TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

2008 Hitschler, l'américanité mexicaine, états-unienne, la Guadalupe et les fruits de la nature.

Depuis quelques décennies, au Québec, nombre d'églises sont transformées ou démolies et les communautés religieuses quittent leurs monastères historiques devenus trop grands. Pendant ce temps, des franciscains s'établissent sur une montagne de 100 acres où on construit, à compter de 2001, un gigantesque complexe richement décoré d'oeuvres d'art : la Shrine of Our Lady of Guadalupe, à La Crosse Wisconsin (History : web ou pdf), dédiée à la Vierge de Guadalupe. Comme quoi, malgré la baisse de la pratique religieuse, l'Église est encore un important mécène et promoteur des arts, dans un style grandiose toujours digne d'époques glorieuses ! Cette dévotion s'était même immiscée jusque dans le périodique Kateri en symbiose avec celle dévolue à Tekakwitha.

Groot, Notre-Dame de Guadalupe. — (Kateri 1953.12-EV06N01p10 ; 1954.03-EV06N02p10 ; 1954.06-EV06N03p10 ; 1959.12-F004p20 ; 1984.06-E140p13 ; 1984.06-F097p13 ; 1985.09-E145p16-17 ; 1985.09-F102p16-17 ; 1987.09-E153p11 ; 1987.09-F110p11 ; 1991.09-E169p21 ; 1991.09-F126p21 ; 1992.12-E174p08 ; 1992.12-F131p08).

Soi-disant apparue sur la colline de Tepeyac, à Mexico en 1531, Notre-Dame de Guadalupe aurait imprimé son image miraculeuse sur la tilma portée par Juan Diego Cuauhtlatoatzin (1474-1548), un nahua canonisé en 2002, mais dont l'existence historique a été mise en doute.

L'objectif de domination coloniale était de superposer ce nouveau culte à ceux de Tonantzin et Cihuacoatl, déesses de la maternité et de la fertilité, alors pratiqués à cet emplacement (Peterson 1992.12).

Les sermons du provincial franciscain Francisco de Bustamante, en 1556, dénoncent le fait que l'image peinte par l'artiste indigène Marcos soit vénérée comme miraculeuse. Cet atelier était en mesure d'adapter aux caractéristiques locales les iconographies alors en vogue. Les matériaux sont ceux utilisés par les artistes de cette époque, mais l'oeuvre présente trois images superposées, ainsi que de nombreuses altérations et modifications (Peterson 2005.04).

Marcos Cipac de Aquino en 1556, Anonyme au XVIe siècle (chérubins ajoutés puis enlevés et mandorle modifiée), Juan Arrua Calzonzi en 1625, Anonyme en 1632, couronne enlevée en 1895 et plusieurs autres modifications (visage, cou, doigts, manteau), Vierge de Guadalupe, huile tempera et autres matériaux, supposément sur tilma mais en fait sur deux toiles de chanvre avec couture verticale en coton au centre, environ 172 x 109 cm, Basilica de Guadalupe, Mexico (Peterson 2005.04, p. 573-577 et 585-590). Photo : Wikipedia ou très grand jpg.

Lors de sa présumée apparition, cette vierge de Guadalupe aurait été enceinte. C'est pourquoi elle est vénérée par les partisans du mouvement pro-vie. On trouve d'ailleurs à La Crosse un important « Memorial to the Unborn [web ou pdf ; plan n° 11 web ou pdf] ».

Déjà dédié à un miracle d'Amérique, ce sanctuaire s'intéresse également à notre sainte autochtone. On y installe en 2008, dans un sentier forestier, le bronze grande nature « "Lily of the Mohawks" in the autentic garb of her Turtle Clan », par l'artiste Cynthia Hitschler, « with the help from the local Native American community [plan n° 5 web ou pdf] ».

N'est-il pas étonnant que ce site pro-vie puisse également célébrer une ascète n'ayant jamais enfanté ?

Tepeyac (web ou pdf).

Photo Carol Highsmith (web ou pdf).

Photo Greg Riekens.

Photo Mark Caldeira (web ou pdf).

Cynthia Hitschler, Lily of the Mohawks, 2008, bronze, grande nature, Shrine of Our Lady of Guadalupe, La Crosse, Wisconsin.

Ce bronze de la Shrine of Our Lady of Guadalupe réincarne, en version grande nature, le thème de Tekakwitha priant agenouillée dans la forêt, tel que promu dès 1916 par Devine. Elle y est représentée « with a basket at her side filled with strawberries, a calla lily and the three "sister" plants : corn, squash and beans [web ou pdf] ». Elle incarne et promeut donc un retour aux fruits de la nature qui nourissaient ses ancêtres.

Cynthia Hitschler, a également peint un saisissant portrait d'une très belle, libre et décidée jeune Tekakwitha, arborant une grande fleur de lys, dont le regard ne s'en laisse pas imposer !

 

   

TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »