On retrouve le luth de
Paul Chomedey de Maisonneuve parmi l'inventaire de son
« Linge » : « ltem un
luth dans sa boeste garny de ses cordes prisé dix
livres ». Giuseppe
Maria Crespi dit « Lo Spagnolo »
(1665-1747), Bologne Italie, Femme jouant du luth,
vers 1700-1705, huile sur toile, 121.3 x 153.0 cm (47 3/4 x
60 1/4 in.), Boston, Museum of Fine Arts, Charles Potter
Kling Fund, 69.958.

Un des rares luths
français conservés du XVIIe siècle est
celui du luthier Jean Desmoulins
(décédé en 1648), à 9
choeurs, fabriqué à Paris en
1644. L'inventaire de
l'atelier de Desmoulins, après son
décès, présente une grande
quantité de luths d'un coût variant entre 4# et
35#, provenant de son atelier, ou de Padoue, Boulongne,
« Escouvel », Venise, Florence, Rome,
Angleterre, Paris... Collection :
Paris, Musée
de la musique.



« Et apres avoir vacqué a ce que dessus jusques pres de sept heures les meubles inventoriés en la presente vaccation ont esté laissés en la garde et possession dud Fin qui s'en est chargé a l'exception dud luth que lad dame [Marie Bonnot] a déclaré luy appartenir et quelle a [ramené ?] et fait emporter [...] »
L'inventaire après décès décrit ce luth parmi les biens de Maisonneuve sans relever aucun autre droit de propriété particulier. Pourquoi alors Marie Bouvot déclare-t-elle qu'il lui appartient ? Cette réclamation est à mettre selon nous au même rang que ses prétentions générales à l'héritage de l'ensemble des biens de Maisonneuve.
« L'inventaire est rendu nécessaire par les prétentions de Dame Marie Bonnot, nièce de Maisonneuve, qui se déclare "seule habile à se dire et porter héritière du deffunt Paul de Chomedey". »
Pourquoi cette prétention ? Dans son testament, Maisonneuve ne donnait rien à ses héritiers légaux dont la fille de sa soeur Jacqueline, sa nièce Marie Bonnot. Celle-ci a contexté le testament mais Maisonneuve avait pris ses précautions, son ami et exécuteur testamentaire Philippe de Turmenyes a veillé à son exécution (CHM 1996, p. 84).
En effet, ce luth est un bien luxueux, puisqu'à lui seul il équivaut à la même somme que tout le mobilier de la petite salle basse (n° 7 dans le tableau ci-dessous). Notons encore que ce luth équivaut à 20% du salaire annuel du serviteur Louis Fin, à 12% du prix de location annuel de l'appartement du sieur de Maisonneuve ou à 2% de sa rente annuelle.