
Louis-Chrétien de Heer, d'origine alsacienne, arrive dans la colonie avec les troupes de mercenaires étrangers engagés par l'Angleterre pour combattre l'Invasion américaine. Il oeuvre à Québec et à Montréal : en 1787, dans la Gazette de Québec, il fait paraître une annonce où « il s'offre à tirer des Portraits en Huile et Pastel, des Paysages, Tapisseries de toutes Especes [...] et se fait fort d'instruire en peu de tems toutes les personnes qui desireront, d'apprendre le dessein ». Le 11 février 1788, l'abbé Gravé, supérieur du Séminaire de Québec, écrit à Mgr Jean-François Hubert : « La coutume est venue à Québec de se faire peindre. Le portrait du curé [David Augustin Hubert] est très vrai. J'ai fait Consentir Mgr L'Ancien [Briand] à se faire tirer, il n'est pas si bien. » La majorité des oeuvres de de Heer ont été abondamment repeintes, retouchées ou détruites, ce qui rend souvent malaisée l'attribution de ses portraits.
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Né à Nemours en 1733, le peintre et sculpteur Philippe Liébert travaille à Montréal dès 1760. Il participe à la guerre d'Indépendance américaine de 1776 à 1783, puis habite l'État de New York jusqu'en 1785. Au lendemain de la Conquête, l'Église québécoise cherche à se reconstruire : elle se relève de ses ruines et de nouvelles paroisses voient le jour, ce qui relance l'activité des artistes. Le maître-autel de Vaudreuil, sculpté de 1792 à 1796, est l'une des oeuvres majeures de Liébert. Allusion à l'évangile de saint Marc, le livre rappelle ici l'autorité des écritures saintes. Philippe Liébert (1733-1804), Saint Marc, fin XVIIIe siècle, bois doré et peint, 61 x 25,5 cm, Fabrique de Saint-Michel de Vaudreuil. Photo Robert Derome. |