Le luth en Nouvelle-France |
||||||||
Mythes et portraits.
◊ 1700-1715 Charles de Glandelet.
◊ 1874 Joseph L'Hérault.
◊ 1882-1884 Pierre-Louis Morin.
◊ 1895 Louis-Philippe Hébert.
◊ 1899 Albert Ferland.
◊ XXe siècle, Anonyme, Ozias Leduc.
◊ 1966 Gustave Lanctôt.
◊ 1967 Léo-Paul Desrosiers.
◊ 1970-1972 Decaris et Béquet.
◊ 1975 Neuville-sur-Vanne.
Fortement influencées par les contingents d'historiens religieux, la redécouverte et la réinterprétation de notre passé et de nos origines idéalise les héros en les célébrant, y injectant toutes les dimensions des mythes fondateurs de notre culture et identité. On ne connaît aucun portrait authentique de Paul de Chomedey de Maisonneuve, militaire luthiste fondateur de Montréal. Mais on recense un abondant foisonnement de portraits fictifs, tant littéraires que picturaux. En voici quelques-uns parmi les plus notables.
1700-1715 Charles de Glandelet. |
Un des plus anciens portraits littéraires de Maisonneuve a été dressé par l'abbé Charles de Glandelet (1645-1725 DBC) après le décès de Marguerite Bourgeoys dont il écrit la biographie en 1700-1715.
Patricia Simpson, dans l'introduction de sa biographie sur Marguerite Bourgeoys, décrit et évalue le courant historiographique et hagiographique dans lequel Glandelet situe ce portrait littéraire de Paul de Chomedey de Maisonneuve.
En outre, Patricia Simpson évalue plus directement ce portrait littéraire de Maisonneuve tel que revisité par Glandelet d'après les rêves de Marguerite Bourgeoys.
Johann Christian Hoffmann, Luth, 1720, érable bois épicéa ébène, 1277 mm, Paris Musée de la musique E.529. |
1874 Joseph L'Hérault. |
|
Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), publié par J.C. Marquis prêtre chez Roberts & Cie lithographes, rue Saint-Jacques, Montréal, Détail du portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, Épiscopat de la Province Ecclésiastique de Québec, Souvenir du premier octobre 1874, 1874, lithographie, 99 x 82,5 cm (Martin 1988, p. 15).
|
D'après Karel 1992 (p. 515), « Jos. L'Hérault », actif de 1874 à 1895, aurait publié dans L'Opinion Publique, du 23 octobre 1874, un « tableau des Évêques Canadiens depuis Mgr de Laval jusqu'à nos jours », périodique où, vérification faite, on ne le retrouve pas ! Nonobstant, cette première apparition du portrait de Chomedey se retrouvera inversé chez Sulte une décennie plus tard ! Il est tout aussi fictif que ceux de Christophe Colomb, Jacques Cartier et Samuel de Champlain figurant aux trois autres coins de cette composition.
1882-1884 Pierre-Louis Morin. |
Le dessinateur topographe, portraitiste, professeur de dessin, architecte et chantre Pierre-Louis Morin (1811-1886) œuvre à Montréal à compter de 1838. Il est chargé de mission en France, en 1842 et 1853, par les autorités gouvernementales pour effectuer des recherches historiques et iconographiques (Karel 1992). Plus tard, il publie un atlas intitulé Le vieux Montréal, 1611-1803 (Morin 1884) qui contient des dessins et plans reconstituant le fort de Ville-Marie qui seront réutilisés par de nombreux historiens, sévèrement critiqués par les uns, justement apprécié par d'autres (Robert 1994, p. 30-31, et p. 159, note 103 ; voir aussi Lahaise 1980, p. 30-31). Plusieurs ouvrages récents les utilisent sans en citer l'auteur...!
