TEKAKWITHA. |
1943-1960 Guy Boulizon, du tomahawk à la croix.
Écrivain, artiste et historien de l'art né à Nevers, Guy Boulizon (1906-2003) oeuvre dans le scoutisme et l'enseignement, d'abord à Paris, puis à Montréal à compter de 1938 où il touche également à l'édition et au journalisme. En 1943, il publie ce fascicule de 31 pages s'adressant à la jeunesse : Du tomahawk à la croix, La vie douloureuse et rayonnante de Kathéri Tékakwitha. Les images de Kathéri sont ses créations picturales. Il y utilise les encres noires et rouges ainsi que la surface blanche de la page, ou bien le dessin à la ligne. La couverture, numérotée p. 1, présente Kathéri en profil d'ombre, agenouillée au bord d'un cours d'eau parmi les roseaux ainsi que des montagnes à l'horizon, la tête couverte d'un voile, regardant vers les deux autochtones en canot s'approchant vers elle, le chef orné de plumes. La vue de Caughnawaga est saisissante avec ses hauts contrastes dramatiques de rouges et de noirs, mettant l'emphase sur ce lieu de préservation des ossements de Tekakwitha. La dramatisation suit son cours avec la colonne de fumée dénotant la présence de la justice du roi de France supposée faire frémir les Iroquois. Un dessin à la ligne présente une Tekakwitha bien décidée à incarner chez son peuple la croix du ciel. Encore une fois, on retrouve le cliché des tipis des autochtones des grandes plaines américaines amalgamés avec les totems de ceux de l'ouest canadien ! La dramatisation trouve son climax dans les rouges des palabres autochtones près du feu auxquels Kateri échappe par la prière dans la noirceur de son intimité dominée par la croix. Toute cette tension se résoud dans la fuite en canot et le décès de Kathéri où, enfin, sa « case » ressemble quelque peu à leurs véritables maisons longues. Des cartes permettent, très didactiquement, de reconstituer son parcours géographique. Boulizon a bien fait ses devoirs et cite, à la p. 31, les sources qu'il a consultées : Lecompte 1927a, Lavergne 1935, Rumilly 1934 et Bouvier 1939. |
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Boulizon est alors éditeur chez Beauchelin lorsqu'il y publie, en 1960, son propre ouvrage : La croix chez les Indiens.
Les tipis clichés, meublant l'arrière plan de la page couverture, sont repris à la p. 23 dans un hypothétique palabre où Kathéri, drapée d'un long manteau, porte une croix au cou. La scène du canot reprend, à la verticale, la composition horizontale publiée en 1943, plume en moins sur sa tête de Kathéri. Dans la dernière planche, qui relève entièrement du romanesque, Kathéri s'y reconnaît par un bandeau de front tenant ses cheveux. L'intéressante technique de gravure montre une nette évolution par rapport à celle de 1943. |
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