TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

1955 Une colorée composition moderniste par Lucile Sperry alias Sister Mary Ruth.

« Sr., Lucille Sperry and her special hobby » (CSJA).

(KC AKR P018-2 et P088-3 sans signature).

Les archives de la Congregation of Saint Joseph (collaboration Lisa Gibbon et Sarah Lubelski, CSJA — Congregation of St. Joseph Archives) permettent de dater de 1955 cette remarquable oeuvre de Lucile Sperry (1907-2002). Née à Cheboygan MI, elle vit à Detroit MI avant prendre le nom de soeur « Mary Ruth » à son entrée en communauté, à Nazareth MI en 1927, expliquant ainsi sa signature (CSJA, 1969.01.18). Une reproduction permet d'apprécier les magnifiques couleurs primaires utilisées dans un style moderniste. Mais, en rognant un des deux conifères ainsi que le large drapé au sol, elle dénature malheureusement la composition originale équilibrée où la figure est agenouillée, vue dans une audacieuse plongée et bien cadrée entre deux collines de neige.

1. « The wash and layout » (CSJA).

2. « More paint and color added » (CSJA).

3. « Almost a finish. » (CSJA).

4. « 1955 Finished » (CSJA).

La maîtrise picturale de Sperry découle de ses études au prestigieux Art Institute of Chicago, en 1945-1947, où elle obtient un Bachelor of Fine Arts ainsi qu'un Master of Fine Arts (CSJA, Ministry Record et Necrology).

« Nazareth associate professor of art, Sister Ruth earned her MFA degree from the Art Institute of Chicago and has taken work at the College of St. Catherine, St. Paul, and the University of Notre Dame. She studied under Emil Jacques, Stanley S. Sessler, Constantine Pougialis and Malcolm Hackett. She is a member of the Catholic Art Association, College Art Association of America and the Michigan Art Education Association [CSJA, 1952.04.14]. »

 Pellicule positive montrant l'ensemble du tableau et les caractéristiques de la touche (voir ce scan de très grand format), mais dont les couleurs ont mal vieillies (CSJA).

 Son Go to Joseph (CSJA), signé d'un joli monogramme LS, montre sa sensibilité au modernisme en art religieux pour le saint patron de sa communauté. Cette composition et son format dénotent l'influence du mouvement amorcé dans les années 1930 par Ade Bethune illustrant les figures célestes dans les gestes de leurs travaux quotidiens.

Dès 1970, le père mariste Charles Decker commanditaire de l'oeuvre (voir 1988) alors qu'il dirigeait le Indian River Shrine Michigan, ainsi que son successeur, attestaient qu'elle ne s'y trouvait pas, information corroborée par la Cross In The Woods National Shrine qui n'a rien trouvé dans ses archives (collaboration Michael Haney 19 avril 2021).

Transcriptions : lettre manuscrite et carte postale (CSJA, 1970.11.23).

« Marist College and Seminary, Framingham Center, Mass. Nov. 23, 1970. Dear Sister Mary Ruth. I remember that you enquired years ago about the fate of your beautiful painting which used to hang in the lobby of the Rectory at Indian River of which I was proud. I believe I told you that I did not know. I still do not know. And my immediate successor who was at the Shrine for only a year told me he did not know. "Among my souvenirs" to quote a famous old song I found the enclosed negative of a picture I had taken by a man in Cheboygan. I do not recall his name. That was 10 years ago. However, if it can be of use to you, you are the person who should have it. I am confident that other masterpieces have succeeded it. You are an honor to your Religious Society and you are an honor to the world of Art. Esteem, affection and prayerfull good wishes always from your friend in Christ. Chas. J. Decker, S.M. »

La signature « Sr M. Ruth » a été déplacée sous le drapé droit de son vêtement au sol alors qu'elle devrait se trouver sous la colline de neige à l'extrême droite qui a été coupée de la composition.

Sous l'image — « Kateri Tekakwitha "Lily of the Mohawks" ».

VERSO — Tampon : « Catholic Shrine Indian River Michigan ». Imprimé : « Printed by Review Printing Co. — Petoskey, Michigan | POST CARD | Place Postage Stamp Here ». Texte manuscrit à l'encre : « Dear Sister Ruth. This may not measure up to your masterpiece, but it is pretty good, I believe. Gratefully, Chas. J. Decker, s.m. ». Ajouté par une autre main d'écriture : « No. 1 Photo ».

 La localisation caduque « sanctuaire d'Indian River au Michigan » persiste dans la légende de la photo publiée en 1987, aux coloris plus mats et au cadrage davantage tronqué allant jusqu'à couper la signature, mais où on apprend qu'elle y apparaît « pendant la chasse hivernale de 1678, avec une couverture rouge, qu'elle remplaça quelques mois plus tard par un châle bleu » (Kateri 1987.03-E151p22 ; 1987.03-F108p22).

 Une note manuscrite de Lucile Sperry semblerait indiquer qu'en 1988 le tableau aurait pu alors se trouver à Auriesville.

« Fr. Charles Decker — Shrine at Indian River — Commisioned me to paint picture of Kateri tekawitha — Mohawk. Picture could not be found. As of 1988 was at her birthplace in Auriesville N.Y. (Between N.Y. thruway exits — 27 & 28 [CSJA] »

Beth Lynch affirme ne pas l'y avoir vu au Our Lady of Martyrs Shrine, sanctuaire fondé par les jésuites à Auriesville, où elle officie en tant que « pilgrimage coordinator & museum manager » (collaboration 210801). Melissa Miscevic Bramble affirme qu'il ne se trouve pas non plus à 9,5 km de là, au Saint Kateri National Shrine and Historic Site à Fonda, sanctuaire fondé par les franciscains sur l'autre rive de la rivière Mohawk où elle est « Director of Operations » (collaboration 210803).

En 1957, on vend 30 000 boîtes de cartes de Noël imprimées d'après les dessins de soeur Ruth, rapportant 15 000 $US à sa communauté (CSJA, photos et 1957.12.15, équivalant à 145 033 $US en 2021 ou 180 952 $CAN). Une version aux coloris différents de son tableau Our Blessed Mother, au mur derrière elle, a été transmise à son neveu Charles Sperry (CSJA, pdf).

 « PRISON PAINTING — Sister M. Ruth, S.S.J., describes the use of Christian symbolism in one of the paintings that make up the annual show of paintings by inmates at Southern Michigan Prison at Jackson. Nazareth College currently has the show on exhibition in the college's administration building basement concourse. Sister Ruth explains that members of the Michigan State University art department serve as a jury for the show, selecting the paintings and pricing them. The money raised through the sale of paintings is used to purchase more art materials [CSJA, photo et 1966.10.14]. »

 En 1969, elle prend un congé sabbatique pour enseigner les arts plastiques dans une école publique (CSJA, 1969.01.18).

 Sa vie active l'amena à prendre part à diverses associations, conférences, colloques, expositions (CSJA, non daté).

 

   

TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »