Médaille Fouencamps-Bourgeoys.
web Robert DEROME

Introduction

Fouencamps

Montaigu

Bourgeoys

Vierge mère

Bon-Secours

Graveur

Notre-Dame de Montaigu.

 

     ◊ Dévotion.
     ◊ Diffusion des statuettes.
          ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne).
          ‐ FRANCE (Québec).
     ◊ Iconographie : tableau des attributs et composantes des statuettes.
          ‐ Statuette ou figurine.
          ‐ Aménagement : oratoireparticuliernichechâsseostensoir,
                                   monstrancechâsse monstrancesocleaucun.
          ‐ Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
          ‐ Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
          ‐ Bois du chêne de Montaigu : foncé, pâle, contrefaçons, non-authentiques.
          ‐ Polychromie et dorure.
          ‐ Autres matériaux : divers, non, luxueux, métal, métal joyaux, ???.
          ‐ Montréal et les autres statuettes.
     ◊ Vignette d'épilogue.

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

Cet « ABREGE DES MIRACLES [Preſtre 1664] », qui s'étale tout de même sur 181 pages, est publié seulement 8 ans avant le certificat de miracle de Fouencamps. Un « Preſtre de la Congregation dudit lieu » y fait état des « Merveilles, avenus à l'interceſſion de la glorieuſe Vierge Marie, Honorée à Montaigu, Ville dans le Duché de Brabant. »

Ce manifeste publicitaire vante « ce cheſne tant celebre (dont les taillées Images de Nôtre Dame ſont en veneration extréme parmy pluſieurs Villes, & Provinces, méme dans les cabinets des plus grands Princes & Monarques de la Chrétienté) [Preſtre 1664, p. 24] ». Cet arbre miraculeux aurait déjà été fréquenté dès le « ſiecle 1200 » selon le « Miroir Hiftorial » écrit par un « Chantre & Chapelain de noſtre Dame de Sichem environ l'an 1300 [Preſtre 1664, p. 25]. »

Des actes solennels touchant « le ſiecle 1400 » relatent la longue et persistante tradition orale de ce « Chéne fort vieil, & grand, auquel eſtoit affichée une Image de noſtre Dame, dont la veneration eſtoit fort grande pour les gueriſons qui y eſtoient frequentes [Preſtre 1664, p. 26] ».

On y fait même appel à l'argument d'autorité d'un célèbre et influent théologien, Juste Lipse (1547-1606), pour sa relation du miracle d'un berger en 1514 (Preſtre 1664, p. 26-27). En 1580, la sculpture originale est volée, puis restituée en 1587 sur le chêne, d'où elle est retirée en 1602 par Geoffroi de Thienwinckele pour la placer dans une petite chapelle de bois de 6 x 5 pieds. (Preſtre 1664, p. 27-29. Un récit abracadabrant l'aurait fait apparaître puis disparaître de Marcenat dans le Cantal : Pallemaerts 1937, p. 120-122, citant l'abbé Chabeau, Pèlerinages et sanctuaires de la Ste Vierge dans le diocèse de Saint-Flour, Aurillac, 1888, p. 465.)

Victime des dévots qui s'emparaient de son bois, le chêne est abattu en 1604 (Pallemaerts 1937, p. 7-8). Un tiers de l'arbre miraculeux est attribué aux altesses Albert et Isabelle, archiduc et archiduchesse gouvernant les Pays-Bas méridionaux de 1598 à 1621, qui y font ériger une chapelle de briques en 1603, puis une pierre de fondation en 1609 pour une basilique (Preſtre 1664, p. 28-31). Le bois de ce chêne sert alors à la fabication de nombreuses statuettes. Mais, ce commerce intensif donne également lieu à diverses contrefaçons, dont celles de Johan Petit, qui ne sont pas du même bois (Pallemaerts 1937, p. 10-11 ; Ferry 1946, p. 37).

Après le décès de son époux Albert d'Autriche (1559-1621), l'archiduchesse Isabelle d'Autriche (1566-1633) poursuit intensivement ce culte tout en finançant le parachèvement de la basilique jusqu'à sa complétion en 1627, entourée de remparts depuis 1620 (Preſtre 1664, p. 32-33). Le site est desservi par la congrégation de l'Oratoire de Philippe Néri à compter de 1624 (Preſtre 1664, p. 34).

Ce livre établit ensuite une liste des pèlerinages et dévotions à Montaigu par les grands de ce monde suivant l'exemple d'Albert et Isabelle (Preſtre 1664, p. 35-40), puis la nomenclature chronologique détaillée des présumés miracles de 1602 à 1664 (Preſtre 1664, p. 41-181).

Preſtre 1664, Université de Gand, p. titre.

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, gravure (Preſtre 1664, Bibliothèque de l'État de Bavière, frontispice).

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, gravure (Preſtre 1664, Université de Gand, frontispice).

Des gravures différentes ornent le frontispice de cet ouvrage (Preſtre 1664), toutes deux y identifiant S. MARIA MONTIS ACVTI, soit Sainte Marie du Mont Aigu. La vierge couronnée, habillée d'un large manteau, tient un sceptre de sa main droite et, de son bras gauche non visible, un enfant Jésus couronné habillé de la même façon. Sous un arbre aux branches en éventail, elle se tient debout sur un socle portant l'inscription Ego diligentes me diligo, soit J'aime ceux qui m'aiment. À ses pieds, un angelot porte ce phylactère : Vnus pro cunctis loquitur miracu Clemens, qu'on peut librement traduire par Le miracle de Clement témoigne de tous les autres, soit la guérison de Jean Clement, le 4 juillet 1604, qui est longuement décrite (Preſtre 1664, LX, p. 74-78). À gauche, un berger accompagné de ses moutons s'agenouille devant une niche fixée sur le tronc d'un arbre dont les portes ouvertes laissent apercevoir la sculpture d'une Vierge, référence au miracle accompli en 1514 tel que rapporté par Juste Lipse (Preſtre 1664, p. 26-27). Une chapelle primitive figure à gauche de cet arbre, à partir duquel s'étire une procession juqu'à la basilique terminée en 1627. Beatam me dicent omnes generationes, quia fecit mihi magna qui potens eſt, soit Toutes les générations me diront bienheureuse, car celui qui est puissant a fait pour moi de grandes choses. Autres inscriptions, en vieux néerlandais, que n'arrivent pas à traduire les sites en igne : « Juwere Maget Bit voor ons. ick beminne die mÿ bemint. Dit Belt heeft aengeraeckt Ons liue vrou van Scherpen huevel Kompt pelgereins met vlÿt wilt deſe maghet ceren ſoo hoordt ſÿ v ghebedt cer ghÿ ſult weder keeren ». On peut toutefois y comprendre que de partout dans le monde des pèlerins viennent vénérer à Scherpenheuvel la bienheureuse Marie qui aime ceux qui l'aiment.

Hallae opidvm (détail), gravure (Lipsius 1604, p. 25).

La mise en valeur des pèlerinages à Montaigu s'intensifie donc à compter du début du XVIIe siècle grâce à la guérison supposée miraculeuse de Jean Clément en 1604, abondamment publiée et gravée, mais également du mécénat d'Albert et Isabelle. Cette nouvelle dévotion fait donc figure de jeune pousse à côté de celle multi-centenaires de Hal, une autre ville de Belgique à proximité de sa capitale Bruxelles. Le Jean Lipse qui a décrit le miracle des bergers à Montaigu en 1514, a publié un ouvrage maintes fois réédité, sous son nom latinisé de Justus Lipsius, sur cet antique pèlerinage dans la ville de Hal, Halle en néerlandais, latinisé en Hallensis. Il a même donné sa plume d'argent à cette église (web ou pdf) ! Les trois gravures illustrant les ouvrages de Lipsius montrent la ville de Hal et son église, ainsi qu'une Vierge dont l'iconographie est fort semblable à sa nouvelle réincarnation à Montaigu ! Il s'agit donc d'un effet de mimétisme motivé par cette notoriété permettant d'attirer quantité de pèlerins payants ! Nonobstant, la sculpture conservée à Hal, datant du XIIIe siècle, est fort différente de celles gravées. En effet, malgré son large manteau, cette Vierge allaite son enfant Jésus. Il s'agit donc d'une Virgo lactans ayant aussi opéré plusieurs guérisons. En outre, il s'agit également d'une célèbre Vierge noire.

Vierge de Hal (détail), gravure
(Lipsius 1604, p. frontispice).

Vierge de Hal (détail), gravure
(Lipsius 1604, p. 15).

Anonyme, Virgo lactans, XIIIe siècle, bois, 95 x 25 cm, Hal basilique Saint-Martin (Halle histoire ou pdf ; Wikipédia ou pdf).

Theodoor van Merlen (1609-1672), Imago Deiparae Virginis Montis Acvti Mvltis M[iracvlis] Celebris, milieu XVIIe siècle, engraving parchment, platemark 9,3 x 6,5 cm, Universiteit Antwerpen, RG PK: Thijs KP 31.22Autres versions : • Merlen (web ou pdf) ; •• Huberti (web ou pdf) ; ••• et •••• Preſtre 1664.

Johannes I vanden Sande (1600-1675) ou Jan Baptist II vanden Sande (?-1713), Imago deiparae Virginis montis acvti mvltis miracvlis celebris, XVIIe-XVIIIe siècles, gravure coloriée, image 12,0 x 8,5 cm, Universiteit Antwerpen, RG PK: Thijs KP 31.17. — Autres versions : • Sande (web ou pdf) ; •• Huybrechts (web ou pdf) ; ••• Hillens (web ou pdf).

Ce groupe de gravures de Montaigu partage l'iconographie du livre de Preſtre 1664 avec ces éléments : à gauche, le chêne miraculeux, orné de sa Vierge, au pied duquel est évoqué le mirache du berger ; à l'avant-plan, un angelot au phylactère évoquant la guérison de Jean Clément en 1604 ; puis à droite, la basilique. Ses détails architecturaux diffèrent de l'autre composition. Pourrait-il s'agir de son aspect projeté avant sa complétion en 1627 ? Ou bien d'une licence des graveurs ? Propagande et marketing battent leur plein à Montaigu au XVIIe siècle par la publication de gravures, qui ne peuvent pas être datées précisément, portant l'inscription Imago deiparae Virginis montis acvti mvltis miracvlis celebris, soit Une image de la Vierge de Mont Aigu célèbre pour ses nombreux miracles. Les spécimens retenus ci-dessus se regroupent en deux compositions différentes. Ce groupe de gravures de Montaigu présente ces éléments : à gauche, le chêne miraculeux, orné de sa Vierge, près duquel se trouvent la petite chapelle en bois de 6 x 5 pieds érigée en 1602 ainsi que celle en briques financée en 1603 par Albert et Isabelle (Preſtre 1664, p. 28-31 ; Pallemaerts 1947, p. 40-44) ; puis à droite, la basilique construite entre 1609 et 1627.

Vierge de Montaigu (détail), gravure (Lipsius 1606, p. titre).
Adriaen Collaert (1560-1618), Vierge de Montaigu détail tiré de Diva virgo aspricollis, vers 1604-1618, gravure, image 18,5 x 14,7 cm, Universiteit Antwerpen, RG PK: Thijs KP 31.13.
Un autre ouvrage de Justus Lipsius est publié en 1606 sous le titre Diva Sichemiensis, sive, Aspricollis, nova eius beneficia & admiranda, soit La déesse de Sichem ou de Montaigu et ses admirables nouveaux bienfaits. La Vierge de sa gravure en frontispice partage plusieurs des caractéristiques de celle de Hal publiée en 1604. Le collier porte cependant une médaille qui pourrait illustrer la colombe du saint Esprit ou une croix. La très détaillée gravure d'Adriaen Collaert a été publiée après la guérison de Jean Clement en 1604, qui y est représenté, et avant le décès du graveur en 1618. La Vierge y est différente, tenant un sceptre, et l'enfant Jésus bénissant y tient une orbe, caractéristique se retrouvant sur la Montaigu Fouencamps-Bourgeoys. On peut y observer une rare représentation de l'intérieur de la chapelle financée en 1603 par Albert et Isabelle (Preſtre 1664, p. 28-31 ; Pallemaerts 1947, p. 40-44) qui y sont représentés agenouillés en bas à droite. L'extérieur de cette chapelle est bien illustré sur la gravure ci-dessous, où l'on peut également observer une Vierge en ronde-bosse sur le pignon en façade de la basilique où le sceptre et l'enfant sont inversés de gauche à droite.

Sanderus 1726-1727 (réédition de l'ouvrage paru en 1659-1663), vol. 3, p. 328.

Lipsius 1623, p. titre.

Lipsius 1623, p. titre (détail).

Lipsius 1623, frontispice.

• Gérard Michel architecte, Montaigu, Basilique Notre-Dame, 1609-1623, Wenceslas Cobergher architecte de la cour des archiducs, dessin, publié le 6 décembre 2008 sur Flickr (web ou jpg d'origine).

•• Extérieur côté ensoleillé, photo Dennie Grondelaers mars 2019 (web ou pdf).

••• Sanderus 1726-1727 (réédition de l'ouvrage paru en 1659-1663), vol. 3, p. 328.

La Basilique de Notre-Dame de Montaigu-Zichem, Basiliek van Onze-Lieve-Vrouw van Scherpenheuvel, a été bâtie sur un plan heptagonal, fort de toute la symbolique du chiffre 7, disposition transposée dans les remparts jusqu'à l'actuelle configuration des lieux.

Intérieur de la basilique de Montaigu avec l'arbre au-dessus du tableau du maître-autel (web ou pdf).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1401-1450, sculpture en bois polychrome, 31 cm, Scherpenheuvel. Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78584 ou pdf).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, vêtement et socle donnés par Albert et Isabelle en 1603, soie, or, argent, bois, 42 x 12 x 7,8 cm, Scherpenheuvel, Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78585 ou pdf).

La Vierge en bois polychrome, cachée par son vêtement sur le socle d'argent de 1603, est présentée dans une plus grande niche d'argent éclairée par des bougies et surmontée de deux anges agenouillés de part et d'autre de la croix.

Le moteur de recherches BALaT (Belgian Art Links and Tools) des bases de données de l’Institut royal du patrimoine artistique de Belgique permet de lever le mystère sur ce qui se cache sous cet habillement. Il s'agit d'une vénérable Vierge polychrome datée de la première moitié du XVe siècle. Outre le fait que leurs fiches numérotées consécutivement renvoient l'une à l'autre, la comparaison avec les parties laissées visibles par le vêtement est concluante. Tout y correspond dans les cicatrices des carnations des visages, les teintes de la polychromie, la coiffe de la Vierge ajoutée sur son ancienne couronne de bois, ainsi que le nombre et la forme de ses doigts, les motifs de ses ongles et le support de son sceptre. Ce même inventaire relève également d'autres vêtements datés des XIXe et XXe siècles (BALaT24666 ou pdf et BALaT 24671 ou pdf). Quant au monogramme sur la base en argent, il semblerait se lire SAR, le A étant entremêlé avec le M de Marie.

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1401-1450, sculpture en bois polychrome, 31 cm, Scherpenheuvel. Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78584 ou pdf).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, vêtement et socle donnés par Albert et Isabelle en 1603, soie, or, argent, bois, 42 x 12 x 7,8 cm, Scherpenheuvel, Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78585 ou pdf).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1401-1450, sculpture en bois polychrome, 31 cm, Scherpenheuvel. Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78584 ou pdf).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, vêtement et socle donnés par Albert et Isabelle en 1603, soie, or, argent, bois, 42 x 12 x 7,8 cm, Scherpenheuvel, Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78585 ou pdf).

Le catholicisme repose sur une longue tradition de mystères auxquels il faut prêter foi : les trois personnes en dieu ; une vierge mère enfantée par une colombe ; une hostie qui est le corps du Christ et le vin son sang ; la résurrection ; la messe fesse au peuple, en latin, une langue que la majorité ne comprend pas ; les dérives financières fort lucratives des reliques et des indulgences... L'Église attire des foules de malades en quête de guérison miraculeuse en ces époques de médecine rudimentaire. Ce coquetel présente une forme de chamanisme qui donne du pouvoir et des fonds pour ériger de grandioses sanctuaires. Il n'est donc pas étonnant que l'on procède de la même manière en cachant cette vierge, pourtant à l'origine du culte de cet endroit par sa datation du début du XVe siècle. Veut-on cacher une mère d'apparence paysanne, trapue et abîmée, plus près du bon peuple que de l'aristocratie ? Pour mettre en valeur le don royal du socle et des vêtements somptueux en se rapprochant un peu plus du ciel et de ses mystères ? Pour s'aligner sur l'iconographie d'une Vierge de miséricorde habillée, telle qu'utilisée à Hal depuis fort longtemps ? Cette Vierge de Montaigu-Scherpenheuvel est abondamment illustrée dans les gravures diffusées au XVIIe siècle pour attirer les foules de pèlerins. Celles-ci présentent touijours le chêne et les deux premières chapelles à faible distance à gauche de la façade de la basilique. Dans une gravure du XVIIIe siècle, toujours aussi habillée, elle se retrouve beaucoup plus loin à droite, bien mise en valeur sur son chêne, terminus d'un long pèlerinage solennel.

Jan Caspar Philips, publié par Isaak Tirion,
Bedevaart naar Onze Lieve Vrouw van Scherpenheuvel Plegtige Ommegang te Scherpenheuvel ter eere van de Lieve Vrouwe,
Traduction libre : Pèlerinage solennel en l'honneur de la Vierge de Scherpenheuvel,
1738, gravure, 180 x 293 mm, Rijksmuseum RP-P-1904-656.

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1401-1450, sculpture en bois polychrome, 31 cm, Scherpenheuvel. Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78584 ou pdf).

Montréal -1641

Mais comment se fait-il que toutes les statuettes issues du chêne d'origine, et potentiellement d'autres de la même forêt, ne présentent pas une iconographie calquée sur cette vierge habillée ? Serait-ce pour protéger un droit d'auteur et éviter la concurrence sur une iconographie qui attire les foules ? Ou, plus pragmatiquement, les fragments du chêne miraculeux étant rares et petits, il en aurait fallu un beaucoup plus gros pour y sculpter une vierge au grand manteau ! Du fait de ce culte du secret, la diffusion des statuettes de Montaigu relève davantage d'une dévotion que d'un modèle iconographique en ronde-bosse. D'où la grande variété des représentations où le sceptre est fréquent, mais des membres et drapés très variés. Mais qu'en est-il de l'objet tenu par l'enfant Jésus ? S'est-il brisé au fil du temps ou a-t-il été conçu ainsi ? Pourrait-il s'agir du livre des saintes écritures ? Quoiqu'il en soit, on le trouve rarement dans les statuettes ultérieures, lui préférant le plus souvent le globe terrestre.

(Voir aussi collaboration de Frédéric Seiller : Montaigu-Scherpenheuvel.)

 

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Jan Brueghel l'Ancien, Château de Mariemont (détail), 1612, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Dijon (Wikipedia).

La diffusion du culte de Notre-Dame de Montaigu par Albert et Isabelle à leur château de Mariemont commence dès l'abattage du chêne de Montaigu en 1604. Sébastien Deppe, frère norbertin de Bonne-Espérance et curé de Morlanwelz de 1604 à 1657, y établit à ses frais, en 1610, un modeste oratoire en bois, dit du petit Montaigu, où une statue de Notre-Dame, taillée dans un morceau du chêne vénérable du grand Montaigu, est offerte à la vénération de ses paroissiens et des pèlerins. En 1613, aidé par de pieux donateurs, le curé, qui avait du bien, construit une assez grande chapelle rectangulaire en dur, d'où émergera le Prieuré Notre-Dame-de Montaigu (Wastelain 1996, p. 31-32). Son historique, ainsi que celui de l'Abbaye d'Orval, illustrent bien les disparitions de ces statuettes au fil des guerres et révolutions.

Prieuré Notre-Dame-de Montaigu, Plan terrier de Montaigu, copie du manuscrit original réalisée en 1742, Musée royal de Mariemont Inv. X 4422 (Wastelain 1996, p. 39, fig. 4).

Prieuré Notre-Dame-de Montaigu, Carte figurative extraite des anciennes archives judiciaires du Hainaut, 17e siècle, A.E.M., 58 (Wastelain 1996, p. 40, fig. 5).

Prieuré Notre-Dame-de Montaigu, Reliquats des anciens bâtiments aux limites des terres de l'ancien château Mariemont (Google Maps).

• Anonyme, Portraits des archiducs Albert et Isabelle, souverains des Pays-Bas du Sud (détail), vers 1600, estampe, 36.5 x 28.5 cm, Musée de la ville de Bruxelles, Maison du Roi M.1900.269 (web ou pdf).

•• Abbaye d'Orval, détail du portrait de Montgaillard à droite.

••• Anonyme, Portrait de l'abbé Bernard de Montgaillard, vers 1629-1637, huile sur toile, 1,7 m, Institut Archéologique du Luxembourg au Musée Gaspar à Arlon (LinkedIn ou pdf ; Facebook ou pdf).

« À Montaigu en Brabant, Albert et Isabelle, très croyants, patronnaient un important culte marial associé à la vénération d'un chêne séculaire. [...] La basilique de Montaigu ne tarda pas à susciter celle de plusieurs chapelles dédiées à Notre-Dame de Montaigu, objet d’une dévotion très répandue. [...] À Orval, en 1617, Dom Bernard de Montgaillard, 42e abbé de l’endroit et prédicateur apprécié de la Cour, fit bâtir une chapelle de Montaigu de style gothique, mesurant dix mètres sur sept pour y loger une statue de la Vierge [Wastelain 1996, p. 29-30]. » Bernard de Montgaillard (1562-1628) est le prédicateur favori des archiducs qui, en 1605, l'imposent comme abbé à Orval (Wikipédia). Son portrait reproduit « la S. Maria Maior de Hieronymus Wierix » (British Museum ou pdf), mais l'ensemble de la composition s'inspire de « la gravure de Schelte Adamsz Bolswert [Rijksmuseum ou pdf] publiée en 1629 à Luxembourg en tant que frontispice de son oraison funèbre ; il ne peut pas avoir été peint après 1637, date de l'incendie et du pillage du complexe abbatial d'Orval par les troupes franco-suédoises [collaboration Henri Carême, se référant à Carême 2025 et BIALux 2025] ». Restauré en 2025, il présente une exceptionnelle vue de cette abbaye, incluant la Chapelle de Montaigu que Montgaillard y avait fait construire en 1617.

Détail de la Chapelle de Montaigu sur le portrait de Montgaillard.

Jacques Harrewijn (1660-1727), Chapelle de Montaigu détail de L'Abaie d'Orval, vers 1697-1727, gravure (Christyn 1769, t. 4, p. 38).

Un détail du portrait de Montgaillard fournit une représentation de cette ancienne chapelle de Montaigu à la fin de sa vie. On y distingue les escaliers permettant d'y accéder aux paliers supérieurs aménagés dans la pente. Elle est mieux définie sur la version gravée par Jacques Harrewijn (1660-1727), moins d'un siècle plus tard, où on distingue mieux de nouveaux aménagements, ainsi que les murs de soutènement des paliers dans lesquels sont percées les portes de caveaux. Cette gravure de L'Abaie d'Orval a été réalisée pour l'ouvrage de Jean-Baptiste Christyn (1635-1707), Les delices des Pais-Bas... ; sa première publication en un volume (Christyn 1697) est suivie de nombreuses éditions augmentées en plusieurs volumes dont l'Histoire generale des Pais-Bas...

• Victor Stas de Richelle (1836-1886), Ruines de la chapelle de Montaigu à l'abbaye d'Orval, vers 1865, détail d'une photo tirée de l'album Vues de l'abbaye d'Orval, Institut archéologique du Luxembourg (collaboration de Jean-Claude Muller : Muller 2025, p. 12, photo 16).

•• Ruines d'Orval, la chapelle Montaigu, photo de la fin du XIXe ou du début XXe siècle, détail d'une carte postale, Edit. Victor Caën, Arlon (web et verso), timbre oblitéré 31 ?7 ?? Ardennes en circulation de 1907 à 1921 (web ou pdf).

L'abbaye Notre-Dame d'Orval est détruite à la Révolution française. Grâce à la généreuse collaboration de Jean-Claude Muller, on peut observer cette partie des ruines sur la photographie ci-dessus prise vers 1865. Le plan en « L » y correspond aux représentations sur le portrait de Montgaillard ainsi que sur la gravure de Harrewijn. On y distingue plusieurs portions de murs ainsi que les détails de la façade qui y sont plus précis. Une photographie différente de ces ruines a été utilisée pour une carte postale au début du XXe siècle : on y voit surtout la façade, ainsi que l'arbre et les broussailles qui ont beaucoup grandi depuis la photo prise vers 1865. En espérant que l'on pourra éventuellement retrouver sa Vierge de Montaigu devant laquelle Montgaillard exerçait ses dévotions selon ce témoignage tiré de son oraison funèbre.

Oraison funèbre de Dom Bernard de Montgaillard (extrait).

André Valladier, Les saintes montagnes et collines d'Orval, et de Clairevaux, vive representation de la vie exemplaire & religieux trespas de reverend pere en Dieu Dom Bernard de Montgaillard abbé de l'abbaye d'Orval de l'ordre de Cisteaux..., Luxembourg, chez Hubert Reuland, 1629, 121 p. (Valladier 1629 sur Google Livres).

« Sa deuotion enuers la Vierge immaculée mere de Dieu, eſtoit treſ ſpeciale, & treſ ſignalée, tous les ſamedis de l'année il faiſoit dire deux Meſſes extraordinairement, l'vne a noſtre Dame de Mont-aigu, & l'autre a noſtre Dame de Foy : outre celles qui ſe diſent ordinairement a la Chappelle de Mont-aigu, qu'il a fait baſtir fort iolyment, a l'imitation du prototype, dans l'enclos de ſa maiſon d'Orual, en vn petit endroit abrupte, & eſcarté, & reſſentant ſon hermitage & ſolitude : Ou toutes les Feſtes de la glorieuſe Vierge tout le Conuent va en corps dire ſes Litanies. Rencontre remarquable : tout ainſi que Sainct Bernard fut deliuré de ſa maladie, & du danger de mort par l'interceſſion de la Vierge Saincte : Auſſi fut Dom Bernard l'An 1619 reduit a telle extremité que les medecins n'eſperoient plus rien de ſa vie, a cauſe d'vune extraordinaire retention d'vrine, qui le martyriſa l'eſpace de quatorze jours, reduit a donner le dernier adieu a ſes enfans tous eſperdus, & deſolés de telle perte : il en fut guery & deliuré par l'interceſſion de la Saincte Vierge ſa douce, & indubitale patrone, a laquelle a Mont-aigu, on fit faire la neufuaine : auec vn ſuccès ſi miraculeux qu'au dernier iour de la neufuaine, qui ſe rencontra a vn ſamedy, durant qu'on diſoit les Complies de la Vierge, il commença a rendre de leau, & le lendemain matin ietta vne groſſe pierre, laquelle ouuerture faicte, il rendit vingt & deux libures deaü, de quoy fut chanté ſolennellement de Te Deum laudamus, par ſes treſ chers enfanſ, qui s'eſtimoient tous reſuſcités en la gueriſon de leur ſi aymable Pere [Valladier 1629, p. 64-65] »

Chapelle Notre-Dame des scouts inaugurée en 1939 (Wikipédia ; Scoutisme ou pdf ; Google Maps).

Les scouts construisent, sur les ruines de l'ancienne chapelle de Montaigu, une nouvelle chapelle inaugurée en 1939.
On peut la localiser sur ce plan (web) et sur Google Maps, emplacement qui correspond à celui de l'ancienne disparue.

La très rare publication en deux volumes de Pallemaerts 1936-1937, Histoire de Notre-Dame de Montaigu, est généralement répertoriée à ces dates dans les bibliothèques. Nous avons longtemps tenté, sans succès, de la consulter par prêt inter-universitaire. Nous avons finalement réussi à acquérir les deux volumes. Quand nous nous référons à Pallemaerts 1947, il s'agit de la Première partie, Depuis les origines jusqu'en 1603, publiée à Anvers par Altiora, qui n'est pas toujours référencée dans les catalogues des bibliothèques et dont le format est plus petit que l'autre. Quand nous nous référons à Pallemaerts 1937, il s'agit de la Deuxième partie Statues, qui est sans lieu et sans éditeur, et que nous avons davantage utilisée. Comme l'ouvrage date, les localisations des sculptures ont pu évoluer avec le temps, les fermetures ou déménagements de maisons religieuses, les vols et autres déprédations.

Pallemaerts 1937 : 96 localisations avec des statuettes de Notre-Dame de Montaigu dont 36 illustrées (37,5%).
Pays
Authentiques conservées
Illustrées
Authentiques disparues
Illustrées
Non-authentiques
Illustrées
BELGIQUE
30
16
17
1
3
0
FRANCE
17
13
17
1
0
0
AUTRES
6
3
4
0
2
2
TOTAUX
53*
32
38
2
5
2
%
55%
60%
40%
5%
5%
40%

Collaboration bienvenue pour des photographies des statuettes authentiques conservées mais non illustrées sur cette page web ou par Pallemaerts : Pape Urbain VIII ; Pape Alexandre VII ; Reine d'Espagne 2e femme de Philippe IV ; Léopold d'Autriche ; Reine d'Espagne ; Groot-Bijgaarden église paroissiale ; Iseghem hôpital ; Meerhout église paroissiale ; Montaigu ursulines ; Tongerloo abbaye des prémontrés ; Ginabahar Indes anglaises jésuites ; ainsi que plusieurs collections particulières.

Le très vieux chêne supposé miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel était vénéré depuis les Celtes, les Francs et les Germains. Abattu en 1604, il servit de matière première à la confection de plusieurs statuettes de la Vierge de Montaigu qui furent distribuées à Bruxelles, Malines et Anvers, mais aussi en France, Italie, Espagne et Canada (Begg 1996, Huet 1995). Celle de Montréal est donc postérieure à cette date. Notre échantillon permet de conclure que l'appellation Notre-Dame de Montaigu relève avant tout de l'origine du bois de chêne. Ces statuettes présentent en effet une panoplie de noms s'adaptant aux dévotions locales et de types iconographiques différents les uns des autres. Ce qui s'explique dans certains cas par le fait que le morceau bois de chêne qui avait été importé de Montaigu était par la suite sculpté localement.

Datation et localisation des 55 statuettes étudiées

Notre échantillon se base avant tout sur les images des statuettes authentiques retrouvées.
Ce n'est donc pas un inventaire de toutes les statuettes documentées !

Avant 1604 =1 =2% 1604-1624 =22 =40% 1625-1649 =19 =35% 1650 et plus =4 =7% 17e siècle =9 =16%
1550-1559 B Turnhout 1604 B Berlaymont
1604 B Lierre
1604 F Ronchamp
1606-1610 F Arbois
1607 B Menin
1608 B Bruxelles
1608 B Villers
1608 F Ornans
-1609 F Chapelle-d'Huin
1610 F Montciel
1610 PB Velp Bij Grave
-1611 F Salins-les-Bains
1612 B Courtrai
1613 F Gray
1613 F Mièges
1614 B Averbode
1606 B Anvers
1617 F Besançon
1619-1625 An Lanherne
1620 F Chelles
-1620 F Paris
1623 B Malines
1626 F Jussey
1628 F Pin
1628 F Tournon
1630 F Valréas
-1631 B Enghien
1632 F Draguignan
1633 Al Cologne
-1633 B Menin
-1633 F Montdoré
1635 F Bargemon
-1639 F Sirod
1640 B Malines
-1641 B Iseghem
-1641 Q Montréal
1642 B Malines
-1642 B Montaigu
-1642 F Lyon
1644 F Tournon
-1647 F Charlemont
-1650 B Averbode
1654 Al Cologne
1655 B Bruxelles
-1669 F Pouilley-les-Vignes
17e B Audenarde
17e F Faverney
17e B Loenhout
17e B Malines
17e B Meersel
17e B Mons
17e F Nancy
17e An Newton Abbot
17e F Roche-lez-Beaupré
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
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Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.
France =26 =47% Belgique =23 =42% Angleterre =2 =4% Allemagne =2 =4% Pays-Bas =1 =2% Québec =1 =2%
La très grande majorité des 55 statuettes de notre échantillon ont été fabriquées entre 1604 et 1649, tout comme la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys. On les trouve principalement en France et en Belgique. Une seule précède l'abattage du chêne en 1604, celle de Turnhout. Bien qu'elle porte l'appellation de Montaigu, elle n'est peut-être pas fabriquée en bois du chêne miraculeux. Elle ne figure d'ailleurs pas dans l'inventaire de Pallemaerts (Pallemaerts 1937). Quelques datations ne sont pas connues, alors que plusieurs peuvent être plus ou moins antérieures ou postérieures à la documentation les concernant. Leur chronologie ne permet pas de tirer un fil conducteur, sinon que leurs iconographies sont passablement différentes les unes des autres.

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

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BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne)

Notre échantillon se base avant tout sur les images des statuettes authentiques retrouvées.
Ce n'est donc pas un inventaire de toutes les statuettes documentées !

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.

La section Diffusion évoque les statues disparues de Mariemont, du Prieuré Notre-Dame-de-Montaigu et de l'abbaye d'Orval.

Quelques statuettes en Belgique, Luxembourg et Allemagne ne sont citées que dans la section
Bois du chêne de Montaigu : pâle, foncé, contrefaçons, non-authentiques.

La répartition géographique situe la diffusion des statuettes dans le nord du pays,
principalement en région flamande, tout en rayonnant dans quelques pays limitrophes.
(Emplacements indicatifs approximatifs sur le plan.)


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Anvers 1606 Lanherne 1619-1625

1-2, Anonyme, O.-L.-Vrouw met Kind, genaamd van Scherpenheuvel / Vierge à l'enfant dite de Montaigu, vers 1606, bois polychrome, 74 cm, Antwerpen / Anvers, Kerk Sint-Carolus Borromeus.
3. Anonyme, Our Lady of Sichem, 1619-1625, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 30 cm, Angleterre, St Mawgan, Newquay, Lanherne Carmel.
4. Vierge de Fouencamps.

BALaT (BALaT 58088 ou pdf) propose de dater de 1591-1610 cette sculpture de l'église jésuite Saint-Charles Borromée à Anvers, construite entre 1615 et 1621. A-t-elle vraiment été conçue avant l'expansion de cette dévotion suite à l'abattage du chêne en 1604 ? Nous proposons de la dater de 1606 alors que la dévotion à Montaigu y est documentée pour des indulgences (Pallemaerts 1937, p. 19). Mais sa très grande taille diffère considérablement de celles des autres statuettes issues du chêne de Montaigu-Scherpenheuvel ! Ces deux photographies la présentent avec des couronnes différentes. Elle a servi de modèle pour celle de Lanherne qui présente plusieurs similarités.

Iconographie — Armure ; collier à médaille avec colombe du Saint-Esprit ; Jésus au globe dans sa main droite et au livre dans sa main gauche.

Le carmel d'Anvers est fondé en 1619 par des religieuses anglaises. Il n'est donc pas étonnant que cette Vierge partage plusieurs similarités avec celle de Saint-Charles-Borromée dans la même ville : visage et drapé, qualité du décor polychromé sur la poitrine et position de l'enfant. Elle aurait été sculptée dans le bois du chêne de Montaigu et commanditée par Mary Lovel (1564-1628), donc avant son départ en 1625 pour fonder un autre couvent à Bruges. Lors de la Révolution française, elle suit les religieuses à leur retour en Angleterre à Lanherne (Pallemaerts 1937, p. 144 ; web ou pdf ; web ou pdf ; Wikipedia ou pdf).

Iconographie — Armure et collier à médaille ; Vierge avec sceptre rapporté ; Jésus auréolé de soleil, bénissant, avec sceptre rapporté.


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Audenarde 17e

Anonyme, Notre-Dame de Sichem, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 8,8 cm, église principale, Audenarde.

Entourée de reliques (Pallemaerts 1937, p. 20).

Iconographie — Couronne rapportée, sceptre, Jésus peu visible.


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Averbode 1614

Anonyme, Haec Beatae Mariae statua ex quereu est Aspricollis, 1614, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 12 cm, Abbaye des chanoines prémontrés, Aberbode.

Riche meuble en bois d'ébène, daté de 1614, portant des prières à Marie (Pallemaerts 1937, p. 21).

Iconographie — Vierge sur soleil rayonnant tenant Jésus, détails non visibles.


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Averbode -1650

Anonyme, Reliquaire de Notre-Dame de Scherpenheuvel, -1650, bois peinture argent,
statuette environ 5 cm
, tryptique 61 cm, Abbaye d'Averbode (BALaT 56096 ou pdf).

Le tableau de ce reliquaire représente la guérison de Jean Clement en 1604, il ne peut donc pas être antérieur à cette date.
Iconographie — Relief adossé à un tableau dans un tryptique ; couronne probablement rapportée ; soleil rayonnant ; main droite prête à recevoir un sceptre manquant ; Jésus apparemment les mains jointes.


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Berlaymont 1604

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, vers 1604, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, dimensions inconnues, ancienne chapelle Notre-Dame de Montaigu du monastère primitif de Berlaymont, aujourd'hui sous l’autel de Notre Dame de Montaigu à la chapelle Maes de la Cathédrale Saints Michel et Gudule à Bruxelles.

Portrait de la comtesse Marie d'Oyenbrugge, dite de Duras, première supérieure du couvent de Berlaymont de 1628 à 1641, avec la statuette dans son premier écrin (Collaboration de Charles Gielen).

Un quartier de Bruxelles, XVIIe siècle, gravure : « 4 Chapelle de N.D. de Montaigu », petit bâtiment encerclé en vert à gauche de « 1 Benedictines angloises » où se trouvait, plus bas à droite, « 2 Cloistre de Berlaymont » (Collaboration de Charles Gielen).

L'ancien monastère de Berlaymont, fondé par Marguerite de Lalaing, comtesse de Berlaymont et vicomtesse d'Ervillers (1574-1650), avait des liens avec Notre-Dame de Montaigu. L'archiduchesse Isabelle avait fait sculpter une statuette dans le bois du chêne à l’origine du culte de Notre-Dame du chêne ou Notre-Dame de Montaigu. Elle doit donc dater vers 1604, date où le chêne fut abattu. Elle fut donnée à la Comtesse de Mancessidor qui la céda à Madame de Berlaymont. Elle ornait la petite chapelle solitaire du jardin du monastère primitif de Berlaymont qui était dédiée à Notre-Dame de Montaigu. Selon la tradition, il s’agirait de la première des statuettes taillées dans le chêne miraculeux. La comtesse Marie d'Oyenbrugge, dite de Duras, fut la première supérieure (prévôte) du couvent de 1628 à 1641. Ce portrait la représente avec la statuette en arrière-plan dans son premier écrin (Collaboration de Charles Gielen).

La communauté des sœurs de la Congrégation Notre-Dame des chanoinesses de Saint Augustin du Monastère de Berlaymont à Waterloo a déménagé en maison de repos à Uccle en 2008. La statuette a alors été rachetée par un mécène anonyme qui la confia à la Fondation Roi Baudouin. Elle fut transférée sous l’autel de Notre Dame de Montaigu dans la chapelle Maes de la Cathédrale Saints Michel et Gudule à Bruxelles, à quelques pas de l’emplacement du premier monastère qui fut détruit lors de la Révolution française (Collaboration de Charles Gielen). Iconographie — Polychromie et dorure d'un grande richesse ; bras droit portant un sceptre ; main de Jésus conçue pour tenir un globe qui est manquant.

Légende

Légende

Montréal -1641


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Bruxelles 1608

Anonyme, retable domestique, Chapelle domestique, triptyque-reliquaire, tableau, tapisserie, 1608, bois peinture à l'huile tapisserie, 33,5 x 26,5 cm, b.g. « Fr ANTHONIS DE BRVYNE - PRIOR MONASTERY - CARMELITARVM BRUXELLES - AETATIS SV AE 35 », b.d. « Fr GVILIEMS DE BRVYNE - PROCVRATOR MONASTERY - VERDIS VALLIS A° 1608 - AETATIS SV AE 32 », Bruxelles, Musées Royaux d'Art et d'Histoire. (BALaT 20041483 ou pdf).

Volets fermés : donateur et donatrice avec leurs enfants.

Volet gauche ouvert : Anthonis de Bruyne, prieur du couvent des carmélites de Bruxelles. Volet droit ouvert : Guillaume de Bruyne, procureur du Monastère de Groenendael.

Intérieur : tapisserie à l'image de Notre-Dame de Montaigu et aux portraits des archiducs Albert et Isabelle.

Certes, cette oeuvre ne présente pas de statuette de Montaigu ! Toutefois, elle témoigne de la force de la dévotion très tôt en ce début du XVIIe siècle, tant au niveau de la richesse des matériaux, les références royales, que celles aux carmélites et aux chanoines augustins via Anthonis et Guillaume de Bruyne. La Vierge y reprend celle vêtue d'un large vêtement, telle que diffusée par la gravure, mais porte l'enfant Jésus sur son autre bras.


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Bruxelles 1655

Giovanni Guerra, Senectus sanctimoniae sedes Et arbor et ara, 1655, emblème, dimensions inconnues, Bruxelles, Collège des jésuites (Dekoninck 2021.11, p. 85, fig. 1 pour l'image et fig. 2 pour la référence à Guerra 1655, f° 104v-105r).

Iconographie — Vierge couronnée tenant un sceptre de sa main droite, habillée de rouge et de bleu, juchée sur son arbre au-dessus d'une table portant deux vases de plantes et un fanal, le tout dans un paysage valonné de prairie et d'arbres ; la reproduction n'est pas suffisamment définie pour décrire les bras et les attributs de l'enfant Jésus couronné.

Montréal -1641

« Le développement du culte des saints s'apparente donc à la croissance de l'arbre. On a là une belle image du pont que l'arbre dresse non seulement entre terre et ciel mais aussi à travers les âges. Car le rapport au sol est encore plus déterminant que le rapport au ciel, comme le rapport au temps est aussi essentiel que le rapport à l'espace. Un des leitmotivs de l'apologétique catholique est bien d'enraciner dans le temps ces cultes ancestraux marquant ainsi la continuité d'une religion primordiale par rapport à laquelle les supestiitions païennes ne sont interprétées que comme des déviances instiguées par le Diable. « Cette idée se trouve exprimée par un emblème datant de 1655 que que l'on trouve dans l'un des somptueux manuscrits gardant le souvenir des expositions d'emblèmes (affixiones) réalisées dans le collège jésuite de Bruxelles. Sous le motto "La vieillesse est le siège de la sainteté" (Senectus sanctimoniae sedes), on voit un arbre-autel (et arbor et ara, comme le dit l'épigraphe) abritant une statue de la Vierge. Quant au poème qui accompagne l'image, il développe l'analogie sous la forme suivante : Cette gloire insigne de devenir l'autel des habitants du ciel | Est refusée au jeune arbre. | Et c'est un autel chargé d'ans. Et la poitrine des vieillards, | Comme un autel, accueille pour hôte la vertu. « Ainsi la vertu vient se loger dans la poitrine des vieillards de la même manière que l'image mariale ne peut naître en quelque sorte que d'un vieil arbre, seul digne d'en accueillir la sacralité. Cette métaphore éclaire le lien intime qui relie l'image mariale à l'arbre, lien qui, au-delà de la problématique question des survivances païennes, témoigne d'une croyance unissant la matière, le lieu et l'image en un imaginaire qui enracine le ciel sur terre [Dekoninck 2021.11, p. 81-82]. »

Ems 2016, Chapitre III, Fig. 46. - Reinier Blockhuysen, Collegium Societatis Jesu Bruxellis (détail). KBR, Cabinet des estampes, S II 2638.

« Au XVIIe siècle, les élèves du collège jésuite de Bruxelles exposaient publiquement dans la rue les emblèmes qu’ils réalisaient, notamment à la gloire de la dynastie habsbourgeoise au pouvoir. Consacrée au gouvernorat de Léopold Guillaume de Habsbourg (1647-1656), cette enquête vise à identifier les raisons qui ont conduit les jésuites à choisir l’emblématique pour formuler un éloge, à travers lequel la Compagnie de Jésus diffusait ses valeurs et ses idéaux [Ems 2016, Résumé. » « L’exposition publique d’emblèmes dans la rue requérait la participation de plusieurs acteurs : les jésuites, leurs élèves mais aussi des artisans. Néanmoins, il n’est pas toujours aisé de déterminer la part que chacun a jouée. Nous pouvons supposer que les hommes de métier devaient avoir un rôle restreint, même s’il ne faut pas négliger les contraintes matérielles. Dans le cas des expositions bruxelloises, des peintres professionnels prirent part à la conception des volumes commémoratifs et peut-être aussi aux expositions. Il est toutefois malaisé de préciser plus en détail le rôle exact de ces artistes dans la conception des emblèmes et de déterminer leur influence éventuelle sur le processus créatif [Ems 2016, section 1.4.4]. »


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Cologne 1633

Anonyme, Notre-Dame de la Paix, 1633, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 50 cm, Église Notre-Dame Cologne.

(Pallemaerts 1937, p. 136).

Montréal -1641

Cette statue de Notre-Dame de la Paix, montée sur un navire portant l'inscription ecclesia pacificata (l'église pacifiée), est taillée dans un gros morceau du bois du chêne de Montaigu donné en 1633 par le successeur de l'archiduchesse, le Cardinal Ferdinand, à Marie de Médicis. Après le décès de celle-ci, en 1642, elle est léguée à l'église des carmélites de Cologne devenue l'église Notre-Dame (Pallemaerts 1937, p. 137-138). Iconographie — Couronnes, sceptre et globe rapportés, de grandes dimensions. Sceptre avec colombe du Saint-Esprit et oeil de dieu dans un triangle. Vierge en sandales. Jésus bénissant.


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Cologne 1654

Anonyme, Vierge de Montaigu, 1654, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 17 cm, Église Saint-Pierre Cologne.

(Pallemaerts 1937, p. 136).

Montréal -1641

L'inscription latine sur le socle en argent de cette statuette permet de la dater de 1654, alors offerte par les oratoriens de Montaigu à la confrérie de Notre-Dame de l'Annonciation établie dans l'église Sainte Cécile de Cologne (Pallemaerts 1937, p. 140). Iconographie — Couronnes et sceptre rapportés. Soleil rayonnant. Croissant. Jésus bénissant avec globe.


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Courtrai 1612

Anonyme Malines, Reliquaire de la Vierge de Montaigu, 1612, bois et cuivre, statuette environ 8,3 cm, tryptique 18 cm, provient du Collège des Jésuites de Courtrai, conservé aux Archives des Jésuites flamands à Heverlee (BALaT 117937 ou pdf).

Saint Pierre et Saint Paul, peints sur les panneaux latéraux, encadrent une statuette de Notre-Dame de Montaigu.

Montréal -1641

Iconographie — Sculptée avec une grande souplesse, couronnée, debout sur un globe doré, sa main droite en position de tenir un sceptre, l'enfant Jésus bénissant de sa main droite et tenant un globe de sa main gauche.

Au centre d'un cercle au soleil rayonnant : à gauche, monogramme IHS surmonté d'une croix, sur trois clous ; à droite, MA surmonté d'un signe non identifié, sur un coeur.

STATVAM HANC B V ASPRICOLLIS P FRANCISCO BOYWENS DIEST AEMIO AB AMICIS TRANSMISSAM (EO E VIVIS SVBLATO) R P JOANNES DAVID COL LEGI CORTRAC RECTOR SODTI STDORUM DEDIT CONSERAVIT ANN 1612


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Enghien -1631

Anonyme, Vierge de Montaigu, avant 1631, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 40 cm, église des pères capucins, Enghien.

Don de l'archiduchesse Isabelle à Marie de Médicis en 1631, elle aboutit à Enghien après être passée par l'Angleterre et par divers propriétaires à Cologne, puis à Bruxelles (Pallemaerts 1937, p. 28).

Iconographie — Couronnes rapportées, sceptre, sandales, Jésus bénissant avec globe.

Montréal -1641


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Iseghem -1641

Anonyme,Vierge de Montaigu, avant 1641, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 12 cm, église Saint-Hiloine, Iseghem.

Provenant du tout premier curé de Montaigu, Judocus Bouckaert (vers 1583-1646), devenu évêque d'Ypres en 1641 (Pallemaerts 1937, p. 31).

Iconographie — Couronne rapportée, sceptre, Jésus bénissant avec collier et attribut non défini.

Montréal -1641


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Lierre 1604

Anonyme, O.-L.-Vrouw met Kind met wereldbol en scepter / Vierge au sceptre et à l'enfant au globe, 1608, bois polychrome, 20 cm, Klooster van de Zwartzusters / Monastère des soeurs noires, Lier / Lierre (BALaT 67964 ou pdf).

Sculptée en 1604 avec le morceau du chêne miraculeux obtenu par Rykaard van Grasen et son épouse Joanna Monincks puis trasférée, en grandes pompes en 1605, à l'Ermitage (Pallemaerts 1937, p. 34-35).

La mention Vierge de Montaigu-Scherpenheuvel ne figure pas dans le titre de l'oeuvre sur la fiche technique du BALaT (67964 ou pdf), mais uniquement dans une référence vers cette thématique dans sa section iconographie.

Iconographie — Importante polychromie ; couronne en bois et sceptre ; enfant Jésus avec couronne en bois, bénissant de sa main droite et portant un globe de sa main gauche.

Montréal -1641


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Loenhout 17e

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, 17e siècle, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 18 cm, église paroissiale, Loenhout.

Informations tirées de l'inscription portée par la statuette (Pallemaerts 1937, p. 36).

Iconographie — Couronnes rapportées, sceptre, Jésus bénissant avec globe.

Montréal -1641


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Malines 1623

Antoon Fayd'herbe, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1623, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 25 cm, Mechelen / Malines, Kerk Sint-Jan-Baptist en Evangelist (BALaT 22723 ou pdf).

Montréal -1641

Sculptée, le 28 octobre 1623, par Antoine Fayd-herbe pour sept florins ; la tête arrachée par un voleur avant 1914 a été réparée par le sculpteur malinois Van Perck (Pallemaerts 1937, p. 37).

Iconographie — Couronnes rapportées, main prête à recevoir un sceptre manquant, le reste caché sous de larges vêtements. Main droite de la Vierge prête à recevoir un sceptre ; Vierge avec couronne argentée rapportée ; plusieurs couches de polychromies ; Jésus enlaçant sa mère.


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Malines 1640

Anonyme, Reliekkruis van O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel / Croix reliquaire de Notre-Dame de Montaigu, vers 1640, bois peint, statuette environ 10 cm sans couronne ni croissant, 87 cm, Mechelen / Malines, Kerk Sint-Pieter en Pauwe (BALaT 23184 ou pdf).

Iconographie — Statuette en relief faisant partie d'un ensemble complexe ; Vierge couronnée devant un soleil rayonnant, bras droit manquant, écrasant le serpent sur un large et long croissant de lune ; Jésus couronné mains jointes.

Montréal -1641


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Malines 1642

Anonyme, Verering van O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel / Vénération de Notre-Dame de Scherpenheuvel, 1642, statuette en chêne de 15 cm dans un relief en pierre, Mechelen / Malines, Kerk Sint-Alexius en Catharina (BALaT 22153 ou pdf qui la date vers 1643).

Montréal -1641

« tableau en pierre blanche sculptée où se présente une statuette en chêne, entourée de rayons, [...] haute à peine de 0.15 m, peinte en noir, avec une bordure dorée à son vêtement, est suspendue à un chêne ; à côté de l'arbe, l'église de Montaigu ; sur l'avant-plan, des infirmes [...] La provenance du chêne de Montaigu est prouvée par un document placé au-dessous du monument. [...] l'image sur apportée en 1642 au Béguinage. » (Pallemaerts 1937, p. 38.)

Iconographie — Vierge sur soleil rayonnant, adossée à un haut relief représentant les miracles devant le chêne de Montaigu-Scherpenheuvel ainsi que sa basilique ; Vierge couronnée à la main droite prête à recevoir un sceptre ; Jésus couronné, bras et attributs peu visibles.


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Malines 17e

Anonyme,Vierge de Montaigu, 17e, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 20 cm, Malines couvent des frères mineurs.

« Ex quereu in quo inventa est imago B.M.V. anno 1692. Quod attestat L. J. Fayd'herbe. » (Pallemaerts 1937, p. 39).

Iconographie — Couronnes et sceptre rapporté, armure. Jésus bénissant au livre.

Montréal -1641


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(Pallemaerts 1937, p. 42).

Meersel 17e

Anonyme, Vierge de Montaigu, 17e, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 21 cm, capucins de Meersel.

« Une inscription latine : es quereu Aspricollensi (du chêne de Montaigu) en indique la provenance. » (Pallemaerts 1937, p. 41)

Iconographie — Couronne rapportée, polychromie avec étoiles, Jésus bénissant avec globe, socle rapporté avec inscription manuscrite.

Montréal -1641


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(Pallemaerts 1937, p. 43).

Menin 1607

Anonyme, Vierge de Montaigu, 1607, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 12 cm, église Saint Vaast Menin.

Un document latin du 26 avril 1607 atteste de la provenance de cette oeuvre, ainsi qu'un autre en flamand, datant de 1608, au dos de la statuette.

Iconographie —Couronne rapportée d'une forme très inusitée, médaille, Jésus sur le bras droit, mains manquantes de la Vierge et de Jésus, partiellement polychromée.

Montréal -1641


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Menin -1633

Anonyme, Vierge de Montaigu, -1633, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 12 cm sous un chène de 29 cm, bénédictines Menin.

(Pallemaerts 1937, p. 44).

Montréal -1641

Offerte par le premier curé de Montaigu, Judocus Bouckaert (1583-1646), à l'archiduchesse Isabelle pour son oratoire domestique ; on peut donc la dater avant le décès de celle-ci en 1633. Après plusieurs autres dons et tibulations, elle aboutit chez les capucins puis chez les bénédictines (Pallemaerts 1937, p. 44-46). Iconographie — Couronne et sceptre rapportés, médaille, attributs de Jésus illisibles.


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Mons 17e

Anonyme, Chapelle domestique de Notre-Dame de Montaigu, saint François et sainte Anne Trinitaire, 17e siècle, bois peinture, statuette environ 6 cm sans couronne ni croissant, tryptique 39,5 cm, VIRGO DE MONTE/AVE REGINA COELORUM, Mons, Musée du chanoine Edmond Puissant (1860-1934 ; BALaT 10142585 ou pdf).

Iconographie — Svelte et jeune sur un large croissant de lune devant un soleil rayonnant, polychromée, main droite prête à recevoir un sceptre, Jésus tenant peut-être un globe de sa main gauche.

Montréal -1641


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(Pallemaerts 1937, p. 47).

Montaigu -1642

Anonyme, Vierge de Montaigu, avant 1642, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 30 cm, Montaigu.

Acquise en 1886 lors d'une vente publique. Authenticité attestée par le sculpteur dans un texte latin de 1682 peint au dos à l'effet qu'elle a été façonnée « il y a plus de 40 ans » (Pallemaerts 1937, p. 47-48).

Iconographie — Couronnes et sceptre rapportés, Jésus bénissant au globe, polychromie.

Montréal -1641


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Newton Abbot 17e

Anonyme, Vierge de Montaigu, 17e, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 11 cm, Newton Abbot.

(Pallemaerts 1937, p. 145).

Montréal -1641

Pallemaerts situe cette statuette au monastère des carmélites de Newton Abbot, issu de celui de Louvain fondé au 17e siècle (Pallemaerts 1937, p. 145). Or, près de ce lieu, on ne trouve pas de carmélites, mais un monastère augustinien issu de celui de Louvain fondé en 1609 par sept femmes anglaises. La Révolution française les force à revenir s'établir en Angleterre où, après diverses pérégrinations, elle s'installent en 1860 à Abbotskerswell, près de Newton Abbot, jusqu'en 1983, ce monastère étant par la suite transformé en résidence pour retraités (web ou pdf). Cette statuette aurait-elle alors été récupérée par la maison mère de cet ordre religieux ? Iconographie — Dans un décor de fruits et feuillages en relief d'épaisse broderie formant une arche. Vierge : en bois foncé ; sur un chêne duquel pendent des béquilles ; couronne et sceptre rapportés ; foulant un démon en forme de chien aux grandes griffes. Jésus : couronne rapportée ; mains illisibles. Chapelle à droite du chêne.


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Turnhout 1550-1559

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, / Notre-Dame de Montaigu, 1550-1599, bois polychrome dorure, 40 cm, Turnhout, Klooster Kanunnikessen van het Heilig Graf / Monastère des chanoinesses régulières du Saint-Sépulcre, eetzaal / salle à manger (BALaT 87897 ou pdf).

Son bois provient-il du chêne miraculeux de Montaigu ? Elle ne figure pas dans l'inventaire de Pallemaerts (Pallemaerts 1937).

Iconographie — Grande hauteur, polychromée et dorée, sceptre à la main droite, enfant Jésus au globe.

Montréal -1641


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Velp Bij Grave 1610

Anonyme, Vierge de Montaigu dite Notre-Dame de la Pluie, vers 1610, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 5"1/2 pouces soit 14,9 cm (Wikipedia), capucins, Emmausklooster, Velp Bij Grave, Pays-Bas.

Photos : collaboration de Macair Wegman.

Le commanditaire d'origine et les propriétaires successifs, jusqu'aux capucins, sont bien documentés par des archives du XVIIe siècle (Pallemaerts 1937, p. 146-150). La statuette est mise en valeur au centre d'un cadre ornementé, au-dessus d'un petit autel, tous deux de style rococo.

La statuette repose sur une console en argent, devant un soleil du même métal, auquel s'ajoute un arceau, s'ajustant dans deux cylindres, sur lequel sont fixées sept étoiles rappelant le titre Stella Maris accordé à la Vierge. La polychromie assez récente, d'une forte épaisseur, n'est pas l'oeuvre d'un artisan professionnel dans ce domaine. Une perte de pigment, sur le front de la Vierge, laisse apercevoir un bois foncé en-dessous. La Vierge tiendrait une grappe de raisin à la main gauche (Pallemaerts 1937, p. 146-150), rappel que le vin est transformé en sang du Christ, via le dogme de la transsubstantiation, lors du sacrifice de l'Eucharistie.

Iconographie — Couronnes en argent rapportées. Vierge qui porte Jésus sur son bras droit, avec un collier cruciforme orné de pierreries et une grappe de raisin à la main gauche. Impossible de déterminer ce que tient Jésus dans sa main droite et ce qu'il aurait pu tenir de sa main gauche. Aucune affinité avec Montréal -1641.


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Villers 1608

Anonyme, Vierge de Montaigu, 1608,
sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 80 cm (Pallemaerts 1937, p. 64-66),
disparue de l'abbaye de Villers lors de la Révolution française.

Abbaye de Villers vue vers l'ouest, 1607, gravure (web).

Une Vierge de Montaigu est offerte en 1608 par l'évêque d'Anvers à l'abbaye de Villers fondée au XIIe siècle.
Elle est d'abord placée dans l'église abbatiale (Abbaye de Villers ; Wikipédia).

Abbaye de Villers vue vers l'est et détail de la Chapelle de Montaigu.
Berterham d'après Van Wel, Villarium celeberrima ordinis cisterciensis in gallo brabantia abbatia, gravure.
Sanderus 1726-1727, vol. 1, p. 416.

L'abbé Robert Henrion fait construire, au sommet de la colline de Garenne, une chapelle octogonale dédiée à leur sculpture de Montaigu. Elle est consacrée en 1616 (web ou pdf ; Wikipédia). « Quant au jardin de l'abbé, s'étageant sur le flanc de la colline de Garenne, il comporte sept terrasses, tant sur les versants ouest que sud, alors qu'en réalité il s'en trouve cinq et que leurs niveaux ne correspondent pas. Sur la gravure, l'escalier est trop au nord, il devrait se trouver dans l'axe du palais abbatial et de la chapelle Notre-Dame de Montaigu [Coomans 1988.06, p. 34]. »

Plan de l'abbaye de Villers, vue vers le nord,
avec la chapelle de Montaigu à l'est (web ou pdf).

Ruines de la chapelle de Montaigu
à l'abbaye de Villers (web ou pdf).

Les moines sont explusés lors de la Révolution française.
L'abbaye est pillée et partiellement démantelée.
La Vierge de Montaigu est alors portée disparue.

Abbaye de Villers vue vers le nord (web).

Serait-ce la Vierge de Montaigu de l'ancienne l'abbaye de Villers conservée à l'église paroissiale (Pallemaerts 1937, p. 66) ?
Anonyme, Vierge à l'enfant, vers 1600, bois polychromé et tissu brodé, 120 cm, Eglise Notre-Dame de la Visitation Villers-la-Ville (BALaT 10001127 ou pdf).
Montréal -1641
On a supposé que l'ancienne Vierge de Montaigu de l'abbaye était la Vierge à l'enfant conservée à l'église Notre-Dame-de-la-Visitation de Villers-la-Ville, mesurant 120 cm, dimensions dépassant de beaucoup les normes pour une statuette, surtout si elle est sculptée dans le rare bois d'un chêne miraculeux ! Iconographie — Couronnes rapportées, sceptre manquant remplacé, Jésus bénissant au globe manquant, polychromie.

Vierge à l'enfant dans l'église Notre-Dame-de-la-Visitation de Villers-la-Ville (MS sur Google Maps).

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

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FRANCE (Québec)

Notre échantillon se base avant tout sur les images des statuettes authentiques retrouvées.
Ce n'est donc pas un inventaire de toutes les statuettes documentées !

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.

Durant trois siècles, sous la domination commune des princes bourguignons, autrichiens ou espagnols, la Franche-Comté fut unie de très près aux provinces flamandes. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, elle se trouvait sur les routes qui unissaient le Nord à la Méditerranée (Ferry 1946, p. 36).

Cet état de fait historique montre que la diffusion des statuettes de Montaigu venue des Flandres s'est principalement développée dans le nord-est de la France avant de descendre vers le sud-est par les grandes voies navigables (emplacements indicatifs approximatifs sur le plan).

Sauf quelques exceptions emblématiques, les statuettes sans illustrations n'ont pas été étudiées, soit celles documentées par Pallemaerts, ainsi que celles-ci.

« NOTRE-DAME MIRACULEUSE porta longtemps le nom de N. D. de Montaigu, près de Clermont-l'Hérault. Le nombre des résurrections d'enfants obtenues devant la statue lui fit donner le nom glorieux sous lequel tout le voisinage la connaît et l'invoque. On y vient surtout le 2 août, fête de la Portioncule [Drochon 1890, p. 706]. »

« GONSANS avait jadis une chapelle, érigée en 1615 [Ferry 1946, p. 37]. »

« Marcenat [Auvergne] se glorifie de N. D. de Montaigu et de N. D. des Miracles. La première rappelle la Vierge célèbre de Brabant, la seconde a sa fête le 8 septembre [Drochon 1890, p. 97]. »

« Les Vierges minuscules de MONDORÉ [Montdoré ‑1633], en Haute-Saône, et de Montpetot, à SAINT-PIERRE-LA-CLUSE, paraissent se rattacher à cette série. Simple rapprochement, dont nous ne pouvons rien conclure, tant il y eut de contrefaçons [Ferry 1946, p. 37]. »


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Arbois 1606-1610

Anonyme, Notre-Dame de l'Ermitage, 1606-1610, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 6 cm, Jura, Arbois, provenant de la colline de l'Ermitage mais conservée à l'église Saint-Just.

1. Phot. art. A. Bechaux Arbois, N.-D. de l'Ermitage d'ARBOIS (photo Ebay, collaboration de Johann G. ROTEN, également reproduite dans Pallemaerts 1937, p. 78).

2-4. Monstrance, cylindre et statuette (collaboration de Frédéric Seiller : Arbois et France1).

5. Montréal -1641

Les travaux de restauration de la chapelle Notre-Dame de l'Ermitage à Arbois éclairent son histoire et son patrimoine (web ou pdf). Elle y est établie dès le XVe siècle sur la colline de Châtel-Bœuf, rebâtie en 1606, 1611, 1660, remaniée en 1898, fragilisée par un incendie en 1985 et un tremblement de terre en 2006. Depuis 1606 (web ou pdf) ou 1610 (collaboration de Frédéric Seiller : Arbois et panneau), une statuette miraculeuse de la Vierge y attire les fidèles. Encore davantage à compter de 1637 après l'épidémie de peste, puis la fin de la famine de 1638-1639 durant la Guerre de Dix ans. Depuis cette époque, on y organise une procession annuelle en juillet. En 2013, on y aménage le chemin d’accès emprunté par pèlerins et marcheurs ainsi qu’un belvédère panoramique. Iconographie — Couronne sculptée ; sceptre tenu de la main droite ; Jésus bénissant tenant un globe.


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Bargemon 1635

Anonyme, Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de Montaigu, 1635, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, enchâssée dans un reliquaire-monstrance d'argent et de cristal en 1802, 10 cm, Var, Bargemon, Chapelle Notre-Dame de Montaigu.

1. Anonyme, Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de Montaigu, 17e siècle, bois, 10 cm, Chapelle Notre-Dame de Montaigu (web ou pdf). 2. Anonyme, Monstrance de la statuette miraculeuse de Notre-Dame de Montaigu, 1802, argent et cristal, Bargemon, Chapelle Notre-Dame de Montaigu (Pop ou pdf). 3. Statue miraculeuse de Notre-Dame de Montaigu (Tommasi Michael oct. 2022). 4. Chapelle ND de Montaigu Bargemon (web ou pdf). 5. Montréal -1641
La chapelle de Montaigu, construire de 1610 à 1634, prend en 1635 le nom de Notre-Dame de Montaigu en raison de la statuette apportée de ce lieu de pèlerinage le 14 mars 1634 par le père Sébastien Gache. Devenue un lieu de dévotion populaire, Louis XIII dut intervenir pour y réguler les flots de pèlerins (Collaboration de Laurence Bailleul, 4 novembre 2006). Iconographie — Couronne sculptée ; bras droit pendant ; posture et attributs de Jésus peu visibles.

« La chapelle fut vendue pendant la Révolution, mais rachetée peu après par des catholiques, qui la rendirent au clergé, sous la condition expresse qu'elle resterait toujours affectée au culte de la Sainte Vierge. Quant à la statuette, elle fut sauvée par le stratagème d'un habitant, chargé de diriger le syndic révolutionnaire dans ses expertises. Le petit reliquaire d'argent qui la contenait fut exprès rejeté, comme un objet sans valeur, et aussitôt recueilli par un des assistants. Il porte encore le sceau et les armes de Mgr de Camelin [Pop ou pdf date ce reliquaie de 1802 alors que ce personnage a vécu au XVIIe siècle !?], dont il est parlé dans la brochure du Père Raphaël [Drochon 1890, p. 763-764]. »

« Pierre Camelin (né à Fréjus le 22 novembre 1579 et mort à Fréjus le 4 février 1654) est un ecclésiastique qui fut coadjuteur en 1621 puis évêque de Fréjus de 1637 à 1654 [Wikipédia]. »


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Besançon 1617

Anonyme, Vierge à l'enfant de Montaigu, 17e siècle [16e ?], 13 cm (collaboration de Frédéric Seiller : France2) ou 17,5 cm [avec le socle ?], « MONTIS : ACUTIi » sur le socle, provient du carmel de Besançon, Association diocésaine de Besançon.

« Celle des Carmélites leur vint des Carmes de Salins [Ferry 1946, p. 37]. »

Cette sculpture, qui daterait de 1617, avait été confiée au père Nicolas, des Carmes de Salins, afin qu'il la remette à leur couvent de Besançon (collaboration de Frédéric Seiller : France2 se référant à la photo ci-contre tirée de Monnier 2015, ainsi qu'à Pallemaerts 1937, p. 80, à propos d'une autre statuette de 8 cm non retrouvée.)

Iconographie — Couronnée, sceptre manquant, collier à médaille ; Jésus couronné, bénissant, tenant un globe.

Montréal -1641


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Chapelle-d'Huin -1609

Anonyme, Vierge de Montaigu dans une monstance en forme de chêne, statuette avant 1609, monstrance 1624, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, argent, dorure, cristal de roche, statuette environ 9,3 cm, monstrance 32 cm, inscription, Chapelle-d'Huin.

Montréal -1641

Cette statuette serait antérieure au décès du cardinal Séraphin Olivier-Razali (1538-1609) selon le sceau conservé dans cette monstrance d'orfèvrerie qui aurait été fabriquée à Salins (Ferry 1946, p. 36-37). Le bois proviendrait du chêne de Montaigu, assertion qui n'est pas corroborée par les fiches d'inventaires (Mémoire AP60P01788 ou pdf, IVR43_19762500290X ou pdf, AP25W03057 ou pdf ; Palissy IM25000694 ou pdf, PM25000492 ou pdf). Selon les inscriptions, le donateur est « Stephanus Regnauld » en 1624. L'objet a été restauré en avril 2018 avant d'être exposé à Metz d’octobre 2018 à janvier 2019 (« Le reliquaire Notre-Dame du Chêne revient », L'Est Républicain, 15 févr. 2020). Iconographie — Main et sceptre manquants ; Jésus tenant un globe. • Inscription face antérieure : SALVE PORTA ORIENTALIS PER QVAM INGREDITVR GENS SANCTA CVSTODIENS IVSTITIAM VERSVS ANNVNST ABO LAVDES TVAS RESP IN PORTIS FILIAE SION • Inscription face latérale : armoiries à identifier • Inscription face postérieure : HOC RELIQUIARIVM DONO DEDIT STEPHANUS REGNAVLD LOCI DE LA CHAPELLE D'HUIN TABELLIO GENERALIS IN CIMITATV BVRGVNDIE PROCURATOR RECEPTOR ET TABELLIO PARTICVLARIS DE CHALLAMON PRO REGE NOSTR PHILIPPO IIII ANNO DNI 1624

(Collaboration de Frédéric Seiller : Chapelle-d'Huin et France1.)


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Charlemont -1647

Anonyme, Notre-Dame du Petit-Montaigu, -1647, image ou sculpture non retrouvée, documentée à Charlemont dans les Ardennes.

Georg Braun cartographe, Frans Hogenberg graveur, Jérôme Van Belle traducteur, Plan de Charlemont (détail de la chapelle de Notre-Dame du Petit-Montaigu), 1645 (Wikipédia et BNF).

Plan de Givet et Charlemont (détail de lemplacement modifié de l'ancienne église), Recueil des plans des places du Royaume, divisées en provinces, faits en l'an 1693, vol. 1, n°43 (Wikipédia ou BNF).

• « Charlemont, au canton de Givet, avait une chapelle non moins curieuse, appelée Notre-Dame du Petit-Montaigu. Louis XIV la renversa comme nuisible aux fortifications ; et l'image de la Vierge, qu'on disait miraculeuse, fut transportée à l'église paroissiale, aussi bien que la confrérie du Rosaire qui existait dans la chapelle depuis 1618 [Hamon 1861-1866, vol. 5, p. 269]. » •• « Charlemont, au canton de Givet, avait N. D. du Petit-Montaigu, souvenir évident du célèbre pèlerinage de la Belgique. Louis XIV renversa la chapelle pour le besoin de ses travaux militaires, mais la statue fut transférée à l'église paroissiale, ainsi que la confrérie du Rosaire, établie dès 1618 [Drochon 1890, p. 1211]. »

Cette image ou sculpture de Montaigu a probablement été fabriquée après l'abattage du chêne en 1604 et avant la conquête du fort par la France en 1678. De 1640 à 1647, l'écrivain ecclésiastique Dieudonné de Ronvaulx y est « installé comme directeur de la chapelle de Notre-Dame du Petit-Montaigu, près de Charlemont », illustrée sur un plan de 1645. Serait-ce lui qui l'aurait apporté de la Belgique où il est documenté, de 1595 à 1640, en lien avec Liège, Namur, Nivelles, Grand-Jamine, Jesseren, Mettecoven, Hamael et Marchienne-au-Pont (BN 1908-1910, vol. 20, p. 19-20) ? Mais ce pourrait également être un prédécesseur, car cette chapelle aurait été désignée sous cette appellation dès 1618 ! Cette section des fortifications est fortement ramaniée sur un plan de 1693 qui montre la nouvelle église Saint-Charles au coeur de la forteresse. Théoriquement, elle aurait alors pu récupérer ses anciennes possessions. Malheureusement, seuls de rares vestiges ont survécu à son bombardement en 1914.

Plan de Givet et Charlemont (détail de la partie ouest montrant la nouvelle église Saint-Charles au centre), Recueil des plans des places du Royaume, divisées en provinces, faits en l'an 1693, vol. 1, n°43 (Wikipédia ou BNF).

Ruines de l'église Saint-Charles de Charlemont (Google Maps).

L'Eglise Saint-Charles de Charlemont, avec la participation des Sentinelles de Charlemont (Facebook, Givet d'autrefois, L'église de Charlemont).

J. Winling, édit., Charleville, Vallée de la Meuse - GIVET-CHARLEMONT - Intérieur de L'Église du Fort de Charlemont construite sous le règne de Philippe III d'Espagne vers 1600 (Facebook, Givet d'autrefois, L'église de Charlemont). Cette information est inadéquate ! C'est la chapelle de Notre-Dame du Petit-Montaigu qui est illustrée sur le plan de 1645. L'église Saint-Charles figure sur le plan de 1693 ; elle a donc été construite sous le règne de la France après 1678.

GIVET - Fort de Charlemont - Ruines de l'Eglise - 1914 (Facebook, Givet d'autrefois, L'église de Charlemont).

Zerschossene Kirche auf Fort Charlemont [Église endommagée du Fort Charlemont], (Facebook, Givet d'autrefois, L'église de Charlemont).

Chapelle et église Notre-Dame-du-Bon-Secours aux Trois Fourchettes à Givet.

Un des rares vestiges provenant de l'église de Charlemont est une sculpture calcinée tirée des décombres.

Le bras droit de la Vierge est manquant ; l'enfant Jésus bénit de sa main droite et semble tenir un globe de sa main gauche.

Datée du XVIIIe siècle et de grande taille, cette iconographie aurait-elle pu être imitée de la Notre-Dame du Petit-Montaigu non conservée ?

Ces photographies la montrent dans l'église Notre-Dame de Bonsecours, apparemment fermée au culte, construite en 1932 (web ou pdf) aux Trois Fourchettes à Givet.

Anonyme, Vierge à l'Enfant, 18e siècle, Bois taillé polychrome, 105 X 40 X 31, Givet église Notre-Dame de Bonsecours, tirée des décombres de l'église Saint-Charles de Charlemont en 1914 (Pop ou pdf).

Ruines de l'glise Saint-Charles de Charlemont (Facebook, Givet d'autrefois, L'église de Charlemont).

 

Cette sculpture de sainte Anne trinitaire daterait du début XVIe siècle, donc antérieure à la construction de Charlemont par Charles Quint à compter de 1555.

Découverte dans un grenier vers 1905, elle pourrait provenir des églises Saint Hilaire ou Notre Dame à Givet, voire même d'un village des environs, et avoir été ultérieurement transférée à Charlemont.

Elle a échappé à diverses guerres et révolutions, mais le visage de la Vierge a été mutilé, tout comme celui de Jésus, ainsi que ses bras. L'ancienne polychromie a été décapée.

À la lumière des sauvetages de ces deux anciennes sculptures, reste à espérer que la supposée ancienne sculpture de Notre-Dame du Petit-Montaigu utilisée à Charlemont ait pu être sauvée des diverses tribulations guerrières et qu'elle puisse miraculeusement réapparaître.

Georg Braun cartographe, Frans Hogenberg graveur, Jérôme Van Belle traducteur, Plan de Charlemont (détail de la chapelle de Notre-Dame du Petit-Montaigu), 1645 (Wikipédia et BNF).
Anonyme, Sainte Anne trinitaire, 15e siècle, chêne taillé, 72 x 24 x 14 cm, achat en vente publique, Charleville-Mézières, musée de l'Ardenne (Pop ou pdf).


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Chelles 1620

Anonyme, Notre-Dame de Chelles, vers 1620, statuette sculptée dans le chêne miraculeux de Montaigu, Seine-et-Marne, Abbaye de Chelles.

Détail haute résolution de l'Abbaye royale de Chelles et légende haute résolution (Germain 1871, pl. 64).

« En son vivant, le chevalier d'Aumale avait fait présent à sa sœur d'une statue de la sainte Vierge dite Notre-Dame de Montaigu. Le bois qui avait servi au sculpteur aurait été selon la légende tiré du chêne même dans le cœur du quel un berger aurait découvert l'image miraculeuse. Marie de Lorraine avait reçu la statue avec une grande solennité. D'abord exposée sur le maître autel de l'abbatiale, la Vierge fut transportée cinq ans après dans une chapelle que la communauté fit élever en son honneur. C'est devant cet autel que l'abbesse aimait à venir prier pour le repos de l'âme de son frère [Torchet 1889, t1 p. 289-290]. » « NOTRE-DAME DE CHELLES. Vers 1620, le duc d'Aumale ayant envoyé à l'abbesse Marie de Lorraine, sa soeur, une statuette sculptée dans le chêne miraculeux de Montaigu, on bâtit pour la recevoir une chapelle distincte qui devint un lieu de pèlerinage [Drochon 1890, p. 1253-1254]. »

Détail haute résolution de l'Abbaye royale de Chelles (Germain 1871, pl. 65).


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Draguignan 1632

Anonyme, Notre-Dame-du-Peuple, 1632, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Draguignan, Église Notre-Dame-du-Peuple.

Nore-Dame du peuple à Graduignan, gravure (Drochon 1890, p. 765).
Sceau non identifié présentant une Vierge entrourée de l'inscription « posuerunt [?] custodere ora pro populo » (Draguignan Notre-Dame du peuple, web ou pdf).

« Les Minimes s'établirent près de la chapelle en 1619 et desservirent le pèlerinage. En 1632, l'un des religieux, le Père Jean Bérard, légua un morceau du chéne miraculeux de Montaigu au Père Charles Martelly. Ce dernier en fit sculpter une statuette que bénit l'évêque de Fréjus, Pierre de Camelin. La translation de la sainte image fut très pompeuse et donna lieu à une procession qui fit le tour de la ville le 15 mai 1639. Quand, en 1703, les Minimes, chassés par les fièvres, durent transporter leur résidence sur un autre point, ils n'y furent autorisés qu'à la condition de ne pas emporter l'image de N. D. du Peuple. Pendant la peste de 1720, tandis que Marseille, Aix, Arles, Toulon étaient décimés par le fléau, Draguignan vivait en paix sous la protection de N. D. du Peuple. La ville fut si convaincue qu'elle devait sa préservation à Marie, que le 16 septembre 1732, le conseil résolut de lui rendre de solennelles actions de grâces. Un tableau "dont l'intention est plus heureuse que l'exécution", et que l'on conserve encore, fut peint, aux frais des habitants, par le Père Valentin, religieux de l'Étroite Observance. Les consuls et le peuple y sont représentés aux pieds de la Madone. La Révolution vendit la chapelle, qui devint successivement un grenier à foin, une loge maçonnique et une poudrière. Quant à la statuette, elle disparut. La procession fondée en 1588 fut remise en honneur, et depuis lors réunit tous les ans la population autour d'une nouvelle image de la Reine de Draguignan [Drochon 1890, p. 764-767]. »


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Faverney 17e

Anonyme, Vierge de Montaigu, 17e siècle, environ 10 cm, bois de chêne noir polychromé dans une monstrance, dernière localisation connue au grand séminaire de Faverney.

« Photocopie de photo que j'ai moi-même photographiée [collaboration de Frédéric Seiller]. »

Montréal -1641

Iconographie — Couronnée, sceptre. Attributs de Jésus illisibles.

Extraits de Pallemaerts 1937, p. 83-84.

Curieuse histoire que celle de la statuette honorée au séminaire de Faverney comme provenant du chêne de Montaigu et qui se trouvait, avant la Révolution, au couvent des Capucins à Vesoul ; le séminaire avait été installé dans ce couvent de 1833 à 1906 (1. Lettre de M. le Supérieur actuel aux Archives de la Basilique : 153 C, XI, e).

Voici à son sujet, le témoignage de Mr Colombot, Supérieur du Séminaire de 1894 à 1898 :

« Le séminaire de Vesoul possède une petite N.D. très ancienne qui mérite d'attirer l'attention. Elle est enfermée dans un ostensoir rayonnant de bois doré ou bronze ayant en son centre une niche en lames ou plaques d'argent avec une porte vitrée qui permet de voir la statuette. [...]

Le reliquaire, il est vrai, est en style Louis XVI et paraît beaucoup moins ancien que la statue. Il ne paraît pas être l'oeuvre d'un sculpteur professionnel mais serait plutôt d'un religieux. La statuette, d'une hauteur d'environ dix centimètres, est en bois de chêne noir assez convenablement sculptée et peinte de diverses couleurs. [...]

A mon avis, cette statuette pourrait bien être une Vierge du chêne de Montaigu, la soeur des deux N.-D. de Gray et de Jussey qui viennent également des Pères Capucins de ces deux villes... [...]

J'ai fait restaurer le reliquaire, remettre une tête à l'Enfant Jésus qui était décapité [...] »

À la fermeture de ce séminaire, elle a été transportée au grand séminaire de Faverney. Elle y était en 1937 quand le père Pallemaerts écrit son livre. Elle est également documentée en 1947 : « celle du Séminaire de FAVERNEY [Ferry 1946, p. 37] ». Elle accompagne les huit statuettes qui sont rassemblées à Gray en 1959 pour le cinquantenaire du couronnement (Mauclair 2009). Le séminaire ayant fermé ses portes en 1967, qu'est devenue la statuette ? A-t-elle suivi les séminaristes à Besançon ? Est-elle restée à Faverney ? Je n'ai trouvé encore personne pour répondre à ces questions, mais je ne désespère pas [collaboration de Frédéric Seiller : France2]. »


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Gray 1613

Jean Brange de Salins-les-Bains (Franche-Comté), Notre-Dame de Gray, dite Vierge de Montaigu ou Notre-Dame Libératrice, 1613, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 11 ou 14 cm, Haute Saône, Gray.

1. Anonyme, LIMAGE MIRACVLEVSE DE LA SAINT VIERGE QVY REPOSE DANS LEVLISE DE RRPP CAPVCINS DE LA VILLE DE GRAY EN FRANC CONTE, date inconnue, gravure (Gérard 1998, se référant à Archives départ du Doubs 1 Fi 928).

2. Louis [Rigeois ?] imprimeur du Roy du Parlement et de la Cité Royalle, Besançon, L'Image miraculeuse de la S. Vierge qui repose dans l'Eglise des RR. PP. Capucins de la Ville de Gray en Franche Comté, date inconnue, gravure, dimensions inconnues, collection inconnue.

3. Bogillot 1750, p. frontispice.

4. Louis Bachelet orfèvre à Paris, Berey graveur et autres, Monstrance de Notre-Dame de Gray, 1909 et 19e siècle (web ou pdf).

Des gravures anciennes représentent cette Vierge sous un baldaquin. Elle écrase un monstre dragon, mieux visible sur celle de Bogillot en 1750. Ce qui rapproche cette Vierge de Montaigu de l'iconographie de Notre-Dame de Bon-Secours présente sur la Médaille Fouencamps-Bourgeoys. Ce baldaquin en argent (Pallemaerts 1937, p. 89) est disparu à la Révolution et a été remplacé par une monstrance d'orfèvrerie au début du 20e siècle.

(web ou pdf)

(web ou pdf)

(Collaboration de Frédéric Seiller : Gray).

Montréal -1641

Iconographie — Couronnes et sceptre rapportés ; série de boutons au bas de la robe ; Jésus semble avoir perdu le globe figurant sur les gravures anciennes. Selon les photographies, cette sculpture présente des coloris fort variés, mais présentant toujours un bois foncé.

Elle aurait été sculptée en 1613 par Jean Brange de Salins-les-Bains en Franche-Comté, diocèse de Saint-Claude, à partir d'un morceau de chêne de Montaigu en Brabant qui avait été rapporté la même année par Jeanne Bonnet. La statuette fut léguée à Rose de Bauffremont, épouse de Jérôme d'Achey gouverneur de Gray, avant d'être donnée, en 1617, au couvent des capucins. Après la Révolution la statuette fut remise à l'église paroissiale de Gray et une chapelle lui fut consacrée en 1807. À cette occasion, on lui offrit une niche en argent et un sceptre en or, remplaçant celui de bois, ainsi que les trois pierres semi-précieuses du socle. En 1909, deux petites couronnes en or sont ajoutées par l'orfèvre Joseph Armand-Calliat de Lyon sur les têtes de la Vierge et de l'Enfant Jésus (Pop ou pdf ; Begg 1996, p. 190 ; Pallemaerts 1937, p. 85-90).

(web ou pdf)

(Collaboration de Frédéric Seiller : Gray).

(Collaboration de Frédéric Seiller : Gray).

« Son essor religieux lui vint d'une minuscule image de la Vierge, qui fut offerte en 1615 à Jeanne de Bauffremont, femme du gouverneur de Gray. Cette statuette, prise dans un morceau du célèbre chêne de Montaigu en Brabant, avait été sculptée à Saint-Claude. En 1617, elle fut remise aux Capucins de Gray, chez qui elle devint l'objet d'une grande vénération. A partir de 1620, les miracles se multiplièrent et furent confirmés par une sérieuse enquête de l'autorité diocésaine (1623-1624). On venait en foule à Gray, non seulement de tous les points du Comté, mais de pays éloignés, de Lorraine, de Champagne, de la Bresse et du Lyonnais.

Lors des épidémies de peste qui désolèrent le pays, particulièrement de 1628 à 1631 et de la terrible guerre de Dix ans, un immense mouvement de ferveur souleva la province. Les Etats et les principales villes, Besançon, Dôle, Salins, Seurre, Arbois, se vouèrent à Notre-Dame de Gray. Souvent on partait à pied sur les routes, les magistrats portaient en pèlerinage solennel des « portraicts » de leur cité, témoin ce tableau montrant la vue de Salins qu'on voit dans l'église de la ville.

A la Révolution, les Capucins chassés, la statuette fut sauvée par une famille du pays et replacée vers 1802 dans la belle église gothique de Notre-Dame, où sa dévotion retrouva son antique ferveur. Cette ferveur se manifesta lors des épidémies de choléra de 1849 à 1854, tandis que le cardinal Mathieu vint lui-même placer son diocèse sous la protection de Notre-Dame de Gray. Le 16 mai 1909, au cours de grandes fêtes, eut lieu le couronnement de la statue, qui se trouve la seule du diocèse actuel de Besançon à posséder cet honneur insigne. Elle est abritée, à demeure, dans une église des xve et xvie siècles, sobre et dépouillée, dont la partie la plus réussie est un choeur élancé et dont le clocher à bulbes, bâti à la façon bourguignonne sur la croisée du transept, a malheureusement brûlé pendant le bombardement de 1940 [Ferry 1946, p. 18-19]. »


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Jussey 1626

Anonyme, Notre-Dame de Jussey, 1626, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 7 cm, dans une niche en argent de 24 cm, Haute Saône, Église de Jussey.

Collaboration du Rev. Johann G. ROTEN ; niche en argent de 24 cm selon Pallemaerts 1937, p. 91-92.
Montréal -1641

« N. D. de Jussey possède une statuette sculptée dans le chêne de Montaigu et entourée des mêmes hommages que celle de Gray [Drochon 1890, p. 1096]. »

« celle de JUSSEY, donnée en 1626 aux Capucins de la ville dès leur fondation et honorée sous le vocable de N.-D. de Jussey [Ferry 1946, p. 36-37] »

Offerte par le père Galliot d'Apremont qui la tenait de Rose d'Achey, épouse du baron de Bauffremont gouverneur de Gray (Pallemaerts 1937, p. 91-92 ; collaboration de Frédéric Seiller : Jussey).

Iconographie — Bras droit tenant une épée ; debout sur un grand croissant ; couronne à la Vierge seulement ; Jésus avec peut-être un globe.

(Collaboration de Frédéric Seiller : Jussey).


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Lyon -1642

Anonyme, Vierge de Montaigu, -1642, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 7 cm, Ursulines Lyon.

(Pallemaerts 1937, p. 93).

Montréal -1641

Donnée en 1642 par Mgr d'Achey à l'ursuline Angèle Laure de Jésus, lors de son passage à Besançon, lorsqu'elle fuit la guerre pour aller se réfugier à Lyon où elle laisse la sculpture avant de retourner à son couvent de Vesoul. Durant la Révolution elle est transportée à Imola, en Italie, avant de revenir au bercail dans la chapelle qui lui est dédicacée. Ici photographiée dans une niche rectangulaire. Serait-ce l'ostensoir d'argent évoqué par Pallemaerts (Pallemaerts 1937, p. 93-95) ? Iconographie — Couronne, sceptre et collier rapportés ? Jésus bénissant avec main gauche illisible sur la photo.


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Mièges 1613

Anonyme, Notre-Dame de l'Ermitage, 1613, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 13 cm (collaboration du Père Laurent Bongain) ou 15 cm (Pallemaerts 1937, p. 96-99), Jura, Mièges.

Monstrance (carte postale sur ebay et verso)

(Collaboration de Frédéric Seiller : Mièges et France1).

Monstrance, cuivre et émail (Racines comtoises ou pdf)

Collaboration du
Père Laurent Bongain.

Montréal -1641

La chapelle de Mièges dans le Jura est cronstruite en 1609. En 1613, le père Carnier ou Carlier apporte une statuette sculptée dans le bois du chêne miraculeux de Montaigu. Il y devient le premier ermite d’une lignée à ce couru pèlerinage. Disparue à la Révolution. elle est retrouvée, puis finalement remise à Mièges en 1906. Cette sculpture aurait été couronnée vers 1936 (Pallemaerts 1937, p. 96-99 ; collaboration du Père Laurent Bongain). Iconographie — Bras droit levé tenant un sceptre ; série de boutons ou de grains de chapelet au bas de la robe ; Vierge et Jésus couronnés ; Jésus sans globe.

Collaboration du Père Laurent Bongain.

Notre-Dame de l'Ermitage à Mièges, gravure (Drochon 1890, p. 1110-1112).

Ermitage Notre-Dame de Mièges (Jura tourisme ou pdf).

Ce tableau conservé à Mièges illustre très bien l'emprise de l'arbre dans les dévotions de cette époque, incluant le chêne miraculeux de Montaigu et les statuettes qui en sont issues, telles qu'analysées à propos de l'emblème de Giovanni Guerra au collège des jésuites de Bruxelles.

Anonyme, LE PERE HERMYTE DE LERMYTAGE DE NOSTRE DAME PROCHE MIEGE A FECTE FAYRE CE TABLAV LAN 1627 [inscription en bas au centre], huile sur toile, 252 x 168 cm, Mièges, avec texte explicatif ci-dessus (Collaboration de Frédéric Seiller : Mièges et France1).


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Montciel 1610

Anonyme, Notre-Dame de Montciel, 1610, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 12 cm, Jura, Montciel à Lons-le-Saunier.

Montial 1859, p. 194.

Notre-Dame de Montciel en pèlerinage au Carmel de Saint-Maur ou pdf.

(Collaboration de Frédéric Seiller : France2).

Montréal -1641

« Montciel est le nom d'une montagne qui domine Lons-le-Saunier. [...] En 1610, la chapelle, déjà célèbre, acquit une nouvelle renommée, grâce à une statuette apportée de Belgique et taillée dans le chène de Montaigu. Les pèlerinages s'établirent régulièrement, et des prêtres pieux s'y succédèrent jusqu'à la Révolution, développant la confrérie des Pénitents blancs, approuvée, en 1669, par l'archevêque de Besançon. M. Guillaume, curé de Montmorot, se rendit acquéreur de la chapelle et de l'ermitage en 1792 ; quant à la statue, elle fut portée dans l'église de Saint-Désiré. Elle ne regagna le sommet de la montagne qu'après un exil de plus de quarante ans (Drochon 1890, p. 1105-1106). » « Le donateur se nommait Lespinglier, originaire de Lons-le-Saunier (Pallemaerts 1937, p. 100). » Iconographie — Montée sur une large base sculptée ; couronne de type clocher à bulbe que l'on retrouve dans cette région ; avant-bras droit manquant ; chapelet sur le vêtement ; Jésus bénissant tenant un globe, couronne manquante.

(Collaboration de Frédéric Seiller : France2).

Domaine de Montciel ou pdf.

Sur la colline de Montciel, qui domine la ville de Lons-le-Saunier, on construit au début du XVIIe siècle un ermitage et une chapelle à l’emplacement d’un oratoire plus ancien ; ils sont agrandis et modifiés au fil du temps. En 1839-1841, on y installe un orphelinat ainsi que l'ancienne chapelle transformée en logement. Après 1850, les jésuites y construisent les bâtiments d'un noviciat avant d'être expulsés en 1880. En 1905, le diocèse de Saint-Claude y construit des locaux pour le grand séminaire ainsi qu'une nouvelle chapelle en 1910-1911. Le domaine est vendu en décembre 2016 (Lons le Saunier Montciel ou pdf ; Patrimoine en Bourgogne-France-Comté ou pdf).


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Montdoré -1633

Anonyme, Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de Montaigu, statuette sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, -1633, 14 cm, Haute-Saône, Montdoré, église Saint-Martin (Google Maps).

Vierge de Montaigu, Montdoré (collaboration Claude Fournier ; photos Jean-Louis Langrognet conservateur des antiquités et objets d'art du département de la Haute-Saône).

Montréal -1641

D'après la base de données Palissy (Pop ou pdf), cette Vierge aurait été donnée par l'archiduchesse Isabelle ; information qui permettrait de la dater avant son décès, mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604. D'après un court historique non signé communiqué par la mairie de cette commune (collaboration Claude Fournier), mais ne citant aucune source, elle aurait pu être acquise par le seigneur de Montdoré, Clément Thomassin (1560-1626), et pourrait alors être antérieure à son décès. La même ambiguïté de commanditaire concerne une autre Vierge de Montaigu de 16 cm ; elle serait toujours conservée dans un chêne de la forêt de Rieppe, mais non visible, car insérée dans son tronc qui porte un panneau à cet effet, avertissant qu'il ne faut donc pas le couper. Iconographie — Couronne sculptée ; bras droit manquant ; Jésus bénissant tenant un livre.

« Les Vierges minuscules de MONDORÉ [Montdoré ‑1633], en Haute-Saône, et de Montpetot, à SAINT-PIERRE-LA-CLUSE [illustration non retrouvée], paraissent se rattacher à cette série. Simple rapprochement, dont nous ne pouvons rien conclure, tant il y eut de contrefaçons [Ferry 1946, p. 37]. »

Chêne de la forêt de la Rieppe avec une Vierge de Montaigu dans son tronc (web ou pdf).


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Nancy 17e

Anonyme, Vierge de Montaigu, 17e,
sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel,
dimensions inconnues, disparue de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Cette sculpture disparue aurait été donnée par l'archiduchesse Isabelle.

« la plus belle de toutes les chapelles de cette église (des Jésuites) est celle qui à été bâtie par feue Antoinette de Lorraine, duchesse de Berg [1543-1608 Wikipédia], où il y a une image du bois de chêne où l'image de Notre-Dame fut trouvée par un berger de Montaigu, en Brabant » [Pallemaerts 1937, p. 125-126, se référant à Guillaume, abbé, Histoire du culte de la T.S. Vierge en Lorraine, Nancy, 1859, 2e partie, tome 2, p. 240-246, se référant à la copie d'un manuscrit sur l'histoire de Nancy,]

En 1608, une autre statuette aurait été signalée dans une chapelle non loin du sanctuaire de Notre-Dame de Bon Secours (Pallemaerts 1937, p. 125-126, se référant à BNF, manuscrit français n° 11761, web ou pdf).

Une gravure anonyme, avec deux croix de Lorraine, représente une ancienne chapelle à Nancy dédiée à Notre-Dame de Montaigu (Drochon 1890, p. 1177-1178). Elle est forcément postérieure à la guérison de Jean Clement, le 4 juillet 1604, qui y est représenté.

Cette représentation partage les caractéristiques d'autres gravures de Montaigu datant du tout début du XVIIe siècle : même Vierge, mais inversée de gauche à droite, sur un arbre au centre d'un soleil rayonnant, accompagnée des armoiries de la ville de Sichem.

Adriaen Collaert (1560-1618), Notre-Dame de Montaigu, vers 1604-1618, burin, N.H.638. BnF, Estampes, Rd-36 (d)-fol (Leutrat 2016, web ou pdf).

G.L., Notre-Dame de Montaigu, vers 1604, gravure, ONZE L. VROUW TEN SCHEPEN-HEUVEL BIJ SICHEN, MONS DEI / MONS PINGUIS PS. 67, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, Cabinet des estampes (BALaT 11048603 ou pdf)..

L'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy est démolie et reconstruite au XVIIIe siècle. Les statuettes disparues de la Vierge de Montaigu ont été confondues avec la sculpture originale de Mansuy Gauvin ou Gauvain, sculptée vers 1505, disparue à la Révolution, puis reconstituée au XIXe siècle en grand format à partir de gravures.

Cette Vierge, dont il existe plusieurs reproductions (Pop ou pdf), protège de son manteau plusieurs petits personnages. C'est donc une Vierge de miséricorde, partageant les dévotions faites à celle du Bon-Secours.

(Pop ou pdf ; Drochon 1890, p. 1161-1166 et 1177-1178 ; Begg 1996, p. 206, qui la considérait comme une Vierge noire.)

Anonyme Vierge de miséricorde, XIXe siècle, pierre polychrome, hauteur approximative 150 cm, église Bonsecours, Nancy (Meurthe-et-Moselle).

(Google Maps Olivier Dobrynine juin 2022).

(Wikipedia Cédric Amey).


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Ornans 1608

Anonyme, Notre-Dame des Malades, vers 1608, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 7 cm, Doubs, Ornans, Notre-Dame des Malades puis Église de Saint-Laurent.

1. Notre-Dame des Malades (Collaboration du Rev. Johann G. ROTEN ; Pallemaerts 1937, p. 102, qui lui donne 7 cm). 2. Notre-Dame des Malades, recto, avec couronnes rapportées (PBFC ou pdf). 3. (Collaboration de Frédéric Seiller : Ornans, qui donne une hauteur de 7 cm, et France1). 4. Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys.
L'oratoire d'origine, réservé aux lépreux, est transformé en hôpital au XVIe siècle (Drochon 1890, p. 1081-1083, d'après Suchet 1865). Une statue, sculptée dans le chêne de Montaigu, y est apportée au sanctuaire de Notre-Dame des Malades en 1606 (PBFC ou pdf), 1608 (date que nous retenons pour la qualité des sources de Suchet 1865, p. 9-16, et Pallemaerts 1937, p. 102) ou 1613 (Begg 1996, p. 208). Christophe de Rye lui offre une châsse d'argent en 1619. Volée puis retrouvée en 1619. Cachée au château de Scey, puis à Châteauvieux en 1636, rapportée en 1642. Réfugiée à Besançon en février 1668. À la Révolution, le sanctuaire est détruit, la châsse d'argent volée, mais la statue est sauvée par le sculpteur Pierre Baumont, puis déposée à l'église Saint-Laurent d'Ornans dans une châsse en bois sculpté, remplacée par la monstrance en argent de l'orfèvre Émile Froment-Meurice offerte en 1861 par Charles et Elise Guyot de Vercia. Une photographie montre la polychormie d'origine (Pallemaerts 1937, p. 102), drastiquement décapée par la suite (PBFC ou pdf), ayant entraîné la perte de galbes et de modelés, mais les postures et vêtements y sont reconnaissables sur cette oeuvre très abîmée ; la photo couleur de Seiller montre des traces de dorures et des préparations sous-jacentes ocre (Jésus) et blanche (vêtement). Iconographie — Couronnes amovibles rapportées ; sceptre rapporté ; Jésus semble tenir un globe.

1. Emile Froment-Meurice, Monstrance dit reliquaire de Notre-Dame des Malades, orfèvrerie, 72 x 20 cm, Inscription « En mémoire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception 1854. A Marie 1er mai 1861 / Charles et Elise Guyot de Vercia », Ornans église Saint-Laurent (Pop ou pdf). 2. (Collaboration de Frédéric Seiller : Ornans qui donne une hauteur de 70 cm). 3. Notre-Dame des Malades, verso (PBFC ou pdf).


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Paris -1620

Anonyme, Vierge de Montaigu, avant 1620, sculpture dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 5 pouces soit 13,5 cm (Wikipedia), illustrée dans une monstrance sur une gravure non datée signée « Huret f » en bas à gauche, disparue de l'église Notre-Dame des Victoires à Paris.

(Pallemaerts 1937, p. 129).

Montréal -1641

Apportée à Paris en 1620 par le père augustin flamand Ange de Sainte Claire de Montfalco, confesseur de la l'archiduchesse Isabelle qui la lui avait donnée, puis placée dans l'église Notre-Dame des Victoires vers 1628. Disparue à la Révolution et non retrouvée. La gravure de Grégoire Huret, probablement réalisée lors de son séjour parisien de 1635 à 1650, en présente une image différente d'une description faite en 1717 dont voici quelques extraits. Iconographie — Couronnes et sceptre, serpent, Jésus bénissant avec livre.

Transcription tirée du manuscrit n° 11761 datant de 1717 conservé à la Bibliothèque nationale de Paris (web ou pdf).

(Pallemaerts 1937, p. 127-132.)

Cette image est en bois de chêne, sculptée en petit relief, visage de carnation et la draperie peinte en brun. Elle a presque cinq pouces de haut, posée sur un piedestal du même morceau, sur lequel sont marqués ces mots en abrégé : Sta Ma Mont-ac (Sancta Maria, Montis acuti). Cette figure représente la Ste Vierge foulant aux pieds un serpent, ayant le petit Jésus sur un de ces [ses] bras tenant un livre, chacun une petite couronne en tête, d'émail garnie de petites pierres fines et chacun un collir [collier] et un bracelet de semence de perles.

Cette Image est placée dans une niche de vermeil d'or fleuronnée de sept pouces de haut sur deux de large, fermée d'une glace, entourée d'un cordon émaillée, garnie de petites pierres fines. Autour de la niche sont des rayons d'un pouce de long, émaillés et garnis de pierres fines. Sur le haut de la niche une fleur de lis, surmontée d'une croix de même émaillée et garnie de pierreries. Au pied de la niche est une petite ouverture en rond d'un pouce avec sa glace entourée d'un petit cordon émaillée et garnie de pierreries, sur une plaque de vermeil avec des ornements. Il y a dans cette ouverture une petite relique qui est un petit ossement.

Le tout placé dans une plus grande niche de bois d'ébène, faite en manière de retable d'autel, d'un pied de haut sur huit pouces de large, au-dessus de laquelle une petite pièce d'ébène carrée de deux pouces, surmontée d'un petit fronton. Sur les deux coins sont deux petits vases flamboyant, au milieu du fronton un St. Esprit en colombe éployée. Ce fronton est terminé par une croix fleurdelisée de vermeil haute de trois pouces. Au milieu de laquelle il y a un petit ossement de St. Vital martyr, enfant de 12 ans. Au-dessus de la niche aux deux côtés du petit carré sont deux consoles chargées chacune d'un petit ange ailé de vermeil doré de deux pouces.

Cette niche est revêtue de plaques de vermeil doré sur les devants, ornées de deux vases à fleurs. Au-dessus deux anges tenant chacun d'une main un coeur enflammé et de l'autre une palme. Aux deux côtés extérieurs de la niche sont posés deux anges ailés de vermeil de cinq pouces de haut, tenant d'une main un coeur enflammé et de l'autre une palme de vermeil. Au bas de la niche une plaque en bande aussi de vermeil, ornée de fleurs, au milieu de laquelle sont placées les armoiries de Madame la duchesse douarière de la Rocheguyon (bienfaitrice qui fit orner et enrichir les deux niches).

Toutes ces parties jointes ensemble font un tout riche et un ouvrage fort mignon et bien travaillé.


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Pin 1628

Anonyme, Notre-Dame de Bellefontaine, 1628, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, « hauteur de six doigts [Gaulard 2007 citant Chiffet dans l'extrait ci-dessous] » soit 11,1 cm (Wikipedia), ou 11 cm (Pallemaerts 1937, p. 105), ou « environ cinq pouces de haut [Suchet 1866.07.31, p. 10, collaboration de Jean-Emmanuel Tyvaert, 3 juin 2024] » soit 13,5 cm (Wikipedia), Doubs, Pin, église Saint-Martin.

Ancien prieuré de Bellefontaine près d'Émagny, résidence privée depuis 1795 (Wikipedia ou pdf ; Google Maps).

En 1628, Philippe Chifflet (1597-1623) devient le nouveau prieur de Notre-Dame de Belle-Fontaine, près d'Émagny dans le Doubs, fondée au début du XIIe siècle, tel qu'évoqué dans ses écrits.

« Il y auoit deſia quelque temps que le treſ docte Profeffeur Monfieur HENRY DV PVICT [Henri Dupuy, 1574-1646, Eric de Put ou Putte latinisé en Erycius Puteanus, auteur de la citation au bas de la gravure], Confeillier & Hiſtoriographe de ſa Ma, & ſon Chaſtelain en la Ville de Louuain, mon ſingulier amy, m'auoit faict preſent d'vne Image de NOSTRE DAME du Cheſne miraculeux de Montaigu, tailleé de la main d'vn bon ouurier; & laquelle il auoit eiie du Paſteur mefme de Montaigu, auiourd'huy Preuoſt des Peres de l'Oratoire de IESUS, qui la luy auoit donnée en recognoiſſance des Miracles de la VIERGE, leſquels ils auoit eſcrit par le commandement de S. A. en fuite de ceux de IVSTE LIPSE. Ie m'aduiſay d'emporter quant & moy ce ioyaux pretieux, & de le dedier à mon Eglife, pour y faire refleurir l'ancienne deuotion [Chifflet 1631, p 30-31]. »

« Philippe a laissé une description de l’image qu’il déposa dans un reliquaire, description dressée lors de la visite de l’église de Bellefontaine le 15 octobre 1629 par un représentant de l’archevêché : "L’Image de la glorieuse Mère de Dieu taillée du chesne miraculeux de Montaigu, de la hauteur de six doigts, ayant une Corone du mesme bois, & un sceptre a la gauche, lad (i) te Image reposant sur une petite base tornée, et estant enchâssée de son long dans un verre de Venise, au milieu d’un tabernacle de bois noyer noircy en façon d’ebesne, ayant quatre colonne, et un dome soustenu de petits piliers tornez, avec une croix au dessus d’iceluy (11 Archives départementales de Haute-Saône, G 1118, visite de l’église en 1629.)" [Gaulard 2007] ».

D'abord déposée dans l’église de Pin, on transporte la statuette en grandes pompes à Bellefontaine le 19 août 1629. Pendant la Guerre de Dix ans elle trouve temporairement refuge dans l’église des carmélites. Le prieuré est vendu à la Révolution, mais sa chapelle reste ouverte jusqu'en 1863. La Vierge est alors confiée aux capucins de Besançon puis transférée à l'église de Pin en 1925 (Wikipédia ou pdf ; Drochon 1890, p. 1088-1089).

Iconographie — Tient un sceptre de sa main droite ; Vierge couronnée ; Jésus bénissant avec globe.

« 1630 | NOSTRE DAME DE BELLE=FONTAINE | DV CHESNE MIRACVLEVX DE MONTAIGV. ! Fons Signatus ora pro nobis. | E COLLE IN FONTEM pia QVERCVM VIRGO recepit THAVMATA VIS? QVERCVS FONTE rigata feret. | E. Puteanus. » (Chifflet 1631, frontispicce). Traduction libre : Source bien gardée, priez pour nous. De la colline à la pieuse fontaine, la Vierge elle-même n'a-t-elle pas reçu le merveilleux ? Chaque fontaine portera cette eau.

Détail de la gravure.

Musy 1934, p. 32.

Pallemaerts 1937, p. 106.

Montréal -1641

Collaboration de Jean-Emmanuel Tyvaert, 3 juin 2024.

Musy 1934 (p. 32) en reproduit une photographie dans un reliquaire plus rudimentaire que celui de la gravure et détaille l'historique de ses tribulations. Elle paraît assez semblable à celle de N.D. de Gray à 29,6 km de Pin. Elle est placée dans une niche vitrée au dessus de l'autel de la Vierge. Les statuettes débitées dans le chêne de Montaigu (nombreuses en Franche-Comté, province liée par l'histoire aux Pays-Bas), « sont de petite taille, entre 7 et 30 centimètres [Ferry 1946, p. 37] ».

(Collaboration de Frédéric Seiller : Pin ; voir aussi Pallemaerts 1937, p. 106).

Nef et choeur de l'église paroissiale Saint-Martin à Pin (web ou jpg).


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Pouilley-les-Vignes -1669

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, -1676, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 25 ou 30 cm, Pouilley-les-Vignes Doubs.

(Ferry 1946, p. 36-37.

(Pallemaerts 1937, p. 108).

Statuette volée (carte postale ancienne, collaboration de Frédéric Seiller : France2).

Montréal -1641

« [La Vierge de Montaigu] des Annonciades [à Besançon], héritée de l'érudit Jules Chifflet, est aujourd'hui gardée à POUILLEY-LES-VIGNES, c'est l'une des plus grandes et des plus belles [Ferry 1946, p. 37]. » Elle provient d'un morceau du chêne de Montaigu de l'archiduchesse Isabelle (Pallemaerts 1937, p. 107). Jules Chifflet (1615-1676) fut « jurisconsulte et historien comtois, 19e chancelier de l'ordre de la Toison d'or en 1648, abbé de Balerne à la suite de son oncle Philippe Chifflet en 1657, conseiller clerc au Parlement de Franche-Comté en 1658, actif défenseur de Dole lors de son siège de 1668, décédé en cette même ville le 8 juillet 1676 [Wikipédia]. » Iconographie — Fine base de couronne sculptée sur laquelle s'ajuste deux couronnes rapportées différentes, sceptre, armure ; Jésus au globe et au livre.
« Cette image de Notre-Dame de Montaigu est passée dans de nombreuses mains et tout son parcours est bien connu. C'est d'abord un morceau du chêne miraculeux qui fut remis par un chevalier espagnol, don Juan de Lilua, au prieur de Bellefontaine, Claude Chifflet, dont nous avons parlé à propos de la Vierge de Pin-l'Emagny. Claude le donna à son neveu Jules, abbé de Balerne, à Salins, qui fit sculpter la statue à Besançon. En 1669, il en fit don au trésorier des salines, Privey, et à son épouse. Cette dernière, à la fin de ses jours, la cèda aux soeurs Annonciades de Besançon en 1723. A la Révolution, les religieuses emportèrent la statue. Au décès de soeur Marie-Thérèse Guillemenez, la dernière d'entre elles, la statue fut remise à l'abbé Denizot, curé de Chaucenne. À sa mort, sa nièce Claire Racine en fit don à la paroisse de Pouilley-lès-Vignes, d'où était originaire la dernière Annonciade. Elle y fut accueillie de 8 août 1869 [collaboration de Frédéric Seiller : France2]. »


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Roche-lez-Beaupré 17e

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, 17e siècle, bois, dimensions inconnues, Roche-lez-Beaupré.

(Collaboration de Frédéric Seiller : Roche-lez-Beaupré).

« Wichmans, dans son ouvrage Brabantia Mariana, page 614, signale une statutette de N.-D. de Montaigu, vénérée au prieuré cistercien de Beaupré-sur-la-Scarpe [« Belle-Prati Ord. Cesterc. ad Scarpam fluv. » Wichmans 1632, p. 614]. Après la Révolution, ce fut la paroisse où se trouverait ce prieuré, c'est-à-dire, Roche-les-Beaupré, qui en fit l'acquisition [Pallemaerts 1937, p. 110]. »

Frédéric Seiller (Roche-lez-Beaupré) doute que cette statuette provienne de l'improbable « prieuré cistercien de Beaupré-sur-la-Scarpe », un affluent de l'Escaut qui arrose Douai et Arras. Cette autre interprétation est plus probable : « celle de ROCHE-LES-BEAUPRÉ, jadis conservée dans le prieuré cistercien de Beaupré et vénérée comme la protectrice des missionnaires [Ferry 1946, p. 37]. » Cette localité est non seulement géographiquement proche, mais les augustins y étaient actifs, une communauté liée à la source des dévotions à Montaigu. La couleur pâle de cette statuette jette un doute sur son authenticité. Les archiducs Albert et Isabelle avaient mis fin, en 1614, aux contrefaçons diffusées par un certain Johan Petit dans d'autres bois que celui du chêne miraculeux (collaboration de Frédéric Seiller : Roche-lez-Beaupré). La Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys est également en bois pâle, ainsi que d'autres. Iconographie — Sceptre ; mains de Jésus peu visibles.


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Ronchamp 1604

Anonyme, Vierge de Montaigu des clarisses de Besançon, 1604, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 16 cm, Notre-Dame des clarisses à Ronchamp (Haute-Saône).

(Pallemaerts 1937, p. 81)

Photo Frédéric Seiller.

Photo Frédéric Seiller.

Montréal -1641

« Celle des Clarisses de BESANÇON, toujours vénérée dans leur chapelle, attirait jadis des foules considérables [Ferry 1946, p. 37]. » Soeur Claudine de Moutier avait un neveu en Flandre. Celui-ci se trouvait à Montaigu en 1604 lorsqu'on abattit le chêne miraculeux. Il s'en procura un morceau et en fit sculpter une image de la Vierge qu'il envoya à sa tante, au couvent des clarisses de Besançon, laquelle la fit placer dans une châsse ornée, dans le choeur des religieuses. Cette communauté a quitté Besançon pour s'installer à Ronchamp en 2009, y apportant leurs biens dont cette statuette (collaboration de Frédéric Seiller : Ronchamp et  France1). Iconographie — Couronnes rapportées, sceptre, polychromie, dorure, Jésus bénissant tenant un globe.


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Salins-les-Bains -1611

Anonyme, Notre-Dame du Rosaire, -1611, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, traces de dorure et de polychromie, dimensions inconnues, collégiale Saint Anatoile, Salins-les-Bains (Jura).

1.  (Pop ou pdf).

2-3. (Collaboration de Frédéric Seiller : France1 et France2).

4. Montréal -1641

Cette statuette aurait été sculptée dans le bois du chêne de Montaigu (Pallemaerts 1937, p. 111). Elle fut transmise par Paul Boudot, chanoine de la cathédrale d'Arras et ancien curé de Salins, à Scholastic Blondel qui l'offrit, en 1611, à la confrérie du Rosaire de l'église collégiale Saint Anatoile (Ferry 1946, p. 37). Cette localité est également mentionnée en lien avec les statuettes de Besançon, Chapelle-d'Huin et Gray. Le reliquaire en forme de temple est l'oeuvre de l'orfèvre Jean-François Thiébaud, fin 18e ou début 19e. Iconographie — Couronne rapportée, collier au médaillon avec une croix, bras manquant, Jésus bénissant portant un globe.


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Sirod -1639

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, -1639, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, sceptre en métal, environ 14,5 cm, église Saint-Etienne, Sirod (Jura).

(Collaboration de Frédéric Seiller : Sirod et  France1.)
Montréal -1641

C'est le 23 octobre 1639 que Thomas-Eugène de Watteville, seigneur de Château-Vilain, fait donation à l'oratoire de la petite chapelle Notre-Dame du Pont, près de Sirod, de cette statuette de Notre-Dame de Montaigu. La monstrance d'orfèvrerie, probablement du 18e siècle et d'une hauteur de 60 cm, a été fabriquée à Salins (Voir aussi : Pop ou pdf ; Ferry 1946, p. 37). Iconographie — Couronne peut-être rapportée, sceptre rapporté, Jésus bénissant tenant un globe.


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Tournon 1628

Anonyme, Notre-Dame de Bon-Secours, 1628, sculptée dans un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, 17,5 cm, Ardèche, Tournon, Église Saint-Julien.

Merci à l'exceptionnelle et généreuse collaboration de Frédéric Seiller : ses photographies dans plusieurs églises et les fruits de ses recherches ont considérablement enrichi les notices sur les statuettes des Vierges de Montaigu.

« Je pense pouvoir vous aider et vous envoyer des documents qui vous intéresseront, sur la statuette tournonaise, mais aussi sur d'autres représentations de Notre-Dame de Montaigu. Nommé curé de Tournon en 2016, j'ai découvert cette dévotion que j'ignorais et qui, d'ailleurs, s'éteignait peu à peu dans la paroisse. J'ai commencé à m'y intéresser et j'ai fait quelques recherches. Je me souviens très bien avoir consulté votre site à cette époque où j'ai trouvé des renseignements sur les autres statuettes existant en France. La pandémie de covid en 2020 a été l'occasion de réveiller la confiance des paroissiens envers celle qui avait sauvé leurs ancêtres de la peste en 1628 et en 1710.

J'ai ainsi consacré mes vacances de l'été 2020 à rechercher les statuettes de ND de Montaigu en Franche-Comté, ainsi que l'année suivante où j'ai poussé jusqu'en Belgique pour aller à la source, Montaigu-Scherpenheuvel. En 2023, j'ai pu y emmener une soixantaine de paroissiens en pèlerinage. Pendant le deuxième confinement, fin 2020 et début 2021, j''envoyais par mail aux paroissiens des petits articles sur le fruit de mes recherches de l'été. Je vous enverrai volontiers ces articles, très heureux que quelqu'un, de l'autre côté de l'Atlantique, s'intéresse à Notre-Dame de Montaigu [collaboration de Frédéric Seiller, 22 janvier 2025]. »

Frédéric Seiller à la basilique de Montaigu-Scherpenheuvel.

Célébration de la messe à l'autel de
Notre-Dame de Montaigu à Tournon.

Guy François, Présentation de Jésus au temple, 1645,
tableau ornant l'autel de Notre-Dame de Montaigu à Tournon.

Statuette de Notre-Dame de Montaigu devant l'nscription au bas du tableau ornant son autel à Tournon.

Statuette de Notre-Dame de Montaigu sur son autel à Tournon.
Montréal -1641

Iconographie — Couronne rapportée, main droite sur la poitrine de Jésus bénissant et tenant un globe.

« En 1628, le Père Albert, Capucin, avait apporté de Belgique une statuette taillée dans le chêne miraculeux de Montaigu. [...] le peuple appela sa protectrice N. D. de Bon-Secours [...] Sauvée pendant la Terreur, la statuette miraculeuse est encore aujourd'hui honorée dans l'église de Saint-Julien [Drochon 1890, p. 952] »

Le père Ange de Sainte Claire de Montfalco, de l'ordre des Augustins du couvent de Bruxelles et confesseur d'Isabelle d'Autriche, s'installe à Paris en 1620. Il y amène une statuette du chêne de Montaigu qui y est vénérée dès 1628 dans la chapelle des Augustins Déchaussés. Également en 1628, le père capucin Albert de Fontgerolles apporte à Tournon, en pleine épidémie de peste, une statuette de Notre Dame de Montaigu provenant de ce couvent de Paris. Elle prend place dans une chapelle latérale de l'église de l'ancien couvent des Capucins, déménagée en 1792 à l'église paroissiale Saint-Julien, en même temps qu'une autre statuette offerte par les jésuites de Belgique en 1644, disparue depuis les années 1930 (collaboration de Frédéric Seiller : Tournon ; Pallemaerts 1937, p. 113).

Statuette des jésuites, 1644, 17,5 cm, disparue de Tournon (collaboration de Frédéric Seiller ; Pallemaerts 1937, p. 112). Iconographie —Main droite prête à recevoir un sceptre manquant ; Jésus avec sa main gauche sur la poitrine de sa mère.


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Valréas 1630

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, vers 1630 , bois taillé, doré, peint, polychrome, France, Vaucluse, Valréas, Eglise Notre-Dame-de-Nazareth (ancienne fiche technique de la base Palissy, qui n'est plus accessible).
Anonyme, Vierge à l'Enfant, 19e siècle, bois peint doré, 42 x 18 x 11 cm, inscription au fer rouge sous le socle LOYF ON VILLE, avant-nef mur nord (Pop 1 ou pdf ; Pop 2 ou pdf).

Vierge, Valréas Vaucluse, Eglise Notre-Dame-de-Nazareth
(Johan Essing juill. 2010).

Vierge, Valréas Vaucluse, Eglise Notre-Dame-de-Nazareth (Pop Mémoire ou pdf, RMN-GP ou pdf).

Montréal -1641

L'ancienne fiche technique de la base Palissy, qui n'est plus accessible, était accompagnée d'un historique et de cette description qui correspond aux images ci-dessus. « La main droite de l'Enfant, dont l'index et le majeur sont tendus, est soutenue par celle de la Vierge. Statue posée sur un socle sculpté en bas-relief d'une tête d'ange ; très nombreuses coutures ; décor d'étoiles et de fleurs de lys gravé en faible relief et doré sur le manteau de la Vierge. Bois très vermoulu ; dorure et polychromie presque disparues ; une partie du socle a été remplacée. Inscriptions : date et lettres peintes en brun avec des rehauts blancs sur la face du socle "1630 (ou 1680 ?)" ; au-dessus de la tête d'ange date "16. 2 [?]" ; au-dessous lettres N, M et P séparées par des losanges sur la base de ce socle. » En outre, l'enfant Jésus devait devait tenir un sceptre de sa main gauche. Iconographie — Bras droit tenant celui de Jésus bénissant. Les nouvelles fiches sur l'interface Pop accompagnant l'image ci-dessus donnent des renseignements différents, dates, dimensions, inscriptions. Étant donnée sa grande taille et sa couleur pâle, cette sculpture n'a peut-être pas été taillée dans le bois du chêne de Montaigu-Scherpenheuvel ! La chapelle des capucins de Valréas a été consacrée en 1616. À l'issue de l'épidémie de peste de 1629, ils proposent l'année suivante la protection de Notre-Dame de Montaigu, qui connaît un regain de dévotion après un voeu prononcé en 1730. Elle est installée dans l'église paroissiale en 1792. L'ancienne sculpture du XVIIe a donc reçu un nouveau socle au XIXe.
Voir aussi la section contrefaçons.

(Collaboration de Frédéric Seiller)

 

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Iconographie : tableau des attributs et composantes des statuettes.

L'objectif de cette recherche sur la diffusion des statuettes de Notre-Dame de Montaigu était de trouver un échantillon pertinent afin d'y comparer les caractéristiques de celle de Montréal -1641.

L'objectif est atteint avec ce tableau compilant les différentes caractéristiques de 55 d'entre elles. La base de données excel permet de multiples combinaisons, statistiques et interprétations afin d'en tirer diverses conclusions bien documentées. On peut également consulter ce document sous forme de fichier pdf statique classé par ordre alphabétique des lieux et villes.

Les informations qui en sont issues ont déjà donné un tableau de leur DATATION et LOCALISATION, ainsi que plusieurs analyses détaillées ci-dessous. Mais, l'étude des oeuvres sur place pourrait modifier ces données basées uniquement sur les informations et illustrations disponibles !

Malheureusement, une trop grande quantité d'illustrations demeurent encore inaccessibles : Pallemaerts illustre seulement 32 des 53 statuettes authentiques conservées qu'il documente (60%) ; aucune n'a été retrouvée pour les sites emblématiques du Prieuré Notre-Dame-de Montaigu ou des abbayes d'Orval et de Villers en Belgique, Charlemont, Chelles, Draguignan et Nancy en France.

Notre échantillon se base avant tout sur les images des statuettes authentiques retrouvées. Ce n'est donc pas un inventaire de toutes les statuettes documentées !

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Statuette ou figurine.

Voici la définition d'une statuette donnée par l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France dans l'ouvrage La sculpture, Méthode et vocabulaire : une sculpture représentant le corps humain à moins de la moitié de sa hauteur moyenne, soit de 25 à 80 cm. Inférieure à 25 cm on la nomme figurine (Baudry 1978, p. 514).

Le chêne miraculeux de Montaigu étant un matériau fort rare, la grande majorité des 55 exemplaires de notre échantillon sont plus petites que 30 cm. La moyenne générale de cet ensemble se situe donc à 19,3 cm, soit légèrement au-dessus de la Montréal -1641. Ces statistiques viennent donc préciser cette ancienne assertion : elles « sont de petite taille, entre 7 et 30 centimètres [Ferry 1946, p. 37] ».

Plusieurs des statuettes qui dépassent 30 cm proviennent de l'archiduchesse Isabelle ou de riches communautés religieuses pouvant se payer ce grand luxe. Par contre, celles de Turnhout et de Valréas, qui portent cette appellation, ne sont probablement pas en bois du chêne miraculeux ; elles ne faisaient d'ailleurs par partie de l'inventaire de Pallemaerts (Pallemaerts 1937).

Dimensions des 55 statuettes ou figurines étudiées (moyenne 19,3 cm)
<10 cm =9 =16% <20 cm =24 =44% <30 cm =5 =9% 30 cm et + =8 =15% Inconnue =9 =16%

5 B Averbode -1650
6 B Mons 17e
6 F Arbois 1606-1610
7 F Jussey 1626
7 F Lyon -1642
7 F Ornans 1608
8,3 B Courtrai 1612
8,8 B Audenarde 17e
9,3 F Chapelle-d'Huin -1609

10 B Malines 1640
10 F Bargemon 1635
10 F Faverney 17e
11 An Newton Abbot 17e
11 F Gray 1613
11 F Pin 1628
12 B Averbode 1614
12 B Iseghem -1641
12 B Menin 1607
12 B Menin -1633
12 F Montciel 1610
13 F Besançon 1617
13 F Mièges 1613
13,5 F Paris -1620
14 F Montdoré -1633
14,5 F Sirod -1639
14,9 PB Velp Bij Grave 1610
15 B Malines 1642
16 F Ronchamp 1604
16,2 Q Montréal -1641
17 Al Cologne 1654
17,5 F Tournon 1628
17,5 F Tournon 1644
18 B Loenhout 17e
20 B Lierre 1604
20 B Malines 17e
21 B Meersel 17e
25 B Malines 1623
27,5 F Pouilley-les-Vignes -1669
30 B Montaigu -1642
33 An Lanherne 1619-1625
40 B Enghien -1631
40 B Turnhout 1550-1559
42 F Valréas 1630
50 Al Cologne 1633
74 B Anvers 1606
80 B Villers 1608
Inc B Berlaymont 1604
Inc B Bruxelles 1608
Inc B Bruxelles 1655
Inc F Charlemont -1647
Inc F Chelles 1620
Inc F Draguignan 1632
Inc F Nancy 17e
Inc F Roche-lez-Beaupré 17e
Inc F Salins-les-Bains -1611
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.

Bruxelles 1608

Bruxelles 1655

Averbode -1650

Malines 1640

Malines 1642

Mons 17e

Deux des oeuvres étudiées ne sont pas des statuettes, mais leur représentation : Bruxelles 1608 en broderie ; Bruxelles 1655 en dessin. Quatre des statuettes ne semblent pas être en ronde-bosse mais en relief : Averbode, Malines 1640, Malines 1642 et Mons.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Aménagement, installation, présentation.

D'autres visages de cette dévotion à la Vierge de Montaigu prennent forme lorsqu'on examine la grande variété des aménagements, installations et présentations des statuettes ou figurines afin de les mettre en valeur. Tout d'abord, un investissement substantiel dans de luxueux meubles d'oratoires privés formant souvent triptyques. Puis, quelques installations particulières hors normes, ou bien une sobre présentation dans de simples niches, plus refermée dans des châsses ou plus somptuaire dans des ostensoirs et monstrances. Finalement, dans les illustrations recueillies, plusieurs d'entre elles se contentent d'un simple socle ou d'aucun aménagement.

Oratoire =6 =11% Particulier =6 =11% Niche =6 =11% Châsse =4 =7% Ostensoir =6 =11%
B Averbode 1614
B Averbode -1650
B Berlaymont 1604
B Bruxelles 1608
B Courtrai 1612
B Mons 17e
Al Cologne 1633
An Newton Abbot 17e
B Bruxelles 1655
B Lierre 1604
B Malines 1642
PB Velp Bij Grave 1610
B Audenarde 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
B Turnhout 1550-1559
F Valréas 1630
Q Montréal -1641
F Jussey 1626
F Lyon -1642
F Pin 1628
F Salins-les-Bains -1611
Al Cologne 1654
B Malines 1623
B Malines 1640
F Chapelle-d'Huin -1609
F Faverney 17e
F Sirod -1639
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.
Monstrance =6 =11% Châsse Monstrance =1 =2% Socle =14 =25% Aucun =1 =2% Image non disponible =5 =9%
F Arbois 1606-1610
F Bargemon 1635
F Mièges 1613
F Ornans 1608
F Paris -1620
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Gray 1613 An Lanherne 1619-1625
B Anvers 1606
B Iseghem -1641
B Loenhout 17e
B Malines 17e
B Meersel 17e
B Montaigu -1642
F Besançon 1617
F Montciel 1610
F Montdoré -1633
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Ronchamp 1604
F Tournon 1628
F Tournon 1644
B Enghien -1631 B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e


AménagementOratoireParticulierNicheChâsseOstensoirMonstranceChâsse MonstranceSocleAucun |

Oratoire privé et triptyque.

Berlaymont 1604

Le culte de Montaigu étant né dans ce pays, la Belgique a consacré à cette dévotion de riches et complexes aménagements pour mettre en valeur ces statuettes dans de petits meubles. Le grand luxe de la Vierge de Berlaymont, une des premières et plus grandes issues du chêne miraculeux, était bien protégé dans un ancien coffret faisant office d'oratoire privé, remplacé par un retable miniature encore encore plus richement orné.

Bruxelles 1608

Courtrai 1612

Quelques petits meubes servent d'oratoires et d'écrins avec leurs portes faisant triptyques lorsqu'elles s'ouvrent sur leurs précieux trésors. Seul celui de Bruxelles présente une tapisserie. La savante statuette de Courtrai s'entoure de peintures et d'or.

Averbode 1614

Averbode -1650

Mons 17e

D'autres figurines de Montaigu trouvent place dans de luxueux oratoires privés,
richement ornés, à Averbode, en 1614 et avant ­1650, puis à Mons.


AménagementOratoireParticulierNicheChâsseOstensoirMonstranceChâsse MonstranceSocleAucun |

Aménagement particulier.

Lierre 1604

Velp Bij Grave 1610

Cologne 1633

Malines 1642

Bruxelles 1655

Newton Abbot 17e

La photographie de Lierre montre une partie d'un aménagement particulier qu'il n'est pas possible de décrire plus précisément. Le support, le soleil, les étoiles et les couronnes sont en argent à Velp, au-dessus d'un autel dédié. À Cologne, la statuette de 1633 surmonte le rare et inusité motif d'une nef associée à cette dévotion. À Malines la figurine de 1642 s'intègre à un haut-relief en pierre dépassant de plusieurs fois ses toutes petites dimensions. Le dessin d'emblème de Bruxelles 1655 présente une Vierge juchée sur son arbre au-dessus d'une table portant deux vases de plantes et un fanal, le tout dans un paysage valonné de prairie et d'arbres. Newton Abbot se différencie avec son complexe décor en broderie inspiré des gravures de Montaigu.


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Niche.

Turnhout 1550-1559

Menin 1607

Menin -1633

Audenarde 17e

Valréas 1630

La Belgique rend également hommage à ses Vierges de Montaigu par des présentoirs dévotionnels variés. Les ors de celle de Turnhout sont bien mis en valeur dans une niche appropriée. À Menin, celle de 1607 est présentée dans une rudimentaire petite pièce de mobilier servant d'abri, tandis que celle d'avant -1633 s'adosse au décor d'un arbre dans le cadre d'une niche plus ouvragée. Celle d'Audenarde s'entoure d'un complexe décor de reliques imitant la mosaïque. En France on n'en trouve qu'une seule à Valréas.

La simplicité de ces installations permet de les rapprocher de celle de Montréal, présentée dans un petit meuble en bois ouvragé, en forme de niche formant écrin, que le baron de Fouencamps aurait spéficiquement fait faire pour l'offrir à Marguerite Bourgeoys en même temps que la statuette. L'anneau à son dos permettait de la suspendre à un mur.

Montréal -1641


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Châsse.

Gray 1613

Gray 1613

Pin 1628

La petite taille de ces statuettes ou figurines ponctue leurs historiques de déménagements et déprédations au fil des guerres, mais encore plus durant la Révolution française, grande destructrice d'art sacré jusqu'en Belgique. On a donc eu recours à des châsses, parfois ouvertes, mais plus souvent vitrées, tant pour les mettre en valeur que les protéger. Des gravures anciennes font connaître le magnifique baldaquin en argent disparu de Gray, qui a été remplacé au XIXe siècle par une monstrance au goût du jour. Philippe Chifflet, pour sa statuette de Bellefontaine conservée à Pin, avait fait graver un délicat et raffiné petit meuble portant ombrage à l'actuel illustré ci-dessous.

Pin 1628

Pin 1628

Jussey 1626

Lyon -1642

Salins‑les‑Bains -1611

Autrefois dans un précieux baldaquin en bois tourné, la statuette de Pin a été intégrée au décor du retable d'un autel latéral où les rayons d'un soleil encadrent une simpliste châsse vitrée. Celle en argent de Jussey s'apparente également aux motifs décoratifs des boiseries décorant les autels, tout comme celle de Lyon. Originale par son matériau d'argent et son style de temple néo-classique, celle de Salins‑les‑Bains reprend des formes similaires à l'ancien meuble en bois de Pin illustré ci-dessus.


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Ostensoir.

Chapelle‑d'Huin -1609

Sirod -1639

Faverney 17e

Un ostensoir sert habituellement à l'adoration de la grande hostie entourée des rayons du soleil. Sa fonction s'est étendue à celle de reposoir pour les statuettes ou figurines de Montaigu. Chapelle-d'Huin s'enorgueilit de la plus ancienne forme de cet objet en métal précieux, datant de 1624, présentant l'étonnante et inusitée reproduction d'un chêne. Cette typologie de l'ostensoir se retrouve également à Sirod et Faverney.

Malines 1623

Malines 1640

Cologne 1654

Le soleil rayonnant de l'ostensoir se retrouve également, présenté différemment, dans d'autres compositions. À Malines 1623, la statuette se détache sur un fond de soleil rayonnant dont on ne voit qu'une petite partie de l'ensemble. À Malines 1640 elle s'encadre d'une complexe présentation angélique en matériaux divers, alors qu'à Cologne 1654 on ne conserve que les rayons du soleil.


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Monstrance.

Paris -1620

Bargemon 1635

La monstrance se différencie de l'ostensoir par sa forme allongée (CNRTL ou pdf) et par le fait qu'elle soutient habituellement un cylindre vitré contenant soit une relique, ou soit une statuette comme celle de Montaigu. La grandiloquence de celle de Paris est connue par une gravure de Huret dont la représentation diffère d'une descrption ancienne ; sa forme d'ensemble, ici de style baroque, évoluera en néo-classique, puis en néo-gothique. La Révolution ayant malmené nombre de trésors d'églises, plusieurs statuettes ou figurines ont de nouveau été protégées au XIXe siècle par des monstrances adoptant une morphologie imitant celle des reliquaires. Celle en argent à Bargemon est encore de style néo-classique, alors qu'à Arbois, Gray, Mièges, Ornans et Roche-lez-Beaupré, elles adoptent un style néo-gothique en divers matériaux plus ou moins précieux.

Arbois 1606-1610

Gray 1613

Mièges 1613

Ornans 1608

Roche-lez-Beaupré 17e


AménagementOratoireParticulierNicheChâsseOstensoirMonstranceChâsse MonstranceSocleAucun |

Châsse spoliée remplacée par une monstrance.

Gray 1613

Gray 1613

Gray 1613

La châsse en argent de Gray, spoliée à la Révolution, a été remplacée par une monstrance.


AménagementOratoireParticulierNicheChâsseOstensoirMonstranceChâsse MonstranceSocleAucun |

Socle.

Montciel 1610

Besançon 1617

Pouilley-les-Vignes -1669

Malines 17e

Meersel 17e

On ne retrouve dans cette section que les statuettes qui n'ont pas été retenues dans le cadre des aménagements précédemment étudiés et dont les illustrations disponibles les présentent hors de leur environnement d'origine. Celles ci-dessus sont toutes surélevées sur des socles plus moins ouvragés et décorés.

Anvers 1606

Ronchamp 1604

Tournon 1628

Montaigu -1642

Tournon 1644

Iseghem -1641

Loenhout 17e

Les photos de celles-ci les présentent sur des socles plus large que leur base mais moins hauts que les précédents.

Lanherne 1619-1625

Montdoré -1633

Les pieds de celles-ci se posent sur des socles minimalistes tant en hauteur qu'en largeur.


AménagementOratoireParticulierNicheChâsseOstensoirMonstranceChâsse MonstranceSocleAucun |

Aucun aménagement illustré.

Enghien -1631

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Vierge d'origine à Montaigu.

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, 1401-1450, sculpture en bois polychrome, 31 cm, Scherpenheuvel. Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78584 ou pdf).

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, gravure (Preſtre 1664, Bibliothèque de l'État de Bavière, frontispice).

Anonyme, O.-L.-Vrouw van Scherpenheuvel, vêtement et socle donnés par Albert et Isabelle en 1603, soie, or, argent, bois, 42 x 12 x 7,8 cm, Scherpenheuvel, Kerk Onze-Lieve-Vrouw (BALaT 78585 ou pdf).

Montréal -1641

La sculpture à l'origine des dévotions à Montaigu n'est jamais montrée et n'a donc pas pu être imitée. Il a fallu avoir recours aux inventaires patrimoniaux de Belgian Art Links and Tools (BALaT) pour accéder à des reproductions de l'oeuvre originale se cachant sous les vêtements couvrant toujours cette oeuvre d'art dans son exposition publique. Largement diffusée ainsi habillée dans les gravures depuis le XVIIe siècle, elle rappelle les larges vêtements des Vierges de miséricorde. C'est d'ailleurs ainsi qu'elle a été commercialisée en format réduit.

Les attributs habituellement visibles de la Vierge originale de Montaigu sont le sceptre et la couronne, éléments présents dans plus des deux-tiers de notre échantillon. Par contre, l'attribut tenu par Jésus entre ses mains reste caché aux fidèles depuis 1603. Examinons successivement chacun des ces trois éléments iconographiques clés.
Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, XIXe ou XXe siècle, métal plaqué nickel, 8 pouces, inscription N. D DE MONTAIGU
(collaboration de Chris Parry, Australie : « On the rear of the base is the Sacred Heart. »).

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Médaille.

Lipsius 1606

Collaert 1604-1618

Deux gravures du tout début du XVIIe siècle présentent la Vierge de Montaigu avec un collier portant une médaille, attribut retrouvé seulement sur quelques statuettes, surtout en Belgique, durant le premier quart du XVIIe siècle. Le motif est illisible sur les reproductions de celles de Menin. S'il s'agit d'une croix, on la retrouve sur celle de Salins-les-Bains. S'il s'agit d'une colombe du saint Esprit, on la retrouve dans les sculptures soeurs d'Anvers et de Lanherne. Celle de Besançon en porte une légèrement différente avec un double cercle concentrique. Ces dernières vierges sont vêtues d'une armure, rappelant ainsi leur rôle militaire de Bon-Secours dans l'attaque du démon, tout comme l'archange saint Michel.

Menin 1607

Menin 1633

Salins‑les‑Bains -1611

Anvers 1606

Lanherne 1619-1625

Besançon 17e

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Vierge : couronne.

Couronne =7 =13% Rapportée =32 =58% ??? =7 =13% Sans =4 =7% Image non disponible =5 =9%
B Bruxelles 1608
B Bruxelles 1655
B Courtrai 1612
F Arbois 1606-1610
F Bargemon 1635
F Besançon 1617
F Montdoré -1633
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
An Lanherne 1619-1625
An Newton Abbot 17e
B Anvers 1606
B Audenarde 17e
B Berlaymont 1604
B Iseghem -1641
B Loenhout 17e
B Malines 1623
B Malines 1642
B Malines 17e
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
B Mons 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
F Gray 1613
F Jussey 1626
F Lyon -1642
F Mièges 1613
F Montciel 1610
F Ornans 1608
F Paris -1620
F Pin 1628
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Ronchamp 1604
F Salins-les-Bains -1611
F Tournon 1628
PB Velp Bij Grave 1610
Q Montréal -1641
B Averbode 1614
B Averbode -1650
B Enghien -1631
B Lierre 1604
B Malines 1640
F Faverney 17e
F Sirod -1639
F Chapelle-d'Huin -1609
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Tournon 1644
F Valréas 1630
B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.


Vierge : couronneD'origineRapportée???Sans |

Vierge : couronne d'origine.

Bruxelles 1608

Bruxelles 1655

Arbois 1606-1610

Courtrai 1612

Bargemon 1635

Montdoré -1633

Besançon 1617

Les premières gravures de la Vierge de Montaigu la présentent avec une couronne au-dessus de ses vêtements, attribut que l'on retrouve également sur la broderie de Bruxelles 1608 et le dessin de Bruxelles 1655. Mais seulement 5 statuettes ou figurines de notre échantillon en présentent qui font partie intégrante de la masse sculpturale et qui sont inamovibles comme à Arbois, Courtrai, Bargemon, Montdoré et peut-être Besançon.


Vierge : couronneD'origineRapportée???Sans |

Vierge : couronne rapportée.

Montaigu XVe

La mère des Montaigu n'a pas eu une grande progéniture, cachée sous ses vêtements depuis le début du XVIIe siècle qui a, de façon prépondérante, influencé l'iconographie des gravures la concernant. Il est toutefois intéressant de se pencher sur les dessous de son couronnement.

Une couronne primitive dorée, intégrée à la masse sculpturale de bois, a été partiellement recouverte de tissu, en cachant la plus grande partie. Mais on en distinguer leurs effleurements, en bas et en haut, dépassant de ce bandeau de tissu.

Ne satisfaisant pas à sa nouvelle configuration lorsque vêtue et surmontée sur un piédestal d'argent, un pivot lui a été ajouté sur la tête pour lui en superposer une autre en argent au-dessus. Ces couronnes successives sont bien proportionnées aux gabarits respectifs de leurs mises en exposition fort différentes.

Montaigu XVe

Audenarde 17e

Gray 1613

Jussey 1626

Mièges 1613

Lyon -1642

Newton Abbot 17e

Ornans 1608

Salins‑les‑Bains -1611

Velp Bij Grave 1610

Plusieurs statuettes ou figurines présentent des couronnes rapportées proportionnées à leur taille.

Cologne 1633

Montciel 1610

Mons 17e

Malines 1623

Menin -1633

Lanherne 1619-1625

Quelques autres en ont exagéré la hauteur, les formes et les dimensions !

Anvers 1606

Berlaymont 1604

Cologne 1654

Iseghem -1641

Loenhout 17e

Malines 1642

Malines 17e

Meersel 17e

Menin 1607

Alors que la majorité se fait plus discrète sur cette royauté céleste !

Montaigu -1642

Montréal -1641

Paris -1620

Pin 1628

Pouilley-les-Vignes -1669

Ronchamp 1604

Tournon 1628

Turnhout 1550-1559


Vierge : couronneD'origineRapportée???Sans |

Vierge : couronne ???

Enghien -1631

Lierre 1604

Averbode 1614

Averbode -1650

Malines 1640

Faverney 17e

Sirod ‑1639

La statuette d'Enghien est superbe, mais sa reproduction ne permet pas de déterminer si sa couronne fait partie de la masse sculpturale ou si elle a été ajoutée. La polychromie de celle de Lierre est tout à fait remarquable, ainsi que son historique et sa courronne qui pourrait être d'origine mais, là encore, difficile de conclure sans avoir examiné l'oeuvre de visu. Quant aux autres reproductions, leurs définitions ne permettent pas de bien voir les couronnes et de conclure.


Vierge : couronneD'origineRapportée???Sans |

Vierge : sans couronne.

Chapelle-d'Huin -1609

Tournon 1644

Roche-lez-Beaupré 17e

Valréas 1630

Celle de Chapelle-d'Huin est une rareté ne portant qu'un voile sur sa tête. Des trois autres qui vont tête nue, celle de Tournon est disparue, alors que celles de Roche-lez-Beaupré et Valréas ne sont peut-être pas des oeuvres en bois du chêne miraculeux !

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Vierge : sceptre.

Sceptre =10 =18% Rapporté =13 =24% ??? =6 =11% Manquant =9 =16% Main manquante =6 =11% Sans =6 =11% Image non disponible =5 =9%

B Anvers 1606
B Bruxelles 1655
B Iseghem -1641
B Lierre 1604
F Arbois 1606-1610
F Faverney 17e
F Paris -1620
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Ronchamp 1604

Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
An Lanherne 1619-1625
B Berlaymont 1604
B Malines 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
F Gray 1613
F Jussey 1626
F Lyon -1642
F Mièges 1613
F Ornans 1608
F Sirod -1639

An Newton Abbot 17e
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Loenhout 17e
B Meersel 17e
B Menin -1633

B Averbode -1650
B Courtrai 1612
B Enghien -1631
B Malines 1623
B Malines 1642
B Mons 17e
F Besançon 1617
F Pin 1628
F Tournon 1644

B Malines 1640
B Menin 1607
F Chapelle-d'Huin -1609
F Montciel 1610
F Montdoré -1633
F Salins-les-Bains -1611

B Bruxelles 1608
F Bargemon 1635
F Tournon 1628
F Valréas 1630
PB Velp Bij Grave 1610
Q Montréal -1641

B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e

| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : sceptre d'origine.

Collaert 1604-1618

Paris -1620

Bruxelles 1655

Arbois 1606-1610

Ronchamp 1604

Lierre 1604

La gravure montrant la chapelle construite en 1603 à Montaigu présente leur Vierge avec un sceptre. Cet attribut est également représenté sur la gravure de celle disparue de Paris, ainsi que sur un dessin, un emblème des élèves du collège des jésuites à Bruxelles en 1655. Le sceptre de la statuette d'Arbois n'a pas pu être brisé car il fait partie de la masse sculpturale, ce qui constitue une rareté, puisque la majorité d'entre eux sont amovibles. Il n'est donc pas aisé de conclure si cet attribut est original ou rapporté, ce qui semble être le cas de celles de Ronchamp et de Lierre, bien conservées et documentées. La statuette d'Anvers semble également porter un sceptre d'origine. Tout comme celles d'Iseghem et de Faverney. Celui de Pouilley-les-Vignes, beaucoup plus petit, s'orne d'une fleur-de-lys. Quant à celle de Roche-lez-Beaupré, des doutes ont été émis quant à son authenticité.

Anvers 1606

Iseghem -1641

Faverney 17e

Pouilley-les-Vignes -1669

Roche-lez-Beaupré 17e


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : sceptre rapporté.

Tout comme la couronne, l'attribut du sceptre est habituellement amovible, ne faisant pas partie de la masse sculpturale. Cet élément rapporté est donc fragile et soumis aux nombreux aléas de conservation. Il peut cependant être d'origine, en bois ou autres matériaux, souvent en métal. Mais il a également souvent été remplacé au fil du temps en en fabriquant de nouveaux pour remplacer ceux brisés ou perdus en cours de route. Leur présence dans cette catégorisation est donc soumise avec caution, n'ayant pas travaillé avec les oeuvres originales, mais uniquement d'après des reproductions pas toujours de bonne qualité.

Turnhout 1550-1559

Gray 1613

Mièges 1613

Ornans 1608

Sirod -1639

Malines 17e

La magnifique sculpture dorée et polychromée de Turnhout, qui n'est probablement pas en bois du chêne miraculeux, porte un sceptre de métal tout comme celles de Gray, Mièges, Ornans, Sirod, ainsi qu'apparemment celle de Malines.

Berlaymont 1604

Cologne 1633

Cologne 1654

Lyon -1642

Montaigu -1642

Lanherne 1619-1625

Jussey 1626

Notons quelques cas particuliers. Berlaymont exhibe une richesse exceptionnelle de matériaux précieux. Certains offrent des caractéristiques particulières très différentes les unes des autres. Celui de Cologne 1633, très long, se termine par l'oeil de dieu dans un triange au-dessus d'une colombe du Saint-Esprit rayonnante. Celui de Cologne 1654 se termine par une fleur stylisée. Celui de Lyon par un décor complexe difficile à décrire d'après la mauvaise reproduction. Celui de Montaigu évoque la Stella Maris ou Étoile de la mer, dévotion à la Vierge également associée à la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours à Montréal où est conservée la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeois. Celui de Lanherne aurait été remplacé (Pallemaerts 1937, p. 144). Mais Jussey remporte la palme de l'originalité avec son épée disproportionnée évoquant le rôle chevaleresque de la Vierge terrassant le démon !


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : sceptre ???

Audenarde 17e

Loenhout 17e

Menin -1633

Averbode 1614

Newton Abbot 17e

Meersel 17e

Difficile de déterminer sur ces reproductions le matériau des sceptres et de supputer s'ils pourraient être d'origine ou rapportés ! Toutefois, ils sont longs et en bon état à Audenarde, Loenhout et Menin. Ils sont beaucoup moins visibles sur les images d'Averbode et de Newton Abbot. Quant à Meersel, impossible de discerner ce que tient la statuette dans sa main droite !


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : sceptre manquant.

Averbode -1650

Besançon 1617

Courtrai 1612

Enghien -1631

Malines 1623

Malines 1642

Mons 17e

Pin 1628

Tournon 1644

Plusieurs statuettes ont perdu le sceptre que leur main était préparée à recevoir.


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : main manquante.

Chapelle-d'Huin -1609

Malines 1640

Menin 1607

Montciel 1610

Montdoré -1633

Salins‑les‑Bains -1611

Plus tragiquement encore, plusieurs Vierges sont même devenues manchotes, perdant ainsi leur attribut quel qu'il ait été !
Notons que celle de Menin était gauchère !


Vierge : sceptreD'origineRapporté???ManquantMain manquanteSans |

Vierge : sans sceptre.

Lipsius 1606

Bruxelles 1608

Velp Bij Grave 1610

Bargemon 1635

Tournon 1628

Montréal -1641

Valréas 1630

La gravure de Lipsius présente la Vierge de Montaigu sans sceptre, tout comme la broderie de Bruxelles qui tient Jésus sur son bras droit, celui qui porte habituellement le sceptre. Velp partage la même caractéristique, alors que sa main gauche tient une inusitée grappe de raisins ! Bargemon a le bras droit pendant et n'a donc pas été conçue pour recevoir un sceptre.

Celle de Tournon, comme celle de Montréal, touche son enfant de sa main droite, ainsi que celle de Valréas dont l'authencité est cependant douteuse. En touchant le pied de son enfant, la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys se rapproche de l'iconographie de certaines versions des Notre-Dame de Bon-Secours de la même période, tout en s'éloignant de l'attribut majeur du sceptre porté par majorité de celles de Montaigu et de plusieurs Bon-Secours.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Vierge : soleil rayonnant et croissant.

Lipsius 1606

Collaert 1604-1618

Les gravures ci-dessus de la Vierge de Montaigu, ainsi que d'autres, l'entourent d'un soleil rayonnant, élément que l'on retrouve sur de statuettes, surtout en Belgique mais également aux Pays-Bas, dont certaines sur un croissant, tout comme sur la Médaille Fouencamps-Bourgeoys, intimement associée historiquement à la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys.

Velp Bij Grave 1610

Malines 1640

Malines 1642

Averbode -1650

Cologne 1654

Mons 17e

Médaille Fouencamps-Bourgeoys.

Celle de Jussey n'a pas de soleil rayonnant mais un croissant disproportionné.

À Chapelle-d'Huin -1609 la statuette surmonte un croissant doré faisant partie de la monstrance.

Jussey 1626

Chapelle-d'Huin -1609

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Vierge : noire ?

Montaigu XVe

Arbois 1606-1610

Ornans 1608

Jussey 1626

Une autre aura de mystère entoure ces Vierges, c'est leur identification à titre de Vierges noires. L'analyste jungien Ean Begg (1929-2018) leur a consacré une étude établissant trois niveaux d'interprétation : reconnue, probablement, peut-être (Begg 1996, collaboration de Sylvain Bergeron). L'originale de Montaigu-Scherpenheuvel, bien qu'elle soit désignée par certains comme une Vierge noire, se présente sous une polychromie bleue et rouge, un visage aux carnations blanches et roses. Begg lui confère pourtant une « couleur argent-gris foncé [Begg 1996, p. 159] » !? Les autorités locales ne la reconnaissent pas comme une Vierge noire. « None of the images [of Notre-Dame de Montaigu] in our possession has a black face [collaboration du Rev. Johann G. Roten]. » Begg classe les vierges à Arbois (p. 168), Ornans (p. 208) et Jussey (p. 192), toutes issues du même bois du chêne de Montaigu, parmi les VIERGES NOIRES RECONNUES ET VÉNÉRÉES, même si la copie de l'image originale n'est plus noire. Begg s'intéresse aux archétypes mythiques et mystiques dans l'évolution des mentalités et des idéologies. Il prévient ses lecteurs qu'il n'a pas tenté de départir la réalité des faits historiques de la part inhérente des légendes associées aux Vierges noires (Preface). On peut donc questionner les fondements de ses théories !

Nancy

Charlemont -1647

Tournon 1628

Mièges 1613

Bargemon 1635

Montciel 1610

Gray 1613

Begg avance que la Vierge de Nancy (p. 206) est PROBABLEMENT UNE VIERGE NOIRE, soit dans un lieu où elles ont été vénérées, où un culte est probable mais non confirmé, et où l'image est une copie d'une Vierge noire qui existe encore. L'historien d'art ne peut que jeter un fort doute sur ces catégories interprétatives indéfinies et laxistes, à la lumière du fait que l'oeuvre originale disparue du début du XVIe siècle a été remplacée par une réinterprétation du XIXe siècle ! La dernière catégorie de Begg, encore plus dubitative, identifie comme PEUT-ÊTRE UNE VIERGE NOIRE celles des sites associés à ce culte, mais sur lesquelles les informations sont douteuses ou incomplètes, où l'image est dans un musée ou une collection privée ! On ne peut juger de celle disparue de Charlemont (p. 179). Celle Tournon est polychrome (p. 229). Celles bien documentées de Mièges (p. 201) et Bargemon (p. 173) depuis leur origine présentent pourtant une couleur pâle ! Seules celles de Montciel (p. 202) et Gray (p. 190) semblent plus foncées, mais cette caractéristique peut découler de plusieurs causes autres que celles d'un improbable culte à cet effet. (Michael Duricy, Black Madonnas, Origin, History, Controversy, University of Dayton, web ou pdf.)

L'information concernant Montréal est compilée selon le niveau d'interprétation PROBABLEMENT UNE VIERGE NOIRE. Elle relève d'une théorie similaire à celle de l'homéopathie, où seule une infime partie, de mulitples fois diluée, a pu avoir été transmise à partir de l'oeuvre originale, après de multiples transformations, dont celle de la couleur d'origine !

« CANADA. Montreal. In Jesuit Church, statue of N-D de Liesse; 1877; contains relics of old Black Virgin of Liesse (France) [(Begg 1996, p. 163]. »

On a bel et bien apporté en 1877, à l'église des Jésuites à Montréal, le Gesu, une copie de Notre-Dame de Liesse fabriquée à Paris vers 1857. La Vierge noire originale avait été brûlée à la Révolution, puis remplacée par une réplique en ébène après la restauration de ce culte en 1802. La polychromie de celle de Montréal n'a plus rien d'une Vierge noire ! Par contre elle contiendrait des cendres de la Vierge noire originale (Lecompte 1920L ; Girard 1976 ; Begg 1996, p. 193).

Anonyme France, Notre-Dame de Liesse, vers 1857, Montréal, Église du Gesu, Sanctuaire Notre-Dame de Liesse.

Autel de la chapelle aérienne, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, milieu du XXe siècle, photographie, 4 x 6 pouces, Musée Marguerite-Bourgeoys.

Chapelle aérienne, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, 2001, photographie numérique, Robert Derome.

Autel de la chapelle aérienne, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, fin XIXe siècle, photographie, 8 x 10 pouces, Musée Marguerite-Bourgeoys.

« CANADA. Montreal. The oldest Church in the city, N-D de Bon Secours, contains a Santa Casa of Loretto [Begg 1996, p. 163]. » La Vierge originale de Loretto en Italie, brûlée en 1921, aurait été une Vierge noire (Begg 1996, p. 242). La chapelle aérienne de la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours a été construite en 1893-1894. Elle contenait une « Santa Casa » qui n'exite plus aujourd'hui mais qui est connue par des photographies. Elle ne semblait pas contenir de Vierge noire.

Barbeau 1957 (p. 166-168) a répertorié une Santa Casa à l'église de la « Jeune-Lorette », localité renommée Village-des-Hurons, puis Wendake. Cette dévotion avait été introduite par le père Chaumonot qui l'avait rapporté directement de sa source lors d'un pèlerinage qu'il y faisait en 1637. D'après ces photos , la Vierge de la Jeune-Lorette a apparemment le visage blanc !

Anonyme, La Santa Casa de Lorette, détail de la tête de la Vierge à l'enfant, vers 1736, bois polychromé, Église de Wendake, photographie tirée de Barbeau 1957, p. 166-168.

Anonyme, Intérieur de l'église de la Jeune-Lorette, détail de la Santa Casa de Lorette, vers 1870, photographie tirée de Traquair 1947, p. 183.

Reste à savoir si la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours possède une Vierge noire ? La statuette de Notre-Dame de Montaigu donnée par le baron de Fouencamps à Marguerite Bourgeoys, supposément sculptée au début du XVIIe siècle à partir d'un morceau du chêne miraculeux de Montaigu-Scherpenheuvel, pourrait être une candidate à ce titre. Mais, la couleur dorée de cette Vierge est loin d'être noire !

Des dévots liés à la Compagnie du Saint-Sacrement et à la Société de Notre-Dame pouvaient connaître une célèbre Vierge noire de Paris, Notre-Dame de Bonne Délivrance, dévotion qui par son appellation aurait pu avoir des liens avec celle de Notre-Dame de Bon-Secours.

Cette statue gothique se trouvait autrefois au coeur du Quartier Latin sur la montagne Sainte-Geneviève dans l'église Saint-Étienne-des-Grès. La Révolution amena la fermeture et la démolition de cette église, puis la vente de son mobilier le 16 mai 1791. Cette église était localisée à l'emplacement de l'actuelle rue Soufflot, en face du Panthéon, près de l'endroit où résidait Paul Chomedey de Maisonneuve, le premier gouverneur de Montréal, à la fin de sa vie entre 1665 et 1676. Madame de Carignan, qui avait acquis cette Vierge, la céda en 1806 à la Congrégation des soeurs de Saint-Thomas.

L'iconographie de cette Vierge noire se rapproche de la Notre-Dame de Montaigu donnée par le baron de Fouencamps. La confrérie royale de la charité de Notre-Dame-de-Bonne-Délivrance avait été créée en 1533 par le chanoine Jean Olivier. Au XVIIe siècle elle comptait jusqu'à 12 000 membres (Cassagnes-Brouquet 1990, p. 116-117). On peut donc à juste titre se demander combien de membres de la Société de Notre-Dame faisaient partie de cette confrérie, peut-être même Marguerite-Bourgeoys ?

Anonyme, Vierge noire de Paris, Notre-Dame de Bonne Délivrance, XIVe siècle, calcaire, polychromie plus récente, dimensions inconnues, Neuilly, Congrégation des Soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve, depuis 1806 (Cassagnes-Brouquet 1990, p. 116-117).

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Jésus.

Bruxelles 1608

Menin 1607

Velp Bij Grave 1610

L'enfant Jésus est habituellement soutenu par la Vierge sur son bras gauche, alors qu'elle tient un sceptre de sa main droite. Les représentations ci-dessus font défaut à cette règle, car Jésus y est soutenu par le bras droit de la Vierge sans sceptre. On peut par ailleurs se demander si la main gauche manquante de celle de Menin pouvait en tenir un ? Pour sa part, celle de Velp y tient une grappe de raisin d'où est tiré le vin, transformé en sang du Christ, via le dogme de la transsubstantiation, préfigurant le sacrifice de la croix pour cet enfant, rappelé à chaque messe lors de la célébration de l'Eucharistie.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Jésus : couronne.

Couronne =5 =9% Rapportée =16 =29% Manquante =3 =5% ??? =6 =11% Sans =18 =33% Autre =2 =4% Image non disponible =5 =9%
B Bruxelles 1608
B Bruxelles 1655
B Lierre 1604
F Besançon 1617
F Paris -1620
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
An Newton Abbot 17e
B Anvers 1606
B Berlaymont 1604
B Enghien -1631
B Loenhout 17e
B Malines 1642
B Malines 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
F Gray 1613
F Mièges 1613
F Ornans 1608
F Ronchamp 1604
PB Velp Bij Grave 1610
B Malines 1623
F Montciel 1610
F Pin 1628
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Malines 1640
F Faverney 17e
F Lyon -1642
F Sirod -1639
B Averbode -1650
B Courtrai 1612
B Iseghem -1641
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
B Mons 17e
F Arbois 1606-1610
F Bargemon 1635
F Chapelle-d'Huin -1609
F Jussey 1626
F Montdoré -1633
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Salins-les-Bains -1611
F Tournon 1628
F Tournon 1644
F Valréas 1630
An Lanherne 1619-1625
Q Montréal -1641
B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Jésus : couronne d'origine.

Collaert 1604-1618

Paris -1620

Bruxelles 1655

Lierre 1604

Besançon 1617

L'enfant Jésus porte une couronne sur les gravures de Collaert et Paris, ainsi que sur le dessin de Bruxelles. Les couronnes des statuettes étant habituellement amovibles, seul un examen de visu de chacune d'entre elles pourrait permettre d'établir si elle est d'origine ou rapportée. Mais, celles de Lierre et de Besançon pourraient en être. Cette dernière, de toute petite dimension, semble intégrée à la masse sculpturale.


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Jésus : couronne rapportée.

Ronchamp 1604
Enghien -1631
Ornans 1608
Les couronnes de Jésus conservées sont très rarement sculptées en bois. Celle de Ronchamp semble être de ce matériau polychromé ; il reste un fragment de la croix qui surmontait le globe à son sommet. Celle d'Enghien semblerait monochrome ; peut-être en bois naturel ? Celle d'Ornans présente un cas particulièrement intéressant. Une photo montre Jésus sans couronne, mais avec une polychromie. Après un sévère décapage, on lui a mis une couronne qui semble être en bois. Une photo plus récente le montre sans couronne, mais avec un fragment de pivot sur sa tête, ainsi que des traces de polychromies rouges et de dorure sur un apprêt blanc.

Velp Bij Grave 1610

Gray 1613

Mièges 1613

Turnhout 1550-1559

Malines 1642

Berlaymont 1604

Anvers 1606

Des photographies couleur permettent d'apprécier les matériaux précieux tels que l'or, l'argent, les émaux et diverses pierres plus ou moins authentiques. Ces richesses semblent partagées par d'autres statuettes photographiées en noir et blanc, dont une couronne à Cologne qui rappelle les bulbes de certains clochers. De moins bonnes reproductions laissent apercevoir d'autres couronnes en métal ainsi qu'un original couronnement floral de broderie à Newton Abbot.

Cologne 1633

Cologne 1654

Loenhout 17e

Malines 17e

Montaigu -1642

Newton Abbot 17e


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Jésus : couronne manquante.

 

 

Pin 1628
 
Montciel 1610
 
Malines 1623
Une gravure du XVIIe siècle semble montrer une couronne sur la tête du Jésus de Pin, attribut qui n'apparaît pas sur ses photographies malheureusement de médiocre qualité. Une gravure du milieu du XIXe siècle présente le Jésus de Montciel avec une couronne. La statuette a subi divers sévices. La tête de l'enfant est brisée là où était naguère fixé le pivot servant à soutenir sa couronne. La photographie couleur de la statuette de Malines peut laisser supposer que Jésus est sans couronne. Or, d'anciennes photos le montrent avec une vis pivot sur la tête, indice de la présence d'une couronne disparue.


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Jésus : couronne ???

Audenarde 17e

Averbode 1614

Malines 1640

Faverney 17e

Lyon -1642

Sirod -1639

Des mauvaises reproductions empêchent de bien voir la tête de Jésus et d'en décrire correctement les attributs.


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Jésus : sans couronne.

Arbois 1606-1610

Menin 1607

Chapelle-d'Huin -1609

Salins‑les‑Bains ‑1611

Courtrai 1612

Jussey 1626

Tournon 1628

Valréas 1630

Menin -1633

Plusieurs statuettes montrent Jésus sans couronne. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne peut pas en avoir porté dans le passé souvent tulmultueux de ces très petits objets convoités ou conspués et plus ou moins bien conservés face à de multiples adversités et aléas ou ornements enlevés et ajoutés au fil de leur chronologie dont certains éléments clés peuvent échapper à l'image d'ensemble de cet immense casse-tête très partiellement reconstitué.

Montdoré -1633

Bargemon 1635

Iseghem -1641

Tournon 1644

Averbode -1650

Pouilley-les-Vignes -1669

Meersel 17e

Mons 17e

Roche-lez-Beaupré 17e


Jésus : couronneD'origineRapportéeManquante???Sans | Autre |

Lanherne 1619-1625

Jésus : autre attribut de tête.

 

La statuette de Lanherne se distingue par le fait que Jésus est auréolé de soleil comme parfois sa mère.

 

L'enfant Jésus de la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys allait tête nue, sans couronne, juqu'au jour où une auréole en métal lui fut ajoutée à une date indéterminée.

Montréal -1641

Montréal -1641

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Jésus bénissant et globe.

Pour plus du tiers du corpus étudié on ne peut pas déterminer si Jésus est bénissant ou s'il porte un globe : 25% d'images insuffisamment définies, plus 9% non disponibles. Jésus bénit toujours de sa main droite pour 45% des statuettes, s'en abstenant pour 20% d'autres. Trois fois plus de Jésus bénissent lorsqu'ils portent un globe (29% contre 9%) ; mais ils sont à égalité lorsqu'ils n'en portent pas (7% chacun).
Jésus bénissant =25 =45%
??? =14 =25%
Globe =16 =29% Globe manquant =2 =4% Sans globe =4 =7% Globe? =3 =5%
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
B Courtrai 1612
B Enghien -1631
B Lierre 1604
B Loenhout 17e
B Meersel 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
F Arbois 1606-1610
F Besançon 1617
F Montciel 1610
F Ronchamp 1604
F Salins-les-Bains -1611
F Sirod -1639
F Tournon 1628
B Berlaymont 1604
F Valréas 1630
An Lanherne 1619-1625
B Malines 17e
F Mièges 1613
F Paris -1620
B Iseghem -1641
F Lyon -1642
F Pin 1628
An Newton Abbot 17e
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Averbode -1650
B Bruxelles 1655
B Malines 1642
B Menin -1633
F Bargemon 1635
F Faverney 17e
F Gray 1613
F Jussey 1626
F Montdoré -1633
F Roche-lez-Beaupré 17e
PB Velp Bij Grave 1610
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.
Jésus non bénissant =11 =20%
Image non disponible =5 =9%
Globe =5 =9% Sans globe =4 =7% Globe? =1 =2% Main manquante =1 =2%
B Anvers 1606
F Chapelle-d'Huin -1609
F Ornans 1608
F Pouilley-les-Vignes -1669
Q Montréal -1641
B Bruxelles 1608
B Malines 1623
B Malines 1640
F Tournon 1644
B Mons 17e B Menin 1607 B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e


| Jésus bénissant : globe - manquant sans ? | Non bénissant : globe - sans ? main manquante |

Jésus bénissant : globe.

Turnhout 1550-1559

Lierre 1604

Ronchamp 1604

Arbois 1606-1610

Montciel 1610

Salins‑les‑Bains -1611

Courtrai 1612

Besançon 1617

Le globe que tient Jésus lorsqu'il bénit peut être plus ou moins gros ou petit, voire très petit. Ces symboles très forts envoyent le message que l'enfant transmet les bénédictions de sa mère, médiatrice de dieu, sur toute la surface du globe terrestre. Cette orbe est également un symbole du pouvoir tel qu'exercé par les rois et empereurs sur tous les peuples de ce monde. La croix qui la surmonte, qui peut prendre diverses configurations, n'a pas toujours été conservée !

Tournon 1628

Enghien -1631

Cologne 1633

Sirod -1639

Montaigu -1642

Cologne 1654

Loenhout 17e

Meersel 17e


| Jésus bénissant : globe - manquant sans ? | Non bénissant : globe - sans ? main manquante |

Jésus bénissant : globe manquant ou sans ?

Berlaymont 1604

Valréas 1630

Mièges 1613

Paris -1620

Malines 17e

Lanherne 1619-1625

Iseghem -1641

Lyon -1642

Pin 1628

Les mains gauches des Jésus de Berlaymont et Valréas ont été conçues pour recevoir un globe qui est manquant. Les mains gauches pendantes des Jésus de Mièges, Paris et Malines sont sans aucun attribut. Le Jésus de Lanherne est le seul qui a troqué le globe pour un immense sceptre rapporté et disproportionné du même style que celui de sa mère. On ne sait trop ce qu'il tient à Iseghem : cette masse informe pourrait-elle être un pain ? Les images sont illisibles pour Lyon et Pin, ainsi que pour plusieurs autres dont la liste figure au tableau ci-dessus.


| Jésus bénissant : globe - manquant sans ? | Non bénissant : globe - sans ? main manquante |

Jésus non bénissant : globe.

Anvers 1606

Pouilley-les-Vignes -1669

Chapelle-d'Huin -1609

Ornans 1608

Montréal -1641

La main droite de Jésus qui fait souvent le geste de bénir, tient plutôt un globe terrestre à Anvers et Pouilley. Sa main gauche tient un livre, préfiguration pour cet enfant du Nouveau Testament à venir. Par ailleurs, à Chapelle-d'Huin, Ornans et Montréal, le geste de bénédiction est également abandonné, les deux mains de Jésus étant affairées à tenir un globe.


| Jésus bénissant : globe - manquant sans ? | Non bénissant : globe - sans ? main manquante |

Jésus non bénissant : sans globe ? et main manquante.

Bruxelles 1608

Malines 1623

Tournon 1644

Malines 1640

Mons 17e

Menin 1607

Le Jésus brodé de Bruxelles n'a pas de mains. À Malines, ses bras enlacent affectueusement le cou de sa mère, alors qu'à Tournon sa main gauche semble lui toucher le sein, rappelant la thématique de la Vierge allaitant. Les mains jointes du Jésus de Malines auraient-elles pu tenir un globe non visible ou manquant ? Quant à celui de Mons, la résolution photographique ne permet pas de bien voir les détails de ses bras. Finalement, le pauvre enfant de Menin a complètement perdu sa main droite et on ne peut donc pas savoir si elle portait ou non un attribut.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Jésus : livre.

Montaigu XVe

Anvers 1606

Montdoré -1633

Pouilley-les-Vignes -1669

Malines 17e

Paris -1620

L'attribut tenu par l'enfant Jésus sur la Vierge de Montaigu est plus difficile à interpréter du fait qu'il est brisé en son milieu. Si ce bris était intentionnel et prévu à l'origine, il pourrait alors s'agir d'un pain rompu. Ce sujet est traité dans un tableau peint par Murillo en 1678-1679 pour le réfectoire de l'Hospital de los Venerables Sacerdotes à Séville (web ou pdf). L'intitulé indique que l'enfant Jésus y distribue du pain à des pèlerins. Ce symbolisme de l'eucharistie pourrait-il avoir été voulu pour les pèlerins vénérant la Vierge de Montaigu ?

Bartolomé Esteban Murillo, L'enfant Jésus distribuant du pain aux pèlerins (détail), 1678-1679, huile sur toile, 219 x 182 cm, Budapest, Szépművészeti Múzeum 777

Par contre, s'il s'agit d'un livre qui aurait été brisé au fil des siècles, il préfigurerait alors le Nouveau Testament. Cette hypothèse semble plausible puisqu'on retrouve un tel attribut sur des statuettes à Anvers, Montdoré, Pouilley-les-Vignes et Malines. En outre, une ancienne description noterait également sa présence à Paris, mais peu perceptible sur la gravure de Huret car apparemment déposé à plat sur ses cuisses.

Ce motif iconographique n'a aucun lien avec la Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.
Bois du chêne de Montaigu : foncé, pâle, contrefaçons, non-authentiques.

Les informations concernant le matériau d'origine, soit le chêne supposé miraculeux de Montaigu, relèvent souvent plus de la foi que de la preuve documentaire, d'autant plus que plusieurs de ces Vierges ont été perdues, volées, cachées, puis retrouvées miraculeusement, triste sort que partage celle de Montréal. Seule une analyse scientifique des bois du chêne d'orgine et de toutes les statuettes ou figurines pourrait permettre de discerner entre croyance et réalité.

Bois du chêne de Montaigu =44 =80% Non documenté =11 =20% (illustrées et étudiées ci-dessous)
Non en bois =2 =4% Bois foncé =10 =18% Bois pâle =6 =11% ??? =37 =67%
B Bruxelles 1608
B Bruxelles 1655
B Courtrai 1612
F Arbois 1606-1610
F Chapelle-d'Huin -1609
F Faverney 17e
F Gray 1613
F Montciel 1610
F Montdoré -1633
F Ornans 1608
F Sirod -1639
PB Velp Bij Grave 1610
F Besançon 1617
F Mièges 1613
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Salins-les-Bains -1611
F Valréas 1630
Q Montréal -1641
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
An Lanherne 1619-1625
An Newton Abbot 17e
B Anvers 1606
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Averbode -1650
B Berlaymont 1604
B Enghien -1631
B Iseghem -1641
B Lierre 1604
B Loenhout 17e
B Malines 1623
B Malines 1640
B Malines 1642
B Malines 17e
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
B Mons 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
B Villers 1608
F Bargemon 1635
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Jussey 1626
F Lyon -1642
F Nancy 17e
F Paris -1620
F Pin 1628
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Ronchamp 1604
F Tournon 1628
F Tournon 1644
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.

Turnhout 1550-1559

Bruxelles 1608

Bruxelles 1655

 

Courtrai 1612

Malines 1640

Malines 1642

Averbode -1650

Mons 17e

 

Anvers 1606

Une minorité des oeuvres étudiées ne se sont pas documentées provenir du chêne de Montaigu. Celle de Turnhout est antérieure à son abattage. Deux autres ne sont pas en bois : celle de Bruxelles 1608 est une représentation en broderie de celles habillées figurant sur les gravures ; celle de Bruxelles 1655 est une représentation en dessin. Cette identification au bois du chêne de Montaigu fait également défaut dans la documentation des monstrances ou triptyques en Belgique, dont certaines statuettes ou figurines ne sont pas en ronde-bosse mais en relief. Hormis celle des jésuites de Courtrai, qui date de la première période la plus active avant 1625, elles se situent vers la fin de l'engouement envers cette dévotion au milieu du XVIIe siècle. La Vierge d'Anvers est l'une des plus grandes recensées. Aucune documentation ne lui attribue d'avoir été sculptée dans le chêne de Montaigu. Mais ses commanditaires, les jésuites, n'auraient-ils pas eu les moyens diplomatiques et financiers requis pour se payer ce grand luxe ?

Montdoré -1633

 

Arbois 1606-1610

Ornans 1608

Chapelle-d'Huin -1609

Montciel 1610

Velp Bij Grave 1610

Gray 1613

Sirod -1639

Faverney 17e

« Les Vierges minuscules de MONDORÉ [Montdoré ‑1633], en Haute-Saône, et de Montpetot, à SAINT-PIERRE-LA-CLUSE [illustration non retrouvée], paraissent se rattacher à cette série. Simple rapprochement, dont nous ne pouvons rien conclure, tant il y eut de contrefaçons [Ferry 1946, p. 37]. » La statuette de Montdoré révèle une teinte foncée. Celle-ci, généralement considérée comme authentique, est partagée par quelques autres statuettes, illustrées ci-dessus, réputées être en bois du chêne de Montaigu et présentant cette apparence. Certaines ont été décapées et on y retrouve des traces de leurs anciennes polychromies et dorures. Mais, il existe plusieurs centaines d'espèces de chêne. Quelle était celle de l'arbre supposé miraculeux de Montaigu ? Des analyses en laboratoire permettraient-elles de corroborer si les statuettes se prévalant de son bois en proviennent vraiment ?

On a attribué le vocable de Montaigu à deux sculptures qui ne sont pas réputées avoir été fabriquées à partir du bois de ce chêne miraculeux.

La couleur pâle de la statuette de Roche-lez-Beaupré jette un doute sur son authenticité.

Les archiducs Albert et Isabelle avaient mis fin, en 1614, aux contrefaçons diffusées par un certain Johan Petit dans d'autres bois que celui du chêne miraculeux (Pallemaerts 1937, p. 10-11).

Il serait étonnant que celle de Valréas, par sa couleur, ses grandes dimensions et son historiographie, en soit issue !

Roche-lez-Beaupré 17e

Valréas 1630

Mo#ntréal -1641

La Montaigu miraculeuse Fouencamps-Bourgeoys est également en bois plus pâle.

Ainsi que celles de Salins-les-Bains, Mièges et Besançon.

Devrait-on pour autant les considérer comme suspicieuses ?

Devrait-on alors faire analyser l'essence de leur bois ?

Salins‑les‑Bains -1611

Mièges 1613

Besançon 1617

Cette statuette du Luxembourg, en bois de tilleul, d'environ 1 m, provenant de l'ancienne église des jésuites devenue cathédrale, est déclarée non-authentique par Pallemaerts 1937 (p. 151) qui propose de la dater avant 1624 et ayant été fabriquée à Montaigu. Informations à mettre à jour selon cette communication...

« Deux statues de Montaigu en chêne auraient été données aux Jésuites de Luxembourg dans les années 1604-1609, pour être placées dans leur nouveau collège près de l'église, l'actuelle cathédrale de Luxembourg. Là également, pas de trace matérielle de ces deux statues successives sauf les mentions dans l'Historia domus des Jésuites de Luxembourg, publiée en 1903 pour le 300e anniversaire de l'Athénée grand-ducal. La statue miraculeuse de la Vierge Consolatrice des Affligés actuelle, 75 cm en hauteur, en bois de tilleuls, est attestée une première fois en 1624. D'après moi, elle provient des pays germaniques nouvellement convertis au luthéranisme et serait donc un remploi liturgique d'une oeuvre d'art peut-être due - selon mon hypothèse - au sculpteur d'Ulm Ulrich Mauch († 1530) [collaboration Jean-Claude Muller]. »

Cette statuette en Allemagne n'est pas en bois de chêne, tout comme celles-ci en Belgique qui sont considérées non-authentiques :

  • Notre-Dame de Consolation à Anvers et Bruxelles, église des capucins, taillée dans le socle de la statuette de Montaigu ;
  • Maaseyck, soeurs de la charité, en cuivre ;
  • Montaigu, collection privé (Pallemaerts 1937, p. 67-69, non illustrées).

Anonyme, Notre-Dame de Montaigu, bois qui n'est pas du chêne, 9,6 cm, aurait été offerte par l'archiduchesse Isabelle aux bénédictines du Mont-Sainte-Gertrude, Ursulines Osnabrück Hanovre Allemagne (Pallemaerts 1937, p. 151).

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.
Polychromie et dorure.
Polychromie =18 =33% Trace de plychromie =11 =20% ??? =26 =47%
B Anvers 1606
B Averbode -1650
B Berlaymont 1604
B Bruxelles 1655
B Lierre 1604
B Malines 1623
B Malines 1640
B Malines 1642
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Mons 17e
B Montaigu -1642
B Turnhout 1550-1559
F Faverney 17e
F Paris -1620
F Ronchamp 1604
F Tournon 1628
PB Velp Bij Grave 1610
B Courtrai 1612
F Arbois 1606-1610
F Besançon 1617
F Chapelle-d'Huin -1609
F Gray 1613
F Montciel 1610
F Montdoré -1633
F Ornans 1608
F Salins-les-Bains -1611
F Valréas 1630
Q Montréal -1641
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
An Lanherne 1619-1625
An Newton Abbot 17e
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Bruxelles 1608
B Enghien -1631
B Iseghem -1641
B Loenhout 17e
B Malines 17e
B Menin -1633
B Villers 1608
F Bargemon 1635
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Jussey 1626
F Lyon -1642
F Mièges 1613
F Nancy 17e
F Pin 1628
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Sirod -1639
F Tournon 1644
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.
Dorure =5 =9% Trace de dorure =4 =7% ??? =46 =84%
B Berlaymont 1604
B Lierre 1604
B Malines 1642
F Ronchamp 1604
B Turnhout 1550-1559
F Chapelle-d'Huin -1609
F Ornans 1608
F Salins-les-Bains -1611
F Sirod -1639
B Anvers 1606
F Arbois 1606-1610
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Averbode -1650
F Bargemon 1635
F Besançon 1617
B Bruxelles 1608
B Bruxelles 1655
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
Al Cologne 1633
Al Cologne 1654
B Courtrai 1612
F Draguignan 1632
B Enghien -1631
F Faverney 17e
F Gray 1613
B Iseghem -1641
F Jussey 1626
An Lanherne 1619-1625
B Loenhout 17e
F Lyon -1642
B Malines 1623
B Malines 1640
B Malines 17e
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
F Mièges 1613
B Mons 17e
B Montaigu -1642
F Montciel 1610
F Montdoré -1633
Q Montréal -1641
F Nancy 17e
An Newton Abbot 17e
F Paris -1620
F Pin 1628
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Tournon 1628
F Tournon 1644
F Valréas 1630
PB Velp Bij Grave 1610
B Villers 1608

La polychromie et la dorure sur les sculptures anciennes en bois sont des techniques complexes et coûteuses. Leur conservation exige des conditions optimales de sécurité, température et humidité, ce qui n'est pas le cas pour nombre de ces statuettes ou figurines ayant connu des historiques mouvementés. Le tiers des statuettes étudiées sont polychromées, mais l'information n'est pas disponible pour près de la moitié ; on en retrouve cependant des traces sur un cinquième des autres. Pour la dorure, l'information n'est pas disponbile pour la très grande majorité d'entre elles.

L'étude de la couleur foncée du bois des oeuvres provenant du chêne de Montaigu, dans la section précédente, a été rendue possible par les photographies couleur de celles qui ont été décapées et dont certaines laissent voir des traces de leurs anciennes polychromie et dorure. Mais, c'est là une perte irréparable, car certains motifs tridimensionnels, galbes et modelés, font souvent partie inhérente de l'épaisseur de leurs préparations. Leur perte ou dégradation entraîne donc dans leurs sillages nombre des éléments de la valeur intrinsèque de leur esthétique et de leur iconographie dont celle d'Ornans est un cas flagrant.

Photographies de la statuette d'Ornans : en noir et blanc avant et après décapage ; condition récente en couleur.

Turnhout 1550-1599

Berlaymont 1604

Ronchamp 1604

Lierre 1604

Velp Bij Grave 1610

Malines 1623

Tournon 1628

Bruxelles 1655

Datée bien avant l'abattage du chêne en 1604, la statuette de Turnhout présente une polychromie de grande qualité faisant briller ses ors généreux. Ainsi en va-t-il de trois autres sculptures luxueuxes à Berlaymont, Ronchamp et Lierre, toutes en Belgique. Par contre, les polychromies de Velp, Malines et Tournon semblent avoir été refaites plus récemment. Quant à celle de Bruxelles, il s'agit d'un dessin d'une statuette qui nous informe cependant sur les couleurs retenues pour sa livrée.

Anvers 1606

Menin 1607

Paris -1620

Malines 1640

Malines 1642

D'autres statuettes sont documentées comme étant ou ayant été polychromes,
mais les illustrations disponibles ne permettent pas d'apprécier cet aspect de leur idiosyncrasie.

Montaigu -1642

Averbode -1650

Faverney 17e

Meersel 17e

Mons 17e

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

Autres matériaux.

Divers =5 =9% Non =13 =24% Luxueux =5 =9% Métal =16 =29% Métal Joyaux =3 =5% ??? =8 =15% Image non disponible =5 =9%
An Newton Abbot 17e
B Bruxelles 1608
B Bruxelles 1655
B Malines 1640
B Malines 1642
B Courtrai 1612
B Iseghem -1641
B Lierre 1604
F Arbois 1606-1610
F Bargemon 1635
F Besançon 1617
F Chapelle-d'Huin -1609
F Montdoré -1633
F Roche-lez-Beaupré 17e
F Ronchamp 1604
F Salins-les-Bains -1611
F Tournon 1644
F Valréas 1630
B Berlaymont 1604
F Gray 1613
F Mièges 1613
F Paris -1620
PB Velp Bij Grave 1610
Al Cologne 1633
An Lanherne 1619-1625
B Loenhout 17e
B Malines 1623
B Malines 17e
B Meersel 17e
B Menin 1607
B Menin -1633
F Jussey 1626
F Montciel 1610
F Ornans 1608
F Pin 1628
F Pouilley-les-Vignes -1669
F Sirod -1639
F Tournon 1628
Q Montréal -1641
Al Cologne 1654
B Anvers 1606
B Turnhout 1550-1559
B Audenarde 17e
B Averbode 1614
B Averbode -1650
B Enghien -1631
B Mons 17e
B Montaigu -1642
F Faverney 17e
F Lyon -1642
B Villers 1608
F Charlemont -1647
F Chelles 1620
F Draguignan 1632
F Nancy 17e
| B=Belgique | An=Angleterre | PB=Pays-Bas | Al=Allemagne | F=France | Q=Québec |
Diffusion des statuettes ‐ BELGIQUE (Angleterre Pays-Bas Allemagne) ‐ FRANCE (Québec) | Iconographie |

Une date précédée d'un tiret indique que cette statuette a été fabriquée avant celle-ci mais après l'abattage du chêne de Montaigu en 1604.


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

Matériaux divers.

Bruxelles 1608

Malines 1640

Malines 1642

Bruxelles 1655

Newton Abbot 17e

Certaines oeuvres d'art, dites Notre-Dame de Montaigu, utilisent divers matériaux. L'intéressant tryptique de Bruxelles 1608 présente une tapisserie ; sa Vierge habillée d'un large vêtement, ne portant pas de sceptre, est en position inversée par rapport à celle de autres gravures de Montaigu. Celle de Malines 1640 s'intègre dans une composition complexe faisant appel à plusieurs matériaux, tandis que celle de Malines 1642 fait partie d'un grand relief en pierre. Celle de Bruxelles 1655 est un dessin et celle de Newton Abbot une broderie.


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

Aucun matériaux ajoutés.

Lierre 1604

Ronchamp 1604

Arbois 1606-1610

Chapelle-d'Huin -1609

Salins‑les‑Bains -1611

Courtrai 1612

A contrario, plusieurs Vierges se présentent simplement
sans aucun autre matériau ajouté à ceux du bois et ses apprêts.

Besançon 1617

Valréas 1630

Montdoré -1633

Bargemon 1635

Iseghem -1641

Tournon 1644

Roche-lez-Beaupré 17e


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

Matériaux luxueux.

Berlaymont 1604

Velp Bij Grave 1610

Gray 1613

Mièges 1613

Paris -1620

Comme dans toute bonne société, quelques-unes s'élèvent au-dessus de la masse
avec des matériaux beaucoup plus précieux : or, argent, émail, joyaux.


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

Métal.

Menin 1607

Ornans 1608

Montciel 1610

Jussey 1626

Lanherne 1619-1625

Malines 1623

Pin 1628

Tournon 1628

Le métal est utilisé pour les ornements ou attributs étudiés plus en détail dans d'autres rubriques : ceux de la Vierge, couronne et sceptre, ainsi que ceux de Jésus, couronne et globe. Les photos ne permettent pas de discerner de quel métal il peut s'agir, rarement documenté comme étant de l'argent. Le croissant demesuré de celle de Jussey est une addition à la statuette d'origine, tout comme les diverses monstrances, triptyques ou présentoirs.

Cologne 1633

Menin -1633

Sirod -1639

Montréal -1641

Pouilley-les-Vignes -1669

Loenhout 17e

Malines 17e

Meersel 17e


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

Métal et joyaux.

Turnhout 1550-1559

Cologne 1654

Anvers 1606

En plus du métal, ces oeuvres semblent également ornées de joyaux.


Autres matériauxDiversNonLuxueuxMétalMétal joyaux??? |

???

Averbode 1614

Enghien -1631

Lyon -1642

Montaigu -1642

Averbode -1650

Audenarde 17e

Faverney 17e

Mons 17e

Ces images peu définies ne permettent pas de discerner entre le bois et les autres matériaux.

Iconographie
Statuette ou figurine.
Aménagement, installation, présentation.
Vierge : médaille, couronne, sceptre, soleil et croissant, noire.
Jésus : couronne, bénissant et globe, livre.
Montréal et les autres.

La Montaigu Fouencamps-Bourgeoys de Montréal et les autres statuettes ou figurines.

En guise de conclusion, la Montaigu Fouencamps-Bourgeoys de Montréal présente des caractéristiques qui la rendent généralement minoritaire par rapport à l'ensemble des autres Montaigu étudiées. En outre, sa couleur plus pâle que foncée, jette un doute sur l'authenticité de la provenance du bois comme étant celui du chêne réputé miraculeux de Montaigu.

=2 =4% Jésus : couronne Autre.Jésus porte l'unique auréole inventoriée. Si ce n'était de cette addition récente dans son historicité, il figurerait avec ceux sans couronne =18 =33%.

=5 =9% Jésus non bénissant Globe. — Ce Jésus non bénissant avec globe est en nette minorité, caractéristique inhérente à l'époque de sa confection, en autant qu'elle puisse être du XVIIe siècle malgré ses nombreux aléas de conservation.

=6 =11% Vierge : sceptre Sans. — Le fait que cette Vierge ne tienne pas de sceptre la classe dans une catégorie iconographique très minoritaire.

=6 =11% Bois du chêne de Montaigu Bois pâle.Selon les archives, elle serait du bois du chêne de Montaigu, mais comme il est pâle, cela jette un doute sur son authenticité en partageant le triste sort des contrefaçons diffusées dès le début du XVIIe siècle.

=6 =11% Aménagement Niche. — Présentée dans une niche trop grande pour ses dimensions. Le monogramme AM pourrait-il être celui des sulpiciens qui ont longtemps desservi cette église ?

=11 =20% Polychromie et dorure. — Sur la photo à droite, trace de plychromie verte un peu partout, surtout dans les creux, ce qui paraît moins sur d'autres photos où le vernis semble plus récent et luisant. Était-ce une couleur uniforme sur toute la surface ? Ce qui serait exceptionnel au regard des autres sculptures du XVIIe siècle dévolues aux dévotions à Montaigu ou à Bon-Secours.

=16 =29% Autres matériaux Métal. — Le métal était surtout utilisé pour l'ajout d'accessoires à la sculpture en bois tels que couronne, sceptre et globe.

=24 =44% Dimensions des 55 statuettes ou figurines étudiées <20 cm. — Avec sa hauteur de 16,2 cm, elle partage l'abondante catégorie des 10-19 cm, légèrement en-dessous de la moyenne d'ensemble de 19,3 cm.

=32 =58% Vierge : couronne Rapportée. — Une majorité des Vierges ont une couronne rapportée, mais celle-ci semble assez récente.

La Montaigu Fouencamps-Bourgeoys de Montréal ne partage pas...

...les théories peu crédibles concernant les Vierges noires ;

...la médaille portée par la Vierge sur des gravures
et qui se retrouve seulement sur quelques statuettes ;

...le livre tenu par Jésus sur seulement quelques statuettes ;

...le soleil rayonnant et le croissant de quelques statuettes, alors que c'est le cas pour la Médaille Fouencamps-Bourgeoys.

 

Notre-Dame de Montaigu : DévotionDiffusionIconographie.

Vignette d'épilogue.

Karl Meunier (1864-1894), trois illustrations tirées du livre
Notre Dame de Montaigu monographie religieuse publié par Weddingen 1890.

Basilique, armoiries, Vierge (p. couverture).

Un religieux et une famille priant la statuette dans sa niche sur le chêne d'origine (p. 79).

Petite vierge  en argent (p. 129).


Signature illisible, trois illustrations tirées du livre de Pallemaerts 1947
Histoire de Notre-Dame de Montaigu, Première partie, Depuis les origines jusqu'en 1603.

Aspect du chêne sur le Mont Aigu, bien avant le culte marial en cet endroit (p. 7).

Épisode de l'histoire du berger qui se trouve subitement immobilisé en voulant emporter la statuette ramassée par terre (p. 14).

Aspect du chêne où fut suspendue en 1587 une vieille statuette de Marie, que des milliers de pèlerins continuent à vénérer de nos jours (p. 26).

 

Médaille Fouencamps-Bourgeoys.
web Robert DEROME

Introduction

Fouencamps

Montaigu

Bourgeoys

Vierge mère

Bon-Secours

Graveur