TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

1937-1948 Louis Archambault :
jésuites, Tekakwitha, illustrations, céramique, enseignement, modernité.

Collège Jean-de-Brébeuf et Tekakwitha (1928-1937).
École des beaux-arts, céramique et illustrations (1937-1940).
En charge des opérations de modelage à l'usine-école de la Central Pottery (1940-1941).
Contremaître à la Canadian Marconi (1941-1944).
Professeur : Collège Macdonald, École du meuble, Brébeuf, Art Association (1945-1948).
Sculpteur de la modernité (1948).

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

Collège Jean-de-Brébeuf et Tekakwitha (1928-1937).

Les oeuvres de Louis Archambault (1915-2003) ne sont pas analysées dans L'iconographie d'une littérature, Évolution et singularités du livre illustré francophone au Québec, 1840-1940 (Danaux 2013).

Le journal étudiant du collège Jean-de-Brébeuf, institution huppée regroupant l'élite intellectuelle, supplée à la carence documentaire de sa jeunesse et de son début de carrière. Les premiers élèves y sont accueillis le 12 septembre 1928. Son corps professoral n’est alors constitué qu’au tiers d’ecclésiastiques ; à partir de 1932, et pendant 28 ans, les jésuites y sont majoritaires, atteignant même un sommet de 67,8 % en 1938-39 (web ou pdf).

Plusieurs références stipulent qu'Archambault est membre du conventum de 1934-1944 (Brébeuf : mai 1944, p. 7 ; 1 mai 1945, p. 7 ; 26 mai 1945, p. 11 ; 15 juin 1946, p. 8 ; 7 octobre 1946, p. 7 ; avril 1948, p. 7).

Or, sa présence dans ce journal Brébeuf se poursuit jusqu'au 30 juin 1936, donc huit ans après l'ouverture du collège, ce qui n'est pas étonnant puisqu'à cette époque l'ancien cours classique exigeait huit années d'études pour l'obtention du baccalauréat ès arts, une année de moins pour les plus doués du cours accéléré (selon les informations disponibles pour les Anciens Anciennes Séminaire de Saint-Jean). Une remise de prix, en 1993, atteste qu'il a obtenu ce diplôme en 1936 (Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 1993.05.11, p. A6).

Brébeuf, mai 1944, p. 7.

1934 — « Nous souhaitons à : [...] LOUIS ARCHAMBAULT — de se tenir comme un homme dans les "p'tits chars" [Brébeuf, 20 décembre 1934, p. 3]. »

1935 — « Merci à nos 80 collaborateurs [...] Louis Archambault [Brébeuf, 15 juin 1935, p. 7] ».

1935 — Louis Archambault, « Le troisième Reich, paien ou ambitieux [Brébeuf, 26 octobre 1935, p. 8] ».

1935 — « 30 mai au soir... [...]

Ce n'est plus un secret : on pleure le départ
De ceux qu'on a bâtis avec la fève au lard,
Depuis les Eléments jusqu'en philosophie,
Et qui n'en auront plus, qu'importe leur envie. [...]

Archambault le graveur [...] »

(Brébeuf, 30 juin 1935, p. 9, texte de Marcel Dubuc.)

1935-1936 — En outre, deux héliogravures de portraits de femmes, signées LA et clairement identifiés à son nom complet, illustrent les éditions du 15 juin 1935 et du 30 juin 1936.

Louis Archambault, « Misérables... 1935 [...] chez Mme Duquesne. [...] La vieille femme, la maman sans teint, m'a regardé, souffrante, infiniment triste. », héliogravure signée L.A., texte de Claude B. Monfette, Brébeuf, 15 juin 1935, p. 4.

Louis Archambault, « Dernier souhait — Finissant, mon confrère, je te présente une femme idéale. L'artiste l'a burinée avec amour et pour lui donner l'existence, il a versé un peu de son âme. C'est pour cela qu'elle a l'air bon. Tu peux la contempler longtemps, sans jamais te lasser, parce qu'elle est la soeur de l'épouse de tes rêves. Regarde ! Tu ne seras pas déçu : elle est idéalisée par l'art. », hélio, signé LA, texte de Georges Roy, Brébeuf, 30 juin 1936, p. 8.

Louis Archambault, Cénotaphe, signé « LA », (Mongeau 1937.05.24, p. 13).

Attribué à Archambault inspiré de Nealis, Logo d'entête de lettre. — (Mongeau 1937.05.24 p7) ; (Kateri 1966.12-E071p05 ; 1966.12-F028p05).

Après avoir quitté Brébeuf, Archambault conserve donc des liens avec les jésuites pour lesquels il signe de ses initiales « LA », en 1937 à l'âge de 22 ans, une intéressante composition de l'édicule et de la croix du cénotaphe de Tekakwitha. Le traitement y est le même que dans ses portraits de femmes, par de larges aplats de noirs contrastant les blancs dans un rendu très sculptural, discipline qui deviendra plus tard sa spécialité. Par sa similitude, on peut également lui attribuer le logo d'entête de lettre dans la même publication, une habile stylisation d'après Nealis, qui est utilisé dans la correspondance du vice-postulateur de la cause. Ce logo inspirera également des copies à l'occasion des fêtes de 1980.

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

École des beaux-arts, céramique et illustrations (1937-1940).

École des beaux-arts de Montréal, rue Saint-Urbain, [1924], photos Rice, UQÀM, Fonds d'archives de l'École des beaux-arts de Montréal, boîte 2247, chemise C-2.

À la fin de sa première année d'études à l'École des beaux-arts de Montréal, 1937-1938, Archambault obtient un 2e prix en céramique (L'illustration nouvelle 1938.06.02). Il termine sa deuxième année d'études, 1938-1939, en décrochant tous les honneurs : 1er prix en technologie, 1er prix de composition, mention spéciale pour thèse, prix d'honneur, prix du ministre, diplôme de céramiste ; il obtient également un 1er prix en modelage statuaire moyen (Le Devoir 1939.06.09, Le Canada 1939,06.14 et L'illustration nouvelle 1939.06.06, 1939.06.09, 1939.06.14), ainsi que cette critique élogieuse.

« Avec la céramique, il nous faut signaler un grand progrès qui fait honneur à l’Ecole. Nous savons les recherches effectuées dans ce domaine par l’Ecole des beaux arts : utilisation des terres du pays et des émaux canadiens. Cette année on sent que la période du début est maintenant passée ou en voie de passer. La matière a pris, en effet, plus de finesse et de corps et l'émail a acquis une qualité précieuse qu'il n’avait pas encore atteinte. Il semble aussi que les élèves, débarrassés ainsi de certaines préoccupations matérielles de fabrication, aient porté sur les formes et le décor un effort qui a été couronné de succès. Dans ce domaine retenons deux noms qui sont pleins de promesses : Louis Archambault (Prix du Ministre et 1er prix) et Gaston Pépin, (2e prix). Le premier se signale par la forme heureuse et plaisante de ses pièces et un décor sobre et souvent délicat comme dans son service jaune à fleurs rouge et blanc. A retenir encore le pot vert du même où les coulées d'émail donnent des tons précieux. Le second, Gaston Pépin, expose un service plein de charme, rustique, brun avec déror de bâtonnets jaune clair. C'est un excellent ensemble [L'illustration nouvelle 1939.06.20]. »

« Cette année, cependant, la céramique attirera passablement l’attention. Encore timide l’an dernier, première année de sa présentation au public, elle affiche ce mois de juin plus d’assurance. Le professeur, M. Normandeau, a le plaisir de voir des élèves obtenir leurs diplômes: MM. Louis Archambault et Bertrand Vanasse. L’industrie du cidre commence à se développer au Canada. M. Normandeau, qui a voyagé en France, notamment en Normandie, patrie du cidre de pommes, a fait exécuter à ses élèves des pots à cidre et les bols qui les accompagnent. Ses élèves ont modelé aussi des personnages et des vases de diverses formes et de diverses couleurs [Le Devoir 1939.06.08]. »

« A quoi bon se forger des chimères ? » (p. 22).

« Mon papoose ! Mon papoose ! Mias... il est blanc ! »(p. 42).

L'Aiglon porta la main à son front pour le saluer...(p. 50).

La flottille de canots se mit en route.(p. 64).

Le fort Prudhomme, qui n'avait de fort que le nom... (p. 72).

« Celle-là n'est pas tatouée ; c'est une marque que je portais quand on m'a remis à ma mère. » (p. 78).

En voyant les chutes, il se rappela la légende... (p. 92).

Garakonon, le loup Noir. (p. 100).

L'Aiglon s'agenouilla suprès de sa mêre... (p. 118).

Jacques de Tonnancour (1917-2005), 9 illustrations dans L'Aiglon blanc des Illinois (Maxine 1938).

Une rangée de petits logis compacts... (p. 8).

« A vos futures découvertes ? » dit l'officier, levant son verre. (p. 16).

« Le plus bel Illinois de sa tribu, je gage ! » (p. 26).

Là aussi, se dressait un totem. (p. 34).

« Ces vêtements flottants... n'était-ce pas ceux des sorciers ? » (p. 56).

L'Aiglon trouva l'enveloppe cousue dans sa ceinture.(p. 84).

On dansa autour d'un grand feu...(p. 106).

« Ciel ! Regarde NIcolas ! Regarde ! Sur son bras droit, au-dessus du coude, ce signe rouge...! » (p. 114).

Louis Archambault, 8 illustrations dans L'Aiglon blanc des Illinois (Maxine 1938).

« Les gravures signées Louis Archambault et Jacques de Tonnancour, qui ornent L'Aiglon blanc des Illinois de Maxine (1938), dénotent également un début de stylisation, mais elles demeurent dans l'esprit traditionnel de la gravure de qualité qui convient à tous les publics [Lepage 2011, p. 461]. »

Jacques de Tonnancour signe neuf gravures, Louis Archambault huit, pour le roman jeunesse L'Aiglon blanc des Illinois de Maxine (pseudonyme de Marie-Caroline-Alexandra Bouchette épouse de François-Elzéar-Achille Taschereau Fortier), soit une illustration en tête de chacun des 16 chapitres, plus une autre pour l'épilogue. Le style moderniste d'Archambault se voit ici bridé par une obligation de traditionnalisme. Dommage, car ces deux jeunes artistes allaient devenir, par la suite, des piliers de l'évolution de l'art. L'éditeur Beauchemin tient donc en laisse les capacités de ces deux jeunes artistes en leur imposant un style convenu de dessin. Archambault a déjà fait preuve de modernité dans ses portraits de femmes en 1935-1936, style assumé et publié par les jésuites en 1937 pour Tekakwitha. Les ecclésiastiques, en laissant libre cours à sa créativité, paraissent beaucoup plus libéraux. Il est vrai que l'Église a une longue histoire de mécénat artistique. Et, en 1938, elle organise un événement de grande envergure, l'exposition provinciale Art religieux chrétien, mettant justement en valeur, au prestigieux Musée de la Province, la créativité de nos artistes locaux via les écoles des beaux-arts de Québec et de Montréal.

Départ pour les vacances...

LA ROUTE: — A l'assaut des lacs et des rivières...

ENQUETES ECONOMIQUERS ET SOCIALES.

Autour du feu, on s'amuse gaiement.

PETITTE HISTOIRE: — Consulter les vieux documents...

ROUTE DRAMATIQUE: — Chant sur le parvis des églises.

REFRANCISATION: — Annonces françaises... Les Trois Pistoles

SCIENCES NATURELLES: — Collection de plantes.

[Feu de camp qui s'éteint] Les DESSINS reproduits en cette page sont de M. Louis Archambault, élève des Beaux-Arts, à Montréal.

Louis Archambault, « Grand concours de vacances... pour tous les écoliers et écolières, collégiens et étudiantes »,
L'Action catholique
, 25 juin 1939, dimanche 25 juin 1939, p. 8-9 et 12.

Signe évident qu'Archambault est bien apprécié des autorités ecclésiastiques, il signe 9 dessins, publiés en juin 1939 dans L'Action catholique, afin d'illustrer une campagne publicitaire d'un grand concours pour les vacances. Les thématiques sont en phase avec les idéologies dominantes : aux transports en train vers les activités estivales (lacs, rivières, feu de camp), se greffent des aspects sociaux (enquêtes économiques et sociales, refrancisation), artistiques (chant), intellectuels (petite histoire, sciences naturelles) et religieux (parvis des églises). Leur style est tout à fait cohérent avec ses productions antérieures et postérieures liées à Tekakwitha.

Archambault renoue avec style plus moderne pour les six gravures du fascicule de la Neuvaine à Kateri Tekakwitha du jésuite Paul Racine (Racine 1939 et pdf).

Il y est indiqué que « Tous les dessins qui ornent cette neuvaine sont de M. Louis Archambault, diplômé des Beaux-Arts », même s'ils ne sont pas tous signés.

On y trouve également des photographies de la sculpture de Raymond Fortin et de l'aquarelle de Paul Caron.

Archambault, Buste, non signé. — (Racine 1939 p2 de couverture) ; (Kateri 1951.06-EV03N03p14 ; 1951.09-EV03N04p14 ; 1951.12-EV04N01p14 ; 1952.09-EV04N04p14).

Le Bon Pasteur, non signé (Racine 1939, p. 2 de couverture).

« Sous la lune le totem blafard du manitou guette la tente », signé LA en bas à gauche (Racine 1939, p. 2).

Archambault, « Dans la nuit Kateri s'enfonce vers les lumières de la paix », signé LA en bas à droite. — (Racine 1939 p3) ; (Kateri 1977.09-E113p13 ; 1977.09-F070p13).

L'arbre marqué d'une croix où priait Tekakwitha, non signé (Racine 1939, p. 4 de couverture ; également utilisé la même année par Bouver).

Archambault, « Son attitude modeste et droite était une prière », signé LA en bas à gauche.

— (Racine 1939 p4) ; (Kateri 1971.06-E088 p05 ; 1971.06-F045 p05 ; 1971.09-F046 p05 ; 1971.12-E089 p05 ; 1971.12-F047p05 ; 1971.12.25-E090p05 ; 1972.03-E091p05 ; 1972.03-F048p05 ; 1972.06-E092p05 ; 1972.06-F049p05 ; 1972.09-E093p05 ; 1972.09-F050p05 ; 1973.03-E095p05 ; 1973.03-F052p05 ; 1973.06-E096p04 ; 1973.06-F053p04 ; 1973.09-E097p04 ; 1973.09-F054p04 ; 1973.12-E098p06 ; 1973.12-F055p06 ; 1974.03-E099p06 ; 1974.03-F056p06 ; 1974.06-E100p06 ; 1974.06-F057p06 ; 1974.09-E101p06 ; 1974.09-F058p06 ; 1974.12-E102p06 ; 1974.12-F059p06 ; 1975.03-E103p06 ; 1975.03-F060p06 ; 1975.06-E104p06 ; 1975.06-F061p06 ; 1975.09-E105p06 ; 1975.09-F062p06 ; 1975.12-E106p06 ; 1975.12-F063p06 ; 1976.03-E107p06 ; 1976.03-F064p06 ; 1976.06-E108p06 ; 1976.06-F065p06 ; 1976.09-E109p08 ; 1976.09-F066p08 ; 1976.12-E110p06 ; 1976.12-F067p06).

Le modernisme d'Archambault s'exprime par une ligne pure allant directement à l'essentiel, un peu à la Matisse. Le visage de Tekakwitha n'est pas visible dans les scènes en noir du totem et de la fuite en canot. Son portrait de profil présente des bandes de motifs autochtones, puis les clichés des tresses depuis Lagacé, du bandeau frontal et de la plume depuis Jobin.

1949.10-11

Drolet, Inteview with Kateri, assise sur un trône, prédelle du village de Caughnawaga. —  (Kateri 1949.10-11-EV01N04p14 ; 1949.12-EV02N01p14 ; 1950.06-EV02N03p14 ; 1950.09-EV02N04p14 ; 1950.12-EV03N01p14).

1951.03

Drolet, Angelot répondant au client devant la porte close de Kateri. — (Kateri 1951.03-EV03N02p14).

1952.03

Worthington, Mrs. B. an alumna of Marymount College, Tarrytown, N.Y., Buste de profil, terra cotta. — (Kateri 1952.03-EV04N02p14 ; 1952.06-EV04N03p14 ; 1991.12-E170p05 ; 1991.12-F127p05 ; 2014.12-E257p24 ; 2014.12-F214p24) ; (LM 1979.09, p1 et p3).

En 1949-1950, la rubrique Interview with Kateri, du périodique Kateri, a d'abord été illustrée par des oeuvres de Camille Drolet, principalement sa vierge iroquoise sur un trône, mais aussi avec un angelot. On lui substitue une reprise du portrait en buste vu de face d'Archambault, initialement publié 12 ans plus tôt, et qui a pu inspirer celui de Drolet. Une terra cotta de Mrs. B. Worthington remplace l'oeuvre d'Archambault qui est finalement reprise pour la dernière parution de cette rubrique.

Archambault, Buste, non signé. — (Racine 1939 p2 de couverture) ; (Kateri 1951.06-EV03N03p14 ; 1951.09-EV03N04p14 ; 1951.12-EV04N01p14 ; 1952.09-EV04N04p14).

Drolet, Tête au bandeau losangé et tresses. —  (Kateri 1949.12-EV02N01p06).

Gutenberg (p. 7).

Avant Gutenberg (p. 13).

Caractères mobiles en Europe (p. 21).

Par sa mère il appartient à une famille de potiers (p. 29).

Strasbourg ou l'inventeur (p. 37).

Mayence, ou l'imprimeur (p. 43).

Encres (p. 51).

Le moule du premier genre et son caractère (p. 57).

Le moule du deuxième genre et son caractère (p. 61).

L'invention de l'imprimerie est la plus grande de tous les siècles. Elle se trouve à la source de toutes les découvertes, de toues les conquêtes de la science (p. 71).

L'homme sa personnalité (p. 81).

La survie (p. 89).

Diffusion de l'imprimerie (p. 97).

Conquête du livre (p. 105).

L'Église et la diffusion de l'imprimerie (p. 113).

Trois siècles de production (p. 121).

Production de 1447 à 1940 (p. 127).

Mécanisation de la presse (p. 133).

Portrait de Gutenberg au-dessus d'un livre ouvert entouré de plusieurs symboles illustrant la musique, la religion, l'architecture, le dessin, la mécanique, la science, la justice, la médecine (p. 139).

Importance de l'imprimerie au Canada (p. 145).

Louis Archambault, 20 illustrations dans Gutenberg et l'imprimerie (Beaudoin 1940).
Les planches n'étant pas identifiées par des légendes, les titres ci-dessus ont été extrapolés d'après le contexte.

Étant donné les cheminements de leurs auteurs, on comprend mieux les qualités exceptionnelles de cette publication via les affinités intitutionnelles et artistiques de Louis-Philippe Beaudoin et Louis Archambault. En 1926, suite à la grande « Exposition du livre français et canadien », le « jeune Louis-Philippe Beaudoin entrevoit alors la possibilité de développer la reliure d’art au Québec et devient le premier boursier de la province à faire des études dans ce domaine à l’École Estienne de Paris. » L’École technique de Montréal avait fondé, en 1925, une section d’imprimerie, la première à voir le jour au Québec. « En 1942, on fusionne les sections d’imprimerie et de reliure pour former une nouvelle institution, l’École des arts graphiques de Montréal. Louis-Philippe Beaudoin est nommé directeur de cette école établie dans les anciens locaux de l’École du meuble, elle-même située à l’École technique. Des cours de dessin, de maquette et de gravure s’ajoutent au programme avec l’embauche du graveur Albert Dumouchel [Leroux 2007]. »

Beaudoin 1940, p. couverture.

Beaudoin 1940, p. titre.

La page titre de Gutenberg et l'imprimerie (Beaudoin 1940) identifie clairement l'auteur des dessins : « Illustrations de LOUIS ARCHAMBAULT Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Montréal ».

Cette utile assertion permet d'attribuer une signature très particulière d'Archambault que l'on y retrouve sur des dessins non identifiés d'autres provenances.

Louis Archambault, Gutenberg (Beaudoin 1940, p. 7).

Dans cet ouvrage, les compositions créées par Archambault sont entourées d'un large cadre noir où il signe en blanc. L'initiale de Louis est en minuscule et détachée des autres lettres. On retrouve ce « l » dans les signatures en noir sur fond blanc des tableaux et plans, dans la version longue et dans la version abrégée.

Louis Archambault, Le moule du premier genre et son caractère (Beaudoin 1940, p. 57).

Louis Archambault, Diffusion de l'imprimerie (Beaudoin 1940, p. 97).

Son nom de famille étant bien long, on comprend qu'il ait voulu l'abréger : dans sa signature cursive, le « A » majuscule est ouvert à droite et attaché au « r », puis suivent trois groupes de lettres séparés les uns des autres, « ch », « am » puis « bault », le « t » de la fin n'est pas barré en haut, mais se termine par un retour dans le bas. La version abrégée conserve le « A » majuscule ouvert à droite qui se rattache cursivement aux deux dernières lettres « lt » suivies d'un point comme dans les abrébiations.

Louis Archambault, A few months before Kateri, Clauche Chauchetière arrived at Mission Saint-François, vers 1940, Woodcut, Le Messager Canadien, signature abrégée « l Alt. » en bas à droite. — (MC 1892-1966) ; (Kateri 1951.06-EV03N03p07).

On retrouve cette signature abrégée « l Alt. » sur deux magnifiques dessins publiés dans le périodique Kateri en 1951 et 1959. Ce sont donc des oeuvres de Louis Archambault que l'on peut dater vers 1940 car elles partagent toutes les caractéristiques de celles éditées cette année-là, soit sur Ennemond Massé ou sur Gutenberg. Le dessin représentant Chauchetière provient du « Messager Canadien » selon la légende au-dessus de l'image ; un dépouillement des ouvrages de cet éditeur prolifique à cette époque (le catalogue de la BANQ donne 307 publications de 1937 à 1941), incluant leur périodique homonyme (MC 1892-1966), pourrait probablement permettre d'y retrouver d'autres compositions méconnues de Louis Archambault, par exemple ces quatre autochtones...

Louis Archambault, Quatre autochtones passant devant deux tipis et des conifères, They know their duties so well there is never any disorder..., vers 1940, signature abrégée « l Alt. » en bas à droite, provient peut-être du Messager Canadien. — (Kateri 1959.03-EV11N02p11).

p. couverture « Le collège de Québec »

p. 15 « Après une prière à la Vierge le novice "lit sans difficultés les plus petits caractères". (Page 22.) »

p. 19 « Par faveur de Marie, les novices humiliés reprennent leur route. (Page 24.) »

p. 23 « Compagnon du confesseur d'Henri IV, le P. Massé fait antichambre. (Page 24.) »

p. 27 « Après les tempêtes, "la Grâce de Dieu" jette l'ancre à Port-Royal. (Page 25.) »

p. 31 « "S'il fallait rapiécer leur linge, ils avaient privilège de le faire eux-mêmes." (Page 26.) »

p. 35 « Première messe du P. Massé en terre canadienne - 5 mai 1611. (Page 28.) »

p. 39 « Les permiers catéchismes provoquaient grands rires et moqueries. (Page 34.) »

p. 43 « "Et voici que le Père Massé demande et obtient de se faire Sauvage avec les Sauvages." (Page 36.) »

p. 49 « Pour échapper à la famine, le P. Massé s'improvise constructeur de bâtiment. (Page 37.) »

p. 53 « "On abordait en un lieu qu'on appelait Saint-Sauveur." (Page 41.) »

p. 57 « Le corsaire Argall anéantit Saint-Sauveur. (Page 42.) »

p. 61 « "Le Frère du Thet tué, les missionnaires dispersés." (Page 42.) »

p. 65 « "C'était le monde renversé, les Sauvages fournissaient du pain aux Français." (Page 45.) »

Louis Archambault, « Le P. Massé fut dix ans ministre au collège de La Flèche. (Page 52.) ». —  (Pouliot 1940a, p. 71, identifié ultérieurement comme « Le P. Claude Dablon ») ; (Kateri 1975.06-F061p28).

p. 75 « "Le P. Massé s'entretenait souvent avec les jeunes religieux de tout ce qu'il avait vu." (Page 58.) »

p. 79 « "Il vécut comme les sauvages de glands et de racines." (Page 58.) »

p. 83 « M. de la Dauversière, bienfaiteur insigne de la Nouvelle-France. (Page 67.) »

p. 87 « "Les neiges venant, nous fûmes contraints de surseoir jusqu'au printemps." (Page 74.) »

p. 91 « Malgré le P. Massé, les Kirke profanent les ornements d'Eglise. (Page 78.) »

p. 97 « Vision de départ : les Anglais ont tout pillé tout brûlé. (Page 80.) »

p. 101 « Chaque printemps, les jeunes recrues montaient vers la Huronie ; lui ne partait pas. (Page 88.) »

p. 105 « "Le Père Utile" construit le premier collège de Québec. (Page 89.) »

p. 109 « Sillery aux jours de sa splendeur. (Page 98.) »

p. 113 « La vieille maison de Sillery telle que conservée. (Page 104.) »

p. 117 « Le monument Ennemond Massé au bord du fleuve à Sillery. (Page 110.) »

Louis Archambault, 1ère de couverture et 25 planches sur Énemond Massé (1575-1646), dans Pouliot 1940a (collection RD).

Un an après ses premiers portraits de Tekakwitha, Archambault accentue davantage le caractère scuptural et le modernisme minimaliste de la plupart de ses dessins, dont ceux produits pour Premiers ouvriers de Nouvelle-France, les pères Ennemond Massé et Anne de Nouë missionnaires jésuites (Pouliot 1940a). Il partage ce contrat avec un étudiant à l'École des beaux-arts de Montréal, Raymond Fortin qui signe les 5 dessins d'Anne de Nouë dans un style radicalement différent.

À l'occasion du « 260e anniversaire de la mort de Kateri Tekakwitha », alors que « le Saint-Père a signé le décret d'introduction de la cause de béatification », des articles citent d'autres oeuvres d'Archambault l'illustrant en divers médiums, dont celui du journal Le Devoir publié le 18 avril 1940.

« Hier après-midi, à l’occasion du 260ème anniversaire de la mort de Kateri Tekakwitha, le R. P. Antonio Poulin, S.J., vice-postulateur de la cause de béatification de la jeune vierge iroquoise, conviait les journalistes à admirer une intéressante exposition d’oeuvres d’art, de documents et écrits divers édifiés à la gloire du "Lys des Mohawks". Le Père Poulin et son collaborateur, le R. P. Paul Racine, S.J., ont expliqué le but de cette petite exposition: faire mieux connaître l’admirable figure de l'humble fille des bois que Rome s'apprête à glorifier. [...] Parmi les oeuvres exposées, signalons la belle Kateri de bois sculpté de Raymond Fortin, la délicieuse terre cuite émaillée de M. Spénard, des Trois-Rivières, les dessins et hauts-reliefs de Louis Archambault, le tableau de Soeur Marguerite Nealis, les illustrations délicieuses qu’a faites Paul Coze pour le livre de M. Robert Rumilly, l’étude de Paul Caron, un spécimen de l’imagerie chinoise, etc. [Le Devoir 1940.04.18]. »

On reconnaît, sur la photographie non datée d'une exposition ancienne, plusieurs des oeuvres évoquées dans l'article ci-dessus.

Tout d'abord la sculpture de Raymond Fortin qui figure au centre de trois dessins portant la signature courte « l Alt. », la même que celle utilisée par Archambault dans ses illustrations pour Gutenberg. Ces oeuvres inédites représentent une bourgade autochtone, ainsi qu'un missionnaire y sonnant la cloche ou se recueillant les mains croisées.

On y reconnaît également deux des dessins publiés en 1940 par Archambault sur Ennemond Massé.

Pouliot 1940a p. 43 « "Et voici que le Père Massé demande et obtient de se faire Sauvage avec les Sauvages." (Page 36.) »

Pouliot 1940a p. 39 « Les permiers caté-chismes provo-quaient grands rires et moqueries. (Page 34.) »

Finalement, y figurent la céramique de Jean-Jacques Spénard, en bas à gauche, ainsi que « les haut-reliefs et les médaillons de Louis Archambault » montrant le profil de Tekakwitha et des motifs autochtones dans le même esprit que son dessin de 1939.

 « Figure 50 Jean-Jacques Spénard, sculpture de céramique, dans Le Scalpeur : revue diminutive et pieuse au service de la Vierge iroquoise Catherine Tekakwitha, Montréal, Le Brigand, septembre 1945, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [Paquette 2015.01, p. 148] ».

(Détail de KC AJR P125-1). 

(KC AJR P125-1).

 Louis Archambault, Tekakwitha, haut-reliefs et médaillons dont deux sur des palettes de peintre (détails de KC AJR P125-1).

 Louis Archambault, « Son attitude modeste et droite était une prière », signé LA en bas à gauche, Neuvaine à Kateri Tekakwitha (Racine 1939, p. 4).

« Les poupées exposées au Consulat général de France représentent des personnages historiques du Canada et des paysannes revêtues des costumes des provinces françaises. Celte exposition reconstitue l’atmosphère de l’époque à laquelle a été fondée ‘Ville-Marie, aujourd’hui Montréal, il y aura trois cents ans en 1942. [...] Des peintures et des céramiques, oeuvres de jeunes artistes canadiens, décorent la salle d’exposition, qui a été aménagée sous la direction de M. Charles Maillard, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts. [...] Les principaux personnages historiques représentés dans cette exposition sont: Paul de Chomedey de Maisonneuve, M. Olier, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, Marie-Madeleine de Chauvigny, Dame de la Peltrie, Lambert Closse, Elisabeth Moyen, Jean Talon, Mademoiselle de Verchères, Monsieur de Callières, Kateri Tekakwitha, Monseigneur de Pontbriand, Mère d’Youville, Madame la baronne de Longueuil et Mère Gamelin. [...] Les vases de céramique sont des artistes Louis Archambault, Jean-Claude Coiteux, Marcel Girard, Willie Hutchison, Raymond Lewis, Gaston Pépin et Jacques Spénard [Le Devoir 1940.12.09]. »

(p. couverture)

Nick et Jeannine. (p. 13)

Anaké (p. 19)

Je m'approche et lui offre mes fleurs... (p. 25)

...ceci... contient ce que vous cherchez. (p. 32)

Le manuscrit reste donc ...entre les mains du saint moine... (p. 38)

Clément amenait avec lui son jeune fils... (p. 42)

Garakontié (p. 49)

Je saute chaque jour un peu plus haut que la veille. (p. 55)

...il la percha sur son épaule. (p. 61)

Que désires-tu, à ton tout, comme faveur de ma part ? (p. 64)

Salut, petite. Salut, répondit la fillette. (p. 70)

...l'enfant se laissa laver, savonner... (p. 75)

Il avait rendu l'âme tandis qu'il écrivait pour son fils chéri. (p. 81)

...les larmes... ne coulaient plus. (p. 86)

Le gouffre des fuyards (p. 92)

...il vit une cabane de laboureur. (p. 99)

Qui es-tu, mon petit ? (p. 104)

...environ deux pieds au dessus du vide. (p. 116)

Louis Archambault, 19 illustrations dans Le saut du gouffre (Maxine 1940).

Tout en voulant plaire au traditionnalisme de l'éditeur Beauchemin et de son jeune public lecteur, le style et la technique des planches du Saut du gouffre explorent d'autres sentiers novateurs dans ce deuxième ouvrage illustré par Archambault pour Maxine : imitation, reproduction ou fac-similé de l'estompe en dessin, de la manière noire en gravure, voire même de la photographie ; légendes manuscrites intégrées dans le corps du dessin jouant sur l'opposition ou l'alternance des noirs et des blancs.

La figure de femme dans Je m'approche et lui offre mes fleurs... s'est inspirée d'une photographie de la reine d'Angleterre, Elizabeth Bowes-Lyon épouse de George VI, publiée au-dessus du « Palmarès de l'Ecole des beaux-arts » où Louis Archambault est cité comme gagnant du prix du ministre (L'illustration nouvelle 1939.06.06).

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

En charge des opérations de modelage à l'usine-école de la Central Pottery (1940-1941).

Usine construite en 1878-1882, principalement exploitée par la Dominion Sanitary Company (1889), la Dominion Sanitary Pottery Company Limited (1920), la Central Pottery Limited (1940) (Fortin 1982, p. 93-96). Photo : Chambre de commerce, photographies J.L. Pinsonneault, St. Johns P.Q. Canada 1912, p. 23 (collaboration François Granger sur Clin d'oeil au passé de St-Jean-sur-Richelieu).

Cette usine « était située au coin des rues St. James (Saint-Jacques) et Allen (Cousins). (in Chas. E. Good, Insurance Plan of St. Johns, June 1908, revised to Oct. 1916) [Fortin 1982, p. 95.]. »

Saint-Jean-sur-Richelieu est un centre industriel actif de fabrication de poterie, faïence et céramique à compter de 1840 avec quantité d'entreprises, dont plusieurs éphémères, établies sur une dizaine de sites jusqu'à leur déclin, au début du XXe siècle, accentué par la crise économique de 1929 (Fortin 1982). Il n'est donc pas étonnant qu'on tente d'y revitaliser cette activité à l'orée de la Deuxième guerre mondiale. Après avoir acquis l'ancienne Dominion Sanitary Pottery, désaffectée depuis plus de cinq ans, la Central Pottery annonce, dès avril suivant, qu'elle y ouvrira en juillet une usine-école, un concept novateur subventionné par les gouvernements. Louis Archambault y est en charge du modelage. En décembre, une vingtaine d'élèves a déjà fabriqué 20 000 pièces (Fortin 1982, p. 93-96) dont une douzaine font l'objet d'une exposition tenue à Montréal, en janvier 1941, en collaboration avec l'École du meuble.

14 mars 1940 — « "Central Pottery Limited" [...] il a été accordé [...] les lettres patentes en date du quatorzième jour de mars 1940, constituant en corporation : George Sheppard, comptable, de la ville d'Iberville, Mervyn Hews, gérant, et Louis Lord, comptable, tous deux de la ville de St-Jean, dans les buts suivants : a) Exercer l'industrie de manufacturiers et généralement faire le commerce et le négoce de poterie, faïence, verrerie, bric-à-brac et objets d'art, articles en tuile, appareils et accessoires sanitaires, outillage de plombiers, instruments et ustensiles de ménage, et tous articles de poterie et autres fabrications de l'argile ou d'autres substances semblables. Et aussi exercer l'industrie de manufacturiers de tuiles et terra cotta et potterie dans toutes ou chacune de ses spécialités [Gazette officielle du Québec 1940.04.06] »

11 avril 1940 — « M. G. H. Sheppard, citoyen bien connu d'Iberville et dans notre ville; M. Mervyn Hews, le populaire propriétaire de l'Hôtel National, la Cité de Saint-Jean, la Chambre du Commerce se réclamant de l'Aide à la Jeunesse, ont obtenu des deux gouvernements l'établissement d'une usine-école où seront employés les jeunes, à la confection de petits vases de fantaisie, d'urnes, etc. Cette école s'ouvrira dans un avenir rapproché dans l'usine de la Dominion Sanitary Pottery achetée récemment par la compagnie Central Pottery [Le Canada-français 1940.04.11]. »

4 juillet 1940 — « Lundi prochain assez probablement, et au plus tard le 15 du mois de juillet [1941], Saint-Jean verra fonctionner sa première usine-école, à la "Central Pottery Limited", rue Saint-Jacques, près de la voie ferrée [...après le...] réaménagement de l'immeuble de l'ouest de la rue Saint-Jacques désaffectée [sic] depuis plus de cinq ans [Le Canada-français 1940.07.04]. »

19 décembre 1940 — « M. Hews, gérant de la Central Pottery communique à l'assemblée que 25 étudiants sont actuellement au travail à l'usine, auxquels se joindront dix autres étudiants, dans le cours de décembre et dix autres dans le cours de janvier prochain, et que la compagnie sera en mesure de délivrer de la marchandise durant janvier [Le Canada-français 1940.12.19]. »

23 janvier 1941 — « Les premiers exhibits à sortir des fours de notre nouvelle poterie-école, ont été mis en montre à la récente Exposition de l'Hôtellerie canadienne, tenue à l'Hôtel Mont-Royal, la semaine dernière, les 15, 16 et 17 janvier derniers [1941]. Avec les exhibits d'ébénisterie fournis par l'Ecole du Meuble de Montréal, nos travaux de céramique figuraient avec honneur dans la section du commerce et de l’industrie. [...] Les travaux mis à l'exposition consistant en une douzaine de pièces environ, parmi lesquelles on pouvait remarquer des théières de fort bonne tournure. Après les six mois seulement d'existence de notre poterie-école, on conviendra que cette initiative est tout à l'honneur des dirigeants de la "Central Potteries" [Le Canada-français 1941.01.23] »

13 février 1941 — « LA POTERIE-ECOLE EN PLEINE VOIE DE PROGRES — L’argile locale y est à l’honneur. — Un puissant apport économique. — Prochaine admission — Maintenant que notre poterie-école fonctionne de façon tout à fait active, il convient d'en signaler le plein essor à l'attention du public. [...] Avec ses 22 élèves, la ["]Central Potterie" est actuellement en pleine voie de progrès. L'aménagement de l'ancienne poterie de l'extrémité de la rue Saint-Jacques y est complètement terminé, et les quelques machines, qu'il reste à installer pour certaines opérations délicates, le seront d'ici la fin du mois. [...] Avec la fin du mois de janvier l'école aura reçu un second contingent de jeunes apprentis, qui portera son effectif à 40 environ, tel que prévu. [...] La Central Potterie ont retenu les services d'un jeune et brillant gradué de l'Ecole de Beaux-Arts, à Montréal, M. Louis Archambault, qui aura charge des opérations de modelage. C'est d'ailleurs M. Archambault qui a déclaré que l'argile de Saint Jean était l'une des meilleures qu'il connaisse [...] Les élèves potiers et céramistes ont tout d'abord commencé par le classique pot à fleurs, d'une facture facile; et le travail a si bien marché, que l'on en est maintenant aux théières. C'est dire le travail sérieux qui s'accomplit maintenant dans ce qui était auparavant une ancienne poterie désaffectée [Le Canada-français 1941.02.13]. »

Incendie de la Central Pottery Limited, le 2 mars 1941, encore identifiée à la Dominion Potteries Limited sur cette photographie qui serait conservée à la caserne #1 des pompiers de Saint-Jean-sur-Richelieu (collaboration Claude Galipeau et François Granger sur Clin d'oeil au passé de St-Jean-sur-Richelieu).

Mais Archambault n'occupe pas ce poste longtemps, l'incendie du 2 mars 1941 mettant fin à la production de la Central Pottery où 50 000 pièces étaient prêtes pour la livraison (théières, pots à fleurs, pots à fèves, potiches ; Le Canada-français 1941.03.06 ; La Tribune 1941.04.03 ; Le Devoir 1941.03.03). Formant alors 45 élèves, l'usine-école n'est pas reconstruite (Fortin 1982, p. 93-96).

24 juillet 1941 — « [...] la Central Pottery n'a pas reçu, cette année, l'octroi promis par le gouvernement provincial, en raison du fait que le gouvernement fédéral a discontinué de contribuer à cet octroi, vu la guerre. [...] la Chambre [de commerce] demande un octroi de huit à dix mille dollars nécessité [sic] pour la reconstruction de l'école-poterie [Le Canada-français 1941.07.24] »

17 décembre 1942 — « La Central Pottery offre sa manufacture et le terrain en vente [Le Canada-français 1942.12.17]. »

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

Contremaître à la Canadian Marconi (1941-1944).

Canadian Marconi Company, 2142 rue Trenton, Ville Mont-Royal. Photo.
Industrial architecture of Montreal, McGill University, Blackader-Lauterman Library of Architecture and Art (web ou pdf).

Le céramiste se marie en 1941, ses garçons naissent en 1943 et 1945. Un complément à ses revenus irréguliers d'artiste, surtout en cette période difficile, est nécessaire pour subvenir aux besoins de sa famille. Il devient donc « contremaître durant la guerre, du service de plastique de la compagnie "Canadien Marconi" [La Presse 1948.04.01, p. 03 ; The Gazette, January 29, 2003] », à une époque où les télécommunications étaient un enjeu majeur. Cet emploi de fonctionnaire est corroboré par le journal étudiant Brébeuf qui nous informe également sur sa carrière de professeur d'art.

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

Professeur : Collège Macdonald, École du meuble, Brébeuf, Art Association (1945-1948).

« 15ième réunion annuelle des anciens du collège Jean-de-Brébeuf, Montréal 22 avril 1945 », Brébeuf, 26 mai 1945, p. 11.

1944 — « Conventum 34-44 [...] MEMBRES: Archambault, Louis, Fonctionnaire à Canadian Marconi, Montréal [Brébeuf, mai 1944, p. 7]. »

1945 — « Louis Archambault, C. [Conventum] '34-'44. a été récemment nommé professeur de céramique d'art au Collège Macdonald de l'Université McGill [Brébeuf, 1 mai 1945, p. 7]. »

« A la réunion des Anciens étaient présents [...] Conventum 1934-44 Archambault, Louis [Brébeuf, 26 mai 1945, p. 11] »

« A la reunion des anciens étaient présents [...] Conventum 1934-44 Archambault, Louis [Brébeuf, 15 juin 1946, p. 8] »

1946 — « Chez nos anciens [...] Louis Archambault, C. '34-44, professeur à l'Ecole du Meuble, enseigne le dessin à Brébeuf [Brébeuf, 7 octobre 1946, p. 7]. »

1946.06.06 — « nous avons organisé une succursale de notre école [du Meuble] au numéro 42 ouest, de l’avenue des Pins, à Montréal. Par décision de l'hon. secrétaire de la province, l'atelier de céramique de l’Ecole des Beaux-arts de Montréal est devenu une section régulière de l’Ecole du Meuble. M. P.-A. Normandeau, diplômé de l'école des Beaux-Arts de Montréal et de l’école supérieure de céramique de Sèvres, en est le chef et M. Louis Archambault, un de ses disciples, l'assiste dans ses fonctions de professeur. Cet atelier que nous réorganisons, a été éprouvé par un incendie avant son déménagement à l'avenue des Pins. Il compte maintenant 11 élèves y compris les vétérans qui désirent bénéficier de ce cours. Nous désirons y organiser un laboratoire, centre de recherches où les céramistes de la province pourront se renseigner sur la qualité des terres et les glaçures appropriées à chacune d’elles [Le Devoir 1946.06.06]. »

1947 — « AVIS Dans le prochain numéro: [...] Une page consacrée aux activités artistiques des "Ismagiers," élèves de M. Louis Archambault, professeur de dessin et ancien élève du collège [Brébeuf, juin 1947, p. 2]. »

1948 — « Chez nos anciens [...] Conventum '34 Louis ARCHAMBAULT, professeur de céramique à l'école du meuble de Montréal, et professeur de dessin au collège Jean-de-Brébeuf, a été l'heureux gagnant du prix de $1,000 aux concours artistiques de la Province de Québec [Brébeuf, avril 1948, p. 7]. »

1948 — Louis Archambault [...] actuellement professeur de modelage de l'"Art Association" de Montréal [La Presse 1948.04.01, p. 03 et 17 ; L'Action catholique, 1948.04.01, p. 13]. »

Louis Archambault, « Les ismagiers », Brébeuf, juin 1947, p. 4.

 


| Louis Archambault | Brébeuf | Beaux-arts | Central Pottery | Marconi | Professeur | Sculpteur |

Sculpteur de la modernité (1948).

La Presse 1948.04.01p03

Louis Archambault, L'Appel, 1946, terre cuite, 39,4 x 18,8 x 29,8 cm, Achat lors des Concours artistiques de la province de Québec (1er prix, sculpture), QMNBAQ 1948.86 (web ou pdf).

Louis Archambault, Tête, 1948, bronze poli, 45,7 x 24,8 x 32,5 cm, Achat lors des Concours artistiques de la province de Québec (1er prix, sculpture), QMNBAQ 1948.85 (web ou pdf).

« Premier prix de sculpture — M. Louis Archambault, de Montréal, gagnant du prix de $1,000. [Ce qui représente 12 214,29$ en 2020.] — Louis Archambault est né à Montréal le 4 avril 1915 et que, par conséquent, il aura 33 ans dimanche prochain. L'heureux artiste est bachelier ès arts du Collège Jean-de-Brébeuf, de Montréal, diplômé céramiste et lauréat du prix du ministre, Ecole des beaux-arts de Montréal, ancien céramiste en charge de l'école de poterie de S.-Jean-de-Québec, ancien contremaître durant la guerre, du service de plastique de la compagnie "Canadien Marconi," fondateur de l'atelier de céramique du collège Macdonald de l'université McGill et actuellement professeur de modelage de l'"Art Association" de Montréal, professeur de céramique à l'Ecole du meuble ainsi que professeur de dessin au collège Jean-de-Brébeuf. M. Archambault est membre de l'association Prisme d'Yeux et de la société d'art contemporain ; il a déjà exposé plusieurs de ses oeuvres à Montréal et aux Etats-Unis ; à ce dernier endroit, un de ses exhibits fait actuellement partie d'une exposition de choix qui circule dans les plus importantes villes américaines. M. Archambault est marié depuis 7 ans et est l'heureux père de deux garçonnets respectivement âgés de 5 et 3 ans [La Presse 1948.04.01, p. 03 et 17 ; L'Action catholique, 1948.04.01, p. 13]. »

Selon Claude Jasmin, né en 1930 et diplômé en céramique à l'École du Meuble en 1951 [web ou pdf], « le surdoué Louis Archambault expose à la modeste Centrale fondée par Paul Gouin [web ou pdf] » : il doit s'agir de la Centrale d'artisanat du Québec fondée en 1950 par Jean-Marie Gauvreau (Mathieu 2016). En 1948, Archambault avait signé le manifeste Prismes d'yeux et entamé sa carrière d'artiste novateur qui est mieux documentée.

Linda Moser, Louis Archambault, sculpteur et céramiste, avec ses deux fils et quelques-unes de ses oeuvres (détails),
1950, photographies, BANQ, P728,S1,D2,P24-20 et P728,S1,D2,P24-31.

Florent Charbonneau (1927-2012), Louis Archambault sculpteur (détail), avril 1963, photographie, Archives de la ville de Montréal P158-Y-1_16P010.

« Gala des Grands Montérégiens — L'Académie a honoré [...] Louis Archambault est né en 1915, à Montréal, et est citoyen de Saint-Lambert depuis 1950. Il obtient un baccalauréat ès arts en 1936 et un diplôme de céramique à l’École des Beaux-Arts de Montréal, en 1939. M. Archambault a fait sa marque au Québec, au Canada, aux États-Unis de même qu’en Europe dans le domaine de la sculpture monumentale. Qualifié de pédagogue éclairé, Louis Archambault a enseigné à différents endroits, notamment l’Ecole des Beaux-Arts de Montréal, l’Université de Colombie-Britannique, l’Université du Québec à Montréal et l’Université Concordia. Possédant un talent unique de créateur, Louis Archambault est devenu l’un des sculpteurs les plus représentatifs et talentueux de notre époque [Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 1993.05.11, p. A6]. »

La Presse, 2003.01.28, p. C1 et 3. Voir aussi Le Devoir, 2003.02.01, p. F1 et 7.

 

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TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »