TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

1932- Anonyme, Le lis des Iroquois, Catherine Tekakwitha.

Priant en forêt, Lis 1932- p. couverture.

Lis et collines arborées, Lis 1932- p. 7.

Tekakwitha priant devant une croix sur un arbre en forêt, Lis 1932- p. 8.

Tekakwitha écrase le blé d'Inde pour la sagamité entre deux grosses pierres, Lis 1932- p. 23.

Tekakwitha camouflée en forêt, gardée par un autochtone fumant le calumet, poursuivie par un autre armé, Lis 1932- p. 33.

Tekakwitha s'infligeant des sévices corporels pendant que les autres dorment, Lis 1932- p. 59.

Tekakwitha recevant la communion sur son lit de mort, Lis 1932- p. 69.

Le cénotaphe de Tekakwitha, Lis 1932- p. 79.

Signatures.

p. 7

p. 23

p. 33

p. 45

p. 59

p. 69

Le XIXe siècle avait édité de très nombreuses hagiographies historico-romamesques consacrées à Tekakwitha. Cette propagande se met ici au goût du jour dans cet ouvrage anonyme intitulé Le lis des Iroquois, Catherine Tekakwitha (Lis 1932-), qui utilise son prénom de baptême Catherine mais son nouveau symbole du lys tel qu'établi depuis Walworth, dans cette édition novatrice incluant des illustrations d'un style influencé par le arts and crafts et l'art-nouveau, voire par Gustav Klimt (1862-1918) dans son grand manteau. La page couverture reprend la thématique mise de l'avant par Devine dès 1916, priant en forêt, également reprise en version élargie à la p. 45.

Les autres illustrations montrent Tekakwitha dans des scènes biographiques à caractère pseudo-ethnologique missionnaire. On s'éloigne de plus en plus de l'iconographie sévère et rigide établie par les gravures au XVIIIe siècle en pénétrant dans la vie quotidienne de Tekakwitha et de sa famille autochtone.

C'est là un reflet des réalités ambiantes visant à valoriser le travail des femmes à la maison par la « science du ménage » : programmes d'enseignement ménager, d'éducation familiale ou d'économie domestique, écoles ménagères, cercles des fermières, École des arts paysans ouverte en 1930 par le ministère de l'Agriculture qui devient l'École des arts domestiques, puis les instituts familiaux dans les années 1940 (Mathieu 2003 et Rouleau 2008).

Six de ces gravures, qui illustrent la vie quotidienne et spirituelle de Tekakwitha, sont signées d'une croix, quatre noires et deux blanches, dans un cartouche dont la forme varie mais qui n'est pas sans évoquer l'abri au-dessus du cénotaphe de Tekakwitha. Ces très intéressants bois gravés figurent dans un ouvrage anonyme dont la date de publication, vraisemblablement par l'Imprimerie franciscaine missionnaire à Québec selon les catalogues des bibliothèques, est postérieure aux fêtes de 1932 célébrées au cénotaphe de Tekakwitha.

« Catherine Tekakwitha appartient par son berceau aux États-Unis, et au Canada par sa tombe. Pour répondre aux voeux émis de part et d'autre, le procès informatif en vue de sa Béatification a été instruit au diocèse d'Albany. Les préliminaires de cette Cause ont été au cours de l'été 1932 l'occasion de fêtes aussi solennelles qu'originales. Monseigneur Gibons, visitant sur les rives du Saint-Laurent la tombe de la petite Iroquoise, fut reçu avec ovation et reconnaissance par les 2. 200 Indiens catholiques de cette région [Lis 1932-, p. 7]. »

L'économie domestique à l'école primaire comprend : le nettoyage de la maison ; le repassage du linge ; la cuisine ; le blanchissage ; la couture ; la coupe des vêtements ; la culture du jardin.

Image modifiée tirée de Mathieu 2003 (p. 142 sans légende ni référence) qui, dans ses notes 47-48, se réfère à L'Économie Domestique à l'école primaire, IIIe et IVe années (Québec, Des presses de l'Action Sociale Ltée), livre publié en 1931 puis en 1934.

 

   

TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »