La représentation du livre.

Hors de la bibliothèque, le livre se trouve soit dans la main du sujet d'un tableau soit sur une table ou sur une autre surface.

Habituellement, l'ouvrage tenu en main veut suggérer la lecture, une lecture différée par la présence du peintre.

Parfois, le livre, tenu en main, est fermé et repose sur la cuisse du personnage tout en ajoutant à la présence d'une bibliothèque en retrait et à d'autres livres ou documents sur une table (L'honorable Denis-Benjamin Viger, gravure, 1832).

Un doigt - le plus souvent l'index, parfois mais moins naturellement le majeur - sert alors de signet pour indiquer le retour éventuel à la lecture. Ou alors, c'est le pouce qui marque la page d'une lecture encore plus vraisemblablement différée car le livre est ouvert, reste ouvert.

Il arrive que des prêtres tenant un livre à la main pointe du doigt de l'autre main le texte comme s'il s'agissait d'un texte fondamental, de la Parole écrite.

Mis en rapport avec le corps, le livre pourra exceptionnellement et naïvement se trouver sous le bras d'un prêtre en marche (Anonyme, gravure de 1873 d'après une oeuvre de 1806).

Le livre pourra encore être ouvert sur une table devant le sujet du tableau (Roque).

Ou plus rarement, il sera ailleurs, sur le manteau d'une cheminée comme dans le tableau La famille Woolsey (1809) de W. Berczy.

Le portrait représente le livre côté tranche, avec le doigt comme signet ; rarement le livre est-il représenté côté épine, auquel cas l'observateur pourra avoir l'impression d'un prétexte à l'ostentation sociale d'un personnage qui met le livre en scène sans référence à la lecture (Sabrevois de Bleury, Beaucourt, 1780).

Le portrait avec livre a quelque chose d'autobiographique. Le format des livres tenus en main par les prêtres et évêques renvoie au bréviaire ou au livre de piété.

Il prend aussi une signification religieuse lorsque, comme dans le cas de l'abbé Roque ( Roy-Audy, 1835) ou de Mgr Plessis (? ? ?, 18 ? ?) le livre est mis en rapport avec un crucifix ou associé à d'autres attributs religieux comme le surplis, l'anneau épiscopal ou la croix pectorale (Mgr Lartigue, attribué à Yves Tessier, vers 1840).

Le peintre présente le portrait comme un genre d'autobiographie livresque lorsqu'il permet à l'observateur d'identifier le ou des livres mis en scène. C'est le cas du portrait de l'abbé Morand où le titre « BIBLIA SACRA » est manifeste sur l'épine du livre qu'il tient en main.

Anonyme, L'abbé Antoine-Marie Morand (1724-1773), vers 1760-1773, huile sur toile, Québec, Musée du Québec, 55.696. Ce tableau provient de Varennes où Morand fut curé de 1760 à 1773.

C'est le cas pour une partie de la bibliothèque de Mgr Gaulin : on peut identifier la Bible, un Bréviaire, des livres de théologie et de droit canon, des vies de saints, une histoire ecclésiastique et quelques titres en anglais, rappel que Mgr Gaulin est évêque de Kingston.

L'autobiographie livresque est particulièrement manifeste dans le portrait de Louis-Joseph Papineau (1836) par Antoine Plamondon : les sources d'inspiration du tribun (Démosthène, oeuvres complètes de Cicéron dans la main gauche, avec l'index comme signet), de l'homme politique (Aristote, Montesquieu) de son temps (ouvrage d'Economie politique) et du citoyen britannique (Speeches de Fox) vivant en Amérique (Jefferson) sont étalées en avant-scène de la bibliothèque.

Montesquieu ne départage pas pour autant les hommes politiques : et Papineau et de Bonne, son adversaire politique qui se fait portraituré avec l'Esprit des lois en main, laissent savoir et voir qu'ils le lisent. (Est-ce certain que de Bonne lit Montesquieu ?)

1764

[Louis] Alliés, Le martyre de Robert Longé, 1764, huile sur toile, 210,8 x 94 cm, Québec, Musée du Séminaire de Québec.

Thibault 1977, p. 17, n° 2.

Fin XVIIIe siècle

Anonyme, Sabrevois de Bleury, Jean-Clément (1729-1784) ou Clément-Christophe-Anne (1755-1827), XVIIIe siècle, huile sur toile, Montréal, Musée des beaux-arts de Montréal.

Major-Frégeau 1979, p. 105, fig. 25.

Fin XVIIIe siècle

Anonyme, L'abbé Antoine-Marie Morand (1724-1773), XVIIIe siècle, huile sur toile, Québec, Musée du Québec, 55.696.

Major-Frégeau 1979, p. 102, fig. 22.

Fin XVIIIe siècle

Philippe Liébert (1733-1804), Saint Marc, fin XVIIIe siècle, bois doré et peint, Fabrique de Vaudreuil.

1788

Attribué à Louis-Chrétien de Heer (1760-avant 1808), David Augustin Hubert (1751-1792), 1788, huile sur toile, 81,2 x 66 cm, Québec, Fabrique Notre-Dame de Québec.

En 1787, dans la Gazette de Québec, Louis-Chrétien de Heer fait paraître une annonce où « il s'offre à tirer des Portraits en Huile et Pastel, des Paysages, Tapisseries de toutes Especes [...] et se fait fort d'instruire en peu de tems toutes les personnes qui desireront, d'apprendre le dessein (Lacasse-Gales 1983) »

« La coutume est venue à Québec de se faire peindre. Le portrait du curé est très vrai. J'ai fait Consentir Mgr L'Ancien [Mgr Briand] à se faire tirer, il n'est pas si bien. » Lettre de l'abbé Gravé, supérieur du Séminaire de Québec à Mgr Jean-François Hubert, le 11 février 1788 (Thibault 1977, p. 31, n° 18).

Ne pourrait-il pas s'agir d'un Dulongpré ?

À voir et photographier pour une meilleure photo.

1793

Anonyme, David Augustin Hubert, curé de Québec, noyé le 21 mai 1792 ; homme charitable et tendre, 1793, gravure à la ligne et au pointillé sur papier vergé, image 15,1 x 12,1, feuille 21,6 x 14,8 cm, Collection privée et Archives du Séminaire de Québec.

« Le 11 avril 1793, la Gazette de Québec annonçait la publication d'une gravure qui pourrait être le premier portrait imprimé réalisé au Canada.

ON VIENT DE PUBLIER, - (Prix Douze Sols.) et l'on vent [sic] à l'imprimerie, Un portrait Elegant de Feu Mr. [sic] DAVID AUGUSTIN HUBERT, ce-devant Curé de Québec. »

Allodi 1980, p. 14, cat. 7.

Vers 1799-1802

William Berczy (1744-1813), Louis Genevay, vers 1799-1802, huile sur cuivre, 29,2 x 23,2 cm, Québec, Musée de l'Amérique française, PC983.4.

Louis Genevay, assis à sa table de travail, est entouré des outils d'écriture, plume et manuscrit, d'un encrier en verre et de lettres dont l'une porte un cachet de cire. Un livre est déposé sur le manteau de cheminée.

Allodi 1991, p. 121, ill. coul. pl. IX, p. 182, ill. cat. 52.

1806

Anonyme d'après une oeuvre du début du XIXe siècle, Canadian Costumes, 1806, A French Canadian lady and a Catholic Priest, vers 1873, gravure, feuille 22,8 x 32,4, image 16,2 x 13,1, Montréal, Musée du Château Ramezay, 1998.504, partie découpée de la p. 4 de The Dominion Guide.
Bibliographie. Dominion Guide 1873.

Vers 1807-1826

W.M. Ward (1766-1826) d'après une huile sur toile de James Tannock (1789-1862), Portrait de Adam Lymburner (1735 ou 1736 - 1836), mezzotint, 41,8 x 30,5 cm, Montréal, Musée du Château de Ramezay, 1998.905.
Bibliographie. DBC, vol. VII, p. 565-568.
Photo Robert Derome 990202.

Né en Écosse, Lymbuner immigra à Québec en 1772. Il fut marchand, officier de milice, représentat colonial et homme politique.

