TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

1752 Saint-Régis, mission Mohawk d'Akwesasne.

Cette mission est desservie par l'évêché de Valleyfield au Québec (Derome 1985a, Saint-Régis). Mais, pour y accéder par la route, il faut traverser deux fois la frontière avec les États-Unis ! Elle est, en effet, située sur la pointe d'une presqu'île aux limites du Québec, de l'Ontario et des États-Unis. L'appellation plus récente « Akwesasne » signifie « là où la perdrix bat de l’aile » (Forbes 1902.01 ou pdf), « là où est la perdrix » (Magnan 1925, p. 384) ou « là où la perdrix bat des ailes [Commission de toponymie] ».

Guillaume Forbes (1865-1940) « fut ordonné prêtre le 17 mars 1888 par l’archevêque Édouard-Charles Fabre. Le 26 avril suivant, après quelques semaines de ministère à Saint-Clet, dans le diocèse de Valleyfield, Forbes fut nommé vicaire de la mission Saint-François-Xavier-de-Caughnawaga, dans l’archidiocèse de Montréal, où il assista le curé Nicolas Burtin, oblat de Marie-Immaculée. Quatre années d’initiation auprès des Iroquois furent suivies d’un peu plus de dix autres bien remplies à la direction de cette mission. Non seulement Forbes rénova tant l’église que le presbytère, mais il apprit la langue iroquoise, dont il aimait tout particulièrement le caractère unique. Il écrivit et publia dans cette langue au moins une grammaire et un almanach. Les Iroquois de sa mission l’appréciaient, comme en témoigne le surnom qu’ils lui donnèrent : "l’homme à l’esprit clair et au bon cœur". Le 13 mai 1903, Forbes fut muté à la cure de Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Île, où il demeura durant huit ans (DBC). »

Tout comme Burtin, Forbes s'intéresse à l'histoire de sa paroisse : il en publie une intéressante gravure accompagnant son texte, « Église de St-François-Xavier de Caughnawaga », paru dans le Bulletin des recherches historiques (Forbes 1899). C'est dans le même périodique qu'il publie un court historique sur Saint-Régis avant son départ pour une brillante carrière qui le verra devenir évêque de Joliette (1913), puis archevêque d'Ottawa (1928). On peut donc présumer que Forbes a certainement documenté son historique de Saint-Régis à partir des riches archives de Caughnawaga. Les prêtres officiant à Caughnawaga furent souvent également en poste à Saint-Régis.

« A. Marmette grav », Église de St-François-Xavier de Caughnawaga, gravure dans Forbes 1899, p. 130.

Saint-Régis (Forbes 1902.01 ou pdf).

La mission de Saint-Régis, que les Iroquois appellent Akwesasne, peut être appelée la fille de Caughnawaga. En l’année 1752, trente familles de Caughnawaga et quelques Agniers (Mohawks) des cantons iroquois (état de New York), sous la direction du P. Billard, S.J., assistant-missionnaire de Caughnawaga, allèrent s’établir un peu plus haut que le lac Saint-François, sur la rive sud du Saint-Laurent. Cette colonie avait pour chef Pierre Karekohe, fils d'un anglais Tarbell, fait prisonnier à Groton, Massachusetts, en 1704. Il paraîtrait que ces familles ne pouvaient plus trouver à Caughnawaga assez de place pour leur expansion. Les autorités civiles et religieuses approuvèrent leur dessein de se grouper ailleurs ; mais leur station à la tête du lac Saint-François ne devait être que passagère, car en 1758, toutes ces familles se transportèrent à quelques milles plus haut, à l'embouchure de la rivière de Saint Régis, où elles obtinrent du roi de France, des concessions de terres et d'îles. Le nom que les Indiens donnèrent à cet endroit : Akwesasne, « là où la perdrix bat de l’aile », indique qu'il était bien propre à la chasse. Bientôt les nouveaux Akwesasronons reçurent un renfort considérable de la bourgade iroquoise de Sewekatsi, située à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la ville d'Ogdensburg, N.Y. Le P. Picquet, P.S.S., missionnaire de Sewekatsi, devant partir pour la France, confia ses fidèles au P. Jésuite de Saint-Régis, où ils furent accueillis avec joie par le missionnaire et les gens de Karekohe.

Les PP. Jésuites firent bâtir en 1759 un moulin à tarine et à scie, dont les revenus devaient servir à entretenir le missionnaire. En 1775, le P. Gordon, qui avait été à Saint-Régis depuis 1762, quitta la mission, laquelle fut administrée jusqu’en 1783, par le P. Huguet, en même temps missionnaire de Caughnawaga. En 1785, M. Denaut, alors vicaire aux Cèdres, plus tard évêque de Québec, visita la mission et y séjourna quatre semaines. A partir de 1789, la mission ne fut plus dépourvu de missionnaire résidant. Une église en pierre fut bâtie en 1792-93 en remplacement d’une chapelle qui avait jusqu’alors servi au culte ; le presbytère actuel fut construit en 1800. L’église, brûlée eu 1866, reconstruite en 1868, fut réparée en 1884.

La population de Saint-Régis est actuellement de 2,500 âmes, dont 1,300 du côté du Canada, et 1,200 du côté des Etats-Unis. Il y a en tout 2,000 catholiques et 500 protestants. Les missionnaires de Saint-Régis, à part ceux mentionnés plus haut, furent : MM. Rodrigue McDonell, 1789-1806 ; Lebrun, 1800 (quelques mois) ; Ant. Rinfret, 1807-1809 ; J.-B. Roupe, 1809-1813 ; Jos. Marcoux, 1813-1819 ; Nic. Dufresne, 1819-1826 ; Jos. Vallée, 1827 1832 ; François Marcoux, 1832-1883 ; M. Mainville, 1883-1895 ; P.-J. Bourget, 1895.

Vingt ans plus tard, dans son Historic Caughnawaga, Edward James Devine (Devine 1922, p. 252-256) livre une interprétation légèrement différente. La mission de Saint-François-Régis, nommée en l'honneur du jésuite (1597-1640) sanctifié en 1737, aurait été établie vers 1755 pour des raisons militaires, politiques, spirituelles et d'appauvrissement des sols, par le supérieur de Caughnawaga, Antoine Gordan (1717-1779), qui y délégua Pierre-Régis ou Pierre-Robert Billiard (1723-1757, père, entré en 1743, ordonné en 1753, Paulin 2015). Le village n'aurait commencé à s'y former qu'en 1759. De précieuses reliques de Tekakwitha (le crâne et quelques os) y furent déposées dans la nouvelle chapelle. Pour sa part, Pierre-Georges Roy, à titre d'éditeur du Bulletin des recherches historiques (BRH), connaissait certainement le texte de Forbes dont il tire quelques informations avec de nouvelles variantes.

« Le premier curé de l'endroit, Joachim-Rodrigue McDonell, y résida à partir de 1789 jusqu'en 1806. [...] Sous l'administration de M. l'abbé McDonell, furent érigés : une église en pierre en l'an 1793, puis un presbytère qui date de 1799 [Roy 1925, p. 291]. »

La biographie d'Alexander MacDonell au DBC mentionne, en mai 1788, un « Roderic MacDonell, missionnaire auprès des Indiens de Saint-Régis », mais il n'est pas répertorié dans d'autres ouvrages sur le clergé (Tanguay 1868, Allaire 1910a, Devine 1922. Magnan 1925, Paulin 2015).

Excerpts from
« Father Roderick MacDonell, Missionary at St. Regis and the Glengarry Catholics »
[MacDonald 1933.10]

[...] St. Regis was a sort of outpost Jesuit Mission from Caughnawauga. When the fortified Mission of the Sulpician Father Picquet at La Presentation (Ogdensburg) was abandoned during the French and Indian War, Father Gordon, a Jesuit, selected as a site for a new Mission, Aquasasne ("the place where the partridge drums") at the foot of the Long Sault, and at the head of the Lake called St. Francis, after St. Francis Regis, the patron of the Mission which is at present the American and Canadian Indian Reserve. Indians from Caughnawauga and the Catholic Iroquois from Northern New York composed his flock. The church was supported by the revenue of a farm of 120 acres and the Catholics of London sent 20 pounds sterling each year. [...]

Whitehall, June 24th, 1785. Having laid before the King a Memorial of Mr. Roderick Macdonell, stating that, at the solicitation of a considerable number of Scots Highlanders and other British subjects of the Roman Catholic persuasion, who, prior to the last war, were inhabitants of the back settlements of the Province of New York, and to whom, in consideration of their loyalty and services, lands have lately been assigned in the higher parts of Canada, he is desirous of joining them in order to serve them in the capacity of clergyman, in the humble hope that, on his arrival at the settlement, he shall be allowed by government an annual subsistence for the discharge of that duty. I enclose you the said memorial and am to signify to you the King's command that you permit Mr. Macdonell to join the above mentioned settlers and officiate as their clergyman and with respect to the allowance to be made to him, I shall take an early opportunity of communicating to you His Majesty's pleasure. I am, etc., Sidney [Secretary of State for King George III].

Mr. Roderick Macdonell was Father Roderick. He was the seventh son of Angus Macdonell of Leek, and, therefore, of a prominent cadet family of the Glengarry Macdonells. His father and two brothers were officers in Prince Charlie's army. Two brothers were officers in General Wolfe's army at the taking of Quebec. Colonel Red George Macdonell was a nephew. His sister married Colonel the Honorable Neil McLean. Father Roderick was educated in Scots College, Valladolid, Spain. After ordination, he was stationed in Glengarry, Scotland, until he came to Quebec. In his bishop's report to Rome, it is stated that the young priest wished to go to America and asked to have his ordination oath changed so that he would be free to take up missionary work among the Indians and at the same time be near his own people in the new settlements.

Since St. Regis had no resident priest, the post seemed to have been made for him. Already in December, 1785, in the Baptismal Register, he signs himself: "missionary in charge." He reorganized the mission and built the substantial stone church and presbytery which still serve as parish church and priest's residence. He built a stone church at St. Andrew's, County of Stormont, and acted as parish priest for the Catholics of Stormont, from 1785, and indeed, for the Catholics of Northern New York as well. He directed Father Alexander Scotus Macdonell and his six hundred Glengarry and Knoydart men who founded the first Catholic parish in Ontario at St. Raphael's in Glengarry County, in 1786. He obtained the transfer of Father Fitzsimmons from the chaplaincy of the North West Company in 1803 to St. Raphael's upon the death of Father Alexander Scotus Macdonell. He arranged for the coming of Father Alexander Macdonell, the first Bishop of Upper Canada, in 1803. He had many influential and wealthy relatives in Montreal, Niagara, York (Toronto) and in the North West Company. [...]

Since Father Roderick chose to remain a humble missionary at St. Regis, we hear but little about him. The great missionary, Bishop Alexander Macdonell, occupies the centre of the historical stage; but it is doubtful if he would have wielded the influence he did, were it not for the inspiration he received from Father Roderick.

To have been for over twenty years priest in charge at St. Regis, to have attended most of that time the Catholics of Stormont County as well, to have mastered the difficult Iroquois language, to have become a real father and leader of these suspicious and unmanageable children of the forest, to have been so beloved by them that they refused, under threat of open war, to allow his body to be removed for burial among his own people at St. Andrew's, to be to this day venerated by the great grandchildren of these same Indians is, to say the least, a reminder that he must have been as his bishop reports: "A good and pious man learned and of great physical strength."

« The Mission of St. Regis on the St. Lawrence River about 10 miles east of the present-day city of Massena was begun in 1752 by a group of Iroquois, most of them Mohawks, from the earlier settlement at the St. Francis Xavier Mission at Kahnawake near Montreal. The new settlers were accompanied by Fr. Antoine Gordon who had already served for several years at Caughnawaga. The Mohawks named their new home Akwesasne which means "the place where the partridge drums." The early years of the missions were turbulent ones because of the French and Indian War. While none of the fighting took place in the area, some of the young men of the village were conscripted for service with the French forces. The population of the settlement swelled a few years later when other Christian Indians, mostly Onondagas and Senecas, joined the original residents after the break-up of the Sulpician mission of La Presentation on the site of present day Ogdensburg. However, the settlement was to receive only intermittent spiritual care after the suppression of the Jesuit Order in 1773. Father Gordon stayed on with the Indians until his death in 1779 but no immediate replacement was available. Father Roderick MacDonald, a diocesan priest of Scottish origin, was sent to St. Regis in 1789 and was responsible for the field stone church erected in 1792. Despite a fire which badly gutted the church in the middle of the last century, the walls remained standing, providing a structure used until today. When the international boundary was drawn in the early 19th century, the reservation ended up on both sides of the border between Canada and the United States. For this reason both the bishops of Quebec and New York showed an interest in the Mission and in 1827 Most Rev. Francois Dubois, third bishop of New York, made a visitation of St. Regis. Diocesan priests administered the mission throughout the last century and well into this one. Of these pastors Fr. Marcoux became exceptionally proficient in the Mohawk dialect of Iroquois. In 1936 the mission was once again entrusted to the Society of Jesus. After the absence of 163 years Jesuits returned to take up the work begun by their brother Father Gordon. A year later the first Mohawk to be ordained a Jesuit priest, Fr. Michael Jacobs, who was born and raised at the Caughnawaga Mission, began a 26 year term as pastor. He has remained as pastor emeritus for the past 19 years. Editor's Note: the bulk of this article was supplied by Fr. Egan who has vast knowledge of the history of the Jesuit Missions. The Editor is grateful to him [LM 1982.06, p1 et p3]. »

W.H. Bartlett, Saint-Régis, village indien sur le Saint-Laurent (détail), 1840, gravure sur acier sur chine collé, sur papier vélin, feuille 26.9 x 34.2 cm, plaque 22.8 x 29.2 cm, acheté en 1974, Musée des beaux-arts du Canada 18017.6.

Anonyme, Old Church in St. Regis (détail), gravure (Lossing 1868, p. 378).

Comme à son habitude, dans ses rendus romantiques pittoresques, Bartlett donne en 1840 des proportions exagérées en hauteur à cette église et son clocher, mais il situe bien sa position sur une pointe s'avançant dans le fleuve Saint-Laurent, ainsi que son environnement autochtone. La gravure publiée en 1868 donne des proportions davantage plausibles dans cette vue, où son dessinateur figure debout au milieu d'un groupe d'enfants, présentant l'église avant l'incendie de la nuit du 31 mars au 1er avril 1866 (Voyer 1981, p. 79). Les reliques de Tekakwitha provenant de Caughnawaga y sont alors détruites (LM 1972.09, p. 7).

Edgar Gariépy, Jean-Paul Morisset, Intérieur de l'église de Saint-Régis, vers 1950, photographie, BANQ E6,S8,SS1,SSS488,D1886.

Intérieur de l'église de Saint-Régis après rénovation, après 1970, photographie, « St. Regis Mission Catholic Church », Akwesasne Travel (web).

L'ancien décor intérieur, installé vers 1884 (Forbes 1902.01 ou pdf) ou 1886 (Roy 1925, p. 291),
est oblitéré par une rénovation majeure effectuée vers 1970 (Derome 1985a, Saint-Régis).

Anonyme, Église de Saint-Régis, 1898,
photographie BANQ P600,S6,D5,P1178.

Church and priest's house at St. Regis,
photographie (Johnson 1910, p. 48).

Adrienne Surprenant, Église de Saint-Régis,
photographie (Santicola 2015.04.13 ou pdf).

Après l'incendie de 1866, l'église est reconstruite avec les anciens murs. En 1898, elle se présente avec une tourelle en façade sur laquelle on ajoute, en 1903, un clocher en pignon (Roy 1925, p. 291) figurant sur les photos prises en 1910 et 2015.

Détail de la photographie de 1898 ci-dessus.

Détail de la photographie de 2015 ci-dessus.

L'ancienne fenêtre au-dessus de la porte principale présentait, sur cette photo de 1898, des ogives et des trèfles quadrifoliés.

Cette fenêtre est aujourd'hui remplacée par un très intéressant vitrail présentant Tekakwitha et ses proches.

Vue depuis l'extérieur, la scène est inversée, ainsi que les couleurs des robes des deux jésuites.

Anonyme, Vitrail de la porte principale de l'église de Saint-Régis vu de l'éxtérieur, date inconnue, photographie Neil Coker, « St. Regis Mission Catholic Church », Canada 247 (web).

Anonyme, Tekakwitha accompagnée d'Anastasie, Marie-Thérèse, Cholenec et Chauchetière, date inconnue,
vitrail, Église de Saint-Régis, photographie datée du 20 décembre 2020, St. Regis Mission (Facebook).

« Kateri Tekakwitha » y figure debout, sur un sol orangé, encadrée de plusieurs bouleaux agrémentés d'un peu de verdure à la base et au sommet, devant une étendue d'eau de couleur blanche et des montagnes vertes, brunes et jaunes, devant un ciel nuageux généralement blanc, nuancé de beiges. Sa posture et ses vêtements rappellent celles données par Nealis, ainsi que les arbres. Mais son visage, aux traits nettement autochtones, s'entoure d'un halo doré. Ses mains jointes tiennent une toute petite croix dorée. La particularité exceptionnelle de cette oeuvre est de présenter « Kateri Tekakwitha » accompagnée des principaux personnages entourant sa vie sprirituelle lorsqu'elle habitait à Kahnawake devenu Kateritsitkaiatat : à sa droite ses amies « Kanastatsi » et « Mari Teres » ; à sa gauche « Rakeni Cholenec », beaucoup plus grand que « Rakeni Chauchetière » derrière lui.

L'église et le presbytère de Saint-Régis, date inconnue, photographie, « St. Regis Mission Catholic Church », Akwesasne Travel (web).

1938 — « Depuis quelques années, le culte de Kateri Tekathwitha, momentanément éclipsé, gagne de jour en jour en popularité. Parmi les pèlerins, isolés, de marque au tombeau, on relève le nom de Son Excellence Mgr André Cassulo [Andrea Cassulo], délégué Apostolique, et un peu après, celui de Son Excellence Mgr Julien, des Pères Blancs. Le pélerinages en masse, se font de plus en plus fréquent et imposants. Mi-août 1938, son Excellence Mgr Anastase Forget, évêque de Saint-Jean, chargeait l'abbé Lucien Messier, du séminaire de Saint-Jean de lancer à travers le diocèse, une campagne de supplications pour obtenir une prompte béatification de Kateri, puis d'organiser de pélerinages diocésains au tombeau. Conduits, par l'abbé Messier, quatre groupes de pélerins, sont déjà venus, de secteurs différents, en septembre, octobre et novembre, s'agenouiller à l'endroit de sa sépulture et y prier. Le 25 septembre dernier, veille de la fête des SS. Martyrs Canadiens, environ 120 iroquois, de la mission Saint-Régis, conduits par le R.P. Michel Jacobs, iroquois lui-même, venaient prier, chanter en leur langue sur le tombeau de leur grand'soeur Kateri Tekathwitha [KC AKR A1079 pdf]. »

1939 — « Les lieux de pèlerinage I. Saint-Catherine-d'Alexandrie de Laprairie Les pèlerinages en masse se font de plus en plus fréquents et imposants. À la mi-août 1938, S. Exc. Mgr Anastase Forget, évêque de Saint-Jean, chargeait l'abbé Lucien Messier, du Séminaire de Saint-Jean, de lancer à travers le diocèse une campagne de supplications pour obtenir ne prompte béatification de Kateri, puis d'organiser des pèlerinages dicésains au tombeau. Le 25 septembre dernier, veille de la fête des saints Martyrs canadiens, environ cent vingt Iroquois de la mission Saint-Régis, conduits par le R. P. Michel Jacobs, S. J.. iroquois lui-même, venaient prier, chanter en leur langue sur le tombeau de leur grand'soeur Kateri Tekakwitha [Bouvier 1939, p. 126]. »

Médard Bourgault, Tekakwitha, 1943, bois naturel en deux sections, 90,5 x 32 x 16,5 cm, « MEDARD BOURGAULT 1943 » (socle côté gauche), presbytère, Saint-Régis. — (Derome 1985a, Saint-Régis, n° 9) ; (KC AKR P096-1, photo Ted Yund, Albany NY) ; (Kateri 1990.03-E163p27 ; 1990.03-F120p27).

(KC AKR P018-4).

(Derome 1985a,
Saint-Régis, n° 2).

Depuis 1947 — Le Kateri Center localise cette sculpture, alors peinte en bleu et noir, à Saint-Régis en l'attribuant au « Bernardini & Nieri Art Studio » alors qu'elle est signée et datée de 1947 par Adrienne Bouvier selon le relevé effectué en 1985 dans cette paroisse où elle est alors entièrement repeinte en blanc.

Cette sculpture est le fruit d'une commandite de John J. Wynne, bien documentée dans son périodique Lily of the Mohawks qui la commercialise. Elle est éditée en de multiples exemplaires par son auteure depuis 1947, puis par le sanctuaire de Fonda qui hérite de ses moules après 1972.

En 2011, elle arbore une nouvelle polychromie, beaucoup moins habile, alors qu'elle devient itinérante : « they have a traveling statue of Blessed Kateri Tekakwitha that has been on loan and has been shared in many Akwesasne homes since July [Raymo 2011.12.24 ou pdf]. »

En 2015, on la retrouve dans une grotte extérieure : « A statue of St. Kateri in front of the St. Regis Mission Church’s rectory [Santicola 2015.04.13 ou pdf] ». Elle présente alors une autre version polychrome se rapprochant, cette fois, de celle du modèle d'origine par Nealis.

1954.06 — « Several photos of Indian girls had been sent to Mr. Brunet. A native of Caughnawaga, now married and living at the St. Regis Mission, P.Q., seems to have been his choice. The costume copies exactly that of an old painting of Venerable Tekakwitha, presumably made by her spiritual director, Father Claude Chauchetière, S.J., which is conserved at the St. Francis Xavier Mission [Kateri 1954.06-EV06N03, p. 03]. »

Anonyme d'après Nealis, Monument, 1965, Catechetical Center of the St. Regis Mission, Hogansburg NY. — (Kateri 1965.06-E065p14-21 ; 1965.06-F022p14-21 ; 1988.12-E158p29-30 ; 1988.12-F115p29-30 ; 2017.12-E267p33 ; 2017.12-F224p33).

« Printed by Notworthy Co., Amsterdam, N.Y. », Kateri Tekakwitha (détail), après 1980, affiche d'après Margaret Mary Nealis, b.d. « M.M.N. R.S.C.J. 1927 », Kateri Center P053.

Anonyme d'après Nealis (KC KA B84 abbritué à Bernardini & Nieri).

Anonyme d'après Nealis, Monument, 1965, Catechetical Center of the St. Regis Mission, Hogansburg NY. — (Kateri 1965.06-E065p14-21 ; 1965.06-F022p14-21 ; 1988.12-E158p29-30 ; 1988.12-F115p29-30 ; 2017.12-E267p33 ; 2017.12-F224p33).

Le Kateri Center (web ou pdf) attribue cette ronde-bosse au « Bernardini & Nieri Art Studio », appellation ambiguë qui peut se référer soit aux ateliers montréalais des Bernardi et Nieri (Prégent 2012, p. 29 et 36), ou bien à la « Bernardini Statuary Company, New York, N.Y. [NRA 1933S] » ! Une lecture de la signature sur l'oeuvre originale permettrait-elle de résoudre cet imbroglio ? Le monument apparemment identique du Kateri Tekakwitha Center d'Hogansburg, inauguré le 18 avril 1965, utilise les motifs et coloris inspirés de la composition originale de Nealis. Par ailleurs, une statuette signée Bernardi & Nieri révèle un modèle fort différent.

Bernardi & Nieri, « S. Tekakwitha », statuette, « BERNARDI & NIERI ENREG. C » (collaboration Katia Bernardi et Éric G. Sigouin).

LM 1965.06 — [p2-4] « A New Statue of the Lily of the Mohawks On Easter Monday, April 18, 1965 at Hogansburg, N.Y. [...] in front of the catachetical Center of the St. Regis Mission. »

LM 1976.09 — (p1) Anne Scheuerman Produced Super 8 Film For Congress One feature espoused by the Tekakwitha League at the Eucharistic Congress was a Super 8 Movie put together by Tekakwitha Award '73 Recipient Mrs. Anne Scheuerman of Pittsford, N. Y. It was shown and commented upon by Father McBride during the Lily of the Mohawks Events Program. The film gave the story of the principal places in the life of Venerable Kateri, starting with her birth place at Auriesville, N.Y., then to Fonda, the place of her baptism, to Caughnawaga, Canada, where she died. From Caughnawaga the sequence focused upon a few shots of St. Regis, Hogansburg, N.Y., where the head and right arm of Kateri's body were taken and later cremated when the church burned. The concluding frames show the National Kateri Center at Auriesville and scenes of Indian History as depicted on paintings and displays in the Rochester Museum of Indian Lore.

En 1977 à Saint-Régis, le jésuite d'origine autochtone Michel Jacobs qui, un demi-sièlce plus tôt, avait aidé Nealis dans sa quête de modèles autochtones pour peindre son portrait de Tekakwitha, tend le bras vers une vingtaine de statuettes moulées d'après le modèle d'Adrienne Bouvier, ainsi que vers une nouvelle ronde-bosse en bois, à l'extrême droite, oeuvre du sculpteur d'origine italienne Charles H. Pizzano établi aux États-Unis à compter de 1905. — (Kateri 1978.03-E115p24-27 ; 1978.03-F072p24-27 ; 1978.06-E116p25 ; 1978.06-F073p26).

À l'occasion des fêtes du tricentenaire du baptême de Tekakwitha, le 4 décembre 1977, M. Thomas Constantino, d'Amsterdam NY, apporte à Saint-Régis une vingtaine de statuettes qu'il a fait tirer du moule créé par Mlle Adrienne Bouvier de Brookline MA. On profite également de cette occasion pour bénir la nouvelle statue de Tekakwitha par le sculpteur Charles H. Pizzano « de Medford, Massachusetts, » d'un surprenant style naïf archaïque.

Charles H. Pizzano (1893-1987), « Ven Kateri Tekakwitha », 1977, bois verni, carnations, rehauts de couleurs vives, 107 x 30 x 20 cm, « C PIZZANO » (sur la base), Église de Saint-Régis (Derome1985a, Saint-Régis, n° 8, fiche technique et photo noir et blanc ; photo couleur KC AKR P024).

LM 1978.03 — (p7) • St. Regis Mission celebration, Dec. 4, to commemorate the 300th Anniversary of Kateri's First Holy Communion. A new carved wooden Kateri statue was blessed for the Mission Church : il s'agit de celle de Charles H. Pizzano.

1981 Syracuse : première chapelle dédiée à Tekakwitha — La porte d'entrée, à gauche, donne sur l'église dont un distingue le style caractéristique des pilastres. Ce mur est dédié à l'oeuvre d'Evelyn Tarrell, Mohawk de la réserve de St. Regis : vannerie et tissage en frêne et foin d'odeur, d'un diamètre de 49", présentant dans un cercle étoilé la création, l'unité et l'hamonie (Dedication, p. 3, ou jpg amélioré). À droite, se profile le premier vitrail sur le mur extérieur donnant vers le nord.

LM 1981.09 — (p3) • National Activities Reports Presented At Labor Day Meeting • Alec Mitchell, of the St. Regis Reservation, reported on the Reserve's presentation of a Kateri Statue at the Tekakwitha Conference in Albuquerque, New Mexico, in July where there were 1,000 Indians of various tribes attending.

LM 1983.03 — (p4) NOTES FROM THE BARK by father mcbride • Running from Friday PM, May 20, to Sunday early PM, May 22, will be the North Eastern Tekakwitha Conference of Kateri Hall, Hogansburg, NY, the St. Regis Reservation.

LM 1983.09 — (p8).

Bannière des Agniers de Saint-Régis, photo Thomas Egan s.j.. — (Kateri 1983.12-E138p24 ; 1983.12-F095p24).

LM 1983.09 — (p8) Ardent Kateri Promoter Alex Mitchell from Akwesasne Reservation, New York and Canada, leads the Mohawk contingent in the opening liturgy of the 1983 Tekakwitha Conference in Collegeville. Behind him is Father Robert Fleig, S.J., associate pastor of St. Regis Mission, Hogansburg, N.Y. — Bannière d'Akwesasne avec portrait de Tekakwitha en pied provenant probablement de celui de Nealis.

LM 1984.03 — (p8) • League Offers Bus Trip To Kateri Sites June 2-3, 1984. Beginning at Auriesville NY, the birthplace of Kateri, in the new Kateri Chapel. Short visit to Fonda NY, where Kateri was baptized. St. Regis the Akwesasne Mohawk Reservation. St. Francis Xavier Mission at Kahnawake, Canada, where Kateri's tomb is. St. Joseph's Oratory in Montreal.

LM 1985.01 — (p2) 2nd Annual Blessed Kateri Pilgrimage June 1, 2: Auriesville, Fonda, Caughnawaga, St. Regis Mission Church and Akwesasne Museum.

LM 1986.01 — (p5) "Walking in the Footsteps of Kateri" Now οffered in Slide Lecture Form "A Sacred Journey: Walking in the footsteps of Blessed Kateri" continues in the form of a slide production produced by staff photographer Anne Scheuerman of Pittsford, New York. The slide production covers a pilgrimage made by Native Americans to the Blessed Kateri Tekakwitha Shrines in Canada and New York state. It was during the August '85 meeting of the National Tekakwitha Conference at LeMoyne College in Syracuse, New York, that over 2000 Native American participants journeyed to Auriesville, Kateri's birthplace; to Fonda, where she was baptized; to Kahnawake, where she died; and to the St. Regis Reservation. The story is told in 266 excellent slides. An accompanying cassette professionally recorded with music contains beep signals for use in automatically changing the slides as the events unfold. The script is clearly typed on 8 1/2" x 11" paper for easy reference. Permission is included to make photographs from the slides if anyone wishes to do so. The slide presentation of this historically significant Sacred Journey may be purchased for $180. including postage and postal insurance. Slide trays are not included. The package may be bought from the League Office, Auriesville, New York 12016 by sending a check or money order for $180. payable to the Tekakwitha League. Orders cannot be processed until after February 22nd. Anne Scheuerman is a photographer par excellence. She journeyed with the Holy Father's press contingent on his Canadian tour in 1984. Many of her pictures have appeared in various issues of the LILY and other noted publications. Currently she is a physical education instructor at Monroe Community College in Rochester, New York.

LM 1986.03 — (p7) Third Annual Blessed Kateri Pilgrimage, July 12 -13 The pilgrimage includes: National Kateri Center and Chapel, Kateri's birthplace, Auriesville, N.Y.; National Kateri Shrine. site of her baptism, Fonda, N.Y.; St. Francis Xavier Mission Church, site of her tomb; Mass; luncheon with parishioners; Chief Poking Fire's Indian Village and Dancers Kahnawake, Canada. New Features include: North American Traveling College museum and village Cornwall, Canada; St. Regis Mission Church, Mass, St. Regis Indian Reservation, Hogansburg N.Y.; Notre Dame Church, Montreal, Canada.

LM 1986.09 — (p12) Bob Fleig S.J. (1931-1986), entré chez les jésuites en 1950, ordonné en 1963, 10 ans directeur du sanctuaire d'Auriesville, pasteur associé à Saint-Régis et secrétaire-trésorier de la Tekakwitha League.

LM 1986.09 — (p11) Bannière de Saint-Régis.

LM 1987.09 — (p3) Bannière MOHAWK CIRCLE UNITY CIRCLE CONTINUES montrée le 6 septembre 1987 lors du pélerinage des Mohawks de Saint-Régis et Kahnawake à Auriesville.

2015.04.13 — « At the entrance to St. Regis Mission Church, a painting of St. Kateri with children. Both the American and Canadian flags are shown to recognize the the Akwesasne reservation's place in both countries [Santicola 2015.04.13 ou pdf]. »

Marlène McCauley, Ex-voto, guérison de la surdité de Pierre McCauley, été 1974, huile sur toile, donnée à la Mission San Juan Capistrano CA. — (Kateri 1974.12-E102p12-13 ; 1974.12-F059p12-13 ; 1992.06-E172p17 ; 1992.06-F129p17 ; 1992.09-E173p16 ; 2004.09-E221p12-13 ; 2004.09-F178p12-13 ; 2004.12-E222p07 ; 2004.12-F179p07) ; (LM 1975.03p4) ; (LM 1979.09, p8) ; (LM 1983.09, p3) ; (McCauley 1992 page couverture) ; (Santicola 2015.04.13 ou pdf).

2019.07.23 — Dans leur bannière sur une peau, les Mohawks d'Akwesasne utilisent un très intéressant montage iconographique : les drapeaux canadiens et américains, de leur territoire chevauchant la frontière, surmontent un arbre de paix où figurent le loup et le cerf, le tout derrière une grande croix en bouleau dont Tekakwitha occupe le centre, les quatre extrémités étant habitées par les totems du l'aigle, du héron, de l'ours et de la tortue ; un probant syncrétisme de spiritualité catholique et d'animisme autochtone.

 

   

TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »