La lecture et l'écriture

L'exposition présente trois femmes tenant un livre à la main : Frances Moore Brooke peinte par Catherine Read (Salle 1), Sarah Salomon par Louis Dulongpré (Salle 2), et une jeune femme lisant dans le manoir de Beauharnois par Katherine Jane Ellice (Salle 3). La récurrence de ces portraits de femmes en train de lire rappelle aussi jusqu'à quel point elles étaient les véritables lectrices de la littérature de fiction et des ouvrages consacrés à l'éducation de la jeunesse. Au même titre que d'autres accessoires, le livre suggère un statut socioculturel : celui de l'avoir et du savoir. Les portraits d'hommes exposés contiennent souvent des références à leur bureau ou à leur travail sous forme de livres, d'écritoires, de documents ou de bibliothèques. Pour sa part, l'imprimé se présente sous de multiples formes : livres, journaux, périodiques, placards, gravures, cartes à jouer, caricatures…

Catherine Read (1723-1778), Frances Moore Brooke (1724-1789), vers 1771, huile sur toile, 72,4 x 60 cm, Ottawa, Archives nationales du Canada, 1981-88-1.

Katherine Jane Balfour-Ellice (vers 1814-1864), The Interior of the Seigniory House at Beauharnois, Lower Canada, 1838, aquarelle, 6 1/2 x 8 3/4 pouces, Ottawa, Archives nationales du Canada, I-6. Photo Robert Derome.

Louis Dulongpré (1759-1843), Sarah Solomon (vers 1769/1770-1812), 1818, huile sur toile marouflée sur carton, 73 x 61,5 cm (cadre 101 x 88,5 cm), Montréal, Musée McCord d'histoire canadienne, M8355.

Louis Dulongpré (1759-1843), Portrait de Thomas McCord (1750-1824), 1816, huile sur toile marouflée sur carton, 77,6 x 65,8 cm, Montréal, Musée McCord, M8354.

Sarah Solomon était l'épouse de Thomas McCord, juge de paix et homme politique. Ils ont fait peindre leur portrait en Irlande ou à Londres à la fin du XVIIIe siècle et, plus tard, commandèrent des copies à Dulongpré. Ces portraits ne forment pas une paire et celui de Sarah fut exécuté six ans après son décès. Le livre à la main suggère davantage la lecture réelle, ou différée, que si l'ouvrage était représenté sur une table ou en bibliothèque. Le caractère intime de la lecture est connoté par la représentation des ombres et des lumières sur le livre ouvert : Sarah semble consentir à lever les yeux de son livre pour regarder un instant le portraitiste.