Le luth du sulpicien François Vachon de Belmont 

Le sulpicien François Vachon de Belmont (1645-1732) jouait du luth à Montréal vers 1686-1693 tel que documenté par les lettres de Louis Tronson (1622-1700)  :

« Je ne fais pas même de difficulté que, pour l'accomplissement de votre musique, vous ne vous serviez du luth que la Providence de Dieu vous a fait trouver à Montréal. Je sais l'inclination que vous y avez eue autrefois : mais elle sera assez rectifiée pour ne vous point faire de tort, quand vous ne jouerez que dans l'église, et que vous ne vous en servirez que comme d'un instrument, non pas pour exciter les passions, mais pour porter à la dévotion. » 

Vachon jouait du luth pour ses « frères », certainement les autres sulpiciens du Séminaire de Montréal dans l'édifice dessiné par Dollier de Casson, terminé en 1685, puis agrandi par Vachon de Belmont (John Drake, Séminaire des sulpiciens vu du jardin, 1828, dessin, Archives du Séminaire de Québec). Ou bien au Fort de la Mission de la Montagne (dessin et reconstitution par Francis Back).

Certaines interprétations, relevant du roman historique, ont prétendu que Vachon de Belmont aurait joué sur le luth laissé par Maisonneuve à Montréal en 1665 qui comptait y revenir...!? Ce qui serait fort étonnant étant donné le contexte du départ de Chomedey, le coût de l'instrument et l'attachement de Maisonneuve à sa musique. Notons également qu'une vingtaine d'années séparent le départ de Maisonneuve de Montréal et les documents attestant que Vachon trouve un luth à Montréal. Plusieurs autres personnes auraient pu apporter ou envoyer des luths durant ces deux décennies...! Il n'y a là rien d'étonnant, puisque le luth était l'instrument de prédilection à cette époque et qu'il se transporte beaucoup plus facilement qu'un clavecin ou des orgues.

Le nom « Belmont » apparaît au premier feuillet d'un charmant carnet de dessins à l'encre conservé dans les Archives des sulpiciens à Montréal, intitulé « Divers peizages figures et fortifications dessinees a la main en lanée 1675 ». Ces magnifiques dessins illustrent l'art civil du XVIIe siècle tel que pratiqué par les lettrés de cette époque et constituent de magnifiques pendants à l'art du luth par leur caractère intimiste et sophistiqué.

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