|
Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886) d'après Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), gravé chez Photo Electrotype Engraving Company New-York, Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, vers 1882, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance. |
Le prototype le plus répandu du portrait de Chomedey a été publié par Benjamin Sulte en 1882-1884 et a servi de modèle à de multiples versions (Martin 1988, p. 105-109). Un état antérieur en avait cependant été diffusé dès 1874 par Joseph L'Hérault sur un grand tableau historique illustrant les évêques de la province ecclésiastique de Québec (collaboration Patrice Groulx le 20 août 2001, référence à Martin 1988, p. 15). Plusieurs artistes ont copié ce portrait qui n'est pas signé, mais qui s'est imposé comme l'une des iconographies de ce personnage. Une recherche inédite permet d'attribuer cette oeuvre à l'artiste québécois méconnu Pierre-Louis Morin (1811-1886) et d'identifer l'éditeur de Sulte, Thomas L. Wilson, qui a fait imprimer ce galvanotype à New-York chez Photo Electrotype Engraving Company.
L'analyse des illustrations signées publiées dans Sulte 1882-1884 permet de poser des jalons dans l'identification de l'auteur du portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve. L'attribution à Pierre-Louis Morin permet de lui comparer d'autres œuvres qui ont occupé ses travaux de recherche et de création : la reconstitution très hypothétique de son Fort à Ville-Marie, mais aussi le mythique « Château Maisonneuve » qui était, en fait, le premier séminaire des sulpiciens où Maisonneuve a peut-être résidé (et joué du luth ?) avant son départ définitif de Montréal (Lahaise 1980, p. 224-227). Toutes ces oeuvres sont de pures créations de l'imagination de l'artiste et n'ont que peu ou prou à voir avec la véracité historique ! Elles ont cependant eu une influence considérable et durable ! À ce titre, l'oeuvre de cet artiste devrait faire l'objet d'une étude approfondie. Le fonds Pierre-Louis Morin conservé aux Archives nationales du Canada (R6391-0-9-F) serait certainement utile, car il contient des dessins originaux, des notes et de la correspondance, incluant une lettre de Benjamin Sulte (1883) au sujet des erreurs relevées chez l'abbé Cyprien Tanguay et « des falsificateurs » de l'histoire du Canada ! |
RECONSTITUTIONS HYPOTHÉTIQUES.
Dessins de Pierre-Louis Morin (1811-1886) gravés par George Bishop & Co. photo-litho-graveur (vers 1838 - après 1894) (Morin 1884).
Ces planches dessinées par Pierre-Louis Morin à la fin du XIXe siècle sont trop souvent utilisées pour décrire les réalités de la Ville-Marie de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Or, il s'agit de reconstitions où certaines données sont très hypothétiques. Le Fort de Ville-Marie y est certes une très intéressante création artistique, mais non fondée sur des éléments de preuves du XVIIe siècle. Quant à la Résidence de Maisonneuve (interprétation reprise dans Souvenir Maisonneuve 1894, p. 11 en lavis), il s'agit de l'ancien séminaire des sulpiciens sur la rue Saint-Paul (coloré en vert), construit avant celui sur la rue Notre-Dame et avant la première église.
1895 Louis-Philippe Hébert. |
Louis-Philippe Hébert (1850-1917), Monument Maisonneuve, 1895, bronze et pierre, H. 9,15 m, Montréal, Place d'Armes face à l'église Notre-Dame (photos RD).
Au sujet du portrait de Maisonneuve sculpté par Louis-Philippe Hébert pour son magnifique monument dressé face à l'église Notre-Dame de Montréal, on « rapporte que l'historien Benjamin Sulte, ami du sculpteur, servit de modèle pour cette figure énergique, dont Hébert accentua l'idéalisation [Martin 1988, p. 109]. » Sulte est donc à l'origine de la double iconographie de Maisonneuve créée à la fin du XIXe siècle : la gravure romantico-médiévale parue dans son Histoire des Canadiens-Français et ses traits idéalisés pour la sculpture épique par Louis-Philippe Hébert !
|
(Photo RD). |
Studio de photographie Notman & Sandham (1877-1882), Benjamin Sulte, 1880-12-08, photographie, Musée McCord II-59018.1. |
(BANQ, Fonds Massicotte 4-165-d.) |
1899 Albert Ferland. |
|
Robert Le Blant porte un jugement sévère sur le portrait de Maisonneuve par Albert Ferland d'après celui de Pierre-Louis Morin.
Le Blant proposera un autre portrait littéraire de Maisonneuve beaucoup plus convaincant tiré des informations consignées à son inventaire après décès qui fournit des informations de première main sur la place du luth dans la vie du premier gouverneur de Montréal.
Albert Ferland (1872-1942) d'après Pierre-Louis Morin (1811-1886) d'après Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, [1899] (Le Jeune 1931, p. 218). |
XXe siècle Anonyme, Leduc. |
|
Anonyme, Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, XIXe ou XXe siècle, photographie rehaussée de fusain et de gouache, 97 x 84,2 cm, Montréal, Musée des Hospitalières de Saint-Joseph 1988.X.962. Un portrait Anonyme relève de la photographie avec mise en scène de théâtre ou de musée de cire. |
Ozias Leduc (1864-1955), Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, XXe siècle, huile, Montréal, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Celui de Leduc, malgré ses qualités picturales, reprend partiellement la coiffure de celui inventé par Morin et le drapeau tenu par le monument d'Hébert. |
1966 Gustave Lanctôt. |
|
Gerrit van Honthorst (1590-1656), Femme jouant du luth, vers 1624, |
Gerrit van Honthorst (1590-1656), Femme jouant de la guitare, vers 1624, |
| Au récit romanesque et fantasque de Desrosiers, publié l'année suivante, on peut opposer la sobriété de Gustave Lanctot. Dans son portrait uniquement littéraire de Maisonneuve, il puise aux sources connues, mais pas du tout aux fictifs portraits picturaux ou sculpturaux alors répandus. | On peut cependant reprocher à Lanctot, ainsi qu'au notaire ayant inventorié l'instrument de Bizard, de confondre luth et guitare, tels qu'illustrés en 1624 dans ces deux oeuvres picturales de Gerrit van Honthorst conçues comme pendants, soit pour être vues côte à côte. La guitariste donne la note, tandis que la luthiste accorde son instrument ; toutes deux se regardent, l'une sourit et l'autre rit, prélude à quelque duo gaiement exécuté. |
« Fils d'une famille de noblesse ancienne, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve était né à Neuville-sur-Vanne en février 1612. De ses antécédents on sait fort peu de faits authentiques. Très jeune, selon l'usage du temps, à treize ans, il aurait joint les rangs de l'armée et servi dans plusieurs campagnes notamment celle de Hollande. C'est ainsi qu'il acquit la pratique de la discipline et l'expérience du commandement. Ayant quitté le régiment à l'âge de vingt-neuf ans il se trouvait libre de toute attache. [...] "Homme de grande oraison" il possédait un fonds de sympathie humaine, un esprit de profonde justice et un jugement solide. De plus il ne désirait pas les honneurs et ne recherchait ni les avantages ni la richesse. Au contraire il donnait généreusement du revenu de ses biens personnels. D'une bravoure froide et d'une fermeté inébranlable il se révélera le chef qui refuse de céder devant les Iroquois, les gouverneurs malveillants et les autorités théocratiques. Ces qualités de l'homme d'action s'accompagnaient dans la vie quotidienne d'une humeur aimable, animant la conversation de réflexions piquantes. Il professait un goût marqué pour la musique et se plaisait, aux heures de loisir, à jouer du luth, la guitare du temps [Lanctot 1966, p. 33-34, 38 et note 11 se référant à : Casson [Dollier 1992], p. 16-19. Sœur Morin [Morin 1921 et Morin 1979], Annales de l'Hôtel-Dieu, Montréal 1921, p. 81 et 84. Daveluy [Daveluy 1965], Marie-Claire. La Société de Notre-Dame de Montréal, p. v21 [sic, voir p. 121]. »
Vihuela ou guitare baroque. La vihuela, bombée au dos, était davantage apparentée au luth même si elle ressemblait à la guitare vue de face. Elle est bien illustrée, en 1536, dans le traité du fabuleux Luis de Milán, dont la musique est également souvent interprétée au luth. Ici, c'est le légendaire poète et musicien Orphée qui en joue.
Luis de Milán ca.1500-ca.1561, Libro de musica de vihuela de mano, intitulado El Maestro el qual trahe el mesmo estilo y orden que un maestro..., Impresso en ... Valencia por Francisco Diaz Romano, 1536, VI, [96] h., Fol. (Biblioteca Virtual Andulucia). |
1967 Léo-Paul Desrosiers. |
|
Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886) d'après Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), gravé chez Photo Electrotype Engraving Company New-York, Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve, vers 1882, gravure, Sulte 1882-1884, pour la référence voir la table de concordance. |
Ce témoignage de Louise de Chomedey serait tout à fait exceptionnel s'il ne s'agissait pas d'une citation fabriquée ! Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) était certes devenu historien, mais il évait avant tout journaliste et romancier. Il met dans la bouche de Louise une description du portrait fictif de son frère fabriqué deux siècles plus tard ! Tout en admettant, candidement, que l'appareil scientifique historique lui répugnait et même le dérangeait dans la fabrication de la trame de son récit présenté sous forme de roman historique, un genre littéraire dominant depuis le XIXe siècle.
|
Desrosiers nous prive donc de la source de ce portrait littéraire de Paul par sa sœur Louise ! En effet, il ne se trouve pas dans l'ouvrage de Bernard 1732, dont Desrosiers cite mal le véritable nom ! Après vérification de toutes les pages de cet énorme ouvrage du début du XVIIIe siècle, les seules mentions concernant Louise de Chomedey se trouvent au tome 2 (p. 186-187 et 197-200). On doit donc chercher ailleurs la source de ce portrait de Paul par sa sœur Louise. Leymarie 1926 a publié un court texte sur Louise de Chomedey que Daveluy 1965 affirme être la source la plus importante sur ce personnage. Leymarie 1926 reproduit des extraits de Bernard 1732 augmentés de corrections, d'annotations et autres documents, mais le portrait littéraire cité par Desrosiers ne s'y trouve pas ! |
|

Féraud 1787, t. 1, p. 325, se référant au Journal de Genève.
| Le texte de cette soi-disant citation ne ressemble ni au vocabulaire, ni au style épistolaire du XVIIe siècle. Prenons-en pour témoin le mot « brumeux » dont l'utilisation n'est attestée que depuis 1787 (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, web ou pdf, se référant à Féraud 1787), soit un siècle et demi plus tard que le moment où Louise de Chomedey aurait pu écrire ce texte ! | Ainsi donc s'écroule l'authenticité de l'image littéraire médiévo-romantique de Desrosiers à propos de Maisonneuve qui, tel un « croisé », la « frange de ses cheveux coupés à la façon des ecclésiastiques », jouait du luth sous la tente « pour tromper la monotonie des soirs brumeux » ! |
|
Conservateur de la bibliothèque municipale de Montréal (web). |
1947.09 Ouverture de la première succursale de la bibliothèque municipale de Montréal en l'édifice Shamrock (BANQ). |
1966.12.15 (BANQ). |
Desrosiers s'est laissé emporter par la plume et la rhétorique dans un contexte de roman historique de type hagiographique. Au lieu de se référer à une véritable source d'époque, peut-être une hypothétique lettre signée par Louise de Chomedey, il a succombé à la tentation, toute littéraire romanesque et uchronique, de lui faire décrire le portrait de Maisonneuve publié depuis 1882, sans en faire la critique et sans se rendre compte qu'il ne s'agissait pas d'un portrait authentique du XVIIe siècle mais d'une fabrication de la fin du XIXe siècle ! Littérairement, cette description était d'autant plus intéressante mise dans la bouche de Louise de Chomedey ! |
Cette hypothèse d'une « mise en scène » romanesque par Desrosiers, pour ne pas utiliser les mots de « fraude historique », peut s'avérer vraisemblable surtout dans le contexte du décapage en profondeur sur cette question des Portraits des héros de la Nouvelle-France, Images d'un culte historique, tel que réalisé par Martin 1988, et que Desrosiers ne pouvait pas connaître 21 ans plus tôt ! Voir également : Léo-Paul Desrosiers ou le récit ambigu (Gélinas 1973). |
« Je ne saurais trop m'accorder avec cette analyse d'une citation truquée par Desrosiers à propos du portrait de Maisonneuve en ecclésiastique. Il a dû se demander dans la bouche de qui je devrais mettre le portrait de Maisonneuve que tout le monde a vu dans son Histoire du Canada à l'école ? Et l'illumination s'est faite : sa soeur Louise, bien sûr [collaboration François-Marc Gagnon, 10 juillet 2000] ! » |
Le reste du récit romanesque de Desrosiers est à l'avenant et rapporte des inventions douteuses, loin d'être démontrées, entremêlées à des documents d'archives.
Desrosiers n'aurait-il pas pu s'inspirer, en l'élaguant de plusieurs détails et mises en garde, de la description du portrait telle que donnée par Pierre Rousseau, en 1886, dans sa biographie de Maisonneuve ?
Attribué à Pierre-Louis Morin (1811-1886) d'après Joseph L'Hérault (actif de 1874 à 1895), Portrait fictif de Paul de Chomedey de Maisonneuve (Rousseau 1886, p. 2). |
1970-1972 Decaris et Béquet. |
Albert Decaris (1901-1988), Portraits fictifs de Paul de Chomedey de Maisonneuve, vers 1970-1972, gravures :
• 66 x 50,5 cm, BAnQ Québec, Collection initiale P600,S5,PGN62 ;
•• 35 x 17,5 cm, 1er Jour Neuville-sur-Vanne 19.2.72 (web ou pdf).
Albert Decaris (1901-1988) a été formé à l'École supérieure des arts et industries graphiques puis à l'École des beaux-arts. Premier prix de Rome en gravure à dix-huit ans, il entre à l'Académie des beaux-arts en 1943 dont il devient président en 1960. Ce talentueux graveur oeuvre pour la Marine française, illustre de nombreux livres et signe plus de 600 timbres postes pour plusieurs pays de la francophonie (web ou pdf). Son portrait en buste de Chomedey s'apparente à celui de Louis-Philippe Hébert, mais en plus romantique, reprenant les traits et attitudes de Jean Marais dans ses films de cap et d'épée. Une autre version signée présente le vaillant soldat, en pied, épée à la main, le Mont-Royal à l'horizon, défendant sa ville contre les attaques des autochtones. Elle est accompagnée du sceau du lancement du timbre consacré à Chomedey à Neuville-sur-Vanne en 1972 selon le dessin de Pierre Béquet (1932-2012) visiblement influencé par son aîné. Jean Marais dans Le capitaine Fracasse un film de Pierre Gaspard-Huit réalisé en 1960. |
|
Le graveur Pierre Béquet (1932-2012), émule d'Albert Decaris, est lui aussi l'auteur de quantité de timbres dont celui consacré à Chomedey émis à Neuville-sur-Vanne en 1972 ; lors de cet événement plusieurs autres portraits ont été mis ou remis en circulation, tel qu'illustrés par les quelques images sélectionnées ci-dessous. C'est la version du portrait sur ce timbre qui servira de modèle à celui du médaillon de bonze figurant sur le monument érigé en 1975 dans cette localité de naissance du fondateur de Montréal.

(BANQ, Fonds Armour Landry, P97,S1,D7866-7867.)
1975 Neuville-sur-Vanne. |
(Collaboration Édith et Nicolas de Lavalade.)
Collaboration de Patrick Diehl (9-10 juillet 2024).
Ma création de ce monument reposait sur un cube semi-enterré vu de dessus, le livre ouvert en formant deux faces. Les pierres triangulaires expriment le départ de Paul de Chomedey de Maisonneuve pour fonder Montréal. Monsieur Francis Cornette n'est pas le créateur du monument, je lui ai demandé de réaliser les plans techniques de ma maquette pour lesquels il a été rémunéré.
Par manque de temps, j’ai laissé la réalisation du médaillon, fort bien réussie, à Mr Mogavero, marbrier qui a débité le granit rose. J’ai opté pour la technique d'éclatement au chalumeau, afin de conserver l'éclat naturel de sa couleur augmentée d'une pigmentation étincelante bleu. Opération délicate, très bien réussie, une première dans le domaine.
Puis est venue la pose. Les villageois attendaient avec impatience leur monument en vue de l’inauguration. Ceux-ci ont été déçu par sa modernité. Puis en sont devenus fiers.
Le Ministre des affaires culturelles et le Maire de Troyes ont inauguré le monument. J’apparais dans la presse entourée des personnalités avec la maquette d’origine réalisée en granit, offerte à monsieur Da Silva qui m’a reçu avec grand honneur à Outremont. La médaille honorifique de la Ville de Montréal m’a été remise.
Depuis, je serais heureux que mon nom apparaisse sur cette pierre !
Patrick Diehl (journal du 17 février 1975) et sa maquette.
(Collaboration d'Édith de Lavalade : pdf présentant plusieurs documents tirés d'une exposition sur ce monument).
Patrick Diehl et Francis Cornette, Mémorial Paul de Chomedey de Maisonneuve, projet, plans et maquettes, [1973], 6 p.
(Collaboration d'Édith de Lavalade : pdf présentant plusieurs documents tirés d'une exposition sur ce monument).
| D'après Patrick Diehl le portrait de ce monument s'inspire du timbre de Pierre Béquet émis en 1972. Il n'est pas l'oeuvre du marbrier graveur Antoine Mogavero (web ou pdf), mais de son frère Mino Mogavero (collaboration de Mino Mogavero via Nelly Mogavero le 31 juillet 2024). | Ce buste dans un médaillon de bronze représente Chomedey avec un large chapeau, cheveux longs ondulés, portion d'armure au torse, mais surtout un regard inspiré regardant résolument vers le ciel et l'avenir. |
De gauche à droite, Antoine Mogavero, Patrick Diehl, Mino Mogavero, Francis Cornette,
coupure de journal relatant l'inauguration du monument (collaboration de Mino Mogavero via Nelly Mogavero le 6 aout 2024).
Voir aussi p. 40 de ce pdf présentant plusieurs documents tirés d'une exposition sur ce monument (Collaboration d'Édith de Lavalade).
|
« Jérôme Le Royer de la Dauversière 1597-1659 né à La Flèche fondteur de la congrégation des Hospitalières de St Joseph et de la Société de Notre-Dame de Montréal Canada » (Collaboration Édith et Nicolas de Lavalade.) |
« Paul de Chomedey sieur de Maisonneuve né à Neuville sur Vanne le 15 février 1612 fondateur de Montréal Québec Canada le 18 mai 1642 mort à Paris le 9 septembre 1676 » (Édith de Lavalade-Lapaine, « Monument - Neuville-sur-Vannes », Geneanet, web ou pdf.) |
Jeanne Mance 1606-1673 née à Langres co-frondtrice de Ville-Mrie Fondtrice de l'Hotel Dieu de Montréal Canada | Marguerite Bourgeoys 1620-1700 née à Troyes première institutrice de Montréal Canada fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de Montréal » (Collaboration Édith et Nicolas de Lavalade.) |
|
(Collaboration Michel Cardin, 12 juillet 2001.) |
(« 555 à Neuville-sur-Vannes (10) », Petit Patrimoine, web ou pdf.) |
À la lumière des témoignages et informations ci-dessus, le texte de ce panneau, intitulé « LE MÉMORIAL », nécessiterait des corrections pour l'orthographe de Diehl, son rôle et celui de Francis Cornette ; puis l'ajout du nom de Mino Mogavero, l'auteur du portrait de Chomedey sur le médaillon en bronze ; et, si possible, le nom de la fonderie ! |
|
Le monument Chomedey à Neuville-sur-Vanne / Historique (collaboration Viviane Huyghe).
(« 555 à Neuville-sur-Vannes (10) », Petit Patrimoine, web ou pdf)
Projets non retenus.
(Collaboration d'Édith de Lavalade : pdf présentant plusieurs documents tirés d'une exposition sur ce monument).
Le luth en Nouvelle-France |
||||||||