Situer le rôle politique de Lymburner en rapport avec le parlementarisme et la rhétorique.

Il demeure en Angleterre après 1791 à cause de son asthme. Il rentra à Québec en 1799 et retourna à Londres pour de bon en 1807.

Le graveur Ward est décédé en 1826, alors que le peintre Tannock est né en 1789. Il semble raisonnable de dater ce portrait après le retour définitif de Lymburner à Londres en 1807.

1810

Louis Dulongpré (1759-1843), Abbé François Boissonnault, 1810, huile sur toile, 67 x 54,3 cm, Québec, Musée du Québec, 68.150.

Derome 1988a, p. 31, fig. 11.

1811

Modelled by L. Gahagan, Engraved by A. Cardon, from Mr. A. Chalon's Miniature, George the Third, in the 51.t Year of his Reign, gravure, feuille, image, Montréal, Musée du Château Ramezay, dossier Georges III, roi.
Inscription. En h.d. à l'encre « G ». Au centre, sur la plaque du tombeau « GEORGE the THIRD, / in the 51.t Year of his Reign. ». Sur le document b.g. de l'image « CHARTA ». Sur la tranche du livre en b.d. de l'image « HOLY BIBLE ». En bas de l'image « His Majesty George the Third. / Modelled by L. Gahagan & Engraved by A. Cardon, from Mr. A. Chalon's Miniature / In the possession of His Royal Highness the Duke of Sussex / To whom this Print is most respectfully dedicated, by his Royal Highness devoted humble Serv.t R. Ackermann ». En b.g. « Blest Nation, whom the Royal Sage / Has govern'd more than half an age, ». En b.c. « London, pub.d at R. Ackermann's Repository of Arts 101 Strand. / June 1.st 1811. ». En b.d. « That added Years may still be gi[ven] / Is that Nation's prayer to Heaven ».
Provenance. Don du Juge Baby avant 1901 (Catalogue de 1901, p. 95).
Numérisation. Robert Derome.

Avant 1813

Louis Dulongpré (1759-1843), James McGill, avant 1813, huile sur toile, 83,6 x 67,8 cm, Montréal, Musée McCord, M970X.106.

Derome 1981/12. Derome 1988a, p. 16, fig. 6.

1818

Louis Dulongpré (1759-1843), Sarah Solomon, 1818, huile sur toile marouflée sur carton, 73 x 61,5 cm, Montréal, Musée McCord, M8355.

Derome 1988a, ill. coul. p. couverture, fig. 8 et 16.

1824

Joseph Légaré (1795-1855), Saint François de Paule en prière, 1824, huile sur toile, , Québec, Monastère des augustines de l'Hôpital général.

Porter 1978, ill. p. 27, cat. 5.

Asher B. Durand, Mgr Joseph-Octave Plessis (1763-1825), vers 1826, gravure, 40 x 28,7 cm (oeuvre encadrée, partie visible à l'intérieur du passe-partout), Montréal, Musée du Château Ramezay, 1998.1062.
Photo Robert Derome 990202.

1826

Antoine Plamondon (1804-1895), Mgr Joseph-Octave Plessis (1763-1825), 1826, huile sur toile, 90 x 76,5 cm, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, 23168.

Vers 1830-1837

J. Cochran, d'après un tableau de Hy. Dawe, publié par Fisher Son & Co à Londres et par Boudaille à Paris, His Most Gracious Majesty, William-Henry the Fourth, gravure, feuille 24,4 x 17,1 cm, image 11,3 x 8,9 cm, Montréal, Musée du Château Ramezay, 1998.1300.
Signature. Sous l'image « Engraved by J. Cochran, from a Painting in the possession of Her Majesty the Queen, by H.y Dawe, Esq. ». En h.d., à l'encre « W. ».
Inscription. Sous l'image « HIS MOST GRACIOUS MAJESTY, WILLIAM-HENRY THE FOURTH. / William Henry [signature], / FISHER, SON & Co. LONDON. / BOUDAILLE, À PARIS. »
Numérisation. Robert Derome.

Né en 1765, décédé en 1837, roi de Grande-Bretagne et d'Irlande, roi de Hanovre (1830-1837). Il succéda à George IV et laissa gouverner ses ministres, Wellington, Grey, Melbourne, Peel. Ses successeurs furent Victoria en Grande-Bretagne et son frère Ernest Auguster Ier au Hanovre.

Vers 1832

F.J. Bertrand, Paris, Ostensoir, vers 1832, argent, H. 92 cm, Musée d'art de Saint-Laurent.

Détail du pied, L'Agneau mystique, reposant sur le livre saint avec comme signets les 7 sceaux de l'Apocalypse.

Lavallée 1983, ill. p. 110-111.

1832

Robert Sproule et Adolphus Bourne, Allégorie de la littérature, de la peinture, de l'architecture et de la musique, 1832, lithographie, 12,5 x 88 et 18,7 x 13 cm, Montréal, Université McGill, Département des livres rares et des collections spéciales, Collection de Canadiana Lawrence Lande, et Bibliothèque nationale du Québec.

L'allégorie de la littérature, protégée des foudres de Zeus par un bouclier, occupe le sommet de la colonne des arts sous forme d'un angelot tenant une plume et un livre ouvert où s'inscrit le titre du premier numéro du Montreal Museum or Journal of Literature and Arts paru en décembre 1832 et dirigé par Mme L. Gosselin.

Allodi 1980, p. 88, cat. 38.

1833

Robert Sproule, E.R. Fabre et Adolphus Bourne, St. François Xavier, Apôtre des Indes, 1833, lithographie, 157 x 117, 285 x 230 mm, Ottawa, Archives nationales du Canada.

Allodi 1980, p. 99, n° 42.

1835

Jean-Baptiste Roy-Audy (1778- avant 1848), Abbé Jacques-Guillaume Roque, sulpicien (1761-1840), 1835, huile sur toile, Montréal, Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal.

« À vendre, à l'atelier du soussigné, Rue McGill, sur le marché-à-foin, plusieurs copies du Portrait du Révérend Messire Rocques, Vicaire-Général, et ci-devant Directeur du Petit Séminaire de Montréal. J.R. Audy, Montréal, 26 novembre [1835] ». Cauchon 1971, p. 97.

« On lui doit la rédaction de plusieurs coutumiers et règlements pour l'établissement [du petit séminaire de Montréal]. Il participa en outre, avec ses collègues Antoine-Jacques Houdet et Claude Rivière, à l'élaboration de deux grammaires, l'une française et l'autre latine. » DBC, vol. VII, p. 822.

1835

Antoine Plamondon (1804-1895), L'abbé David-Henri Têtu, 1835, huile sur toile, 122 x 101,5 cm, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, 14895.

1836

Antoine Plamondon (1804-1895), Louis-Joseph Papineau, 1836, huile sur toile, 122 x 106,5 cm, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, 17919.

Plamondon montre le très grand intérêt de Louis Joseph Papineau pour l'écrit. La main posée sur le parchemin est en relation directe avec les livres, l'écritoire, la plume et la bibliothèque à proximité de son bureau.

Outre les sept rayonnages camouflés dans l'obscurité derrière le rideau au-delà de la table de travail, le portait montre plusieurs livres. Celui tenu dans sa main gauche, dans lequel un doigt est inséré, se trouve au niveau de l'abdomen et du bassin. Son inscription « C. ONIS / OP.RA » peut faire référence soit au grand orateur Cicéron ou soit au diplomate espagnol Don Luis de Onis (1762-1827), ministre plénipotentiaire délégué aux États-Unis.

Sur la table de travail on retrouve plusieurs ouvrages illustrant les positions et préceptes de Papineau à travers les âges et les peuples : de l'Antiquité grecque, le philosophe Aristote puis Démosthène, orateur et homme politique défenseur de la démocratie ; L'esprit des lois publié en France au Siècle des lumières par Montesquieu, qui préconise le respect de la personne par les institutions politiques, lecture qu'il partage avec son adversaire politique Pierre-Amable De Bonne ; Thomas Jefferson, le démocrate républicain américain rédacteur de la déclaration d'Indépendance ; l'Anglais Charles Fox, défenseur des colonies américaines ; et finalement, l'Économie politique..., qui venait tout juste d'être publiée à Paris, en 1834, par Alban de Villeneuve-Bargemont (1784-1850).

Béland 1991b, p. 420, n° 188.

1er janvier 1839

Painted by E. T. Parris, engraved by A Dick, printed by J. Neale, Her Majesty the Queen, January 1, 1839, gravure, papier monté sur tissu, image x cm,, feuille x cm, Montréal, Musée du Château Ramezay, dossier Reine Victoria.
Signature et inscription. b.g. « PAINTED BY E. T. PARRIS, ESQ., Historical Painter to Her Majesty Queen Adelaide », b.d. « ENGRAVED BY A. DICK / Printed by J. Neale », b.c. « HER MAJESTY THE QUEEN. / Engraved for the New-York Albion, January 1, 1839. ».
Conservation. Déchirures, h.g., h.d. et b.g.. Papier jauni et sec, brûlures et pertes b.d..
Numérisation. Robert Derome.

vers 1840

Attribué à Yves Tessier (1800-1847), Monseigneur Jean-Jacques Lartigue (1777-1840), vers 1840, huile sur toile, 91,5 x 76,7 cm, Montréal, Musée du Château Ramezay, CR710.
Photo. Robert Derome.
Bibliographie. Béland 1991b, p. 520-521, n° 242.

1842

Joseph Légaré (1795-1855), Souvenirs des Jésuites de la Nouvelle-France, 1842, huile sur toile, 1,32 x 1,65 m, Québec, Résidence des Jésuites.

Dans ce grand tableau de Joseph Légaré, Souvenirs des jésuites de la Nouvelle-France, le buste de Brébeuf occupe la place centrale. On doit donc dorénavant dater ce tableau de 1842 et non de 1843. Légaré a également peint à la même époque Le martyre des pères Brébeuf et Lalemant qui s'inspire de la gravure de Huret. (Porter 1978, p. 71-73, n° 52 et 53, ill. p. 74-75.) Légaré en modifia la morphologie, sous forme archaïsante d'un buste à l'antique, afin de l'intégrer à sa composition en triangle. Le martyre de Brébeuf et Lalemant y est évoqué dans la partie droite par une copie de la gravure publiée dans Histoire et description générale de la Nouvelle-France du jésuite Charlevoix parue en 1744, ouvrage d'ailleurs illustré sur le côté gauche du tableau. Le livre de Charlevoix n'est pas orné d'une gravure en frontispice. Légaré croyait reproduire son portrait (Porter 1978, p. 72), alors qu'en fait c'est celui du père Paul Le Jeune de la Compagnie de Jésus (Martin 1988, p. 5).

L'idée de l'éphémère évoquée par les roses, celle de la mort par le crâne de Brébeuf, et la composition en triangle réfèrent aux vanités du XVIIe siècle. Un bout de parchemin sous le crucifix porte l'inscription « Le P. de Brebeuf brûlé en 1649 ». Le retour des jésuites est donc placé sous son égide, ce qui n'est pas étonnant puisqu'il était le fondateur de la mission en Huronie. Leur nouvelle iconographie ne s'inspire donc plus de la gravure de Huret mais du buste de Poilly qui prend alors valeur de symbole : les Archives de l'Hôtel-Dieu de Québec du 25 novembre 1844 nous informent que « Mgr Bourget vint voir notre Comté, il sollicita la chasse ou est le chef du Rd P. de Breubeuf qu'il vouloit avoir pour les R.R. P.P. Jésuites établi a Montréal. Mr Demers notre Supr. conseille de ne le laisser jamais sortir de notre maison (QAMAHD, « Notes et mémoires des anciennes mères », 1835 à 1849, Cahier dactylographié relié spirale, p. 22).

Texte extrait et adapté à partir de Derome 1997b.

Frère François, Père Crespel (avant 1760?)

Anonyme, Enfant avec ceinture fléchée et livre sous le bras, c. 1800 (LIVRE)

Beaucourt, la Mère Despins, 1792 (LIVRE). Major-Frégeau 1979, p. 76, fig. 10.

Beaucourt, l'abbé Poncin (LIVRE). Major-Frégeau 1979, p. 77, fig. 11.