peut-être l'atelier de l'orfèvre, comme les autres ateliers d'ailleurs, souffre-t-il de la dureté des temps? Dès la fin de l'année 1755, Louis-Nicolas Gaudin fait l'acquisition d'une terre de trois arpents et demi de largeur sur quarante de profondeur, au fief de l'Epinay, [Note 2. Minutier de Me Jean-Claude Panet, 4 décembre 1755.]. Chose sûre, l'orfèvre a été particulièrement éprouvé par la guerre et c'est pourquoi il va s'établir à Montréal peu après le traité de Paris.
Un document daté de 1791 nous apprend qu'il habite alors Montréal, . Voici quelques notes sur ce document. Il s'agit de la cession, de la part de Louis-Nicolas Gaudin et de son frère Ambroise (domicilié au môle Saint-Nicolas, dans l'île de Saint-Domingue), à William Ennis, qui a épousé leur sur, de la moitié indivise d'un immeuble sis rue Saint-Jean, à Québec, immeuble que Nicolas Gaudin père avait eu en don de son oncle Ambroise en 1734. [Note 3. Minutier de Me Hiché, Québec, le 7 juillet 1734.] A la lecture de cette cession, dressée le 7 novembre 1791 par Me Joseph Planté, on apprend que la veuve de Nicolas Gaudin père est décédée le 5 septembre de cette année-là et qu'elle ; on apprend encore que la maison sise sur l'immeuble de la rue Saint-Jean a été fort abîmée pendant le siège de 1759 et qu'elle n'est plus qu'une masure.
On a vu au début de cette étude que le nom de Louis-Nicolas Gaudin paraît dans les livres de comptes de Notre-Dame de Montréal; il s'agit sans doute de réparations de pièces d'orfèvrerie. C'est un ouvrage de ce genre que je trouve dans le deuxième livre de comptes de Varennes, à la date de 1772:
Louis-Nicolas Gaudin dit Lapoterie est mort à Montréal le 5 décembre 1809, à l'âge de quatre-vingt cinq ans. On ne connaît pas son poinçon ni aucune de ses uvres.