TEKAKWITHA. |
1797-1880 Littératures et hagiographies françaises.
1791-1826 Chateaubriand, Les Natchez, Atala, Catherine des Bois et Geneviève.
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Plan (avec légères modifications) tiré de :
Jacques-Guy Petit, « Amérique française de Chateaubriand, voyage et littérature »,
Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française (web ou pdf).
Le voyage de François-René de Chateaubriand (1768-1848) en Amérique du Nord, d'avril à décembre 1791, inspire plusieurs de ses écrits. Il rédige Les Natchez, durant son exil à Londres de 1793 à 1800, mais y abandonne son manuscrit dans une malle.
Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824), Atala au tombeau, dit aussi Funérailles d'Atala, 1808,
huile sur toile, 207 x 267 cm, Louvre INV 4958. Voir l'étude détaillée de Savettieri 2012.12.15.
Atala, conçu au départ comme un épisode des Natchez, est publié séparément en 1801 (Rey 2018.09.15). Son succès immédiat engendre plusieurs rééditions ainsi qu'un magnifique tableau, peint par Girodet en 1808. Il met en scène la vierge autochtone Atala, soutenue par le père Aubry, mourant dans les bras de son amoureux Chactas. Ce récit combine sentimentalisme, romantisme, vie sauvage érigée comme modèle et mysticisme religieux puisant dans les écrits des missionnaires et explorateurs.
Récupéré vers 1816-1817, le manuscrit des Natchez, réécrit et adapté, est publié en 1826. Il contient une longue section sur « Catherine des Bois » (Chateaubriand 1827, p. 99-116 et 344), soit notre Tekakwitha. Dans un style épique et romantique, Chateaubriand la nomme « Catherine des Bois », l'assimilant à Geneviève de Paris à la remorque de Mgr de Laval qui l'avait appelée « Geneviève de la nouvelle France » tel que rapporté par Cholenec.
« Les merveilles que Dieu opère tous les jours par l'interceſſion d'une jeune Vierge Iroquoiſe, qui a vêcu & qui eſt morte parmi nous en odeur de ſainteté, m'auroient porté à vous informer des particularitez de ſa vie, quand meſme vous ne m'auriez pas preſſé par vos lettres de vous en faire le détail. Vous avez eſté témoin vous meſme de ces merveilles, lorſque vous rempliſſiez icy avec tant de zele les fonctions de Miſſionnaire; & vous ſçavez que le grand Prelat qui gouverne cette Egliſe, touché des prodiges dont Dieu daigne honorer la memoire de cette ſainte fille, l'a appelée avec raiſon la Geneviève de la nouvelle France. Tous les François qui habitent ces Colonies, de meſme que les Sauvages, ont une ſinguliere veneration pour elle: ils viennent de fort loin prier ſur ſon tombeau, & plusieurs par son entreprise ont été guéris sur le champ de leurs maladies & ont reçû du Ciel d'autres faveurs extraordinaires [...] Tegahkoüita (c'eſt le nom de la ſainte Fille dont j'ay à vous entretenir) [Cholenec 1715.08.27, p. 119-121] »
Dans le roman noir Les Natchez, on
« y voit des pères étouffant leurs propres enfants, par amour de la liberté ; des rendez-vous d’amour dans des cavernes pleines d’ossements ; des prisonniers brûlés avec des tourments affreux ; des assemblées de conjurés sur des roches escarpées, au haut des montagnes, au milieu des tempêtes et des fantômes… »,
auquel est associée une pastorale américaine qui présente
« les scènes les plus douces, et les plus voluptueuses ; des moissons recueillies aux chants d’un peuple heureux ; des hymnes, des fêtes, des chasses, […] des tableaux continus d’une nature étrangère à nos climats, et décorée de toute sa pompe virginale, etc. »,
le tout allant jusqu'à l'épopée.
Interprétation tirée de Catel 2018.09.14, p. 4, qui présente les citations tirées de Chateaubriand, Correspondance générale, Tome I, 1789-1807, édition de Béatrix d'Andlau, Pierre Christophorov et Pierre Riberette, Paris, Gallimard, 1977, Lettre XXXI, p. 80-81.
Henri Béchard a en publié des extraits commentés : « Chateaubriand and Kateri Tekakwitha, The Two Patronesses, by François René de Chateaubriand [Kateri 1968.09-E077, p. 08-21] » et « Chateaubriand et Kateri Tekakwitha, Les deux patronnes, par François René de Chateaubriand [Kateri 1968.09-F034, p. 08-21] ». Anonyme, Chateaubriand, portrait dans un ovale, photo A. Landry. — (« Chateaubriand and Kateri Tekakwitha, The Two Patronesses, by François René de Chateaubriand » ; « Chateaubriand et Kateri Tekakwitha, Les deux patronnes, par François René de Chateaubriand » Kateri 1968.09-E077p08-21 et 1968.09-F034p08-21 ; Kateri lives on... La survie, historiographie de Tekakwitha, Kateri 1982.12-E134p28-35 et 1982.12-F091p28-35). |
1827-1845 Hagiographies de la vierge iroquoise par des éditeurs dévots.
L'engouement suscité par Chateaubriand ne manque pas d'inspirer, dès 1827, nombre de publications sur Tekakwitha dont les premières, éditées par les Oeuvres des bons livres de Nantes, s'intitulent Histoire de la pieuse Canadienne (OBLN 1827 et 1834, dont le sujet est catalogué « Tegahkouita » par la BNF). En 1838, le bureau de la Société de Sainte-Philomène, à Clermont-Ferrand, diffuse Tégahkouita, histoire d'une jeune Iroquoise (SSP 1838).
Cette littérature s'illustre parfois de gravures sentimentales propres à émouvoir dans les chaumières. Cette iconographie, marginale dans les représentations de Tekakwitha, n'a pas eu beaucoup d'influence en Amérique septentrionale à cette époque.
AD 1845, p. titre gravée. |
Félix Fleury Robaut (1799-1854 web ou pdf), Almilao et sa fille Tégacouita au berceau, Dors, Ô mon enfant, dors[, ta] mère veille auprès de toi, L. Lefort à Lille, Lith. de Fx. Robaut à Douai, gravure en frontispice de AD 1845, la restitution du mot oblitéré dans la légende provient du texte similaire en p. 8. |
La Vierge iroquoise, Simple récit tiré de l'histoire de l'Église (AD 1845), s'orne, en frontispice, d'une gravure sentimentale, représentant Almilao et sa fille Tégacouita au berceau, propre à émouvoir, tout comme son sirupeux avant-propos.
« L'HISTOIRE qu'on va lire n'est point une fiction pieuse, mais une narration dont les faits fondamentaux, tirés de l'histoire de l'Église et recueillis par des voyageurs religieux et sincères, ne laissent lieu à aucune incertitude. La vie de la jeune Iroquoise est un témoignage éclatant de cette vérité que Dieu sait, quand il lui plaît, et quand nous l'en prions, faire couler dans nos coeurs une onction secrète et pénétrante qui nous arrache aux séductions, qui maintient noire âme dans la paix et même dans la joie, au milieu des plus rudes épreuves, et qui lui fait goûter, jusque sur la croix, d'ineffables délices.
Et c'est une sauvage, d'une des plus féroces nations de l'Amérique, que nous offrons aujourd'hui à l'admiration des lecteurs chrétiens !.....
Sans doute, elle vient du ciel celle religion qui inspire de pareilles vertus ; et si notre faiblesse ne nous permet pas d'atteindre à un modèle aussi parfait, qu'au moins, une sainte émulation nous anime, en comparant notre lâcheté avec le courage, la, persévérance, la charité et toutes les vertus de la vierge iroquoise [AD 1845, p. v-vi]. »
Ainsi en va-t-il du texte :
« Nous laisserons maintenant de côté le nom barbare de Tégacouita, pour l'appeler de celui de Catherine, sous lequel elle va commencer une vie toute nouvelle. Si Tégacouita fut un modèle de sagesse parmi les sauvages, Catherine sera un modèle de vertu parmi les chrétiens [AD 1845, p. 50]. »
Voir aussi LM 1940.09.
1845-1880 Barbou, un très prolifique éditeur religieux.
La maison Barbou est, de loin, l'éditeur le plus prolifique dans ce genre. Ces récits prennent la relève des Lettres édifiantes et curieuses... (LeÉd), mais de manière beaucoup plus romantique, principalement littéraire et hagiographique. Leur succès se concrétise par de multiples éditions dont voici une liste chronologique, non exhaustive, selon leurs variantes de titres...
• Catherine, ou La vierge du Canada (Barbou 1845, 1847, 1850, 1853, 1855)
• Geneviève, ou La vertu persécutée (Barbou 1858, 1859, 1860, 1862, 1864, 1868, 1870, 1873, 1875, 1876, 1880)
• Eugénie, ou La vierge du Canada (Barbou 1862, 1864, 1868, 1872, 1874, 1875, 19--)
• Catherine Tégahkouita, vierge iroquoise (Barbou 1873, 1875, 1876, 1880)
Celles représentant Catherine, Geneviève ou Eugénie, dites vierges iroquoises du Canada, émanent de la reliogiosité offerte aux dévots-dévotes à cette époque glorieuse de l'ultramontanisme. Les textes varient peu même si les titres se présentent sous différents prénoms, que ce soit sous celui de Catherine, son prénom de baptême, la « Geneviève » créée par Mgr de Laval et mise en avant par Chateaubriand (plusieurs exemplaires identifiés par la BNF à « Tegahkouita » dans le sujet), ou bien Eugénie (le texte cité ci-dessous provenant de Barbou 1847, publié sous le titre de Catherine, est identique dans l'édition de Barbou 1862 publié sous le titre d'Eugénie).
Dans un exemplaire de Barbou 1853 conservé aux Archives des jésuites du Canada, l'archiviste Arthur Jones a ajouté, de son écriture à l'encre sur une feuille en troisième de couverture, les sources des textes utilisés.
« Canada - Catherine ou La Vierge du Canada. Tiré des Lettres Edifiantes [LeÉd]. Résumé du P. Cholenec. p. 9. Indes Orientales - Courage et Foi 93 Mort du P. Ducunha Tiré de... Chine Histoire édifiante 113 Tiré de... Siam Une visite 127 Chine Une ville de Chine 139 Tchëu-Tou-Fou p. Freycenon - Miss. apost. Chine - Curiosités chinoises 149 "par Fr. Joseph Vie apost. du Hou Kouan" - Lettre du Général des Franciscains Chine - Un martyre 173 Paul Ju "Joseph Rizzolatti, Vie apost. du Hou-Kouang." »
Une des rares éditions conservées en Amérique du Nord, à la University of Michigan, débute ainsi...
L'importance du cénotaphe de Tekakwitha, évoquée dans ce passage, est mise en valeur dès le retour des jésuites en 1842 (voir 1676 Kahnawake devenu Kateritsitkaiatat). La gravure en frontispice est la même dans les autres éditions numérisées données en bibliographie. La mise en scène y est très manichéenne : Tekakwitha, habillée d'une robe pâle, en sage et stoïque écolière pratiquement européenne, est soumise face à son sauvage bourreau tout en noir qui s'apprête à la martyriser ! Cette scène, de la jeune vierge adolescente soumise avec abnégation à la violence masculine, provient d'un des biographes de Tekakwitha.
Ce courant hagiographique poursuit sa lancée dans un pieux idyllisme romanesque et visuel. Anonyme, « Catherine, sans être émue, baissa modestement la tête », gravure en frontispice de Barbou 1847. |
1848 Nicolle, un faussaire crapuleux.
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Un marchand peu scrupuleux, se présentant sous le seul nom de NICOLLE Éditeur, veut profiter de la manne créée par Chateaubriand qui avait comparé Tekakwitha à Geneviève. Il échafaude une inventive opération de mise en marché, basée sur plusieurs manigances crapuleuses, afin de vendre une médaille de sa fabrication tel que révélé dans ce livre publié en 1848 :
Sainte Tegahkouita [...] Détails sur la jeune Tégahkouita, surnommée la Geneviève de la [Nou]velle-France [...] Lettre du père Cholenec au P. Auguste Leblanc procureur des missions étrangères [...] Au sault de saint-Louis, le 27 août 1715 (Cholenec 1848, p. de faux titre, p. de titre et p. 9).
Nicolle fabrique tout d'abord une fausse relique de Tekakwitha afin d'exploiter la crédulité des croyants qui prêtent foi à de telles balivernes. Il le présente sous le titre « Authentique provenant du tombeau de sainte Tegahkouita ». Puis, il en fait don à l'archevêque de Paris afin d'en assurer la crédibilité pour faire mousser la publicité de la double édition du livre et d'une nouvelle médaille. Il joue de l'hyperbole en utilisant, plus d'un siècle et demi avant sa canonisation, le titre de « Sainte TÉGAGKOUITA ».
Nicolle tente de conférer un certaine authenticité à sa relique en rééditant le texte de Pierre Cholenec (1641-1723) tiré des Lettres édifiantes, missionnaire auquel il attribue, sans vergogne, la fabrication de cette fausse relique. Les grosses ficelles des rouages de cette mise en scène rocambolesque sont présentées dans le texte liminaire que nous transcrivons en entier afin de permettre de savourer le pur jus du double jeu de cette écriture roublarde et bancale.
AUTHENTIQUE PROVENANT DU TOMBEAU DE SAINTE TEGAHKOUITA.
[Cholenec 1848, p. 3-7.]L'honorable missionnaire s'est servi d'un écu de six livres pour sa médaille qu'il avait préparée en usant le côté de l'écu ; un trou a été fait en haut du revers de la tête qui représente Louis XIV dans sa minorité ; la date qui est effacée doit être de 1647 ou 1648. Il a gravé unie inscription latine probablement avec la pointe d'un poinçon ou, d'une alène : cette médaille a été enduite de cire et enveloppée pour la garantir de la destruction ; le trou que j'indique ci-dessus selon toute probabilité doit avoir été fait pour la suspendre à la sainte.
Je l'ai eue en possession pendant quinze ans : elle s'est trouvée dans des mitrailles d'argent destinées à la fonte : sa conservation est un miracle : cette pièce était oubliée : en 1847, faisant des recherches, elle s'est retrouvée par hasard. Vouland dégager la tête d'une croûte épaisse qui la masquait, je l'ai mise séjourner dans un vase contenant de l'essence, elle y resta fort longtemps ; quand je la retirai, des écailles d'étaient détachées : faisant usage d'une brosse pour activer je ne tardai pas à dégager la tête et le cordon, indiquant (Louis XIV roi de France et de Navarre.)
Du côté usé ayant fait disparaître la croûte, il fut facile d'apercevoir des petits points à certaine distance, avec le secours de la loupe et une forte aiguille ; je parvins à déboucher ces piqures et je découvris des lettres et des chiffres qui, rassemblées, forment l'inscription suivante :
IN EIVS MEM. CATH. TEGAHKOVlTA, NAT. ANN. M.DC.LVI, MORT. VIRG. ANN. XXIV AG. IN SALT. S. LVD. EPlGR. IN SEP. POSIT. VIRTVT. ElVS IMMORT. COMM.
La traduction a amené la découverte qu'il était mention de cette sainte dans les lettres édifiantes des missions d'Amérique, renseignement que j'ai été fort long à me procurer. Convaincu de l'importance de ce que je possédais, cette médaille devait cesser de m'appartenir : je l'envoyai à Monseigneur l'archevêque de Paris, le 28 décembre 1847, accompagnée d'une partie des détails que je donne ci-dessus.
ARCHEVÊCHÉ DE PARIS
Paris, le 30 décembre 1847.
Monsieur,
Je suis très reconnaissant de la pensée que vous avez eue d'offrir à mon diocèse la médaille que vous avez bien voulu m'envoyer ; je l'accepte avec plaisir et vous prie d'agréer l'assurance de ma considération distinguée.
Denis AFFRE, Archevêque de Paris.
Monsieur NICOLLE, rue des Juifs, n° 11.
Possédant seul les documents précieux de cette sainte, je fus engagé par quantité de personnes pieuses à faire graver une médaille en son honneur ; j'en remis une à Monseigneur l'Archevêque, j'en fis également le dépôt à la même date, au secrétariat du conseil de prud'hommes, 11 février 1848. Cette médaille représente sainte TÉGAHKOUITA dans le Ciel, demandant des grâces. L'inscription de la légende est : Sainte TÉGAGKOUITA, Vierge bien-aimée de Dieu, ses prières sont exaucées, 28 décembre 1847. Sur le revers une croix entourée de rayons ; pour inscription : Heureuse mission du Sault saint louis, vous avez bien mérité de Dieu en travaillant pour sa gloire, 1680.
NICOLLE, Éditeur.
Les archives ne conservent aucun trace de cette opération frauduleuse...
« Il ne nous est parvenu que fort peu d’archives de Mgr Affre et je n’y ai rien trouvé sur la médaille de sainte Kateri (Catherine) Tekakwitha. J’ai en outre consulté les tables de la publication L’Ami de la Religion et du Roi, qui donnait à cette époque les principales nouvelles ecclésiastiques, politiques et culturelles et qui aurait pu éventuellement consacrer quelques lignes au don de cette médaille, malheureusement en vain. Je ne vois pas, de mon côté, comment continuer cette recherche. Avec mes regrets, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma respectueuse considération. Ph. Ploix, pr., Archives historiques du diocèse de Paris, 20 septembre 2018. »
1858 Un romancier opportuniste et son titre accrocheur : L'iroquoise de Caughnawaga.
| Un autre français a pu également vouloir profiter de cette vague de popularité avec ce titre accrocheur : L'iroquoise de Caughnawaga (Chevalier 1858). Cette historiette romanesque n'est pas sans rappeler Atala ou la « Catherine des Bois » de Chateaubriand. Oroboa, surnommée Flèche-rapide, habite également la bourgade du Sault-Saint-Louis, mais l'action se déroule au début du XIXe siècle. Son amour pour l'homme blanc Arthur de Léry se terminera tragiquement. Mais là s'arrête la comparaison avec l'oeuvre du grand écrivain par cet émule qui « ne parvient pas ici à unifier son intrigue [DOLQ 1978-1980, t. I, p. 749 ou en ligne] ». Henri-Émile Chevalier (1828-1879), journaliste et homme de lettres français condamné à l'exil par Napoléon III, s'était réfugié à Montréal en 1853 où il était devenu membre de l'Institut canadien puis rédacteur en chef de la Ruche littéraire qui véhiculait des idées républicaines et antibonapartistes. Profitant de l’amnistie accordée aux exilés politiques, il quitte le Québec en 1860, mais continue à publier sur l'Amérique. |
TEKAKWITHA. |